Modern Air Systems

Sami Atalan, SSM/DStil Tasarim, Istanbul, 2013, 364 p.

Publié à la demande du SSM, le sous-secrétariat à l’industrie de défense turque, cet ouvrage massif est une encyclopédie globale des systèmes de guerre aérienne actuellement en service dans le monde. Sami Atalan, l’excellent rédacteur en chef de notre confrère C4Defence, a structuré son ouvrage autour de 18 parties, des intercepteurs aux missiles surface-air (une petite soixantaine de pages sont consacrées aux munitions), en passant par les appareils d’attaque ou ceux de guerre électronique et les hélicoptères navals.

Au sein de chaque partie, appareils et missiles sont examinés dans une fiche technique d’un volume de deux à une demie page. En plus des spécifications techniques, elle comprend les fondamentaux de la conception des appareils, de même que quelques retours d’expérience et des photos. L’ensemble est conçu afin de donner une vision globale de l’aviation militaire contemporaine et est assorti d’une centaine de tableaux comparatifs et d’une petite introduction avant chaque chapitre. La suite >

Exclusif : l’OTAN va attaquer la Russie avec 12 avions

Vous, je ne sais pas, mais moi, je suis quelque peu désappointé par la lecture des prises de positions sur l’Ukraine vues sur Twitter, Facebook et autres commentaires parus sur d’honorables sites d’information – sans même parler de sites plus folkloriques, et je ne parle pas là du Gorafi. Si vous le voulez bien, résumons les événements de ces derniers mois, vus par nos experts en relations internationale en herbe (attention, parodie. Mais pas trop quand même) :

Tout commence par Euromaïdan : une poignée de fascistes soutenus par BHL et John McCain renverse le gouvernement ukrainien. Oui, ce sont des oligarques corrompus mais les autres aussi sont des oligarques corrompus, en plus, ils sont nazis. L’accord d’association proposé par l’Europe (tiens, c’est marrant, je pensais qu’au niveau défense, elle n’était nulle part) est en fait un accord d’association à l’OTAN. Que personne à l’OTAN ou à l’UE n’ait eu envie jusque là d’intégrer l’Ukraine dans leurs organisations respectives n’a rien à voir là-dedans. D’ailleurs, les habitants de Kiev, à part quelques naïfs, n’ont rien à voir là-dedans.

La Crimée : elle n’est ukrainienne que depuis 1954, donc la Russie peut la reprendre. Les accords de 1993 garantissant l’intégrité territoriale de l’Ukraine ayant été signés alors que B. Eltsine était sous l’influence manifeste de l’alcool, ils ne comptent pas. Notez que le référandum-express (monté en une semaine) a validé l’adhésion des Criméens à la Russie (même si les chiffres pourraient avoir été bidouillés). Notez aussi tout de même que l’Allemagne ne veut pas reprendre Kaliningrad, russe depuis 1945 et que nous ne voulons pas prendre le Val d’Aoste. La suite >

Histoire & Stratégie n°19 – La campagne d’Italie 1943-1945. Les oubliés de la libération

Éclipsée par les opérations en France à partir du 6 juin 1944 – la prise de Rome par les Alliés deux jours plus tôt s’en trouvera presque ignorée, y compris des commentateurs contemporains –, la campagne d’Italie, du débarquement en Sicile en juillet 1943 à la reddition des forces allemandes dans ce pays, le 2 mai 1945, précédant de moins d’une semaine la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, est devenue une source de controverses historiques quant à sa pertinence stratégique. Fallait-il réellement débarquer en Italie ? Immobiliser plus d’un million de soldats américains, britanniques et du Commonwealth, mais aussi polonais et, jusqu’au débarquement de Provence en août 1944, français ? Pour quel résultat ?Ces questions ont fait l’objet de sévères désaccords entre Britanniques et Américains jusqu’au débarquement en Normandie, et continuent depuis d’alimenter une historiographie presque universellement critique quant à la pertinence de cette campagne d’Italie, mais aussi quant à sa conduite.

Jugée inutile, voire contre-productive, la campagne d’Italie et ceux qui l’ont mené se trouvent ainsi ravalés au rang de supplétifs négligés de la « bonne » campagne, celle d’Europe du Nord-Ouest déclenchée à partir du 6 juin 1944. Si, en France, la remarquable prestation du corps expéditionnaire français lors des combats autour de Monte Cassino confère à cette campagne d’Italie une image moins négative, l’historiographie en langue française se limite précisément à la geste des soldats du maréchal Juin. Or, précisément parce qu’elle fait débat et suscite la controverse, la campagne d’Italie est un magnifique sujet d’étude historique et stratégique. Les conditions de son déclenchement en font un remarquable exemple de la manière difficile dont se constitue et se dirige une coalition. La suite >

DSI n°106, septembre 2014

Editorial
Nominations et agenda
Veilles contre-terroristes
Veilles conflits
Veilles stratégiques
Veilles industries
Contrats du mois

Stratégie

Le commandement, reflet d’une conception de la guerre
Par Benoist Bihan, chercheur en études stratégiques, rédacteur en chef adjoint de la revue Histoire & Stratégie, animateur du blog La Plume et le Sabre

Echec des opérations d’information en Afghanistan : la guerre n’est pas une affaire de marketing
Par Romain Mielcarek, spécialiste des questions de défense

Des flottes paramilitaires en première ligne des conflits en Asie
Par Alexandre Sheldon-Duplaix, conférencier à l’Ecole de guerre, chercheur au service historique de la défense La suite >

Les larmes de nos souverains. La pensée stratégique navale française

Martin Motte (Dir.), Etudes marines n°6, mai 2014, 199 p.

« Les larmes de nos souverains ont souvent le goût salé de la mer qu’ils ont ignoré », aurait dit Richelieu. Oui, les Français pensent la mer, depuis longtemps, d’une manière originale et même depuis avant les Britanniques. Martin Motte, navaliste et maître de conférence en histoire contemporaine fait ici une œuvre particulièrement utile en rassemblant 16 chapitres, de Richelieu à Hervé Coutau-Bégarie, en passant par Vauban, Barjot ou encore Daveluy et Lapeyrouse-Bonfils, qui a largement inspiré Mahan.

Concrètement, chaque chapitre est précédé d’une petite introduction présentant l’auteur mais aussi le contexte dans lequel il travaille. Suivent un ou des extraits particulièrement remarquables de ses travaux. Evidemment, l’ampleur de la tâche ne permet pas un examen complet et approfondi de leur pensée – une tâche, inachevée, qu’avait commencé à entreprendre H. Coutau-Bégarie avec les huit tomes de L’évolution de la pensée navale – mais l’ambition est, ici, autre. La suite >

Irak-Syrie : quels modes d’action contre l’EI ?

Les dernières déclarations en date de Chuck Hagel, secrétaire américain à la défense, sont sans ambiguïté : l’EI est « plus qu’un simple groupe terroriste. Ils allient idéologie et sophistication militaire. Ils sont incroyablement bien financés. Cela va au-delà de tout ce qu’il nous a été donné de voir ». De facto, le groupe est sans doute le meilleur exemple actuel d’une utilisation avisée du concept de guerre hybride (1) – sur lequel je reviens dans un ouvrage à paraître prochainement.

Faut-il engager l’EI ?

L’EI pose dès lors deux questions stratégiques. La première est celle de l’opportunité de son engagement : faut-il le combattre ? Washington, en le considérant comme une menace – en particulier à l’aune des jihadistes susceptibles de revenir dans leur pays d’origine – y répond positivement. En réalité, la réponse, que personne ne détient de manière assurée, pourrait être plus nuancée. Actuellement, l’EI se concentre sur la construction de « son » califat et la menace la plus directe pèse sur des régimes sinon alliés, du moins proche de l’occident : Jordanie, Arabie saoudite, Etats du Golfe, Koweït, etc. Au-delà, personne n’est en mesure de dire si la menace, pour l’Europe ou les Etats-Unis, sera effective et si l’EI ne se repliera pas sur lui-même. La suite >

Ce que signifie stratégiquement l’Etat islamique

La progression rapide de l’EIIL en Irak, entre-temps devenu Etat Islamique (EI) fin juin 2014, suivie de la proclamation d’un califat dirigé par Abu-Bakr Al Baghdadi a totalement changé la donne géostratégique au Moyen Orient. Reste que le sens stratégique donné à cette évolution n’est pas totalement clair. Deux grandes catégories d’analyse ont émergé.

L’hypothèse optimiste : le feu de paille

La première envisage le succès de l’EI comme passager, sa territorialisation signifiant son arrêt de mort, dès lors qu’elle induit une vulnérabilité : territorialiser signifie un gouvernement, des infrastructures et un système de gouvernance qui peuvent être ciblés. Ce serait d’autant plus le cas qu’en attaquant les montagnes de Sinjar et la zone historiquement kurde, une coalition de ces derniers, historiquement divisés, s’est formée.

A la clé, de véritables résultats sur le terrain avec l’appui de l’aéronavale américaine. De même, la reconnaissance de la menace a finalement – et heureusement – abouti à l’éviction du premier ministre irakien Maliki, dont l’inaction et la politique de division est largement considérée comme ayant favorisé les succès de l’EI ; ou encore à la mobilisation d’une partie des forces jordaniennes.

Les commentateurs soulignent également que la légitimité de l’EI en tant que califat est loin d’être assurée à l’échelle mondiale. La référence faite au califat ayant suivi le processus historique d’islamisation, à partir du 7ème siècle ne serait pas pertinente, dès lors que nombre d’islamistes – notamment au Pakistan ou encore en Afrique – n’y ont pas fait allégeance. La suite >

SDF : Sans Défense Fixe

La chronique de Carl von C. Parue dans DSI n°106, juillet-août 2014 ; aucune reproduction sans autorisation de la rédaction

Tous ceux qui travaillent dans le secteur social vous le diront, la descente aux enfers qui conduit droit à la rue des gens qui, il y a quelques années encore, n’avaient rien du SDF, n’a rien à voir avec le niveau d’éducation ou d’excellence professionnelle. Si vous prenez le temps de discuter avec l’un ou l’autre gars trainant au coin de la rue dans l’attente d’une pièce ou d’un sourire, il pourra vous raconter comment, d’ingénieur, de cadre ou d’employé plutôt bien intégré dans son milieu, il s’est retrouvé là.

Au moment de le croiser, songez-y : nul n’est à l’abri. Alors non mes agneaux, ce n’est pas mon moment « fibre sociale » : vil et vilain comme je suis, je vois aussi dans leurs situations ce qui pend au nez de nos armées, futures sans défense fixes. Je m’explique. C’est l’histoire d’un type plutôt sympa, adepte du principe philosophique le plus important depuis les classiques grecs – j’ai nommé le PCLC (Pas Casser Les Cojones) et donc pas récriminant pour un sous – qui est perfectionniste. Quoique lui demande son patron, il est toujours partant. Faire toujours plus avec toujours moins ? Can do ! Partir aux quatre coins du monde pour des missions aux finalités parfois obscures ? OK ! La suite >

DSI Hors-Série n°37, août-septembre 2014

Numéro spécial en partenariat avec l’Université d’Été de la Défense de 108 pages

Editorial

Quels enjeux pour la France ?

De la tétanie stratégique de l’Europe et de la place de la France
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

« Un costume taillé au plus juste »
Entretien avec le général Pierre de Villiers, Chef d’Etat-Major des Armées

« MRTT/activité », le slogan que martèle le CEMAA
Entretien avec le général Denis Mercier, Chef d’Etat-Major de l’Armée de l’Air

La DGA dans un contexte budgétaire serré
Entretien avec Laurent Collet-Billon, délégué général pour l’armement

Carte : forces françaises déployées hors-métropole La suite >

MH17 : ce que l’on sait et ne sait pas

La destruction du B777 de la Malaysia Airlines au-dessus de l’Ukraine pose une série de questions. Tâchons ici d’y répondre sommairement avec les éléments disponibles :

Par qui ? Très simplement, les Ukrainiens, les Russes ou les Pro-Russes, qui disposent tous de systèmes susceptibles d’avoir réalisé la frappe.

Comment le savoir ? Les données de vol issues de la boîte ne permettront pas de savoir grand-chose : les appareils de la Malaysian n’ont pas les récepteurs d’alerte radar ou les détecteurs de départ missiles dont sont équipés les appareils israéliens, par exemple. Par conséquent, ce sont les enregistrements radar, en particulier militaires (3D) plutôt que civils (souvent 2D dans la région) qui devraient donner une bonne estimation du point de lancement. Si les bons capteurs sont à portée, l’analyse de la signature électromagnétique du radar utilisé pour le lancement pourrait permettre d’en savoir plus sur le système utilisé, voire même, par triangulation sur sa position.

Qui fournira l’information ? Les Ukrainiens ou les Russes mais éventuellement aussi l’OTAN – des E-3 sont en vol au-dessus de la Roumanie – ou les Américains, dont le croiseur Vella Gulf est en mer Noire. Pour peu que les AWACS ou le croiseur soit à portée de détection. La suite >