Un satellite d’observation très haute résolution pour le Pérou

Airbus Defence and Space, premier exportateur mondial de satellites d’observation de la Terre et numéro deux mondial des technologies spatiales, vient d’être choisi, en tant que maître d’œuvre unique, pour développer, réaliser et lancer le premier système satellitaire optique d’observation de la Terre du Pérou, avec le soutien du gouvernement français.

Ce projet inclut un satellite optique de dernière génération avec son instrument très haute résolution (issu de la famille Naomi, cet instrument réunit le meilleur du savoir-faire de l’entreprise en matière d’instrumentation optique), ainsi qu’un segment sol de contrôle, de réception et de traitement d’images. Le projet inclut également un programme complet de formation des ingénieurs et techniciens péruviens (de l’exploitation du satellite au développement d’applications d’imagerie adaptées).

Dans l’attente de la mise en service du satellite péruvien, Airbus Defence and Space a prévu la réception directe, sur le territoire péruvien, de données et d’images en provenance de sa flotte de satellites optiques et radars. La suite >

Premiers tirs du Missile Moyenne Portée

Le programme de Missile Moyenne Portée (MMP) de MBDA a franchi de nouvelles étapes-clés de son développement. MBDA vient de démontrer les capacités de tir de son missile MMP dans une configuration d’emploi opérationnel. Des tirs-départs ont été effectués en espace confiné et en présence d’un tireur utilisant son poste de tir et d’un chef de pièce.

La réussite de ces essais, réalisés au tunnel de tir de MBDA à Bourges, a confirmé la sécurité d’emploi du missile et de son poste de tir. Ces tirs-départs ont aussi été réalisés à chaud et à froid afin de démontrer le bon fonctionnement de l’éjecteur dans des environnements thermiques représentatifs des différents théâtres opérationnels. La suite >

La musique adoucit les moeurs, dans la marine chinoise aussi

Après la Marine nationale qui devrait avoir honte d’avoir collaboré avec Nadya sur un « si loin de vous » (notez les premières paroles en anglais, quelques secondes après le début du clip : sans commentaire) loin d’égaler un bon vieux Led Zep’ ou un excellentissime Pink Floyd, la Chine fait également preuve d’envolées lyriques. C’est cette fois en HD et avec une poésie que Kenny Loggins (a.k.a. je chante dans le seul film montrant que le F-14 peut manœuvrer) trouverait certainement insupportable. En l’occurrence, cette ode au J-15 a été commandée par AVIC pour les 65 ans de la PLAN. Note à Dassault : si jamais vous faites le même coup,  ayez pitié de nos oreilles. Prenez Trust, Berrurier noir ou les Fatals picards… mais pas Nadya.

Air Baltic. Les aviateurs français font la police dans le ciel balte

Par Romain Mielcarek, spécialiste des questions de défense. Article paru dans DSI n°98, décembre 2013. Aucune reproduction sans autorisation préalable de la rédaction

Fin août, les Français ont terminé leur quatrième mandat au sein de l’opération de police aérienne Air Baltic. Alertes opérationnelles et exercices se sont multipliés durant ces quatre mois formateurs pour les pilotes et le personnel du 2/33 « Savoie », qui profite ainsi pleinement des derniers jours du Mirage F 1. Au menu de cette mission, beaucoup d’instruction, des échanges d’expérience avec les militaires baltes et de nombreuses rencontres avec les aviateurs russes qui traversent régulièrement le secteur pour rejoindre l’enclave de Kaliningrad.

8 juin 2013, 12 h 26. L’alerte est donnée depuis le poste de contrôle et de signalement (Control & Reporting Post – CRP) de la base d’Amari, en Estonie. Un peu plus loin, en Lituanie, c’est le branle-bas de combat pour les pilotes français basés à Siauliai. En dix minutes, les Mirage F 1CR décollent, direction la mer Baltique, dans le secteur du golfe de Riga. Des aéronefs non identifiés ont été repérés par les moyens radar des pays baltes qui ont missionné les tricolores, de permanence. Quelques instants plus tard, les avions sont en visuel : un détachement russe se dirige vers l’enclave de Kaliningrad.

Les pilotes des Mirage arrivent sur place après leurs collègues suédois, aux commandes de deux JAS 39 Gripen (n’étant pas membres de l’OTAN, ils dépendent d’un système d’alerte strictement national). Ces derniers escortent les précurseurs russes : deux Su 24 Fencer et deux Su 27 Flanker, respectivement chasseurs d’assaut et de défense aérienne. Les Français les laissent poursuivre pour aller identifier visuellement le reste de l’escadre de passage : un Iliouchine A 50 Mainstay de détection aéroportée protégé par deux autres Flanker. Chaque identification se fait visuellement. Les Mirage les accompagneront au cours de leur traversée de l’espace aérien balte, jusqu’à ce qu’ils rejoignent Kaliningrad. La suite >

Guerre et stratégie au 21ème siècle

Christian Malis, Fayard, Paris, 2014, 340 p.

Stratégiste ayant travaillé sur Raymond Aron ou Pierre-Marie Gallois, Christian Malis se positionne ici quelque part entre Philippe Delmas (Le bel avenir de la guerre) et Colin Gray (La guerre au 21ème siècle). Il se situe donc entre le constat de la permanence de la guerre, la prospective (le chapitre 3 pose des hypothèses intéressantes) et le constat des tendances actuelles.

Ce type d’exercice est évidemment toujours délicat. Est-il réussit ? L’auteur, qui est aussi directeur des études stratégiques chez Thales, montre une bonne connaissance des technologies et si on ne le rejoint pas sur tout (tout semble indiquer que les grand navires polyvalents, construits pour quarante ans, ne cèderont pas leur place à la robotique aussi rapidement), nombre de vues sont celles effectivement envisagées par la littérature. La suite >

Cycle maritimisation à l’Ecole de guerre

Le cycle « maritimisation » est organisé par l’association MARS (association de l’Ecole de guerre et de ses amis), qui a pour mission de contribuer au rayonnement de l’enseignement militaire supérieur et de l’Ecole de guerre.

• Approfondir les connaissances des auditeurs sur les différents secteurs du monde maritime.
• Créer des liens et des échanges entre responsables des secteurs publics et privés concernés ou intéressés par le maritime.
• Appréhender les enjeux et défis liés à la mer pour le développement économique français.

Le cycle est composé de quatre séminaires de deux jours permettant aux auditeurs de recevoir une information complète sur les grands thèmes de la maritimisation. Chaque jour des travaux en groupe permettront les échanges personnels et le brassage d’idées entre les auditeurs sur des sujets concrets.

Chacune des journées est placée sous le patronage d’une personnalité référente. La suite >

Ravitaillement en vol : les grandes manœuvres

Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI. Article paru dans DSI n°102 – Aucune reproduction sans autorisation de la rédaction.

Testé pour la première fois – d’une manière plus que rudimentaire – en 1923, le ravitaillement en vol est devenu une composante essentielle des capacités de projection des forces aériennes, d’abord dans le contexte du déploiement de forces nucléaires et ensuite au profit des opérations conventionnelles. Si cette mission est moins « glamour » que le combat aérien, elle est cependant devenue un marqueur de puissance.

Si les Britanniques innovent dans les années 1930 en envisageant le ravitaillement en vol comme solution aux vols transatlantiques commerciaux, c’est dans les derniers mois de la Deuxième Guerre mondiale qu’une réflexion militaire sur la question émerge. Il s’agit alors de ravitailler les B-29 volant vers le Japon. Le système alors utilisé, dit looped-hose, implique un câble reliant le ravitailleur et le receveur, au long duquel glisse le tuyau d’approvisionnement, connecté manuellement par l’équipage aux réservoirs du receveur. La suite >

DSI Hors-Série n°35, avril-mai 2014

Éditorial

Repenser l’apocalypse

Dissuasion : les fondamentaux d’une stratégie de non-emploi
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

De l’armement nucléaire à la prolifération : quand la technique révèle le politique
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes

Encadré. Les phases d’une explosion nucléaire

Carte. La prolifération nucléaire dans le monde

Dissuasion nucléaire : dictionnaire des principaux concepts et acronymes
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

« Nous sommes entrés dans l’ère de la “contre-dissuasion” »
Entretien avec Bruno Tertrais, chercheur senior, Fondation pour la recherche stratégique La suite >

Qui devrait penser la stratégie militaire ?

C’est la question posée par le colonel François Chauvency sur son blog, faisant référence à un précédent billet (« Reconquérir le domaine de la pensée militaire ») ayant suscité quelques réactions – elle aurait également suscité la mienne si j’en avais alors eu le temps.

Je précise par ailleurs et d’emblée qu’en tant que chercheur civil, je ne me sens pas agressé par une éventuelle remise en question de mon expertise ou de ma légitimité à travailler sur le secteur de la stratégie militaire. Pour une simple et bonne raison : plus on avance dans n’importe quel domaine de la recherche, moins on est pétri de certitudes et plus les questions en suspends s’accumulent. Pour le dire autrement, la remise en question fait partie de l’ADN de celui qui cherche, qu’il soit d’ailleurs militaire ou civil.

Les civils, pas pertinents ?

Selon le colonel, si le fait de penser la stratégie peut être le fait de tous, le fait de penser la stratégie militaire plus particulièrement est d’abord du ressort des militaires. Cette position me pose plusieurs problèmes. Premièrement, la défense de la République, si elle est exécutée par le niveau militaire, appartient à la Nation. D’un point de vue philosophico-politique, ces débats autour d’une affaire aussi importante lui appartiennent donc. La suite >

Bientôt des S-400 pour la Chine ?

La nouvelle est une petite surprise pour les analystes : Vladimir Poutine a autorisé l’exportation de systèmes de défense aérienne S-400 vers la Chine, Pékin ayant fait à plusieurs reprises montre de son intérêt pour le système ces dernières années. Pratiquement, Moscou s’y était jusque là opposé en raison d’une crainte – bien compréhensible – que le système ne soit copié par les industriels chinois.

Le revirement russe peut s’expliquer par l’offensive commerciale menée en faveur de la conclusion de contrat d’exportation de gaz vers la Chine, avec laquelle les négociations sont longues et délicates. La Russie accroît ainsi ses chances d’un point de vue commercial mais pourrait aussi faire un coup double stratégique. La suite >