Colloque : les nouveaux visages des armées africaines

Avec l’émergence du terrorisme islamique, la diversification des situations conflictuelles et l’africanisation de la gestion de ces crises, les armées africaines sont plus que jamais confrontées à de nombreux défis et doivent ainsi s’adapter à ces nouvelles dynamiques.

Le colloque « les nouveaux visages des armées africaines », organisé par l’IRSEM, se déroulera les mercredi 5 et jeudi 6 octobre 2016 à l’amphithéâtre Foch de l’Ecole Militaire et s’adresse aux personnes, aussi bien initiés que novices, s’intéressant aux
questions de défense et de sécurité en Afrique sub-saharienne.

Le programme peut être consulté

Attention, l’inscription obligatoire

Le CNES et l’innovation spatiale

Par Lionel Suchet, Directeur de l’Innovation, des Applications et de la Science au CNES. Article paru dans DSI hors-série n°49.

Le spatial est depuis le début de sa courte histoire un domaine privilégié pour l’innovation. En effet, en soixante ans, il a fallu adapter toutes les techniques de l’ingénieur à un environnement très spécifique (vide, micropesanteur, radiations…). Aujourd’hui, l’explosion du nombre et de la variété des données mesurées depuis l’espace, combinée à celle des capacités de traitement et de diffusion de ces données, pourrait transformer profondément tout l’écosystème spatial.

En effet, les données spatiales, longtemps en nombre limité et destinées à des communautés très spécifiques (science et défense), sont maintenant disponibles en grand nombre et permettent de proposer des services pour l’ensemble des activités économiques : transport, aménagement du territoire, sécurité, lutte contre la pollution et les trafics illégaux, mais aussi agriculture, pêche… et même le domaine du BTP. La révolution numérique permet le traitement en masse de toutes ces données, mais nécessite aussi des moyens de transport de l’information de plus en plus puissants, rapides et mondialisés. Ainsi, les enjeux économiques et sociétaux du spatial sont maintenant portés par l’ensemble des systèmes de télécommunication, d’observation de la Terre et de navigation.

Cette évolution a des conséquences très importantes, nous en citerons trois. D’abord, l’ouverture internationale. Il y a encore peu, seuls quelques pays pouvaient s’offrir l’accès aux données spatiales, principalement pour des besoins étatiques. Aujourd’hui, pour booster leur économie, de très nombreux pays, y compris des émergents, veulent avoir accès aux données et se doter rapidement de leurs propres systèmes spatiaux. La cartographie mondiale des acteurs du spatial et les possibilités d’exportation de nos industriels pour les systèmes spatiaux et les services associés en sont profondément modifiées. La suite >

L’armée française en Afghanistan. Le génie au combat (2001-2012). A l’origine des opérations de contre-insurrection du 21ème siècle

Christophe Lafaye, CNRS Editions, Paris, 2016, 502 p.

Issu de la brillante thèse d’histoire de l’auteur, par ailleurs officier de réserve dans le génie, cet ouvrage constitue un excellent exemple de ce que devrait être « l’histoire immédiate ». L’ouvrage suit une progression chronologique, embrassant l’ensemble des opérations françaises depuis les débuts de « Pamir » jusqu’au retrait de 2014, et est précédé d’une courte mais excellente contextualisation.

La thèse de l’auteur se révèle au fil des pages : le génie a joué, à juste titre, un rôle essentiel dans les opérations et fait preuve d’une réelle plasticité, s’adaptant continuellement – jusqu’au niveau des écoles, en métropole – jusqu’à devenir un élément essentiel de la protection du reste des forces. La suite >

Stratégique n°111, « hybridité et guerre hybride »

2016, 216 p.

La guerre hybride est un concept devenu à la mode, malheureusement sans que ses tenants et aboutissants ne soient nécessairement bien compris, autant du point de vue de ses contempteurs que de certains de ses utilisateurs. En particulier, sa mobilisation par l’OTAN afin de caractériser les actions russes en Ukraine est douteuse, entre redécouverte de la stratégie intégrale de Poirier et « porte de sortie stratégique acceptable » sous couvert de sidération.

Il n’en demeure pas moins que le concept, certes nouvellement caractérisé tout en étant historiquement ancien, rend compte de plusieurs problématiques, technico-tactiques ou opératives. A cet égard, ce numéro dirigé par Joseph Henrotin est l’occasion d’analyser en profondeur le concept, sous des angles inédits, avec sept contributions. La suite >

DSI n°125, septembre-octobre 2016

Editorial

La carte

Pétrole et violence dans le delta du Niger
Par Guillaume Fourmont, rédacteur en chef de Carto et Moyen-Orient

Veilles contre-terroristes

Veilles stratégiques

France. L’armée de Terre est « Au Contact »

État islamique. Évolution tactique ?

OTAN. Varsovie, un sommet de suivi

OTAN. Évolutions stratégiques nationales

Chine. Mer de Chine méridionale : un frein à l’expansionnisme ?

Japon. Face à la Chine, un A2/AD propre ?

En photos : RIMPAC 2016

Veilles industrielles

Les contrats du mois

Armées

Les forces armées togolaises : un état des lieux
Par Adrien Fontanellaz, membre du comité du Centre d’Histoire et de Prospective Militaires de Pully (Suisse), co-fondateur du blog collectif L’autre côté de la colline.

Pour une histoire militaire de la guerre d’Afghanistan
Entretien avec Philippe Sidos, colonel, docteur en histoire, ancien attaché militaire en Russie et en Asie centrale, auteur de La guerre soviétique en Afghanistan. La suite >

Espace : la contribution de la DGA

 En complément de notre hors-série n°49, publié en partenariat avec l’Université d’été de la Défense, nous vous proposons ce texte de l’ingénieur DGA Guillaume, architecte Espace et Environnement, qui fait une synthèse utile sur la situation capacitaire militaire spatiale française et la contribution de la DGA.

L’architecture des capacités spatiales utilisées par la Défense française repose sur un ensemble stratifié constitué :

- d’un noyau dur de capacités militaires souveraines (systèmes de télécommunications Syracuse III et d’observation optique Hélios 2) permettant de satisfaire le besoin souverain d’autonomie d’appréciation de situation et de capacité d’entrer en premier sur un théâtre (garantie d’accès, disponibilité, intégrité et confidentialité) ;

- d’un complément de capacités accessibles grâces à des coopérations nouées en national (accès au système dual d’observation optique Pléiades, au satellite dual de télécommunications en bande Ka Athéna) ou à l’international (accès au système de télécommunication militaire Sicral2, au système dual d’observation radar Cosmo-Skymed avec l’Italie, accès au système militaire d’observation radar SAR-Lupe avec l’Allemagne, accès au système militaire de positionnement par satellite GPS avec les Etats-Unis). Ces capacités contribuent également à la supériorité stratégique et opérationnelle et constituent un noyau étendu mais non vital qui n’offre pas le même niveau de disponibilité, d’intégrité et de confidentialité que le noyau dur ;

- d’un accès à des services commerciaux, incluant l’utilisation de moyens spatiaux, pour la satisfaction de besoins complémentaires (accès à des services de télécommunications d’appoint, accès à des services de production de données géographiques, hydrographiques, océanographiques et météorologiques, accès à un service de surveillance maritime). Les garanties apportées par ces services sont plus limitées, mais en adéquation avec le besoin. La suite >

Eye in the sky (film)

de Gavin Hood (Grande-Bretagne, 2015)

Kenya, de nos jours : des responsables Shebaab et une djihadiste de nationalité britannique se réunissent sous l’œil d’une colonel britannique, qui découvre que le groupe est paré à passer à l’action. Comment, alors, procéder, notamment au regard de règles d’engagement qui ne sont pas toujours pertinentes au vu d’une situation évoluant minute par minute ?

Loin du pathos de nombre de débats guère informés autour des drones, le film met en évidence la difficulté de la conduite des opérations dans l’environnement techno-politique contemporain. Techniquement réaliste à quelques exceptions près, il est l’est surtout du point de vue du point de vue du processus décisionnel, en particulier au plan stratégique-politique.

Certes, les scénaristes l’ont poussé dans ses derniers retranchements – la situation tactique étant particulièrement complexe – mais leur travail l’a rendu particulièrement crédible, en n’omettant aucun facteur d’influence. L’ensemble est d’autant plus brillant qu’il est servi par un excellent jeu d’acteur et que le rythme du film est soutenu. La suite >

Évolutions stratégiques nationales dans la zone OTAN

Tous les deux mois, DSI revient sur l’actualité des forces armées, avec un format de brèves ayant changé depuis l’adoption d’une nouvelle formule. Voici l’une d’entre-elles, à paraître dans le DSI de septembre-octobre. Aucune reproduction autorisée.

Le début de l’été a été riche en annonces ayant des conséquences sur la sécurité européenne. C’est d’abord le cas pour le résultat du référendum sur le « Brexit », qui ne manque pas de poser un certain nombre de questions. Si la participation britannique à l’OTAN n’est pas remise en cause et que certaines opportunités pourraient s’ouvrir au niveau de l’Union européenne (voir nos analyses dans DSI, hors-série no 49), plusieurs inconnues subsistent. D’abord, sur les effets budgétaires du Brexit. La livre sterling a ainsi perdu de sa valeur face au dollar américain, alors que la majorité des matériels de Londres – y compris ceux du plan d’équipement décidé dans la foulée de la SDSR 2015 – sont achetés aux États-Unis. Il pourrait donc y avoir « moins pour le même prix ». Au-delà se pose la question des effets du Brexit sur l’industrie de défense britannique elle-même. Les dirigeants d’Airbus, de MBDA et de Leonardo (qui regroupe notamment AgustaWestland) se sont ainsi montrés particulièrement inquiets.

Se pose également la question du poids relatif de la France dans l’UE. En effet, les accords de Lancaster House créaient de facto un « pôle interventionniste » dans une Union européenne dont les États étaient de plus en plus tentés par un repli sur les logiques de défense territoriale, terrorisme et crise ukrainienne obligent. Or le Brexit implique que ce pôle stratégique ne soit plus qu’un bras armé ayant une force limitée à celle de la France. Les sceptiques y verront sans doute le résultat logique d’accords dont les fruits opérationnels sont peu nombreux, à peine validés – et donc pas encore éprouvés – et qui, de toute manière, n’auraient probablement pas été engagés dans un cadre européen.

L’Allemagne a quant à elle publié son premier livre blanc depuis 2006. Il représente potentiellement un changement majeur en reconnaissant que l’Allemagne est de plus en plus perçue comme un acteur clé en Europe et qu’elle est prête à « accepter ses responsabilités et à assumer un leadership » dans un contexte dominé – dans l’ordre des priorités allemandes – par le terrorisme transnational, les menaces cyber et les conflits interétatiques. Les forces allemandes changeraient dès lors de posture et sont susceptibles d’être engagées dans des opérations de combat. Le premier intérêt allemand reste, classiquement, la protection de la souveraineté nationale et des citoyens, mais le deuxième – c’est intéressant – porte sur les mêmes degrés de protection, cette fois à l’attention des États alliés. L’adaptation touche ainsi les processus décisionnels. Ces derniers doivent plus rapides, même si le document ne définit pas les conséquences législatives ou organisationnelles. De même, il considère que les forces armées peuvent être utilisées sur le territoire national face au terrorisme, une interprétation de la Constitution ainsi formalisée. Plus largement, les aspects liés à la coopération, dans les domaines opérationnels, du soutien ou des armements, sont mis en évidence. De la sorte, la brigade franco-¬allemande pourrait enfin être pleinement utilisée. La suite >

L’ultime champ de bataille. Combattre et vaincre en ville

Frédéric Chamaud et Pierre Santoni, Editions Pierre de Taillac, Paris, 2016, 224 p.

Les retours d’expérience sur les combats en zone urbaine ne font sans doute pas l’objet de l’attention qu’ils méritent. Aussi, ce n’est pas la moindre des qualités de cet ouvrage, fruit des travaux de deux officiers instructeurs au CENZUB (Centre d’Entraînement en Zone Urbaine), que de s’y atteler. Qui plus est, ils le font dans une perspective qui n’est pas uniquement historique : il s’agit bien, ici, de tirer des enseignements qui soient utiles aux opérations.

Après une introduction montrant l’ampleur de l’enjeu – par son actualité mais aussi d’un point de vue prospectif – ils articulent leur ouvrage en cinq parties : « attaquer en zone urbaine et confinée », « défendre en zone urbaine », « former les combattants », « la guerre des civils » et « technologie et perspectives ».

A l’exception des parties sur la formation et les technologies, les auteurs procèdent par l’étude de quatorze cas, pour l’essentiel dans la deuxième moitié du 20ème siècle. Si des « classiques », comme Grozny, Stalingrad ou Falloujah s’y retrouvent, des cas moins explorés par la littérature sont également abordés, comme Beyrouth, Madrid ou Budapest. La suite >

L’action militaire terrestre de A à Z.

Didier Danet, Ronand Doaré et Christian Malis (Dir.), Coll. « Guerres et opinions », Economica, Paris, 2015, 612 p.

Paru il y a près d’un an, ce véritable dictionnaire consigne en 80 notules plusieurs facteurs ou acteurs des opérations terrestres. Les coordinateurs de l’ouvrage ont certes mis en avant les armes ; mais aussi des types particuliers de combat (en montagne, en forêt, les opérations aéroportées ou d’extraction de ressortissants, mais étonnement pas dans le désert) ; des questionnements transverses (la question de l’éthique, la formation, le recrutement, les variations autour du droit, dont la question du statut des militaires) ; technologiques (notamment sur la modularité, les blindés, les hélicoptères ou le combat info-valorisé) ; ou encore la doctrine et la tactique. On note à cet égard l’intéressant article de Claude Franc sur l’histoire de la tactique.

Dans l’ensemble, les différentes contributions se classent suivant deux types de format (trois et six pages, plus rarement une dizaine de pages) et sont qualitativement équilibrées. Malheureusement, toutes ne sont pas accompagnées de références et certaines ont une approche plus empirique que systématique – laquelle permet néanmoins de se faire une bonne idée des problématiques rencontrées. La suite >