Le Pentagone reconnait des déficiences graves sur le F-35

Bon gré mal gré, le programme F-35 progresse. Un total de 45 F-35 appareils – dont deux pour la Norvège et un pour l’Italie – ont été livrés en 2015, portant à 154 le nombre d’appareils livrés aux forces ayant commandé le Lightning II. Reste cependant que le programme sera immanquablement affecté par l’annonce américaine d’une réduction des commandes de 45 F-35 sur les cinq prochaines années, seules 404 machines devant être commandées durant cette période, se répartissant entre plus de 240 F-35A, près de 100 F-35B et 65 F-35C – l’ensemble coutant plus de 65 milliards de dollars.

Sur la même période, 260 commandes hors Etats-Unis sont également attendues. Au-delà, les problèmes de l’appareil sont loin d’être résolus. Le 1er février, le directeur des tests et de l’évaluation opérationnelle du Pentagone, J. Michael Gilmore, a rendu un rapport de 48 pages montrant que nombre de problèmes informatiques ne sont toujours pas résolus.

De même, la campagne d’essais opérationnels pourrait ne pas commencer avant mai 2018. De facto, la transition à la troisième version du logiciel Block 3i, entamée en mars 2015, n’est toujours pas résolue, notamment pour des causes matérielles – le hardware étant à la peine –, avec 500 problèmes détectés au 1er février. La suite >

DSI Hors-Série n°46, février-mars 2016

Editorial

A l’assaut de la verticalité

Guerre en montagne : apprivoiser la verticalité
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Guerre en montagne et décompensation technologique
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Actualité des principes de la guerre en montagne
Entretien avec Cyrille Becker, colonel (Terre), docteur en histoire contemporaine

Véhicules terrestres : Quelles montures pour les alpins ?
Par Romain Mielcarek, spécialiste des questions de défense La suite >

La SDSR 2015, tournant majeur

Brève parue dans DSI n°121, janvier-février 2016. Aucune reproduction autorisée.

L’édition 2015 de la Strategic Defense and Security Review britannique était pour le moins attendue : nombre de projets étaient suspendus aux décisions d’un exercice qui, en 2010, avait débouché sur de considérables réductions des structures de forces. Et la nouvelle édition ne déçoit effectivement pas : c’est un véritable retour en arrière qu’opère Londres eu égard aux choix antérieurs. La vision générale est celle du maintien d’une aptitude à l’action globale, sur tout le spectre allant des opérations domestiques aux opérations expéditionnaires.

Surtout, le document apparaît comme une véritable stratégie intégrale, incluant des aspects essentiels – mais a priori éloignés des questions militaires – de la politique nationale, comme l’influence médiatique par la BBC ou encore la recherche de la prospérité. De là découlent une série d’objectifs clairement identifiés : la protection des populations britanniques, la projection d’une influence globale, la promotion de la prospérité.

L’atteinte de ces objectifs reste conditionnée au contexte : les auteurs notent la résurgence des menaces étatiques – la crise en Ukraine et une plus grande compétition entre les Etats – mais aussi des « défis domestiques et de sécurité globale » comme le terrorisme et l’extrémisme ; la question nord-irlandaise et de possibles développements du fait de radicaux républicains ; les impacts de l’instabilité (en particulier au regard de la question syrienne) ; les migrations ; le crime organisé ; les risques de santé publique à l’échelle globale. La suite >

L’OTAN et la supériorité militaire conventionnelle

Joseph Henrotin*

Un récent article de Christophe Wasinski et Tom Sauer dans La Libre Belgique (13 janvier) puis un autre du général Francis Briquemont (20 janvier) appellent à un certain nombre de commentaires et de précisions (1). Ils ne portent pas tant sur la question de la capacité nucléaire ou non des futurs appareils de combat belges que sur le raisonnement utilisé par les deux premiers auteurs pour arriver à leurs conclusions. Une phrase, en particulier, est interpellante : « la guerre froide est derrière nous depuis vingt-cinq ans (…) l’Otan dispose de la supériorité conventionnelle ».

Le fait est que la supériorité militaire ne se mesure pas qu’en nombre d’unités, d’hommes et d’appareils de combat soit là où, sur le papier, l’OTAN est la plus forte. En réalité, évaluer une supériorité militaire dépend de paramètres multiples et d’un savoir propre – les études stratégiques – que l’on n’apprend malheureusement pas dans les universités d’Europe continentale, en dépit d’une littérature académique plus que conséquente. Cette ignorance, conséquence d’une position dominante des études dites idéalistes et critiques dans les universités, se traduit par un débat appauvri alors que les enjeux humains, budgétaires et sécuritaires sont conséquents .

En tout état de cause, la situation sécuritaire européenne est plus complexe que ce que n’en disent les auteurs. Alors que la Russie mène maintenant depuis plusieurs années des exercices-surprise impliquant des dizaines de milliers d’hommes en 48 heures – et sans notification préalable à ses voisins – l’OTAN peine à rassembler 14 000 hommes pour un exercice (Trident Juncture) prévu depuis plusieurs années. Quant à la VJTF, la future force de réaction rapide devant contrer un éventuel mouvement russe contre un membre de l’OTAN, elle ne pourra déployer que 600 hommes en 48 à 72 heures. Au mieux, l’OTAN escompte un déploiement de 30 000 hommes en une semaine. La suite >

Tout va bien. Oui. Mais non. Quoique, peut-être.

Si comme moi vous aimez l’humour lourd, Aldo Maccione, les calembours forcément déplorables (« c’est quoi un steak qui n’en est pas un ? Un a-steak ». Bien cuit ou en brochette, pour Cortès) et toute forme de preuve qu’un être humain n’est pas qu’une sorte de robot ultra-rationnaliste, vous assisterez certainement au prochain spectacle d’un humoriste plus connu pour d’autres activités, mais qui grimpe. Un vrai clown (un peu triste) des temps modernes, un boute-en-train, toujours là pour nous faire rire même quand il fait semblant d’être sérieux.

Alors, vous ne devinez toujours pas qui est ce French Mister Bean ? Vraiment (parce qu’on le voit souvent, quand même) ? Et bien, c’est notre premier ministre et il est en représentation permanente à Matignon où, je suis d’accord, on n’est pas censé rentrer aussi facilement qu’au Bataclan pour aller voir le spectacle. Reprenons le fil de son spectacle. Attention, je spoile. La suite >

Retards d’envois aux abonnés

Comme certains de nos abonnés ont pu le constater, l’envoi de DSI 121 – et des précédents DSI/DSI HS – a été émaillé de nombreux retards, liés à un problème logistique identifié (avec retard) par la Poste.
À ce jour, l’ensemble des envois a été effectué et les lecteurs en attente de leur magazine devraient le réceptionner sous peu.
Toutes nos excuses pour cette situation indépendante de notre volonté et qui, à l’avenir, ne devrait plus se reproduire.
Bonne lecture à tous !

 

Colloque « Guerre et histoire »

Organisée par l’Académie des sciences morales et politique dans le cadre du programme d’études « Guerre et société »

Mercredi 27, jeudi 28 et vendredi 29 janvier 2016

Lieu : Fondation Simone et Cino Del Duca – 10 rue Alfred de Vigny – 75008 Paris
Entrée libre, inscription obligatoire : kerbrat@asmp.fr

Programme

Mercredi 27 janvier 2016

Matinée (9 heures – 12 heures 30) : LES GRANDES ÉTAPES

Introduction générale
Jean Baechler, membre de l’Académie des Sciences morales et politiques

9h 15 : La conquête agricole de l’Europe fut-elle une aventure guerrière ? Ou les difficultés d’une archéologie du « contact »
Jean Guilaine, professeur honoraire au Collège de France, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

9h 45 : La construction des empires en Asie antérieure
Jean-Marie Durand, professeur honoraire au Collège de France, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

10h 15 : Chine ancienne : la fondation par la guerre d’un Etat ritualiste aux caractéristiques d’empire féodal
Léon Vandermeersch, correspondant de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. La suite >

Défense aérienne : lancement de l’Aster B1NT

Le ministère de la Défense a lancé le programme « B1NT » de modernisation du système de défense anti-aérienne SAMP/T et de son missile Aster. Le contrat a été notifié par la DGA le 23 décembre 2015 auprès du consortium EUROSAM, qui regroupe les sociétés MBDA et Thales.

Ce contrat prévoit le développement d’une nouvelle version du missile Aster 30 Block 1, dénommée B1NT (Block 1 Nouvelle Technologie) dont les premiers exemplaires seraient livrés à l’armée de l’Air en 2023. Il comprend également la modernisation du système SAMP/T actuel pour le doter de capacités améliorées, en particulier contre les missiles balistiques. Ces évolutions vont permettre d’améliorer la contribution du SAMP/T au programme OTAN de défense antimissile balistique.

Dans les prochains mois, la France devrait être rejointe par l’Italie dotée notamment du système SAMP/T dans ses unités de défense sol-air.

Colloque – Défense et sécurité, quelles continuités ?

Colloque : le génie au combat : mobilité et contre mobilité

Le Service Historique de la Défense (SHD) organise et coordonne en partenariat scientifique avec Christophe Lafaye, chercheur associé au CHERPA, laboratoire de recherche de Sciences Po Aix, un colloque pourtant sur « Le génie au combat : mobilité et contre mobilité », le lundi 25 janvier 2016 de 9h à 17h (Château de Vincennes, Pavillon de la Reine à Paris).

Le génie est considéré depuis son origine comme une arme savante. Dès l’Antiquité, les soldats de l’armée romaine étaient des bâtisseurs autant que des guerriers. En France, les savoir-faire des ingénieurs du roi acquirent une grande renommée qui rayonna au-delà des frontières du royaume. Du Maréchal de Vauban au général Du Portail, père du corps des ingénieurs américains au XVIIIe siècle, nombreux furent les sapeurs à se distinguer et à laisser en héritage des réalisations qui allaient bien au-delà des aspects militaires.

De la poliorcétique à la mobilité et à la contre-mobilité des troupes, ou à l’aménagement des territoires en cours de pacification, le génie développe des moyens et des pratiques qui le rendent indispensable, autant pour préparer les batailles que pour stabiliser les conquêtes.

L’histoire coloniale de la France révèle sa nature d’arme militaire et politique et les conflits du XXe siècle soulignent son rôle d’expérimentateur au service de l’armée française (comme l’observation par ballon captif ou les transmissions par TSF).

La garde face à l’Est durant la guerre froide, puis les opérations extérieures contemporaines, de la guerre du Golfe à l’Afghanistan, confirment l’importance de cette arme. Le génie redécouvre de manière cyclique des engagements de différentes natures (maintien de la paix-stabilisation, de contre-guérilla, etc.), qui influent sur ses pratiques, ses doctrines et son organisation.

Attention, l’inscription est obligatoire par courriel : thierry.widemann@intradef.gouv.fr

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