Le monde des publications – mars 2015

Toujours beaucoup d’histoire militaire dans les publications françaises mais aussi une ouverture sur des questions plus actuelles. On notera, chez Economica, La guerre finno-soviétique (novembre 1939-mars 1940 de Louis Clerc (Coll. « Campagnes et stratégies », Paris, 2015, 224 p.) mais aussi Stratégie. Les règles du grand jeu de Denis Drouin, cette fois dans la collection « Stratégies et doctrines » (Paris, 2015, 192 p.). Chez Perrin, Edmond Dziemboski signe La guerre de Sept Ans (1756-1763), une synthèse de 700 pages (Paris, 2015) mais on retiendra aussi, dans la collection Tempus du même éditeur, Le Moyen Orient pendant la Seconde Guerre mondiale de Christian Destremeau (Paris, 2015, 608 p.).

Pour rester dans cette région, signalons le Irak. La revanche de l’histoire. De l’occupation étrangère à l’Etat islamique de Myriam Benraad paru chez Vendémiaire (Paris, 2015, 288 p.). Dans la collection Aerofocus des éditions Cepaduès, Lionel Chauprade, déjà auteur de Les drones aériens (Toulouse, 2014, 152 p.) publie Les ailes de l’armée de Terre (Toulouse, 2015, 108 p.). Chez Lavauzelle, on signale la parution de De la philosophie essentielle du commandement militaire de Philippe Cholous (Panazol, 2015, 124 p.). On indiquera également la sortie de Guerres civiles dans la République Démocratique du Congo : 1960-2010, de François Emizet Kisangani (L’Harmattan, Paris, 2015, 360 p.). La suite >

Sun Tzu et les conflits modernes

U235 a le plaisir de vous inviter ce mardi 3 mars à la reprise de ses cafés-débats stratégiques :

Sun Tzu et les conflits modernes. Fait-on toujours la même guerre qu’il y a 2500 ans ?

avec

Yann Couderc – @SunTzuDit
Officier d’active, animateur du blog Sun Tzu France

de 19h à 21h au café Le Concorde
239, boulevard Saint-Germain – 75007 Paris
métro ligne 12 : Assemblée nationale

– entrée libre avec une consommation –

U235 groupe de réflexion stratégique
http://u235.org/ | Twitter : @u235org | Facebook : u235.org

Repenser la guerre : théories, stratégies, capacités

L’Université Lyon III Jean Moulin et le CESID organisent un colloque national en hommage au professeur Hervé Coutau-Bégarie (1956-2012), en quatre table rondes et 24 interventions en trois jours, du 10 au 12 mars 2015.  Le programme peut être consulté ici : Repenser la guerre

DSI n°112, mars 2015


Editorial
Nominations et agenda
Veilles contre-terroristes
Veilles conflits
Veilles stratégiques
Veilles industries
Contrats du mois

Stratégie

Stratégie et doctrines militaires
Par Benoist Bihan, chercheur en études stratégiques, rédacteur en chef adjoint de la revue Histoire & Stratégie, animateur du blog La Plume et le Sabre

Point culminant
Par Vincent Desportes, général (r), ancien directeur de l’Ecole de Guerre, professeur de stratégie à Sciences Po et à HEC

Le ciblage, clé des opérations aériennes
Entretien avec le colonel Benoit, cellule de ciblage du CPCO La suite >

Quelle évolution pour la défense belge ?

Le ministre belge de la défense a organisé le 25 février un exercice assez particulier de « wise pen », invitant 14 personnalités – dont notre rédacteur en chef, J. Henrotin – à rédiger un papier d’une dizaine de pages sur la question de l’évolution de la défense belge se concluant par un colloque centré sur l’interaction entre la salle et les auteurs.

En l’occurrence, il s’agissait de chercher à comprendre s’il est nécessaire pour la Belgique de continuer à disposer de forces armées à l’horizon 2030 ; dans l’affirmative, d’examiner quelles seraient ses missions clés ; afin de chercher à identifier des pistes d’évolution de sa défense. Les différentes contributions, en français et en néerlandais, peuvent être consultées en ligne.

Par ailleurs, le prochain DSI (n°112, mars 2015) va compter un article assez conséquent sur l’histoire récente des forces armées belges et la problématique budgétaire à laquelle elles font face.

DSI n°112, l’éditorial

Plus d’un mois après les attaques sur Paris, celles de Copenhague nous rappellent que le terrorisme djihadiste n’est pas une menace ponctuelle mais bien de nature structurelle. Il n’a rien de commun avec la figure, récurrente dans les années 1990 et 2000, de la « crise internationale », à l’occurrence bien délimitée dans le temps,  qui avait alors structuré la stratégie nationale de nombre d’Etats.

Or, la notion même de crise ne renvoie pas tant à un « événement » dans le cours des relations internationales, qu’à une situation ou les structures prévues pour faire face aux problèmes sont débordées. On a ainsi souvent parlé de « gestion de crise » pour parler de l’aptitude à faire face à un problème majeur et délimité dans le temps – un non sens en soi, dès lors que, selon le mot d’Hervé Coutau-Bégarie, on ne gère que ce que l’on veut voire croître. Au-delà de la notion de crise, donc, le djihadisme impose des réponses structurelles.

C’est ce que souligne le Président de la République dans sa dernière conférence de presse mais non sans une incohérence majeure. Ainsi, alors que le « rythme des réductions » est revu à la baisse et que 7 500 postes seront préservés dans les armées, leur financement n’est pas assuré. Et ce, dans un contexte où les fameuses « recettes exceptionnelles » ne sont pas au rendez-vous et alors que les opérations extérieures sont notoirement sous-financées. La suite >

His name was Ferrard, Stéphane Ferrard

Nous venons d’apprendre, avec beaucoup de tristesse, le décès, dans la nuit du 23 au 24 février, de notre ami et de notre collègue Stéphane Ferrard – que l’on voit ici en 2007. Pour les plus jeunes lecteurs de DSI, c’était l’auteur de nos fiches techniques « armes légères » et de deux Histoire & Stratégie. Les plus anciens se souviendront qu’il était là dès les premières heures du projet – c’était, en fait, le premier à l’avoir rejoint.

Mais Stéphane est surtout, plus largement, une figure du journalisme de défense français : écrivant dès les années 1970, en particulier dans le secteur des armes légères et de l’armement terrestre, il sera rédacteur en chef, dans les années 1980, de Défense & Armement Herakles – dont nombre de lecteurs se souviennent de la qualité. A la fin des années 1980 et 1990, on le retrouvera sur des projets comme Armées & Défense ou Défense 2001.

Derrière son métier de journaliste de défense, il y avait surtout une véritable passion pour l’armement et son histoire, en particulier en France, qui l’a conduit à passer des heures dans les archives – notamment – de la MAS mais aussi à écrire plusieurs ouvrages d’histoire de l’armement dont Les armes de la guerre du Golfe écrit, pour l’anecdote, en 48 heures et qui suscitait chez lui un commentaire qu’on comprendra aisément : « plus jamais« .

Cette force de travail est également mise au service d’ouvrages de fond. En 1982, il publie ainsi chez Lavauzelle le premier tome des Matériels de l’armée de Terre française 1940. Pour Hervé Coutau-Bégarie, le livre est « une parfaite réussite » où l’on trouve « un tableau probablement définitif de l’ensemble des matériels« . Derrière l’exploit technique, il y a aussi l’histoire avec un grand H. Bien avant tout le monde, Stéphane a montré « à quel point l’image stéréotypée d’une armée française dépourvue de matériels modernes lors de l’offensive du 10 mai 1940 est fausse » (Politique étrangère, Vol. 48, n°4, 1983, p. 1048).

Stéphane a également eu une influence sur les débat parlementaires, notamment au moment de l’adoption du FAMAS et a toujours défendu la nécessité, stratégique, de disposer d’une industrie de défense forte. Par ailleurs, il faisait partie de ces journalistes de défense aussi bien capables de discuter avec un ingénieur sur des points ultra-techniques que de comprendre les conséquences tactiques de l’adoption d’un système organique ou de comprendre celles, stratégiques, de telle ou telle inflexion de la doctrine nucléaire.

Excellent tireur, grand amateur de chevaux – il était également cavalier -, admirateur du général de Gaulle, Stéphane aimait également rire, bien manger et bien boire et n’était jamais en panne d’une blague tournant autour du beau sexe. L’avoir dans la rédaction des Dailies était immanquablement le gage d’une bonne ambiance, en sachant qu’il était toujours prêt à dégainer le bon conseil au bon moment – en fait, il était un peu notre patriarche. Ca a vraiment été un privilège de le connaître et de bénéficier de son expérience. Toute la rédaction se joint à moi pour présenter à sa famille nos condoléances. Nul doute que là haut, Stéphane, tu auras des tas de questions à poser et que tu finiras par dégoter le cellier local.

 

La famille nous prie de vous informer que les obsèques auront lieu vendredi prochain (27/02) à 15h en l’église Saint Baudil de Brou-sur-Chantereine (Seine et Marne, 77).

La suprématie aérienne en péril. Menaces et contre-stratégies à l’horizon 2030

Corentin Brustlein, Etienne de Durand et Elie Tenenbaum, Coll. « Stratégie aérospatiale », CESA/La Documentation française, Paris, 255 p.

La problématique d’une inversion de la polarité stratégique de la puissance aérienne n’est pas neuve : nous l’évoquions dans nos pages dès 2012. « SAM double digits », attaque terrestre (et, plus classiquement, aériennes) des bases, armements air-air de plus en plus performants, nouveaux types de capteurs ou encore cyberattaques sont autant de problèmes qui ne se poseront qu’avec encore plus d’acuité à l’avenir.

Mais les modalités d’expression tout comme les moyens de faire effectivement face à cette inversion de polarité stratégique sont relativement peu abordés par la littérature, française comme anglo-saxonne d’ailleurs. Cet ouvrage est donc le bienvenu, d’autant plus que l’étude menée l’a été avec sérieux aussi bien du point de vue du constat et de la structure des problèmes que de celui des réponses afin d’y faire face. La suite >

Penseurs de la stratégie

Jean Baechler et Jean-Vincent Holeindre, Coll. « L’Homme et la guerre », Hermann, Paris, 2014, 296 p.

L’ouvrage constitue les actes de deux journées d’études sur le thème idoine et tenues en juin 2012 et mai 2013. Au final donc, 24 contributions sont proposées au lecteur, introduites par Jean Baechler. Toutes les contributions ne reviennent pas sur un auteur en particulier. B. Heuser revient ainsi sur l’étymologie du terme « stratégie » et Jean-Claude Cheynet analyse la pensée stratégique byzantine.

Thierry Wideman analyse quant à lui la pensée stratégique française des Lumières à l’aune de Folard, Maizeroy et Guibert tandis qu’Olivier Schmitt analyse les théories de la guerre irrégulière. T. Lindemann revient quant à lui sur la relation entre guerre absolue et guerre totale à l’aune de Clausewitz et Ludendorff. La suite >

DSI Hors-Série n°40, février-mars 2015

Editorial

L’Etat islamique, catalyseur d’une nouvelle guerre de trente ans ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Carte. Le Moyen Orient militaire

Une situation explosive

Les forces du régime syrien
Par Stéphane Mantoux, agrégé d’histoire, enseignant dans le secondaire, cofondateur du blog L’autre côté de la colline (histoire militaire).

Forces kurdes, un maigre espoir face aux jihadistes
Par Romain Mielcarek, spécialiste des questions de défense

Les dimensions ethnique et tribale au sein des armées arabes
Entretien avec Laurent Bonnefoy, chargé de recherche CNRS au Centre d’études et de recherches internationales (CERI). La suite >