DSI Hors-Série n°35, avril-mai 2014

Éditorial

Repenser l’apocalypse

Dissuasion : les fondamentaux d’une stratégie de non-emploi
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

De l’armement nucléaire à la prolifération : quand la technique révèle le politique
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes

Encadré. Les phases d’une explosion nucléaire

Carte. La prolifération nucléaire dans le monde

Dissuasion nucléaire : dictionnaire des principaux concepts et acronymes
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

« Nous sommes entrés dans l’ère de la “contre-dissuasion” »
Entretien avec Bruno Tertrais, chercheur senior, Fondation pour la recherche stratégique La suite >

Qui devrait penser la stratégie militaire ?

C’est la question posée par le colonel François Chauvency sur son blog, faisant référence à un précédent billet (« Reconquérir le domaine de la pensée militaire ») ayant suscité quelques réactions – elle aurait également suscité la mienne si j’en avais alors eu le temps.

Je précise par ailleurs et d’emblée qu’en tant que chercheur civil, je ne me sens pas agressé par une éventuelle remise en question de mon expertise ou de ma légitimité à travailler sur le secteur de la stratégie militaire. Pour une simple et bonne raison : plus on avance dans n’importe quel domaine de la recherche, moins on est pétri de certitudes et plus les questions en suspends s’accumulent. Pour le dire autrement, la remise en question fait partie de l’ADN de celui qui cherche, qu’il soit d’ailleurs militaire ou civil.

Les civils, pas pertinents ?

Selon le colonel, si le fait de penser la stratégie peut être le fait de tous, le fait de penser la stratégie militaire plus particulièrement est d’abord du ressort des militaires. Cette position me pose plusieurs problèmes. Premièrement, la défense de la République, si elle est exécutée par le niveau militaire, appartient à la Nation. D’un point de vue philosophico-politique, ces débats autour d’une affaire aussi importante lui appartiennent donc. La suite >

Bientôt des S-400 pour la Chine ?

La nouvelle est une petite surprise pour les analystes : Vladimir Poutine a autorisé l’exportation de systèmes de défense aérienne S-400 vers la Chine, Pékin ayant fait à plusieurs reprises montre de son intérêt pour le système ces dernières années. Pratiquement, Moscou s’y était jusque là opposé en raison d’une crainte – bien compréhensible – que le système ne soit copié par les industriels chinois.

Le revirement russe peut s’expliquer par l’offensive commerciale menée en faveur de la conclusion de contrat d’exportation de gaz vers la Chine, avec laquelle les négociations sont longues et délicates. La Russie accroît ainsi ses chances d’un point de vue commercial mais pourrait aussi faire un coup double stratégique. La suite >

SCALP Naval : deuxième tir de qualification

La DGA a réalisé avec succès le deuxième tir de qualification du Missile de Croisière Naval (MdCN) le 8 avril 2014. Ce tir, effectué sur le site de Biscarrosse (Landes) du centre « DGA Essais de missiles », est représentatif d’un tir à partir d’une frégate. Il a notamment permis de démontrer les capacités de vol en haute altitude du missile.

Cette réussite, qui vient une nouvelle fois confirmer la très haute technicité de ce missile, est le fruit d’un travail intense et coordonné de nombreux acteurs étatiques (le service de la qualité et les centres d’expertise et d’essais de la DGA, et la Marine Nationale notamment) et industriels (MBDA France). La suite >

Histoire & Stratégie Hors-Série n°4 – Encyclopédie de l’armement. Les systèmes d’armes européens (Vol. 2)

Histoire & Stratégie poursuit dans ce nouveau numéro hors série la mise en place de l’Encyclopédie de l’armement incluant les systèmes d’armes (n°1, 2 et 4) ainsi que leur intégration systémique dans les forces armées du monde (n°3, qui a ouvert avec les forces aériennes une série de classements par milieu des principales forces armées du monde).

C’est à l’exploration de l’excellence technologique des nations européennes qu’est consacré ce numéro, qui inclut la description et la mise en perspective de certains des matériels terrestres, navals et aériens les plus emblématiques du demi-siècle écoulé, allant de la légendaire Jeanne d’Arc, de la Marine nationale, au tout récent véhicule de combat d’infanterie lourd Puma allemand, en passant par l’élégant – et performant – appareil d’entraînement avancé et d’attaque légère M-346 italien.

Ce faisant, il brosse le portrait d’une Europe certes désunie dans le domaine industriel, mais surtout traversée par des visions différentes des voies technologiques que doit prendre l’expression de la puissance militaire. Il souligne ainsi tout à la fois le poids d’histoires, tant militaires que politiques, différentes et de géographies contrastées, mais il rappelle aussi que les priorités actuelles et futures des États européens en matière militaire – et que reflètent leurs choix d’armement – diffèrent assez largement.

Un engin comme le Puma précité correspond en effet mieux à la vision allemande d’une défense territoriale qu’à l’ambition expéditionnaire britannique ; un bâtiment comme le Bergamini, version italienne de la FREMM, reflète l’incertitude des intentions navales de Rome et leur cantonnement méditerranéen, quand ses variantes françaises (non traitées ici) reflètent des priorités de puissance océanique. C’est donc l’image d’une Europe plurielle qui transparaît ici. Mais aussi celle d’un continent de plus en plus désarmé, comme en témoignent les chiffres de plus en plus faibles des commandes de matériels majeurs ; celle, enfin, d’un continent qui voit de plus en plus dans la force armée un outil sécuritaire plutôt que de puissance, comme le souligne le poids pris par les véhicules de patrouille et de liaison ou de transport protégé au détriment des engins de combat proprement dits.

Table des matières La suite >

Les métropoles littorales, interfaces entre espaces solides et fluides et enjeux des conflits futurs

Jeudi prochain 10 avril, nouvelle séance du séminaire EHESS « Espaces fluides / espaces solides ».

Cette séance se déroulera à l’EHESS, 105 bd. Raspail, de 17 h à 19 h en salle 5.

Nous recevrons Benoist Bihan, chercheur en études stratégiques, coordinateur éditorial du magazine « Histoire & Stratégie » et chef de rubrique de « Défense & Sécurité Internationale » (DSI), pour une séance qui aura pour thème : « Les métropoles littorales, interfaces entre espaces solides et fluides et enjeux des conflits futurs. Une discussion autour de l’ouvrage de David Kilcullen, « Out of the Mountains: The Coming Age of the Urban Guerilla » (Londres, Hurst & Co., 2014).

Dans son dernier ouvrage, David Kilcullen, ancien officier de l’armée australienne devenu l’un des promoteurs de la « contre-insurrection » en Irak et en Afghanistan – il a en particulier été l’un des artisans de la mise en œuvre du Surge à Bagdad, en 2007-2008 – pose les métropoles « encombrées, littorales et connectées » comme les théâtres privilégiés, et particulièrement exigeants, des opérations militaires futures. La suite >

Le Japon lève son interdiction d’exportation d’armements

La nouvelle a, on le comprendra, été favorablement accueillie par les industriels de défense japonais : la restriction sur les exportations d’armement par le Japon ont été, en grande partie, levées. Jusque là, le Japon s’interdisait depuis 1967 d’exporter du matériel militaire.

La récente vente d’hydravions de recherche et sauvetage US-2 à l’Inde (voir nos précédentes éditions) avait ainsi été conditionnée au fait que les systèmes de communication ne soient pas exportés. Concrètement, les ventes d’armes restent toutefois interdites vers les pays en guerre ou des Etats « qui pourraient affaiblir à la paix et la sécurité internationale » et des Etats qui violeraient des embargos décrétés par l’ONU. La suite >

Remplacement des F-16 belges : les données du débat

Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI – Article paru dans DSI n°101, mars 2014. Aucune reproduction sans autorisation préalable de la rédaction

Entrés en service en 1980 et depuis lors modernisés à plusieurs reprises, les F-16 de la force aérienne belge devraient atteindre la fin de leur carrière opérationnelle au début des années 2020. Longtemps reportée – en 1999, la Belgique a décidé de ne pas participer au développement du JSF – la décision belge de les remplacer est récemment revenue sur le devant de la scène médiatique. Ce sera au prochain gouvernement, issu des élections du 25 mai 2014, de trancher.

Les tenants et les aboutissants de la question sont nombreux et sont rendus d’autant plus complexe du fait de la structure fédérale du pays mais aussi de sa culture politique – l’importance donnée au consensus – et ses particularités en termes de processus décisionnel. Si c’est au gouvernement fédéral de prendre effectivement la décision de remplacer les appareils – et d’annoncer le vainqueur d’une compétition qui serait lancée – l’exécutif doit mettre en œuvre un programme de gouvernement négocié entre les partis membres de ladite coalition au moment de sa formation. Les partis politiques, qui peaufinent actuellement leurs programmes électoraux respectifs et les éventuels chapitres « défense » qui y sont inclus, jouent donc un rôle central dans le processus décisionnel, sans doute plus en Belgique qu’ailleurs en Europe.

C’est pourquoi, dans ce dossier, nous avons choisi d’interviewer deux représentants des deux plus grands partis francophones, le Parti Socialiste (PS, 13,71 % à la chambre des députés en 2010) et le Mouvement Réformateur (MR, centre-droit, 9,28 %), en sachant que les positions des plus grands partis flamands sont connues. L’actuel ministre de la défense Pieter De Crem, issu du CD&V (démocrate-chrétien, 10,85 %) n’a jamais fait mystère de sa préférence pour le F-35 et la N-VA (nationalistes flamands, 17,4 %) s’oriente également vers cette option, en raison de sa logique poursuivie en matière de politique de défense[i]. La position des autres partis est également connue, tout en étant susceptible d’évoluer dans le courant de la rédaction de leurs programmes de défense. Le SP-A (socialistes flamands), Ecolo et Groen (verts francophone et flamands) prônent le non-remplacement des appareils de combat, le CDH (centre francophone) et l’Open VLD (libéraux flamands) – des partis de l’actuelle coalition et qui pourraient jouer un rôle pivot dans la prochaine – ont une attitude plus attentiste.

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Exclusif : un nouveau chef d’état-major particulier à l’Elysée

C’est une nouvelle pour le moins inattendue : dans la foulée du remaniement intervenu hier soir, le Président de la république a également indiqué qu’il allait nommer un nouveau chef d’état-major particulier, que nous avons eu l’occasion d’interviewer en exclusivité avant qu’il n’aille prendre son poste. La suite >

DSI n°102, avril 2014

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Editorial

Agenda et nominations
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Stratégie

Doctrines importées
Par Benoist Bihan, chercheur en études stratégiques, rédacteur en chef adjoint de Histoire & Stratégie

La mutation des forces spéciales américaines. Le Global SOF Network. Deuxième partie
Par Pierre Roty, capitaine de frégate, commando marine, officier de liaison opérations spéciales à l’United States Special Opérations Command depuis l’été 2012.

De la nécessité du débat stratégique
Par Benoist Bihan, chercheur en études stratégiques, rédacteur en chef adjoint de Histoire & Stratégie

L’armée dans les cités : pour quoi faire ?
Par Gwénaël Loquet, chef d’escadron, cavalier blindé, stagiaire de la 21e promotion de l’Ecole de guerre. La suite >