La rédaction prend ses quartiers d’été

Quelques heures avant le 14 juillet et son défilé, la rédaction prend ses quartiers d’été, non sans préalablement mettre la dernière main à notre prochain hors-série. Nous vous donnons donc rendez-vous le 16 août !

Du F-35, de ses capacités de dogfight et de ce que Lockheed nous apprend sur nos faiblesses

Cela faisait un certain temps que l’on n’avait plus connu un débat aussi enflammé autour de questions de combat aérien. Dans un post sur War is Boring, David Axe revenait ainsi sur le RETEX de cinq pages d’un combat simulé (Edit : entre-temps, le rapport complet a été posté), le 14 janvier 2015, entre un F-35 en configuration lisse – AF-02, le deuxième de série livré à l’US Air Force – et un F-16D avec deux réservoirs auxiliaires.

Attaque et contre-attaque

Le combat était spécifiquement mené pour tester les capacités en combat rapproché du F-35 et a fait se succéder des approches défensives et offensives. Le rapport du pilote confirme ce que les analyses prédisaient (voir DSI n°108 pour un état de l’art sur la question) : le F-35 manœuvre mal dans tous les scenarii et dégrade rapidement son énergie sans pouvoir la récupérer facilement.

Face au F-16, la seule option a été de mener une manœuvre high alfa, ouvrant une opportunité de tir, mais signant en cas d’échec la mort de l’appareil, incapable de regagner en énergie. Pis, la mobilité de la tête du pilote était entravée par la taille du casque, inadaptée à la verrière – une problématique qui n’a, là aussi, rien de neuf. Pour David Axe, le F-35 serait donc de la « dead meat« . Voilà pour l’essentiel.

La réponse n’a pas tardé ; l’enjeu pour Lockheed étant crucial. En substance, la contre-critique indique que le F-35 engagé n’était pas doté de ses équipements de cinquième génération – dont l’aptitude à projeter sur le casque les images produites par le DAS (Distributed Aperture System) autour de l’avion – et qu’il était donc obligé de se mettre dans les six heures de sa cible. La suite >

Questions internationales, « La puissance militaire »

n°73-74, mai-août 2015, 224 p.

Ce numéro double de la revue de la Documentation française compte vingt articles et onze gros encadrés consacrés pour se focaliser sur la question de la puissance militaire. Ils se répartissent en trois sous-dossiers, consacrés à « la puissance militaire en mouvement », « quelques acteurs militaires » et « la puissance militaire dans l’histoire de quelques grands empires », chacun d’entre eux étant suivi d’une bibliographie.

Offrant en sus 17 cartes et graphiques, ce numéro est bien équilibré et offre une vision globale de son objet. Si tous les articles méritent d’être lus, nous retenons plus particulièrement celui de Christian Malis sur « Etats et puissance militaire : globalité, clavier, levier » – qui voit notamment dans l’action russe une « guerre couverte », terme bien plus pertinent que celui de guerre hybride – ou encore celui de Michel Goya sur « l’adaptation des moyens militaires aux conflits asymétriques ». La suite >

DSI n°116, juillet-août 2015

Editorial
Nominations et agenda
Veilles contre-terroristes
Veilles conflits
Veilles stratégiques
Veilles industries
Contrats du mois

Stratégie

Polyvalence
Par Benoist Bihan, chercheur en études stratégiques, rédacteur en chef adjoint de la revue Histoire & Stratégie, animateur du blog La Plume et le Sabre

Castex et la maritimisation du monde
Entretien avec Lars Wedin, capitaine de vaisseau (er) de la marine suédoise, auteur de Stratégies maritimes au XXIème siècle. L’apport de l’amiral Castex

Lutte antidrogue : l’évolution des cartels
Par Emmanuel Vivenot, spécialiste des questions de défense La suite >

Deux ans d’opérations aériennes

Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI. Article paru dans DSI Hors-Série n°42, juin-juillet 2015. Aucune reproduction autorisée

Le monde de l’aéronautique militaire a considérablement évolué en deux ans, qu’il s’agisse des matériels, des concepts ou encore des opérations dans lesquelles les forces aériennes ont été engagées. Tour d’horizon de deux ans de débats mais aussi d’évolutions.   

Les événements aéronautiques les plus marquants sont liés à des conflits où la place de la troisième dimension s’est accrue. D’une part, parce que le champ géographique de ces conflits s’est dilaté. Il en est ainsi de l’intervention émirienne en Libye alors que la situation s’y dégradait et de la mise en place d’une coalition arabe attaquant les rebelles houthis au Yémen, suspectés d’être soutenus par l’Iran. C’est aussi le cas de la multiplication des patrouilles de bombardiers et d’appareils de combat russe en Méditerranée ou en mer du Nord, dans le contexte post-annexion de la Crimée et, corrélativement, d’une montée en puissance du dispositif Baltic Air Patrol par l’OTAN. C’est également le cas de l’accroissement de l’activité chinoise en mer de Chine méridionale, laquelle comprend la construction d’îles artificielles permettant de donner corps à des revendications de zone économique exclusive, mais permettant également de construire des pistes. Corollaire de cette évolution, les Etats de la région accroissent eux-mêmes le nombre de leurs patrouilles aériennes et conçoivent des dispositifs stratégiques inédits : le Japon a ainsi demandé à pouvoir opérer des patrouilles maritime au départ des bases aériennes philippines…   La suite >

Stratégique, n°108, « Maîtrise des armements et désarmement »

avril 2015, 276 p.

Si la situation stratégique internationale est à la remilitarisation et au contournement des divers régimes de régulation des armements, il n’en demeure pas moins que la maîtrise des armements a fait des progrès considérables depuis les années 1970. C’est tout l’intérêt de ce numéro de la revue Stratégique, en l’occurrence coordonné par Matthieu Chillaud, que de faire un point de situation réaliste en la matière.

Articulée autour de treize contributions et du maintenant traditionnel grand entretien, cette fois avec Camille Grand (FRS), la revue est d’abord un état de l’art. Elle ne manque ainsi pas de s’interroger sur la pertinence contemporaine du concept de maîtrise des armements mais fait également le tour de la question de l’économie du désarmement ou prend également en compte la question du rôle des acteurs sub-étatiques et transnationaux. La suite >

Le monde des publications – juillet-août 2015

Chez Economica, plusieurs titres ont une consonance historique. Bien à propos, dans la foulée du bicentenaire de la bataille, Antoine Reverchon publie Et si Napoléon avait gagné à Waterloo ?, dans la collection « Mystères de guerre » (Economica, Paris, 2015, 176 p.). Claude-Catherine Ragache revient quant à elle sur Roland Dorgelès. Combattant, journaliste, écrivain, (Coll. « Guerres et guerriers », Paris, 2015, 288 p.).

Dans le registre des classiques, on signalera La stratégie oubliée. Périclès, Frédéric le Grand, Thucydide et Cléon d’Hans Delbrück, le père de l’histoire militaire contemporaine, en l’occurrence traduit par Joël Mouric et préfacé par Daniel J. Mohaney (Coll. « Stratégies et doctrines », Paris, 2015, 192 p.). Toujours chez Economica, l’IHEDN publie quant à lui Défendre la France au XXIème siècle, un ouvrage comprenant de nombreuses interventions d’experts (Paris, 2015, 320 p.).

Perrin, réédite dans la collection Tempus La révolte dans le désert de T.E. Lawrence (Paris, 2015, 560 p.). L’ouvrage sonnera certainement en écho à celui de Nathalie Ruffié, qui publie L’interculturalité dans les opérations militaires. Le cas américain en Irak et en Aghanistan (Editions du Cygne, Paris, 2015, 135 p.) sur lequel nous reviendrons en septembre.  La suite >

Histoire & Stratégie n°22 – L’arme du génie. De 1945 à nos jours

ÉDITORIAL

LE GÉNIE (1930-2013) : UNE ADAPTATION CONTINUE À LA MENACE

Focus : Frise chronologique de l’évolution du génie contemporain (1930-2002)

LE GÉNIE FRANÇAIS ENTRE 1930 ET 1945 : UNE MUTATION SANS PRÉCÉDENT

Le génie : une arme d’arrêt
La transition : l’épopée des Forces françaises libres
La naissance d’une arme moderne (1943-1945)
Focus : Le pont Bailey : un matériel emblématique du génie
Une force de combat moderne pour les engagements conventionnels

LE GÉNIE EN INDOCHINE : UNE ACTION ENTRAVÉE (1945-1954)

Le génie « esclave de la route »
Le génie confronté au manque d’effectifs
Les difficultés du combat en interarmes
Focus : « Un génie multiethnique et multiconfessionnel qui doit faire face à des problèmes d’effectifs »

LE GÉNIE À L’ÉCOLE DE LA LUTTE ANTISUBVERSIVE (1954-1962) La suite >

DSI Hors-Série n°42, juin-juillet 2015

Editorial

L’armée de l’air face à ses défis

Deux ans d’opérations aériennes
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Carte. La géostratégie des forces aériennes en 2015
Par la rédaction

Deux ans d’évolution des forces aériennes
Par la rédaction

Armée de l’Air : le grand bleu
Entretien avec le général Denis Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’Air

Préparer demain tout en dépassant aujourd’hui le contrat opérationnel : le défi du CFA
Entretien avec le général de corps aérien Serge Soulet, commandant des forces aériennes La suite >

Trends in Air to Air Combat. Implications for Future Air Superiority

John Stillion, CSBA, Washington, 2015, 61 p.

Le combat aérien fascine mais il n’est généralement abordé que sous l’angle du récit des pilotes ou encore sous celui, technique, des capacités des appareils. Mais ce que nous offre – littéralement, la publication étant accessible en ligne – John Stillion est tout aussi intéressant.

L’auteur a en effet compilé une base de données de 1 450 cas de combats air-air de 1965 à nos jours, ce qui lui a ensuite permis d’effectuer une analyse statistique. Elle valide ainsi le modèle d’engagements menés à des distances toujours plus grandes : les portées du radar et des missiles seraient donc les principaux vecteurs de la supériorité aérienne traditionnelle, mais pas uniquement.

L’auteur insiste sur les questions liées à la détection aérienne avancée et à la connectivité des réseaux, qui ne permettent pas tant de gagner en puissance qu’en temps, une dimension qui s’avère déterminante. Et de citer plusieurs exemples où la réactivité a été la véritable clé tactique des opérations. La suite >