DSI n°106, septembre 2014

Editorial
Nominations et agenda
Veilles contre-terroristes
Veilles conflits
Veilles stratégiques
Veilles industries
Contrats du mois

Stratégie

Le commandement, reflet d’une conception de la guerre
Par Benoist Bihan, chercheur en études stratégiques, rédacteur en chef adjoint de la revue Histoire & Stratégie, animateur du blog La Plume et le Sabre

Echec des opérations d’information en Afghanistan : la guerre n’est pas une affaire de marketing
Par Romain Mielcarek, spécialiste des questions de défense

Des flottes paramilitaires en première ligne des conflits en Asie
Par Alexandre Sheldon-Duplaix, conférencier à l’Ecole de guerre, chercheur au service historique de la défense La suite >

Les larmes de nos souverains. La pensée stratégique navale française

Martin Motte (Dir.), Etudes marines n°6, mai 2014, 199 p.

« Les larmes de nos souverains ont souvent le goût salé de la mer qu’ils ont ignoré », aurait dit Richelieu. Oui, les Français pensent la mer, depuis longtemps, d’une manière originale et même depuis avant les Britanniques. Martin Motte, navaliste et maître de conférence en histoire contemporaine fait ici une œuvre particulièrement utile en rassemblant 16 chapitres, de Richelieu à Hervé Coutau-Bégarie, en passant par Vauban, Barjot ou encore Daveluy et Lapeyrouse-Bonfils, qui a largement inspiré Mahan.

Concrètement, chaque chapitre est précédé d’une petite introduction présentant l’auteur mais aussi le contexte dans lequel il travaille. Suivent un ou des extraits particulièrement remarquables de ses travaux. Evidemment, l’ampleur de la tâche ne permet pas un examen complet et approfondi de leur pensée – une tâche, inachevée, qu’avait commencé à entreprendre H. Coutau-Bégarie avec les huit tomes de L’évolution de la pensée navale – mais l’ambition est, ici, autre. La suite >

Irak-Syrie : quels modes d’action contre l’EI ?

Les dernières déclarations en date de Chuck Hagel, secrétaire américain à la défense, sont sans ambiguïté : l’EI est « plus qu’un simple groupe terroriste. Ils allient idéologie et sophistication militaire. Ils sont incroyablement bien financés. Cela va au-delà de tout ce qu’il nous a été donné de voir ». De facto, le groupe est sans doute le meilleur exemple actuel d’une utilisation avisée du concept de guerre hybride (1) – sur lequel je reviens dans un ouvrage à paraître prochainement.

Faut-il engager l’EI ?

L’EI pose dès lors deux questions stratégiques. La première est celle de l’opportunité de son engagement : faut-il le combattre ? Washington, en le considérant comme une menace – en particulier à l’aune des jihadistes susceptibles de revenir dans leur pays d’origine – y répond positivement. En réalité, la réponse, que personne ne détient de manière assurée, pourrait être plus nuancée. Actuellement, l’EI se concentre sur la construction de « son » califat et la menace la plus directe pèse sur des régimes sinon alliés, du moins proche de l’occident : Jordanie, Arabie saoudite, Etats du Golfe, Koweït, etc. Au-delà, personne n’est en mesure de dire si la menace, pour l’Europe ou les Etats-Unis, sera effective et si l’EI ne se repliera pas sur lui-même. La suite >

Ce que signifie stratégiquement l’Etat islamique

La progression rapide de l’EIIL en Irak, entre-temps devenu Etat Islamique (EI) fin juin 2014, suivie de la proclamation d’un califat dirigé par Abu-Bakr Al Baghdadi a totalement changé la donne géostratégique au Moyen Orient. Reste que le sens stratégique donné à cette évolution n’est pas totalement clair. Deux grandes catégories d’analyse ont émergé.

L’hypothèse optimiste : le feu de paille

La première envisage le succès de l’EI comme passager, sa territorialisation signifiant son arrêt de mort, dès lors qu’elle induit une vulnérabilité : territorialiser signifie un gouvernement, des infrastructures et un système de gouvernance qui peuvent être ciblés. Ce serait d’autant plus le cas qu’en attaquant les montagnes de Sinjar et la zone historiquement kurde, une coalition de ces derniers, historiquement divisés, s’est formée.

A la clé, de véritables résultats sur le terrain avec l’appui de l’aéronavale américaine. De même, la reconnaissance de la menace a finalement – et heureusement – abouti à l’éviction du premier ministre irakien Maliki, dont l’inaction et la politique de division est largement considérée comme ayant favorisé les succès de l’EI ; ou encore à la mobilisation d’une partie des forces jordaniennes.

Les commentateurs soulignent également que la légitimité de l’EI en tant que califat est loin d’être assurée à l’échelle mondiale. La référence faite au califat ayant suivi le processus historique d’islamisation, à partir du 7ème siècle ne serait pas pertinente, dès lors que nombre d’islamistes – notamment au Pakistan ou encore en Afrique – n’y ont pas fait allégeance. La suite >

SDF : Sans Défense Fixe

La chronique de Carl von C. Parue dans DSI n°106, juillet-août 2014 ; aucune reproduction sans autorisation de la rédaction

Tous ceux qui travaillent dans le secteur social vous le diront, la descente aux enfers qui conduit droit à la rue des gens qui, il y a quelques années encore, n’avaient rien du SDF, n’a rien à voir avec le niveau d’éducation ou d’excellence professionnelle. Si vous prenez le temps de discuter avec l’un ou l’autre gars trainant au coin de la rue dans l’attente d’une pièce ou d’un sourire, il pourra vous raconter comment, d’ingénieur, de cadre ou d’employé plutôt bien intégré dans son milieu, il s’est retrouvé là.

Au moment de le croiser, songez-y : nul n’est à l’abri. Alors non mes agneaux, ce n’est pas mon moment « fibre sociale » : vil et vilain comme je suis, je vois aussi dans leurs situations ce qui pend au nez de nos armées, futures sans défense fixes. Je m’explique. C’est l’histoire d’un type plutôt sympa, adepte du principe philosophique le plus important depuis les classiques grecs – j’ai nommé le PCLC (Pas Casser Les Cojones) et donc pas récriminant pour un sous – qui est perfectionniste. Quoique lui demande son patron, il est toujours partant. Faire toujours plus avec toujours moins ? Can do ! Partir aux quatre coins du monde pour des missions aux finalités parfois obscures ? OK ! La suite >

DSI Hors-Série n°37, août-septembre 2014

Numéro spécial en partenariat avec l’Université d’Été de la Défense de 108 pages

Editorial

Quels enjeux pour la France ?

De la tétanie stratégique de l’Europe et de la place de la France
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

« Un costume taillé au plus juste »
Entretien avec le général Pierre de Villiers, Chef d’Etat-Major des Armées

« MRTT/activité », le slogan que martèle le CEMAA
Entretien avec le général Denis Mercier, Chef d’Etat-Major de l’Armée de l’Air

La DGA dans un contexte budgétaire serré
Entretien avec Laurent Collet-Billon, délégué général pour l’armement

Carte : forces françaises déployées hors-métropole La suite >

MH17 : ce que l’on sait et ne sait pas

La destruction du B777 de la Malaysia Airlines au-dessus de l’Ukraine pose une série de questions. Tâchons ici d’y répondre sommairement avec les éléments disponibles :

Par qui ? Très simplement, les Ukrainiens, les Russes ou les Pro-Russes, qui disposent tous de systèmes susceptibles d’avoir réalisé la frappe.

Comment le savoir ? Les données de vol issues de la boîte ne permettront pas de savoir grand-chose : les appareils de la Malaysian n’ont pas les récepteurs d’alerte radar ou les détecteurs de départ missiles dont sont équipés les appareils israéliens, par exemple. Par conséquent, ce sont les enregistrements radar, en particulier militaires (3D) plutôt que civils (souvent 2D dans la région) qui devraient donner une bonne estimation du point de lancement. Si les bons capteurs sont à portée, l’analyse de la signature électromagnétique du radar utilisé pour le lancement pourrait permettre d’en savoir plus sur le système utilisé, voire même, par triangulation sur sa position.

Qui fournira l’information ? Les Ukrainiens ou les Russes mais éventuellement aussi l’OTAN – des E-3 sont en vol au-dessus de la Roumanie – ou les Américains, dont le croiseur Vella Gulf est en mer Noire. Pour peu que les AWACS ou le croiseur soit à portée de détection. La suite >

Le Buk dans la généalogie des SAM soviéto-russe

Par Joseph Henrotin et Philippe Langloit. Article paru dans Technologie & Armement n°4, février-mars 2007. Aucune reproduction autorisée sans l’aval de la rédaction.

Utilisé massivement par l’Égypte durant la guerre du Kippour, le SA-6 Gainful (Kub) sera à l’origine de la perte de nombreux appareils israéliens, de sorte que la prise de quelques systèmes, incluant celle de radars Straight Fush, a rapidement été considérée comme un objectif prioritaire par les forces israéliennes. Envoyés aux États-Unis, ces systèmes allaient permettre de concevoir des contre-mesures adaptées, au bénéfice tant d’Israël que des forces de l’OTAN, le SA-6 étant alors déployé sur le théâtre centre-européen dans des unités du niveau bataillon. Aussi, considérant dès 1970 que l’efficacité du SA-6 serait, à terme, remise en question, le ministère soviétique de la défense ordonnera la conception d’un nouveau système, qu’il appellera Buk. En réalité, toutefois, les efforts soviétiques en matière de défense aérienne étaient continus et NIIP Thikomirov, déjà à l’origine du SA-6, travaillera également sur ce qui deviendra le complex 9K37, plus connu sous sa désignation OTAN de  SA-11.

Une évolution du SA-6

Tirant un certain nombre de leçons de l’expérience du SA-6, les ingénieurs soviétiques chercheront à augmenter le nombre de missiles par véhicules. Jusque-là, les TEL (Tractor-Erector-Launcher) du SA-6 ne pouvaient tirer que 3 missiles, l’engin devant ensuite être rechargé (une batterie comptant jusqu’à 6 TEL). De même, ils chercheront également à diminuer le nombre de véhicules utilisés par batterie, de façon à réduire les coûts du système, à une époque où les technologies des radars phased array, que désiraient incorporer les Soviétiques, excédaient d’un tiers les capacités financières que Moscou entendait allouer à chaque lanceur. Dans le même temps, les Soviétiques entendaient augmenter la densité de leurs défenses aériennes – et donc le nombre de missiles disponibles dans une zone couverte donnée. En effet, en plus de la menace aérienne de l’OTAN, il semble que l’état-major soviétique ait ambitionné de donner au Buk une fonction ATBM, les affectant plus particulièrement à la lutte contre les missiles tactiques Lance dont étaient dotées une partie des forces de l’OTAN en centre-Europe. La suite >

Message à nos abonnés : ils arrivent !

Certains abonnés n’ont pas encore reçu leur DSI de juillet-août. A la suite d’un problème technique, notre imprimeur n’a pu livrer une partie des exemplaires leur étant destinés. Un nouveau tirage permettant de remédier à ce malheureux problème est en cours. Nous vous présentons toutes nos excuses pour la gêne occasionnée, bien évidemment indépendante de notre volonté.

Bon 14 juillet à toutes et à tous !