Défenses antibalistiques : l’EPAA progresse

Brève parue dans DSI n°122, mars-avril 2016. Aucune reproduction autorisée.

Une nouvelle étape a été franchie en matière de défense antimissile de territoire avec la fin de la construction et la mise en service de la première base Aegis Ashore Missile Defense System (AAMDS) à Deveselu, en Roumanie. Concrètement, l’OTAN active ainsi la deuxième phase de l’EPAA (European Phased Adaptative Approach), la nouvelle base devant encore être reliée au réseau de commandement et de contrôle de l’alliance atlantique.

La première phase consistait en le déploiement à demeure de destroyers américains sur la base navale espagnole de Rota ; et en le positionnement d’un radar AN/TPY-2 en Turquie, en plus de l’installation d’un centre de commandement et de contrôle sur la base de Ramstein. La troisième phase consiste en la construction d’une installation du même type que celle de Deveselu, cette fois en Pologne, sa mise en service devant intervenir en 2018.

A ce moment, la mise en réseau avec les capacités européennes devraient avoir eu lieu. En effet, parallèlement aux efforts américains, l’OTAN met en réseau les capacités de ses Etats-membres européens – Aster-30 installés sur les destroyers français, britanniques et italiens, futur SAMP Block 1NT français, « frégates » néerlandaises et danoises – dans le cadre de l’Active Layered Theatre Ballistic Missile Defence (ALTBMD). La suite >

Monsieur Todeschini, vous n’avez rien compris

Monsieur le secrétaire d’Etat,
Cher Monsieur Todeschini,

Votre commentaire sur la polémique autour de la prestation du rappeur Black M pour le centenaire de la bataille de Verdun, publiée sur le site de l’hebdomadaire Le Point nous a agacé – et c’est un euphémisme. Bien entendu, nous savons que ni vous ni le gouvernement n’avez choisi de l’inviter.

En revanche, en indiquant que « C’est une polémique lancée par l’extrême droite », vous avez tort. Ne pouvez-vous, vous qui êtes en charge des Anciens combattants, tout comme le maire de Verdun, comprendre que le choix d’un rappeur relève de la plus grande bizarrerie ?

Voudriez-vous en inviter un le jour de la commémoration de la disparition d’un de vos proches ? La disparition de centaine de milliers de soldats n’a rien d’un happening hip-hop : dans toutes les cultures du monde, on respecte les morts. Savez-vous seulement comment l’affaire sera prise par les Allemands ?

Cela n’a donc rien à voir avec son origine ; c’est ce que vous ne voulez pas comprendre quand vous accusez les rétifs d’être d’extrême-droite. Les Forban, Johnny Hallyday ou Christine and the Queens auraient été tout aussi inappropriés.

Cela a à voir avec la mémoire, et une cantatrice japonaise, togolaise ou un groupe soul tunisien auraient certainement été plus pertinents.

Cela a aussi à voir avec quelqu’un qui déclare qu’il aime la scène – on suppose que c’est le cas de beaucoup d’artistes – et qui se limite à cela, faisant la démonstration d’une conscience historique plus faible que celle d’un pot de confiture. Avec le mandat qui vous est confié, vous ne pouvez ignorer le symbole que représente Verdun.

Cela a également à voir avec quelqu’un n’ayant pas hésité à qualifier la France de « pays de Kouffars ». Je vous ferai grâce d’un cours d’islamologie et je pense d’ailleurs que vous savez ce que recouvre ce terme. Que sa famille soit gasconne depuis trente générations ou qu’il ait été naturalisé il y a deux semaines n’y change rien.

Aussi, Monsieur Todeschini, de toute notre âme de démocrate, nous vous dénions le droit de nous attribuer telle ou telle opinion politique parce que nous ne sommes pas d’accord avec le choix d’une autorité publique. Nous dire que nous sommes d’extrême-droite est insultant et relève autant de la diffamation que d’un de ces « bottés en touche » qui font les délices des fossoyeurs du débat public et donc de la démocratie.

Cordialement,

Carl von C., chroniqueur ; Joseph Henrotin, rédacteur en chef ; Véronique Sartini, rédactrice en chef adjointe

DSI n°123, mai-juin 2016

Editorial

La carte

Veilles contre-terroristes

Veilles stratégiques

Etats-Unis. Évolution programmatique dans l’US Air Force

OTAN. Changement de posture de défense

OTAN. L’enjeu du Joint Forcible Entry

Europe. De nouveaux chasseurs

Belgique. Attentat majeur

Azerbaïdjan. Le réveil du conflit avec l’Arménie

Australie. Nouveau livre blanc

Asie. Développements dans le domaine des sous-marins

Veilles industrielles La suite >

Erratum

Dans DSI n°122, le tableau de bord mentionne que les forces terrestres néerlandaises comptent 80 000 personnes. C’est une erreur indépendante de notre volonté, les effectifs de la Landmacht étant de 20 850 personnes.

Penser la guerre au futur

Richard Gagnon (Dir.), Presses de l’Université Laval, Québec, 2016, 270 p.

Si les débats autour de la RMA semblent dépassés, il n’est que de voir la rémanence du concept de « transformation » – qui est sa concrétisation dans les armées – ou encore les travaux autour de l’AirSea Battle qui constituent, en quelque sorte, un retour au « business as usual » après les opérations afghanes et irakiennes.

De ce point de vue, si la terminologie a changé, ce dont elle rend compte n’en a pas moins poursuivi son chemin. Aussi, l’ouvrage dirigé par R. Gagnon est-il intéressant à plusieurs égards. Premièrement, par le traitement critique de la question, autant par des chercheurs – et en particulier des doctorants – que par des militaires.

Deuxièmement, par la variété des sujets abordés. En dix chapitres, les co-auteurs reviennent certes sur la genèse de la RMA, son cadrage théorique et, classiquement, sur la guerre de l’information (R. Garon) ou encore, inévitablement, les drones, mais aussi sur des aspects plus spécifiques. La suite >

La guerre par ceux qui la font. Stratégie et incertitude

Benoît Durieux (Dir.), Editions du Rocher, Monaco, 2016, 365 p.

Général commandant le Centre des Hautes Etudes Militaires (CHEM), Benoît Durieux a rassemblé dans cet ouvrage les contributions de quinze de ses stagiaires, ce qui constitue à la fois un exercice inédit mais également fructueux. En l’occurrence, ils publient ainsi des chapitres qui sont le fruit de leurs réflexions et leurs lectures et qui montrent une belle prise de hauteur sur les sujets traités.

Ils se répartissent en trois parties – « le temps de l’incertitude », « le temps de la sagesse stratégique » et « le temps des opérations militaires globales » – et peuvent aborder des sujets délicats comme la contre-insurrection, le Livre blanc ou encore l’aptitude à pouvoir gérer les crises de manière globale.

Il n’en demeure pas moins qu’en travaillant avec une logique de démonstration et de recherche de savoir plus que du seul partage d’opinions, on en arrive à des visions d’autant plus éclairées et nuancées que les auteurs sont également des praticiens expérimentés. Au sein de ces contributions, plusieurs nous sont apparues plus particulièrement intéressantes. La suite >

Sous-marins conventionnels : le grand bleu

L’Australie vient de rendre public le choix de DCNS pour la construction de ses 12 futurs sous-marins : un « contrat du siècle » de pas moins de 34 milliards d’euros. Dans DSI n°113 (avril 2015), Philippe Langloit revenait non seulement sur les besoins australiens, mais également sur le marché des sous-marins océaniques, où nombre de constructeurs s’étaient positionnés. Aucune reproduction autorisée.

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La dernière édition du salon Euronaval a été l’occasion d’assister à de grandes manœuvres dans le domaine des sous-marins, dont les observateurs auront pu constater l’augmentation du tonnage. Derrière cette tendance, il y a certes la perspective du méga-contrat australien – 12 bâtiments pour près de 17 milliards de dollars – mais également d’autres facteurs de nature structurelle.

Les débats en stratégie navale des moyens de ces vingt dernières années ont été marqués par la conduite des opérations littorales, y compris dans le domaine des sous-marins. Le bâtiment à propulsion classique, éventuellement assisté par une propulsion anaérobie (AIP – Air Independant Propulsion) était ainsi perçu comme un aboutissement aussi adapté à son environnement que dangereux pour les marines menant des opérations expéditionnaires. La donne change cependant depuis quelques mois : l’évolution des techniques, motivée par la perspective des budgets de R&D liés au contrat australien – mais pas uniquement – autorise aujourd’hui la conception de bâtiments plus lourds. Concrètement, les nouveaux designs atteignent dépassent le seuil des 4 000 tonnes en plongée, là où les sous-marins à propulsion conventionnelle considérés comme les plus lourds déplaçaient au maximum 2 500 à 3 000 tonnes submergés. La montée en gamme est donc claire.    La suite >

Journées d’études toulonnaises de l’ISC : les inscriptions sont ouvertes

L’Institut de Stratégie Comparée tiendra ses Journées d’études toulonnaises en juin 2016.  Elles auront pour thème « BD, guerres et stratégie » (lundi 6 juin 2016) et « L’action de la Mer contre la Terre. Projection de puissance, de forces et d’influence » (Mardi 7 Juin 2016).

L’inscription est obligatoire avant le 20 mai 2016 via institut-strategie@gmail.com ou par téléphone au 01.44.42.43.58. Attention, le 6 et le 7 juin, il est nécessaire de se présenter 30 minutes avant le début des Journées d’études, en se munissant de 2 pièces d’identité en cours de validité.

Le programme

Puissance aérienne en 2030 : tendances et ruptures possibles

08.15 – 08.45 – Accueil

08.45 – 09.00
Introduction par le général d’armée aérienne André LANATA, Chef d’état-major de l’armée de l’air

09.00 – 09.15
Intervention de Mme Heidi H. GRANT, Deputy Under Secretary of the Air Force, International Affairs

09.15 – 10.30 – Table ronde 1 – Le rôle des forces aériennes dans les opérations

Modérateur : Dr. Joseph HENROTIN, Chargé de recherche à l’Institut de stratégie comparée (ISC), Chercheur associé à l’Institut français de relations internationales (IFRI)

1. Les enseignements tirés par les forces aériennes françaises des opérations en cours, Général de corps aérien Serge SOULET
Commandant des Forces Aériennes (CFA) et Commandant du Soutien des Forces Aériennes (CSFA)

2. Les leçons tirées par la RAF, Air Vice-Marshal Paul ATHERTON OBE, Chief of Staff Operations, Royal Air Force

3. L’intégration des systèmes de 4e et 5e génération : une nécessité pour les opérations en coalition à venir, Lieutenant-General Timothy M. RAY, Commander of 3rd Air Force (USAFE), United States Air Force

10.30 – 11.45 – Table ronde 2 – La puissance aérienne face aux défis du futur La suite >

DSI Hors-Série n°47, avril-mai 2016

 

Un numéro exceptionnellement porté à 108 pages, publié en partenariat avec le Centre d’expertise « Lutte contre le terrorisme St-Cyr-SNCF »

Editorial

Défis et menaces

Carte : Les attentats dans le monde, en 2015

Le terrorisme comme mode de guerre
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Comprendre le djihadisme
Stéphane Taillat, CREC-St Cyr

Les transformations du terrorisme islamiste : histoire et stratégies
Par Olivier Hanne, agrégé et docteur en Histoire médiévale, chercheur au CREC.

Ethique et terrorisme : l’affrontement des idéologies
Par Benoit Royal, général, chercheur associé au pôle éthique et déontologique du CREC
Président de l’association internationale d’éthique militaire en Europe (EURO-ISME)

Le terrorisme révolutionnaire, accélérateur de l’histoire et de la transformation militaire française
Par Christian Malis, professeur associé aux Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan La suite >