AirSea Battle : à la recherche de la contre-guerre littorale

Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI. Article paru dans DSI hors-série n°38, octobre-novembre 2014. Sa suite y est disponible. Aucune reproduction autorisée.

Evoqué dès 2010, le concept d’AirSea Battle devait être une réponse aux mesures A2/AD (Anti-Access/Area Denial) mises en œuvre par la Chine. Au fil du temps, il est devenu central dans la politique de défense américaine, en orientant la stratégie des moyens des différents services mais aussi en constituant l’arrière-plan du « pivotement » américain vers l’Asie. Mais ses enjeux dépassent, également, le cadre géostratégique : il est surtout emblématique d’un renouveau de la dialectique entre offensive et défensive et des questionnements qui y sont liés pour y faire face.

L’A2/AD à la chinoise : la redécouverte de la défensive

Bien comprendre ce qu’est l’AirSea Battle implique de revenir à la vision qu’ont eu les Américains du développement de la stratégie navale chinoise dans les années 2000. A cette époque, le Pentagone estime que Pékin met en place une série de mesures coordonnées visant à interdire l’accès de ses mers à d’éventuels adversaires. La Chine utiliserait une combinaison technologique complexe. Elle s’appuie d’abord sur une flotte de haute mer, alors en plein développement avec les Type-052B et Type-052C mais aussi les frégates Type-054. La suite >

Major Events in Cyberspace: What We Learned and What We Should Have Learned

Martin Libicki, Conseiller scientifique à la RAND Corporation et professeur à la Georgetown University, donnera une conférence à la chaire Castex de cyberstratégie

Mardi 28 octobre 2014, de 19:30 à 21:00, Amphithéâtre Des Vallières, Ecole Militaire – 75007 Paris
Métro Ecole Militaire ou la Motte-Picquet Grenelle

Inscription obligatoire

Nouvelles restructurations dans les armées : quelles conséquences ?

Que penser de nouvelles annonces effectuées hier sur la restructuration des forces, au-delà de l’incontestable problématique humaine mais aussi politique ?

Premièrement, la perte d’un état-major de brigade, annoncée dans le Livre blanc 2013 (voir DSI n°91), signifie la perte d’un huitième des forces terrestres françaises. Certes, les régiments rattachés à cette brigade ne sont pas tous dissous mais la brigade est toujours, du moins officiellement, le « pion d’engagement » principal de l’OTAN. Et c’est en brigades que s’établissent les comparatifs internationaux de puissance.

Deuxièmement, l’« échenillage » des régiments toujours en activité est une perte sèche aux conséquences multiples. D’une part, est-il encore raisonnable de parler de régiments alors que leur taille s’apparente à celle d’un bataillon ? La suite >

La Belgique a un nouveau gouvernement : quelles conséquences pour la défense ?

Ayant prêté serment le 11 octobre, le nouveau gouvernement belge de coalition (libéraux francophones et flamands, sociaux-chrétiens flamands et nationalistes de la NVA) a rendu public son accord de gouvernement. Plusieurs mesures sont prises en matière de défense.

Un Conseil national de sécurité sera ainsi mis en place, remplaçant le Collège du renseignement et de la sécurité. Plus largement, il s’agit de mieux mutualiser les efforts des trois services de renseignement du pays (SGRS militaire s’occupant de renseignement extérieur, sûreté de l’Etat dépendant du ministère de la justice et DR3 de la police).

Il devrait participer à la mise en place d’un programme de « sécurité intégrale ». Le renseignement militaire devrait par ailleurs faire l’objet d’une attention plus soutenue, notamment dans le domaine de la cyberdéfense, perçue comme défensive. La suite >

Message du ministre de la défense sur les restructurations (extraits)

Voir également le Dossier thématique sur les restructurations menées en 2015.

En 2015, 7 500 postes seront supprimés. Responsable, la Défense prend part aux efforts de la Nation pour redresser sa situation budgétaire. La souveraineté de notre pays dépend autant de sa Défense que de la maîtrise de ses comptes publics. Ainsi, j’ai pris une série de décisions concernant nos armées et services en 2015, portant sur des réorganisations, des mutualisations, des transferts d’unités et des fermetures d’implantations militaires. En voici l’essentiel.

L’armée de terre doit s’adapter aux nouveaux contrats opérationnels, en particulier dans les domaines des forces spéciales et de la cyberdéfense. Elle doit également préserver ses capacités d’engagement, fixées à 66 000 soldats projetables. En 2015, le 1er régiment d’artillerie de marine ainsi que l’état-major de la 1re brigade mécanisée stationnés à Châlons-en-Champagne (Marne) seront dissous.

Le 8e régiment de parachutistes d’infanterie de marine de Castres (Tarn) et le 1er régiment de tirailleurs d’Épinal (Vosges) seront transformés en régiments d’infanterie de nouvelle génération. Par ailleurs, j’ai demandé au chef d’état-major de l’armée de Terre d’élaborer un nouveau projet s’inscrivant dans le plan stratégique présenté par le chef d’état-major des armées, « Cap 2020 ». La suite >

DSI Hors-Série n°38, octobre-novembre 2014

Editorial

Introduction

Mutations de la guerre navale
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Carte : Rangs et puissances navales au 1er octobre 2014
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Une marine en pleine transformation
Entretien avec l’amiral Bernard Rogel, chef d’état-major de la Marine

Tableau de bord : quelle évolution pour les marines européennes ?
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI La suite >

Rafale Marine : premier appareil rétrofité livré à la DGA

La DGA a réceptionné, le 3 octobre 2014, le premier des dix Rafale Marine rétrofités du standard F1 vers le standard F3. Cette transformation a pour objectif de doter la marine nationale d’une flotte homogène au standard F3. Il participe à la montée en puissance du Rafale dans les flottilles de l’aéronautique navale, en remplacement du Super Etendard Modernisé dont les derniers exemplaires seront retirés du service en 2016.

L’opération concerne les dix premiers Rafale Marine (M1 à M10) livrés au standard F1 avec des capacités limitées aux missions de défense aérienne. D’un montant de près de 240 millions d’euros, cette opération consiste à les modifier en profondeur (avion entièrement démonté et mis à nu) pour leur donner les mêmes capacités que les avions F3 actuellement produits. La suite >

Avec ITAR-TASS, vous êtes bien manip… informés

C’est l’histoire d’un article paru aujourd’hui sur le site anglophone de l’agence de presse russe ITAR-TASS : selon un expert, l’affaire du Mistral pourrait avoir des répercussions négatives sur le contrat franco-indien portant sur le Rafale.

Ainsi, « The supplier who does not keep to the terms of the contract, especially in respect of Russia, which is India’s ally, has risks to get into a situation when trust starts falling every day and the reputation turns out to be mared,” Henrotin said ».

Sauf que J. Henrotin n’a jamais été interviewé par Itar-Tass. En fait, ce qui est cité semble être tiré d’un post paru sur ce site il y a trois semaines (et non, comme le dit ITAR-Tass, aujourd’hui) et qu’en prime, la citation est fausse. De fait, ce qui est dit est « Mais d’un autre côté, un vendeur n’honorant pas ses commandes – surtout à l’égard d’un pays allié de l’Inde – est susceptible de voir son capital-confiance se réduire »".

Au surplus, la citation est sortie de son contexte et d’une analyse en l’occurrence un peu plus étoffée. Analyse qui met sérieusement en doute l’assertivité du jugement. Au final donc, l’agence russe transforme donc « gris clair » en « noir ». Il n’y a pas à dire : le diable de la guerre de l’information se cache dans les détails…

Stratégie des moyens : vers l’armée virtuelle ?

Face à des besoins bien réels et un budget n’augmentant pas – d’autant plus qu’il compte sur des « recettes exceptionnelles » qui tardent à entrer – le ministère de la Défense travaille sur la mise au point de partenariats publics-privés un peu particulier. Le schéma définitif n’est pas encore arrêté mais ses grandes lignes sont connues.

En fait, il s’agirait qu’une ou des « société(s) de projet » (elle-même financée par des ventes d’actifs de l’Etat, voire des opérateurs privés) achètent des matériels en production (et donc commandés par les armées). Ce faisant, les forces bénéficient donc des fameuses recettes exceptionnelles. La ou les société(s) loueraient ensuite les matériels, soit aux forces françaises, soit à un autre Etat.

Nombre de matériels sont ainsi susceptibles d’être rachetés – en partie par des fonds publics alors qu’ils pourraient déjà avoir été payés par la défense – avant d’être à nouveau financés par la défense pour leur location. S’ils sont encore disponibles, évidemment. Le ministère évoque cette forme particulière de « sale and lease back » aussi bien pour des frégates que pour des ravitailleurs en vol ou des hélicoptères. La suite >

Le Ghost : un « chasseur des mers » high tech pour la lutte contre les essaims navals

Juliet Marine a rendu publique les images des essais en mer de son Ghost, un navire pour le moins original qui renvoie plus à un « chasseur des mers », en l’occurrence proposé pour la protection des forces navales, qu’à un patrouilleur. Concrètement, l’embarcation est conçue dans une double optique de furtivité radar et de recherche de vitesse.

Au-delà de sa forme générale, la propulsion repose sur deux pods, submergés en permanence et qui génèrent une bulle de gaz, de sorte que l’engin hypercavite et peut atteindre des vitesses plus élevées par réduction de la friction. La propulsion elle-même est assurée par une turbine à gaz installée dans le module de commandement, en surface. Ce dernier est relié aux pods par deux bras articulés. La suite >