Technologie et armement

Lorsque l’on parle de drones…

Le débat autour de l’usage de drones armés connait des développements intéressants en France. Reste qu’il apparaît comme considérablement en retard : le premier drone RQ-1 a volé en 1994 et le premier tir opérationnel s’est déroulé au Yémen (déjà), en 2002. Il y a donc respectivement près de vingt ans et plus de dix ans (!). Voici ce que nous écrivions à son sujet dans DSI n°32 (décembre 2007), dans le cadre de la fiche technique qui était consacrée aux R/MQ-1A et C. La fiche technique consacrée au MQ-9 est parue dans DSI n°85.

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Petit (et donc facilement projetable), très adaptable, affichant un taux de disponibilité supérieur à 90 % et peu coûteux (l’appareil est estimé à un million de dollars), le Predator a déjà une riche carrière opérationnelle derrière lui et l’on peut estimer qu’à bien des égards, il a radicalement contribué à l’engouement des forces aériennes pour les drones MALE. Certes, son développement s’est souvent produit à la suite de missions opérationnelles (les premiers appareils ne disposant pas d’un système de dégivrage, plusieurs s’étaient écrasés sous le poids de la glace accumulée sur les ailes) et les pertes – 48 ou 49 exemplaires – ont été nombreuses. La suite >

Drones 101. Pourquoi la France n’est pas prête de renouveler ses MALE

Dans la foulée des récentes déclarations portant sur l’acquisition de drones MQ-9 Reaper, il nous a paru intéressant de revenir sur cet article, publié en octobre 2012, avant donc la parution du Livre blanc et alors qu’était évoqué le projet de fusion EADS/BAE System.

Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI. Article paru dans DSI, n°85, octobre 2012 (pp. 90-95), aucune reproduction sans l’autorisation préalable de la rédaction.

C’est malheureusement banal de l’écrire, le dossier du renouvellement des drones MALE a pris un retard phénoménal et l’actualité récente (évocation d’une fusion entre BAE et EADS, collaboration sur les MALE entre l’Allemagne et la France, questionnements autour du Telemos franco-britannique) va dans le sens d’une redistribution industrielle des cartes qui pourrait ne pas permettre une réflexion posée. Tout cela laisse peu de place à la réflexion militaire autour de ces appareils. Mais comment conçoit-on un MALE ?

Les trois vecteurs militaires

La valeur de toute force militaire et des équipements dont elle est dotée se mesure à l’aune des effets politiques qu’ils sont en mesure de produire. Pour les drones, MALE comme HALE[i], ceux-ci sont fondamentalement de deux grandes catégories d’ordres. Le premier est évidemment l’ISR (Intelligence, Surveillance, Reconnaissance) en ayant à disposition des plateformes dotées de capteurs dont l’avantage comparatif réside dans la persistance au détriment de la fugacité, qui est le propre des appareils de reconnaissance. En orbitant sur une zone donnée, un drone autorise une surveillance constante des points qui lui sont assignés.  Stratégiquement parlant, le drone apparaît comme utile : parce que les dispositifs militaires se contractent, le drone troque de la présence humaine sur zone contre une présence technologique. Cette dernière est trompeuse dès lors que le système n’est pas autonome. Il n’élimine nullement le recours à l’homme, dès lors que 24 heures de vol d’un MQ-9, par exemple, requièrent 66 analystes du renseignement, en plus de l’équipage et des maintenanciers de l’appareil, même s’ils restent au sol. In fine, le drone est donc un facteur d’anticipation augurant d’une action militaire pouvant jouer avec le temps. La suite >

La Chine a-t-elle lancé un super-ASAT ?

La presse américaine indique aujourd’hui que la Chine a procédé au test d’un missile anti-satellite Dong-Neng-2, capable de frapper sur les orbites de satellites moyennes et géostationnaires. Concrètement, si les faits se vérifient, cela signifierait que Pékin serait en mesure de frapper les réseaux de navigation par satellite mais aussi les satellites de communication et de détection de lancement de missiles balistiques. La Chine a quant à elle indiqué qu’il s’agissait du tir d’une fusée-sonde à très haute altitude.

Voici ce que nous avions publié dans DSI n°86 (novembre 2012) : « Selon les analystes américains, la Chine serait sur le point de tester un nouveau type de missile antisatellite, le Dong Neng 2. A les suivre, l’engin serait une menace majeure pour les forces occidentales dès lors qu’il serait expressément conçu pour mener des frappes par collision directe sur des orbites géosynchrones, à environ 36 000 km de distance de la terre, soit l’altitude à laquelle opèrent les satellites de communication. Jusque là, les essais antisatellites menés, américains, russes ou chinois, visaient des satellites opérant sur des orbites basses ». La suite >

Premier essai à la mer de la FREMM destinée au Maroc

La FREMM destinée à la Marine Royale du Maroc vient d’effectuer le 17 avril sa première sortie à la mer (photo ci-contre, copyright DCNS). Cet événement constitue le coup d’envoi des essais en mer qui se dérouleront au cours des prochaines semaines au large des côtes bretonnes. La livraison du navire interviendra à la fin de l’année.

Lors de cette première sortie à la mer, l’équipage, composé de membres de la Marine nationale, de représentants du client et de collaborateurs de DCNS, a pour principal objectif de tester les performances de la propulsion et du système de navigation du navire. Les hautes qualités nautiques des FREMM ont déjà été démontrées par l’Aquitaine, première frégate de la série, livrée en novembre dernier à la Marine nationale. La suite >

Essais en vol du Hyunmoo-3C

La marine sud-coréenne a mis en ligne les images de lancements d’essais de missiles de croisière d’attaque terrestre Hyunmoo-3C, de conception locale. Outre un tir depuis un des destroyers KDX-2, ont peut également observer un lancement sous-marin, via une capsule de lancement. Le Hyunmoo-3C est un engin de conception conventionnelle, similaire au Tomahawk et au futur SCALP Naval, d’une portée estimée à 1500 km et dont la charge explosive est estimée entre 450 et 500 kg.

Terminator – l’arme du futur ?

Joseph Henrotin était l’invité de Culturesmonde, sur France Culture, le 31 janvier, afin d’analyser les évolutions possibles dans le champ de l’armement. L’émission peut être réécoutée ici.

CHAMP, premier missile EMP conventionnel

DSI est revenu à plusieurs reprises sur le développement du missile HPM CHAMP (DSI 50/79/87, DSI-T n°14, entre-autres), qui a récemment été testé (1). Dans cette vidéo, un aperçu de ses capacités. De fait, les États-Unis ont testé, le 16 octobre, leur première E bomb, une arme conventionnelle à Impulsion Electromagnétique (IEM) capable de littéralement « griller » les infrastructures électroniques/électriques non protégées.

Pratiquement, l’arme est installée sur le missile CHAMP (Counter-electronics High-powered Advanced Missile Project). Si aucune photo du missile n’a été diffusée, l’US Air Force a toutefois rendu publique une vidéo montrant les conséquences de l’attaque sur une salle remplie d’ordinateurs dans ce qui est qualifié d’immeuble de deux étages, qui se sont tous coupés. On mesure rapidement l’intérêt de disposer de telles armes. La suite >

US Army : vers un GCV de 84 tonnes ?

Réductions budgétaires ou pas, l’US Army devrait poursuivre le développement de son Ground Combat Vehicle, un engin destiné à remplacer partiellement les M-2 Bradley dans les fonctions de combat d’infanterie. Le programme, annulé puis relancé, reste un véritable défi non seulement budgétaire – de 2013 à 2030, il coûterait plus de 30 milliards de dollars pour 1 874 véhicules qui remplaceraient 40 % des M-2 – mais aussi tactique et logistique.

Qu’on en juge : l’Army reste preneuse du schéma adopté après 2009 et qui envisageait un véhicule lourd, avec une fourchette de masse entre 64 et 84 tonnes – rien moins que plus du double d’un M-2 Bradley. Dans le même temps, il doit pouvoir transporter neuf hommes équipés en plus de trois membres d’équipage, tout en offrant des vitesses similaires à celles du Bradley. La suite >

Bye-bye, Big-E

Le porte-avions USS Enterprise est rentré de son dernier déploiement opérationnel le 4 novembre, signant la fin d’une carrière de 51 ans – il est entré en service le 25 novembre 1961, seulement trois jours après le Clemenceau – marquée par 25 déploiements opérationnels et plus de 400 000 appontages.

Le bâtiment, en fait le plus ancien navire en service actif dans l’US Navy, a été le premier porte-avions à propulsion nucléaire. Il reste à ce jour le plus long porte-avions de l’histoire et a été engagé dans nombre de crises et de conflits, de la crise des missiles de Cuba jusqu’aux opérations au-dessus de la Libye. La cérémonie officielle de sortie de service aura lieu le 1er décembre.

18 CAESAR pour le Danemark

Nexter s’apprête à vendre 18 automoteurs de 155 mm CAESAR (Camion Equipé d’un Système d’Artillerie) au Danemark, une première pour le petit royaume. Chaque canon étant vendu environ 5,5 millions d’euros, le montant du contrat atteindrait quelque 90 millions d’euros. Jusqu’ici, le CAESAR a été vendu à la France (77), l’Arabie Saoudite (132), l’Indonésie (37) et la Thaïlande (6).