Terrorisme

Le Sixième cavalier de l’apocalypse

La chronique de Carl von C., parue dans DSI n°51, septembre 2009.

Ils sont quatre, on fait un passage remarqué dans le Nouveau Testament et sont en représentation permanente « dans un théâtre (d’opérations) près de chez vous » : nos quatre premiers cavaliers de l’apocalypse sont décidément de bons acteurs. Le 5ème est arrivé plus tard dans un roman éponyme de Lapierre et Collins – New York atomisé, ça le fait toujours (ou, au choix, noyé, gelé, bombardé, avec ou sans Godzilla et/ou King Kong) – mais le dernier petit copieur, le 6ème donc, est en action chez nous. Si, si, il est Français (quoique, les Américains sont aussi de grands admirateurs de la France), porte le béret (vert), râle en permanence et à la fâcheuse habitude de distribuer des bras d’honneurs aux élémentaires de la pensée stratégique la plus élémentaire. Je veux bien entendu parler de notre obsession pour le terrorisme et sa petite sœur, cette vicieuse nommée insécurité. Allons bon. Carl ne va pas vous écrire dans ces illustres pages que le terrorisme n’existe pas – on va laisser ça à Michael Moore – mais bien qu’il faut tout de même commencer à remettre les choses en perspective avant que nos armées ne subissent les foudres de ce 6ème cavalier. La suite >

Résilience en France : quelques clés

Entretien avec Joseph Henrotin, docteur en sciences politiques et chargé de recherche au CAPRI, auteur de La résilience dans l’antiterrorisme. Le dernier bouclier, L’Esprit du Livre, 2010.

Qu’est-ce qui vous a conduit à écrire ce livre ?

En 2005, on m’a demandé de participer aux travaux d’un groupe d’études de l’OTAN sur la question de la résilience. J’ai pu me familiariser avec la résilience avec l’aide ses principaux concepteurs, comme Frank Furedi ou Bill Durodié. Le sujet m’intéressait dans la mesure où le sujet de la capacité de nos sociétés à faire face à des événements disruptifs était peu analysé : face à nos dépendances technologiques, par exemple, que faire face à une pénurie d’électricité touchant un ou plusieurs États durant plusieurs jours ? Comment nos sociétés pouvaient-elles s’effondrer ? La suite >

Aux sources du terrorisme

Entretien avec Hélène L’Heuillet, maître de conférence en philosophie à l’université de Paris-Sorbonne et psychanalyste, auteur de Aux sources du terrorisme. De la petite guerre aux attentats-suicides (Fayard, Paris, 2009, 346 p.).

En page 87 de votre ouvrage, vous indiquez que le terrorisme vise à « éteindre le ressort de la puissance de l’autre » et, plus généralement, vous positionnez le terrorisme comme un mode de guerre – vous vous appuyez d’ailleurs sur les travaux de stratégistes – représentant une menace réelle. Mais comment un philosophe remonte-t-il aux sources du terrorisme ? Quelles sont-elles, d’ailleurs ?

Traditionnellement, le but d’une guerre est d’affaiblir l’ennemi. Les guerres traditionnelles adoptaient une logique de victoire. Clausewitz lui-même, qui a rendu compte des évolutions les plus nouvelles des guerres de son temps, ne pouvait imaginer une autre finalité à la guerre que celle qui consiste, pour un camp, à vouloir l’emporter sur l’adversaire. Le terrorisme nous confronte à tout autre chose. C’est encore trop peu dire que de souligner qu’il vise l’anéantissement de l’ennemi. Au-delà des pertes infligées à un État subissant sur son sol une attaque terroriste, la véritable cible des terroristes sont les survivants. L’effroi produit par l’attentat doit ébranler non seulement la force mais la croyance en la force, et la capacité de résistance. Dans les guerres classiques, l’effet de peur succède à l’acte de violence. L’attentat terroriste n’est au contraire qu’une mise en scène de l’effet de terreur – lequel constitue le véritable but de l’opération.

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