Défense et Sécurité Internationale
Asie
Chine : un activisme de plus en plus manifeste
14/06/11
La Chine a installé, fin mai, des garnisons sur six ilots revendiqués par les Philippines dans les îles Spratlys – plus particulièrement dans le groupe de Kalayaan. Trois de ces garnisons sont fortifiées et abritent des radars mais aussi de l’artillerie. Elles pourraient permettre, également, le ravitaillement de patrouilleurs. Une autre garnison, plus complexe, pourrait abriter jusque 200 hommes et est dotée d’un héliport et d’un quai de 300 m de longueur permettant d’accueillir des navires. Dans la foulée, Washington décidait de l’envoi d’un destroyer sur zone.
Face au regain d’activité chinois, le Vietnam conduisait également, à partir du 14 juin, des manœuvres d’artillerie dans la zone (en fait, à proximité d’un ilot inoccupé), tandis que des manifestations anti-chinoises se déroulaient notamment à Hanoï. Si ces manifestations n’ont pas suscité de commentaires, les manœuvres ont été qualifiées de « geste de défi » par Pékin. Pratiquement, les manœuvres répondent à l’incident ayant visé un bâtiment vietnamien qui s’était vu attaqué dans la zone économique exclusive vietnamienne (voir nos précédentes éditions). La suite >
Rapport accablant sur l’utilisation des SMP en Afghanistan
11/10/10
Le Senate Armed Services Comittee a rendu public un rapport portant sur la gestion des sociétés militaires et de sécurité privées par le Pentagone, notamment en Afghanistan, relevant une série de problèmes. En particulier, il révèle que nombre de sociétés ont fait appel à des locaux sans préalablement effectuer de screening de sécurité. La suite >
La PLAAF au-dessus… de la Turquie
5/10/10
C’est une première dont les conséquences géopolitiques, à terme, pourraient ne pas être négligeables : les forces aériennes turques et chinoise ont conduit des manœuvres dans le centre de l’Anatolie, Pékin déployant pour l’occasion des Su-27. La suite >
L’image du jour…
30/08/10
…Est une carte parue dans le dernier rapport sur la puissance militaire chinoise publié par le DoD américain et listant les capacités à longue portée chinoise. Reste que, derière l’alignement des capacités, manque la représentation de ce qui leur donne une crédibilité : les systèmes de capteurs. Détecter une cible mouvante – comme un groupe de porte-avions – à 2 000 km est très loin d’être une chose aisée…
La Chine a effectué un nouvel essais antisatellite
20/07/10
Après avoir détruit un de ses satellites en orbite le 11 janvier 2007, la Chine aurait procédé avec succès, selon les magazines Foreign Policy et le quotidien China Daily à une deuxième destruction le 11 janvier 2010 – soit trois ans jour pour jour après le premier test. Les agences de renseignement américaines auraient – le conditionnel reste de mise – détecté le lancement de deux missiles d’un type inconnu depuis deux bases différentes, qui auraient tous deux explosé à altitude optimale.
Si le ministère chinois des affaires étrangères a indiqué que le test avait une valeur défensive, il est difficile de ne pas voir dans la coïncidence des dates un message politique adressé à Washington, que ce soit au regard des ventes d’armement effectuées il y a quelques temps à Taiwan ou, plus largement, dans le déploiement de sa stratégie d’interdiction. Au-delà des aspects de politique immédiate, remarquons aussi que Pékin évoque la recherche de la disposition de systèmes antisatellites depuis le début des années 1990. La suite >
La Chine voudrait renforcer sa capacité de seconde frappe nucléaire
7/07/10
« La Chine doit posséder une force de seconde frappe » afin de décourager ses ennemis de la menacer avec des armes atomiques. C’est ce qu’a déclaré la principale revue militaire chinoise, dans un rare inventaire de la stratégie nucléaire du pays. Ce commentaire, parut dans le journal officiel « Liberation Army Daily », survient dans un contexte d’intensification de la diplomatie atomique – après un sommet sur la sécurité nucléaire organisé par le président américain Barack Obama, et avant une conférence internationale tenue en mai, sur l’avenir du Traité de non-prolifération (TNP). La Chine a progressivement modernisé son arsenal nucléaire et certains opposants aux propositions visant à réduire les forces nucléaires occidentales ont fait valoir l’incertitude planant sur les ambitions de Pékin.
Le major-général à la retraite Xu Guangyu a déclaré que la Chine voulait une force de dissuasion nucléaire minimale et souhaitait éviter une course aux armements. « La Chine adhère résolument à une stratégie nucléaire défensive, et a toujours adhéré à la politique du non-emploi de l’arme atomique en premier, quelles que soient les circonstances», écrit Xu Guangyu, actuellement chercheur à l’association d’Etat « China Arms Control and Disarmament ». Il ajoute que « la caractéristique la plus fondamentale de la stratégie nucléaire de la Chine est d’avoir un effet dissuasif, mais de ne représenter aucune menace. » La suite >
L’image du jour : le type 22DDH
21/06/10
Une vue d’artiste tirée d’internet et montrant le 22DDH, nouveau type de « destroyer porte-hélicoptères » aux côtés d’un Hyuga. La JMSDF japonaise, qui devait recevoir 4 Hyuga, a décidé que les deux derniers bâtiments seraient substantiellement plus gros (plus de 24 000 tonnes contre 18 000 pour les Hyuga) et plus long (248 m, largeur de 39 m).
Les bâtiments disposeraient de 5 systèmes de défense rapprochée (2 RAM et 3 Phalanx). De nombreuses particularités de design – dont le déplacement de l’un des ascenseurs) l’optimiseraient pour des opérations d’appareils V/STOL. Dans les années 1980, la question de l’achat d’AV-8B avait été évoquée pour ensuite être abandonnée. Tokyo n’a toutefois pas encore montré d’intérêt pour le F-35B.
Les classes Hyuga et 22DDH sont analysées in extenso dans DSI Hors-Série n°16 et n°20.
Afghanistan : quel adversaire combattons-nous aujourd’hui ?
1/02/10
Par Olivier Hubac et Matthieu Anquez, consultants à CEIS et auteurs de L’Enjeu afghan, la défaite interdite (André Versailles, Bruxelles, 2010).
À parler de la guerre en Afghanistan, on tend fréquemment à se focaliser sur l’action de nos propres forces et les besoins auxquels elles font face. Mais, ce faisant, on tend à minorer… l’adversaire lui-même. Auteurs d’un ouvrage pour le moins pertinent sur la question afghane, Olivier Hubac et Matthieu Anquez dissèquent, entre anthropologie, science politique et histoire, la carte pour le moins complexe de l’adversité afghane.
La définition de l’ennemi combattu est l’un des passages obligés lors de l’élaboration d’une MARS * ou d’une MEDO *. Peu importe en effet le niveau auquel on se situe (stratégique, opérationnel ou tactique), elle détermine les moyens d’actions que l’on entend mettre en œuvre pour atteindre l’effet final recherché, la manœuvre générale étant dictée en partie par la qualification de l’adversaire. C’est là toute la difficulté de la guerre contre-insurrectionnelle. L’une des caractéristiques majeures des conflits dits irréguliers est l’absence d’identification claire et précise de l’adversaire, qui rend alors très délicate l’évaluation de ses capacités opérationnelles et de ses possibilités d’action.
Quel Afghanistan après le «plan Obama»?
1/01/10
Entretien avec le colonel Michel Goya, directeur d’études à l’IRSEM.
Officier et chercheur, Michel Goya a récemment effectué une visite en Afghanistan, qui a notamment donné lieu à un article dans la première lettre de l’IRSEM. Sans langue de bois, il analysait une situation complexe, mettant notamment en évidence les déficits de l’Armée Nationale Afghane (ANA). Nous nous sommes entretenus avec lui, quelques jours après le discours de Barak Obama à West Point, dans lequel il annonçait l’envoi de 30 000 soldats supplémentaires ainsi que sa volonté de doubler les effectifs de l’ANA.
On a parlé, avec le discours de West Point, d’une nouvelle stratégie avec l’envoi programmé de 30 000 soldats supplémentaires. Mais Obama n’est-il pas dans une rationalité d’effet d’annonce ? Répond-il, sur le fond, à la question stratégique afghane ?
Fondamentalement, la stratégie n’a pas changé depuis le sommet de Bucarest, voire avant. C’est toujours une stratégie globale qui veut associer une meilleure gouvernance, le développement économique et la sécurisation, essentiellement par le biais des forces de sécurité afghanes. Les décisions prises par Obama visent d’abord à augmenter les ressources et à changer les méthodes, de manière à dépasser la situation actuelle de « crise schumpétérienne » et à permettre de réaliser cette stratégie. Elles visent aussi à marquer les esprits et cet aspect symbolique n’est pas à négliger car il peut avoir des effets très concrets dans ce type de conflit. Tous les décideurs politiques et militaires américains ont en tête le précédent du « Surge » irakien. Rappelons qu’à la fin de 2006, alors que la situation en Irak était bien pire que celle de l’Afghanistan aujourd’hui, la décision du Président Bush d’envoyer 30 000 hommes a été la preuve de la détermination américaine, ce qui a accéléré le basculement des groupes nationalistes sunnites et permis de transformer radicalement la situation sur place. Il n’est pas inutile de souligner qu’à l’époque, le sénateur Obama était opposé à cette stratégie et partisan d’un retrait immédiat. Les esprits à marquer ne sont donc pas seulement afghans, mais aussi américains, pour faire oublier cette image défaitiste de l’époque, tout en donnant un horizon visible à ses futurs électeurs en évoquant un début de retrait à une date précise.
La Royal Australian Air Force au défi de l’Asie
1/04/09
Par Joseph Henrotin et Philippe Langloit, chargés de recherche au CAPRI.
Examiner l’évolution de la force aérienne australienne (RAAF – Royal Australian Air Force), c’est non seulement analyser la vision selon Canberra de son rôle dans la région, tout comme l’histoire de cette dernière, mais c’est également décrypter les paramètres de la coopération entre les États-Unis et l’Australie. Canberra est en effet devenu un partenaire stratégique de Washington dans le Pacifique, offrant une profondeur stratégique au dispositif américain dans une région représentant, en termes de superficie, rien moins que la moitié du monde. À cet égard, les États-Unis ont remplacé la Grande-Bretagne, sur laquelle la force aérienne s’était alignée. Ainsi, créé en 1912, l’Australian Flying Corps est devenu indépendant en 1921. Auparavant, il a connu le baptême du feu durant la Première Guerre mondiale. Dès mai 1915, des appareils australiens sont ainsi employés dans la protection des champs pétrolifères irakiens, en appui des forces britanniques et indiennes. Des forces australiennes seront également engagées en Palestine, en Égypte et en Europe.











