Histoire & Stratégie

Histoire & Stratégie n°14, avril-juin 2013

Il y a dix ans, dans la nuit du 19 au 20 mars 2003, les États-Unis et leurs alliés déclenchaient l’opération « Iraqi Freedom », l’invasion de l’Irak de Saddam Hussein. Très contestée sur le plan diplomatique, y compris par des alliés des États-Unis au premier rang desquels la France et l’Allemagne, « Iraqi Freedom » est aujourd’hui surtout considérée comme la phase initiale d’une guerre d’Irak au bilan stratégique globalement négatif pour les États-Unis, et dont les effets tant sur l’Irak que sur son environnement international continuent de se faire sentir. Et encore ce résultat n’est-il pas le pire cas de figure : que se serait-il en effet produit si, fi n 2006, les États-Unis s’étaient brusquement retirés d’Irak au lieu de se lancer dans le « Surge » de 2007-2008 ? L’Irak de 2013 ressemblerait probablement à son voisin syrien. Aussi l’essentiel des études sur le conflit irakien s’est-il concentré sur la longue lutte contre-insurrectionnelle menée entre 2004 et 2010, délaissant quelque peu la période 2003-2004, qu’il s’agisse de la phase conventionnelle ou de l’amorce de l’insurrection. La suite >

Histoire & Stratégie n°13, janvier-mars 2013

S’il est une machine indispensable dans les conflits contemporains, c’est bien l’hélicoptère. Depuis les balbutiements des voilures tournantes à l’extrême fi n de la Seconde Guerre mondiale jusqu’aux conflits les plus récents, ils ont été déployés par les grandes puissances dans la presque totalité des guerres de la deuxième partie du XXe siècle et du début du XXIe. Au travers de l’étude de l’expérience de trois nations pionnières dans l’emploi des hélicoptères – la France, première à armer ses hélicoptères et à en faire un emploi systématique, en Algérie, et innovant tant techniquement que doctrinalement depuis lors ; les États-Unis, puissance aéromobile par excellence, qui n’ont depuis la guerre de Corée jamais mené une guerre sans un déploiement massif de voilures tournantes ; et l’URSS, puis la Russie, à l’expérience aussi riche qu’originale et elle aussi innovatrice technique et doctrinale –, le présent numéro d’Histoire & Stratégie entend lever le voil e sur l’histoire des opérations aéromobiles.

Car loin d’être une fin en soi, l’hélicoptère est d’abord un moyen pour les forces terrestres de s’affranchir du terrain en utilisant la troisième dimension comme « flanc ouvert » et espace de manœuvre. Contournant les résistances, se jouant des reliefs, l’hélicoptère permet ainsi de créer la surprise tactique, d’assurer le ravitaillement de forces isolées, d’évacuer également les blessés – le nombre de morts dans les armées dites occidentales est aujourd’hui à un minimum historique, en large part grâce à la rapidité des évacuations médicales par hélicoptère – et d’assurer au commandement un outil de liaison rapide et efficace. Employé en masse, il devient le moyen d’une manœuvre opérative dans la profondeur, un instrument pouvant peser à volonté sur le système adverse. Ni avion ni blindé, il constitue l’aviation terrestre par excellence, comme le consacre la doctrine d’aérocombat de l’ALAT française. Et même si les pertes en hélicoptères sont régulières et souvent lourdes, à des taux devant être considérés comme comparables à ceux des matériels terrestres – ce qui devrait d’ailleurs sans doute inciter à concevoir les hélicoptères davantage comme des « camions (ou des chars) volants » que, comme c’est trop souvent le cas aujourd’hui, des aéronefs de haute technologie –, les opérations aéromobiles sont aujourd’hui partie intégrante d’opérations qui ne sont d’ailleurs plus terrestres, mais bien systématiquement aéroterrestres. La suite >

Histoire & Stratégie Hors-Série n°2 – Encyclopédie de l’armement, vol. 3

Éditorial

Pour son deuxième hors-série, Histoire & Stratégie réunit en un volume des fiches techniques consacrées par Défense & Sécurité Internationale, notre revue sœur, aux matériels terrestres, navals et aériens de la Russie, de la Chine, de Taïwan, du Japon et de la Corée du Sud. À l’exception de la première, dont l’appartenance de fait à l’Asie est balancée par son appartenance de choix à l’Europe, faisant d’elle la seule puissance authentiquement eurasiatique, les autres se situent toutes sur le versant pacifique de l’Asie, les plaçant au cœur des enjeux géopolitiques de notre temps.

En dépit d’histoires et de cultures militaires différentes, ces pays sont cependant réunis par une même ambition : celle de la souveraineté militaire, traduite par la volonté d’être en mesure de concevoir, développer et produire localement l’ensemble des matériels militaires majeurs tant terrestres – blindés, systèmes d’artillerie – que navals – navires de surface et sous-¬marins – ou aériens, incluant les appareils de combat, de transport, d’alerte aérienne avancée ou de ravitaillement en vol. La suite >

Histoire & Stratégie n°12 – Mars et Vulcain. Technologie et art de la guerre

Editorial

La technologie militaire est partout, et remplit les pages des publications généralistes ou spécialisées. Pour le grand public, une armée ce sont avant tout des chars, des navires, des avions, autant au moins que des soldats et bien davantage que des doctrines ou des concepts. Pourtant, la technologie est elle-même le produit de conceptions stratégiques spécifiques, avec lesquelles elle entretient une relation dialectique : l’adoption de telle ou telle technologie et surtout sa maîtrise dépendent autant de la sociologie propre à une armée que de ses conceptions stratégiques ou tactiques. Le déterminisme technologique, s’il anime une large part de la littérature – surtout américaine – consacrée à la question du rapport entre guerre et technique, n’existe que rarement en pratique.

Mais si la technologie ne décide pas de tout, loin de là, en matière militaire, son poids demeure considérable, tant dans le domaine tactique – les armements transforment effectivement les pratiques du combat – que dans le domaine stratégique ou la stratégie des moyens s’affirme depuis le XXe siècle au moins comme aussi importante que la conduite des opérations. Aussi l’historiographie française manquait-elle d’une synthèse faisant le point sur les relations entre technologie et art de la guerre, et notamment sur le concept souvent invoqué, mais pas toujours bien compris de stratégie des moyens. La suite >

Histoire & Stratégie Hors-Série n°1 – Encyclopédie de l’armement, vol. 2

Après un premier tome paru en décembre 2010 et consacré aux systèmes d’armes européens, c’est désormais sous forme de hors- série, deux fois par an, que vous retrouverez les numéros d’Histoire & Stratégie consacrés à l’armement mondial. Volume par volume, c’est une véritable encyclopédie de l’armement mondial depuis les années 1960 que cette collection constituera.

Traitant des moyens terrestres, navals et aériens des États-Unis, ce volume, comme le précédent, rassemble, en les actualisant, les fi ches techniques parues dans les numéros successifs de notre revue sœur Défense & Sécurité Internationale (DSI). Chaque matériel y est présenté sous forme d’une description, accompagnée de caractéristiques techniques et illustrée de photos. Chaque fi che est complétée par un éclairage thématique. Du M-1 Abrams au Littoral Combat Ship, en passant par les différentes versions des F-15 et F/A-18, ce sont ainsi plus d’une quarantaine de véhicules, avions et navires de tous types qui sont ici présentés. La suite >

Histoire & Stratégie n°11 – Combattre en ville. Les fondamentaux de la guerre en zone urbaine

Editorial

Les villes occupent dans l’histoire militaire une place à part. Objectifs stratégiques par excellence, tant par leur poids démographique, économique, logistique – on y trouve les carrefours et les « hubs » routiers, ferroviaires, portuaires et aéroportuaires – que par leur importance symbolique – celle de Stalingrad vient immédiatement à l’esprit -, leurs conditions particulières exigent des armées qui désirent y combattre de multiples adaptations, tant du point de vue des matériels que de celui des modes d’actions.

Ce sont ses adaptations qui font l’objet du présent numéro de Histoire & Stratégie, rédigé par Joseph Henrotin, chercheur au Centre d’Analyse et de Prévention des Risques Internationaux (CAPRI). En partant des spécificités de l’environnement urbain, il analyse ensuite les aspects théoriques du combat urbain, avant d’évaluer la place – considérable – que jouent les divers moyens d’appui dans les opérations urbaines. Des études de cas, consacrées respectivement aux expériences russes à Grozny et israéliennes à Beyrouth et dans les Territoires palestiniens, complètent ce numéro, dont la thématique mérite particulièrement que l’on s’y attarde aujourd’hui.

En effet, après avoir été pendant plusieurs années marquée par son engagement en Afghanistan, où la majeure partie de ses opérations ont été conduites en milieu rural, l’armée de Terre française s’apprête aujourd’hui à se désengager de ce pays. À son instar, nombre d’armées européennes engagées en Afghanistan s’inscrivent désormais dans la perspective du retrait des forces de l’OTAN à l’horizon 2014. Après cette date, peu nombreux sont les commentateurs qui envisagent des opérations aéroterrestres de contre-insurrection de longue haleine, et les opérations futures pourraient davantage être constituées d’actions « coup de poing » contre des cibles à haute valeur stratégique : les villes, dont la saisie comme gage ou pour parachever la chute d’un adversaire affaibli au préalable par d’autres moyens pourrait constituer le couronnement de campagnes courtes, avant un rapide retrait.

Dès lors, il est particulièrement pertinent de se replonger dans la théorie et la pratique des opérations urbaines, y compris de haute intensité. L’importance de ces espaces et l’urbanisation de l’ensemble de l’humanité rendent en effet inévitable que les villes soient, demain, les espaces de bataille par excellence. La suite >

Histoire & Stratégie n°10 – La dissuasion. Histoire du nucléaire militaire français

Il y a près de quarante-huit ans, en octobre 1964, le premier bombardier Mirage IV des forces aériennes stratégiques prenait l’alerte, se tenant prêt à déployer sur ordre sa bombe atomique. Il y a quarante ans, la Marine nationale engageait sa première patrouille océanique avec le sous- marin lanceur d’engins Le Redoutable. Cet événement représentait l’accession de la France à une capacité de seconde frappe de représailles. Depuis lors, les moyens de dissuasion nucléaire français, aériens et sous-marins – les systèmes terrestres ayant disparu avec la fi n de la guerre froide –, n’ont cessé de veiller pour préserver l’intégrité du territoire national contre toute agression.

C’est à leur histoire et à celle de la dissuasion nucléaire française au sens large qu’est consacré ce nouveau numéro d’Histoire & Stratégie, deuxième à paraître selon notre nouveau calendrier trimestriel, rédigé par André Dumoulin, attaché à l’École royale militaire de Bruxelles et à l’université de Liège. Il en retrace la genèse politique, scientifique et militaire, la replace dans le contexte parfois complexe des relations entre la France et son entourage stratégique, en détaille les moyens et l’évolution du contexte de la guerre froide à la situation présente. La suite >

Histoire & Stratégie n°9 – Repousser l’horizon. Histoire et perspective des opérations aéronavales

Editorial

Depuis les origines de l’aviation jusqu’à aujourd’hui, les aéronavales se sont progressivement imposées comme décisives à la maîtrise des mers : aucune marine n’envisagerait de s’en passer. C’est à leur découverte et à celle de leurs opérations qu’est consacré ce nouveau numéro d’Histoire & Stratégie, qui devient désormais trimestriel, afin de laisser la place à deux numéros hors série par an. Au croisement de l’histoire technique, tactique et opérative, l’étude qui suit, rédigée par Benoist Bihan, rédacteur en chef adjoint de cette revue, historien, chercheur en études stratégiques et rédacteur du blog La Plume et le Sabre, entend aborder les opérations aéronavales de manière transversale tout en mettant en lumière le rôle considérable que tient, depuis ses origines, l’aviation sur la conception et la conduite des campagnes et des opérations maritimes.

Cette importance, la Seconde Guerre mondiale l’a soulignée à l’envi. Si en effet les noms de Pearl Harbor – dont le mois de décembre 2011 était le soixante-dixième anniversaire – ou de Midway – dont les soixante-dix ans seront fêtés en juin prochain – sont connus et évoquent le triomphe du porte-avions sur le cuirassé, ces engagements ne sont que deux exemples parmi d’autres de l’importance cruciale qu’ont eue les aéronavales dans la victoire alliée : sans aviation navale et maritime, pas de victoire contre les sous-marins allemands dans l’Atlantique, pas de succès pour les débarquements en Europe et dans le Pacifique, pas de ravitaillement de l’URSS par la mer possible et pas non plus de victoire en Méditerranée. La suite >

Histoire & Stratégie n°8 – Histoire de l’artillerie. Des balistes aux missiles

Éditorial

PREMIERE PARTIE – AUX ORIGINES DE L’ARTILLERIE

L’artillerie neurobalistique et pyrotechnique
Les principales machines de guerre du Moyen Âge
L’artillerie pyrotechnique
Les principales pièces d’artillerie au XIVe et au XVe siècle
Des conséquences politiques de Marignan
Premières tentatives de traction automobile
Les débuts de l’observation aérienne
L’acier s’impose
La naissance de l’artillerie sol-air
L’évolution de l’emploi de l’artillerie pyrotechnique (XVI e -XIX e siècle)
Vers l’artillerie moderne
De l’affaire Dreyfus
Le pointage en direction La suite >

Histoire & Stratégie n°7 – Histoire et perspectives des opérations amphibies

Éditorial

C’est avec une étude transversale consacrée aux opérations amphibies qu’Histoire & Stratégie entame, avec ce septième numéro, sa deuxième année d’existence. C’est à la découverte de plus de deux millénaires d’histoire militaire que Benoist Bihan, historien, chercheur en stratégie et rédacteur du blog La Plume et le Sabre, et Guillaume Lasconjarias, historien, chargé d’études à l’Institut de Recherche Stratégique de l’École Militaire (IRSEM) et officier de réserve, nous emmènent dans les pages qui suivent, sous l’angle particulier de ces opérations conduites par la mer pour aller frapper l’ennemi sur ses propres côtes.

Au-delà du détail des opérations, dont les plus remarquables sont retracées, c’est à une approche thématique que ce numéro invite, en se plaçant comme à l’habitude à la jonction entre l’histoire militaire et la réflexion stratégique. Des rives de Marathon, en 490 avant notre ère, aux opérations amphibies que l’avenir ne manquera pas de nécessiter, en passant par les plus grands assauts amphibies de l’histoire – la Sicile, la Normandie, les Mariannes, Iwo Jima, Inchon ou les Malouines –, il s’agit de décrypter comment et pourquoi marins et soldats se sont lancés dans ces actions complexes à planifier, risquées à conduire et soumises à la fois aux aléas des opérations aéronavales et à ceux des opérations aéroterrestres. La suite >