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	<title>Magazine DSI &#187; Articles</title>
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	<description>Défense et Sécurité Internationale</description>
	<lastBuildDate>Thu, 23 May 2013 07:39:05 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Drones 101. Pourquoi la France n&#8217;est pas prête de renouveler ses MALE</title>
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		<pubDate>Mon, 20 May 2013 10:52:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Technologie et armement]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans la foulée des récentes déclarations portant sur l&#8217;acquisition de drones MQ-9 Reaper, il nous a paru intéressant de revenir sur cet article, publié en octobre 2012, avant donc la parution du Livre blanc et alors qu&#8217;était évoqué le projet de fusion EADS/BAE System. Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI. Article paru dans&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans la foulée des récentes déclarations portant sur l&#8217;acquisition de drones MQ-9 Reaper, il nous a paru intéressant de revenir sur cet article, publié en octobre 2012, avant donc la parution du Livre blanc et alors qu&#8217;était évoqué le projet de fusion EADS/BAE System.</p>
<p>Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI. Article paru dans DSI, n°85, octobre 2012 (pp. 90-95), aucune reproduction sans l&#8217;autorisation préalable de la rédaction.</p>
<p><strong>C&#8217;est malheureusement banal de l&#8217;écrire, le dossier du renouvellement des drones MALE a pris un retard phénoménal et l&#8217;actualité récente (évocation d&#8217;une fusion entre BAE et EADS, collaboration sur les MALE entre l&#8217;Allemagne et la France, questionnements autour du Telemos franco-britannique) va dans le sens d&#8217;une redistribution industrielle des cartes qui pourrait ne pas permettre une réflexion posée. Tout cela laisse peu de place à la réflexion militaire autour de ces appareils. Mais comment conçoit-on un MALE ? </strong></p>
<p><strong>Les trois vecteurs militaires </strong></p>
<p>La valeur de toute force militaire et des équipements dont elle est dotée se mesure à l&#8217;aune des effets politiques qu&#8217;ils sont en mesure de produire. Pour les drones, MALE comme HALE<a title="" href="#_edn1">[i]</a>, ceux-ci sont fondamentalement de deux grandes catégories d&#8217;ordres. Le premier est évidemment l&#8217;ISR (Intelligence, Surveillance, Reconnaissance) en ayant à disposition des plateformes dotées de capteurs dont l&#8217;avantage comparatif réside dans la <em>persistance</em> au détriment de la <em>fugacité</em>, qui est le propre des appareils de reconnaissance. En orbitant sur une zone donnée, un drone autorise une surveillance constante des points qui lui sont assignés.  Stratégiquement parlant, le drone apparaît comme utile : parce que les dispositifs militaires se contractent, le drone troque de la présence humaine sur zone contre une présence technologique. Cette dernière est trompeuse dès lors que le système n&#8217;est pas autonome. Il n&#8217;élimine nullement le recours à l&#8217;homme, dès lors que 24 heures de vol d&#8217;un MQ-9, par exemple, requièrent 66 analystes du renseignement, en plus de l&#8217;équipage et des maintenanciers de l&#8217;appareil, même s&#8217;ils restent au sol. <em>In fine</em>, le drone est donc un facteur d&#8217;anticipation augurant d&#8217;une action militaire pouvant jouer avec le temps. <span id="more-5882"></span></p>
<p>Le deuxième ordre d&#8217;utilité stratégique continue de faire débat, en particulier en France : la possibilité, précisément parce qu&#8217;il est persistant, de pouvoir frapper des objectifs fugaces (TST &#8211; Time Sensitive Targeting). Le drone est &laquo;&nbsp;tout en un&nbsp;&raquo;, un chasseur-tueur qui présente un avantage décisif sur l&#8217;avion qui ne serait pas doté de pods de désignation efficaces<a title="" href="#_edn2">[ii]</a> et dont la mise en action dépend d&#8217;un système organisationnel (chaîne du renseignement préalable, ordres et transmissions, frappes, évaluation des dommages). Le gain de temps par simplification de la &laquo;&nbsp;boucle OODA&nbsp;&raquo; est donc un gain d&#8217;efficacité mais aussi, paradoxalement, un gain éthique. C&#8217;est, en effet, paradoxal dès lors que l&#8217;image du &laquo;&nbsp;drone tueur&nbsp;&raquo;, qui serait autonome dans ses décisions de frappe est un mythe, qui continue d&#8217;affecter les drones et qui participe, dans le cas français, des débats à rallonge sur la nécessité ou non d&#8217;armer les drones. Les ressorts de cette perception tenace sont complexe, mobilisant à la fois la peur d&#8217;une technique devenue incontrôlée, une culture populaire volontiers sensationnaliste et le quasi-désert intellectuel en ce qui concerne la sociologie des techniques. Plus prosaïquement, ce mythe s&#8217;appuie en particulier sur les frappes ayant touché des civils innocents au Pakistan, les missiles ayant été tirés depuis des drones.</p>
<p>Mais il convient aussi et sans doute de se poser deux questions, complémentaires. D&#8217;une part, l&#8217;engagement d&#8217;appareils de combat classiques, sans que leurs pilotes ne soient entourés d&#8217;analystes du renseignement et de conseillers juridiques, auraient-ils fait mieux ? D&#8217;autre part, est-ce le type de plateforme engagé qui pose problème où d&#8217;autres éléments, tels que la pertinence de la définition d&#8217;une campagne aérienne et de ses objectifs ; les règles d&#8217;engagement ; la formation des analystes ou encore les facteurs humains (stress, fatigue, pression cognitive, intrication envahissante de l&#8217;échelon supérieur, etc.) ? Si poser les questions revient à y répondre, pour nombre d&#8217;analystes, l&#8217;armement des drones est un facteur d&#8217;inefficacité politico-stratégique flagrante voire, pire encore, serait susceptible de violer le droit international.</p>
<p>Au-delà, la génération d&#8217;effets politiques ne peut se passer de la génération d&#8217;effets militaires. A ce stade, comprendre l&#8217;utilité des drones ne suffit plus, ce qui passe par l&#8217;édiction de cahiers des charges et qui implique de rentrer dans leur processus de conception. Mais comment concevoir un drone, MALE comme HALE ? Si l&#8217;on rationalise les différents ressorts de cette conception, quelles que soient les stratégies et concepts nationaux, trois vecteurs fondamentaux apparaissent :</p>
<p>- L&#8217;endurance des drones est ce qui va leur donner leur aptitude à la persistance. Si elle est également dimensionnante d&#8217;un point de vue organisationnel, elle a également des implications en termes de conception (motorisation, carburant et empreinte logistique, <em>etc</em>.). Au demeurant, grande endurance ne signifie pas nécessairement complexité : des drones comme le ScanEagle ou le RQ-21 peuvent dépasser la quinzaine d&#8217;heures de vol en étant dotés de petits moteurs. De l&#8217;endurance dépend également la question des liaisons nécessaires aux commandes de vol (et aux ordres de tir) aussi bien qu&#8217;à la récupération des informations ;</p>
<p>- La charge utile est au cœur de l&#8217;efficacité militaire des drones, ce sont les capteurs ou armements embarqués qui donnent un sens à l&#8217;achat et à l&#8217;emploi de l&#8217;appareil. Trois facteurs sont ici à prendre en considération. Le premier est la masse embarquée : plus elle est importante, plus le nombre de capteurs emporté sera important  et plus grande sera la probabilité d&#8217;adaptation de capteurs déjà existants, réduisant le besoin de développer de nouveaux systèmes. Le deuxième facteur est celui des possibilités en termes de volumes d&#8217;emport, qui rend possible le positionnement des charges utiles (et masse pouvant être supportées) et détermine leur modularité. D&#8217;une manière plus générale, c&#8217;est à la doctrine de déterminer ce que doit être cette charge. La boule optronique, par exemple, est systématique, mais elle induit également un &laquo;&nbsp;effet tunnel&nbsp;&raquo; : la fauchée optique est relativement faible et un drone peut ne pas détecter ce qui peut se passer à seulement quelques kilomètres, parce que la boule n&#8217;est pas orientée dans la bonne direction. Un radar SAR/GMTI (radar à ouverture de synthèse/indicateurs de mouvements au sol) offre une meilleure fauchée mais encore faut-il le calibrer correctement. D&#8217;autres capteurs peuvent être retenus : charges COMINT, ELINT, voire relais de communications. Enfin, le dernier facteur est lié aux systèmes de communication, dès lors que le drone n&#8217;est pas juste une composante venant se greffer sur les armées, il en a également besoin, notamment en matière de communications spatiales. Si l&#8217;US Air Force peut sereinement annoncer vouloir plus de 400 drones MALE à terme, c&#8217;est également parce qu&#8217;elle dispose de la première flotte mondiale de satellites de communication, qui couvrent pratiquement tous les espaces de la planète… ce qui n&#8217;est pas le cas de la France ;</p>
<p>- Le prix des systèmes n&#8217;est pas qu&#8217;un facteur de politique budgétaire ou de politique de défense, c&#8217;est également le déterminant du nombre d&#8217;appareils ou de systèmes (plusieurs appareils et leur station de contrôle) qui pourra être acheté, indépendamment des doctrines d&#8217;emploi retenues. Or, ce prix n&#8217;est pas uniquement le coût à l&#8217;achat, c&#8217;est également le coût de possession, qui est très variable suivant ce que les constructeurs incluent dedans : outre le coût à l&#8217;heure de vol en termes de carburant et de pièces détachées, il doit également comprendre le coût des personnels (salaires, temps, formation) et celui des grands entretiens, tout comme celui des capteurs. Dans plusieurs cas de figure, ce dernier n&#8217;est pas nécessairement pris en compte (il pourra inclure la boule optronique mais pas d&#8217;autres capteurs, <em>etc</em>.). Par ailleurs, plus qu&#8217;ailleurs en aéronautique, &laquo;&nbsp;mass matters&nbsp;&raquo; dans l&#8217;emploi des drones : le nombre importe. Les appareils sont naturellement vulnérables, à l&#8217;adversaire comme aux conditions météo, voire aux erreurs de pilotage, de sorte que l&#8217;US Air Force a perdu, ces quinze dernières années, une centaine de Predator. De même, accéder à la &laquo;&nbsp;capacité drone&nbsp;&raquo; sans considérer la taille du maillage ISR ou, concrètement, le nombre d&#8217;orbites qu&#8217;ils offrent démontre un manque de réflexion sur son emploi. De ce point de vue, ne disposer que de quatre Harfang ou de sept &laquo;&nbsp;SIDM bis&nbsp;&raquo;<a title="" href="#_edn3">[iii]</a> revient à investir beaucoup pour disposer de capacités non seulement limitées par elles-mêmes mais aussi limitant en cascade l&#8217;aptitude des autres armées : si l&#8217;on continue à faire surveiller chaque sortie d&#8217;une FOB par un drone, il est évident que, quelque soit le volume des forces, ces dernières ne sortiront guère sur le terrain…</p>
<p><strong>Tableau. Comparaison des différents types de drones MALE dont l&#8217;achat a été évoqué par la France</strong></p>
<table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td valign="top" width="120"><strong>Type </strong></td>
<td valign="top" width="69"><strong>Charge utile (t)</strong></td>
<td valign="top" width="90"><strong>Endurance (heures)*</strong></td>
<td valign="top" width="88"><strong>Armement </strong></td>
<td valign="top" width="120"><strong>Coût </strong></td>
<td valign="top" width="131"><strong>Remarques</strong></td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="120">EADS Talarion</td>
<td valign="top" width="69">2,3</td>
<td valign="top" width="90">24</td>
<td valign="top" width="88">Evoqué</td>
<td valign="top" width="120">R&amp;D de 1,4 milliard et 90 millions d’euros par système (3 appareils et station de contrôle).</td>
<td valign="top" width="131">Nouveau type de cellule. Coût de R&amp;D à répartir sur les trois partenaires du programme.</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="120">BAE Mantis/Telemos</td>
<td valign="top" width="69">2,15</td>
<td valign="top" width="90">24 à 36</td>
<td valign="top" width="88">Oui</td>
<td valign="top" width="120">?</td>
<td valign="top" width="131">Nouvelle plateforme.</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="120">General Atomics MQ-9 Reaper</td>
<td valign="top" width="69">1,7</td>
<td valign="top" width="90">14 à pleine charge</td>
<td valign="top" width="88">Oui</td>
<td valign="top" width="120">Entre 80 et 175 millions de dollars par système suivant les contrats (4 appareils et station de contrôle). Dernières données : 209 millions d&#8217;euros pour 7 appareils et 2 stations de contrôle</td>
<td valign="top" width="131">Achat sur étagère.</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="120">Dassault/Thales Voltigeur/Heron TP</td>
<td valign="top" width="69">1</td>
<td valign="top" width="90">24 à 36</td>
<td valign="top" width="88">Evoqué</td>
<td valign="top" width="120">318 millions d&#8217;euros par système (7 appareils et deux stations de contrôle).</td>
<td valign="top" width="131">Cellule Heron TP d’origine israélienne. Coût incluant la R&amp;D.</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="120">Sagem Patroller</td>
<td valign="top" width="69">0,25</td>
<td valign="top" width="90">20 à 30</td>
<td valign="top" width="88">Evoqué</td>
<td valign="top" width="120">Coût : entre 20 et 30 millions d’euros par système (3 appareils et station de contrôle).</td>
<td valign="top" width="131">Cellule Stemme. Peut être utilisé en mode piloté ou drone. Coût incluant <em>a priori</em> la R&amp;D.</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="120">EADS Harfang/Eagle</td>
<td valign="top" width="69">0,25</td>
<td valign="top" width="90">24 heures à pleine charge</td>
<td valign="top" width="88">Non</td>
<td valign="top" width="120">Coût : 380 millions  d’euros par système (3 appareils et station de contrôle).</td>
<td valign="top" width="131">Cellule Stemme. Peut être utilisé en mode piloté ou drone. Coût incluant <em>a priori</em> la R&amp;D.</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>* Il est nécessaire de garder à l&#8217;esprit que l&#8217;endurance est fonction de la charge emportée. De ce fait, les données communiquées par les industriels ne sont pas nécessairement comparables.</p>
<p><strong>La conception d&#8217;une plateforme </strong></p>
<p>Une fois l&#8217;équilibre entre ces trois vecteurs trouvé &#8211; il se détermine en fonction des besoins des forces &#8211; reste encore à prendre en considération plusieurs facteurs. Le premier est celui de la place de la plateforme dans la réflexion. Pour un MALE, la plateforme est théoriquement le produit des trois vecteurs susmentionnés mais encore faut-il sortir des schémas de conception traditionnels en aéronautique, qui sacralisent la plateforme. Or, il importe d&#8217;en revenir aux fondamentaux et de considérer que les charges utiles importent plus que les performances de la plateforme, à tout le moins pour les drones MALE de première génération (grosso modo, ceux qui sont actuellement en service). Or, si l&#8217;on reprend le cas du Harfang, la récupération des boules optroniques des drones Hunter, si elle apparaissait comme une solution de bon sens économique, s&#8217;est avérée peu militairement intéressante, ses performances étant trop faibles. Paradoxe, ce manque de considération des capteurs a été l&#8217;une des principales raisons qui a poussé à rendre urgent à l&#8217;acquisition rapide d&#8217;un nouveau drone MALE…</p>
<p>Reste aussi que cette vision du drone comme &laquo;&nbsp;ascenseur à capteurs&nbsp;&raquo;, classique dans la littérature sur la question, pourrait bien être remise en cause par l&#8217;évolution du caractère de la guerre. Jusqu&#8217;ici, les forces aériennes occidentales n&#8217;ont pas été confrontées à des adversaires très dangereux pour leurs capacités aériennes. Or, il est évident que les forces aériennes, dans de nombreuses régions du monde, se modernisent. Pire, la polarité de la stratégie aérienne, traditionnellement offensive, pourrait bien devenir défensive. Nombre d&#8217;Etats se dotent ainsi de systèmes de défense aérienne perfectionnés, abandonnant même parfois une capacité &laquo;&nbsp;chasse&nbsp;&raquo; au sein de leur force aérienne<a title="" href="#_edn4">[iv]</a>. Dans pareil contexte, la sûreté des missions ISR est tout sauf garantie et la question d&#8217;un retour sur les fondamentaux de la conception des plateformes pourrait se poser. C&#8217;est, par exemple, l&#8217;approche de General Atomics sur l&#8217;Avenger (ex-Predator C), doté d&#8217;un réacteur et aux formes furtives. Cependant, sans doute ne faut-il pas trop attendre de la furtivité. Historiquement, tout avantage technologique n&#8217;est que transitoire et les recherches conduites sur les radars relativisera sans doute l&#8217;avantage conféré par la furtivité. En la matière, c&#8217;est plus de la résilience des flottes &#8211; et donc le nombre &#8211; que provient l&#8217;aptitude à maintenir une présence ISR.</p>
<p><strong>Les facteurs d&#8217;influence  </strong></p>
<p>Reste aussi que, comme tout objet technologique, les drones ne sont pas seulement le produit de considérations militaires : leur conception et les choix y afférant sont <em>toujours</em> le résultat d&#8217;influences multiples… et parfois contradictoires. Ainsi, si l&#8217;on revient au concept &laquo;&nbsp;d&#8217;effet politique&nbsp;&raquo; évoqué au début de cet article, ce dernier n&#8217;est pas nécessairement d&#8217;ordre stratégique-militaire. Dans un pays comme la France, il peut également être stratégique-économique, en sachant que l&#8217;acquisition ou la conservation de savoirs-faires est, en soi, aussi bien une garantie de puissance qu&#8217;un enjeu industriel. Reste aussi que cette vision se heurte au réel : comme le soulignaient les sénateurs se positionnant en faveur du MQ-9 Reaper, 7 drones ne constituent pas un marché, en sachant que les perspectives à l&#8217;export sont maigres face aux rouleaux compresseurs commerciaux américains et israéliens. Au passage, sans doute s&#8217;agit-il là d&#8217;une magistrale mais douloureuse leçon en matière d&#8217;art de l&#8217;innovation : il y a quinze ans, les Américains n&#8217;étaient à peu près nulle part en matière de drones MALE &#8211; soit au même niveau que nous. La différence a résidé dans une véritable réflexion, non pas sur les technologies mais bien sur ce que devaient être les engagements futurs et ensuite, seulement, ce qu&#8217;ils nécessiteraient comme nouvelles capacités…</p>
<p><em>In fine</em>, on serait bien en peine de discerner un responsable ou une catégorie de responsables dans le fiasco du programme français de drones MALE. En réalité, les hésitations du politique (le drone comme vecteur militaire ou économique ?) ; les compétitions entre industriels pour des ressources de plus en plus limitées ; et l&#8217;indécision des états-majors, DGA comprise (quel rôle pour les drones et quel cahier des charges ?) ont joué un rôle. Reste que désigner des responsables ne fera guère avancé un dossier trop peu avancé. Le Talarion abandonné, c&#8217;est le Telemos &#8211; symbole s&#8217;il en était de la coopération découlant des accords de Lancaster &#8211; qui voit son avenir s&#8217;assombrir, au point que certains évoquent un abandon pur et simple. Dans le même temps, la perspective d&#8217;une coopération franco-allemande (même élargie à d&#8217;autres partenaires) n&#8217;est pas sans poser question. En effet, l&#8217;époque des coopérations internationales fructueuses (qui avait donné lieu aux Gazelle, Puma, MILAN, Lynx, Transall et autres Alpha Jet, voire aux Tornado) semble bien terminée. Dans le même temps, les cibles de commandes sont réduites à quelques dizaines d&#8217;appareils tout au plus<a title="" href="#_edn5">[v]</a>.</p>
<p><em>Last but not least</em>, l&#8217;hypothétique drone franco-allemand &#8211; voire franco-germano-britannique, dans la perspective d&#8217;un rapprochement BAE/EADS &#8211; n&#8217;a même pas encore atteint le stade du premier trait de crayon sur la planche à dessins, ce qui ne manque pas de poser question quant à la date d&#8217;entrée en service d&#8217;un appareil que les planifications attendaient pour 2020 &#8211; soit demain. Sauf à considérer que les rapprochements entre BAE Systems et EADS sont le prélude à de grandes manœuvres dans le domaine aéronautique, avec à la clé la poursuite du Telemos par EADS… Dans ce scénario purement hypothétique &#8211; aucune indication ne semble aller en ce sens à l&#8217;heure où nous écrivons ces lignes &#8211;  Dassault serait évincé du programme MALE Telemos mais, en contrepartie, verrait sa position assurée dans le programme SCAF de drone de combat. Quant à Thales, la firme bénéficierait de la coopération entre Londres et Paris sur le Watchkeeper. En théorie, les lignes de partage seraient alors balisées. Mais la question du SIDM bis, qui doit permettre de combler le vide capacitaire jusqu&#8217;à l&#8217;entrée en service du drone MALE &laquo;&nbsp;définitif&nbsp;&raquo;, ne serait toujours pas réglée…</p>
<p><strong>Pour aller plus loin </strong></p>
<p>Joseph Henrotin, &laquo;&nbsp;Munitions de précision : de la course à l&#8217;allègement à l&#8217;avènement des micro-armes&nbsp;&raquo;,<strong> </strong><em>DSI</em>, n°82, juin 2012.</p>
<p>Christophe Fontaine, &laquo;&nbsp;La France a besoin d&#8217;orbites permanentes de surveillance de drones&nbsp;&raquo;, <em>DSI</em>, n°81, mai 2012.</p>
<p>Christophe Fontaine, &laquo;&nbsp;Commandement et drones : quelle place pour la subsidiarité à l&#8217;heure du temps réel ?&nbsp;&raquo;, <em>DSI Hors-Série</em> n°23, avril-mai 2012. <strong> </strong></p>
<p>Christophe Fontaine, &laquo;&nbsp;Les drones. Pourquoi faut-il investir dans des satellites de communication ?&nbsp;&raquo;, DSI n°68, mars 2011.</p>
<p>Grégory Boutherin et Christophe Pajon, &laquo;&nbsp;Drones 2025 : La relève de la garde&nbsp;&raquo;, <em>DSI Hors-Série</em> n°10, février-mars 2010. <strong> </strong></p>
<p>Grégory Boutherin et Christophe Pajon, &laquo;&nbsp;Persistance et maîtrise du temps au cœur du champ de bataille. Les drones comme instrument de contrôle des « présents »&nbsp;&raquo;,<em> DSI-Technologies </em>n°19, septembre-octobre 2009.</p>
<p>Grégory Boutherin et Christophe Pajon, &laquo;&nbsp;Des hoplites aux drones… en passant par la ceinture. Essai d’application de la sociologie des sciences aux systèmes non habités évoluant dans la troisième dimension&nbsp;&raquo;, <em>DSI-Technologies </em>n°18, juillet-août 2009.</p>
<div><br clear="all" /></p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div>
<p><a title="" href="#_ednref1">[i]</a> Moyenne Altitude, Longue Endurance et Haute Altitude, Longue Endurance.</p>
</div>
<div>
<p><a title="" href="#_ednref2">[ii]</a> Le pod de désignation est sans doute, avec le drone, la plus grande innovation en opérations aériennes depuis trente ans. Nous sommes revenus à plusieurs reprises sur cet aspect, nous n&#8217;approfondirons donc pas ici.</p>
</div>
<div>
<p><a title="" href="#_ednref3">[iii]</a> Si l&#8217;on part du principe que les drones devant être achetés viennent en remplacement du SIDM Harfang (déjà intérimaire) et doivent</p>
</div>
<div>
<p><a title="" href="#_ednref4">[iv]</a> Sur ces différentes questions dans une approche prospective : Joseph Henrotin, <em>La guerre aérienne en 2030. Prospective des systèmes de force</em>, Histoire &amp; Stratégie n°6, 2011.</p>
</div>
<div>
<p><a title="" href="#_ednref5">[v]</a> Pour l&#8217;heure, outre la France et l&#8217;Allemagne, seule l&#8217;Espagne (à la situation précaire), la Pologne et les Pays-Bas envisagent l&#8217;achat de drones.</p>
</div>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>Le clip 2013 de l&#8217;armée de l&#8217;Air</title>
		<link>http://www.dsi-presse.com/?p=5629</link>
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		<pubDate>Thu, 14 Feb 2013 14:13:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Un peu de bon son dans ce monde de brutes : Clip vidéo de l&#8217;armée de l&#8217;air 2013]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un peu de bon son dans ce monde de brutes : <a href="http://www.gouvernement.fr/gouvernement/clip-video-de-l-armee-de-l-air-2013"> Clip vidéo de l&#8217;armée de l&#8217;air 2013</a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Après la parenthèse afghane. Les forces terrestres face à la mutation de l&#8217;adversaire</title>
		<link>http://www.dsi-presse.com/?p=5555</link>
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		<pubDate>Mon, 14 Jan 2013 08:42:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.dsi-presse.com/?p=5555</guid>
		<description><![CDATA[Le lancement de l&#8217;opération Serval met sur le devant de la scène la redécouverte de modes d&#8217;actions particuliers, à commencer par les opérations couplées. Afin d&#8217;y voir plus clair, nous republions ici un article de Joseph Henrotin, paru dans DSI Hors-Série n°24 (juin-juillet 2012). Aucune reproduction autorisée sans l&#8217;aval de la rédaction. Par Joseph Henrotin,&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;" align="center">Le lancement de l&#8217;opération Serval met sur le devant de la scène la redécouverte de modes d&#8217;actions particuliers, à commencer par les opérations couplées. Afin d&#8217;y voir plus clair, nous republions ici un article de Joseph Henrotin, paru dans DSI Hors-Série n°24 (juin-juillet 2012). Aucune reproduction autorisée sans l&#8217;aval de la rédaction. <strong><br />
</strong></p>
<p>Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI. L&#8217;auteur travaille actuellement à un ouvrage intitulé <em>Le pire des deux mondes. Techno-guérillas et guerre hybride</em></p>
<p><strong>L&#8217;histoire militaire est ainsi faite que les observateurs l&#8217;appréhendent souvent suivant une vision où des phases se succèdent de façon plus ou moins claire. Du point de vue des structures de forces, des stratégies des moyens et de la structure de l&#8217;adversaire probable, à la phase de guerre massive mais courte de haute intensité et technologiquement intensive des années 1980 a ainsi succédé une phase de guerre limitée, courte, de haute intensité et hyper-technologique des années 1990 dans l&#8217;esprit des planificateurs. C&#8217;est finalement le retour à la guerre irrégulière et à la contre-insurrection qui a marqué les années 2000, s&#8217;imposant à des structures de forces qui ne l&#8217;ont pas choisi et qui ont continué de se structurer suivant les principes de la guerre régulière. Mais quel sera le cycle suivant ? </strong></p>
<p><strong>Remettre en question nos classifications des opérations</strong></p>
<p>Avant de répondre à cette question &#8211; si tant est que l&#8217;on puisse dégager une réponse claire &#8211; encore faut-il remettre en perspective les présupposés sur lesquels toute notre vision de la guerre (et singulièrement du combat terrestre) est fondée. A observer l&#8217;évolution des conflits, on ne peut que constater avec le général Georgelin, en son temps, que les conflits se durcissent. <em>De facto</em>, l&#8217;accroissement historique de la puissance de feu moyenne des acteurs stratégiques (Etats ou groupes) n&#8217;est plus une tendance mais une constante. A cela s&#8217;ajoute le fait que, mathématiquement, les guerres et conflits à dominante irrégulière sont plus nombreux que les guerres et conflits à dominante régulière. Cette notion de dominante est importante. En effet, rares sont, en réalité, les conflits strictement régulier ou irrégulier du point de vue des modes d&#8217;action choisis par les belligérants. Que ce soit durant la guerre d&#8217;indépendance américaine, la campagne de Napoléon en Espagne, durant sur les fronts de l&#8217;Est et dans les Balkans durant la Deuxième guerre mondiale, durant les opérations éthiopiennes de 2007 en Somalie, voire même du côté russe pendant les guerres de Tchétchénie ou de Géorgie, il faut constater que les armées engagées n&#8217;ont pas agi intégralement de manière régulière. <span id="more-5555"></span></p>
<p>D&#8217;une part, parce qu&#8217;elles ont souvent amalgamé des forces irrégulières, elle-même localement engagées dans les opérations. D&#8217;autres part, parce que lesdites forces n&#8217;étaient pas uniquement irrégulières du fait qu&#8217;elles n&#8217;étaient pas d&#8217;ordre étatiques ou qu&#8217;elles ne respectaient pas nécessairement le droit des conflits armés mais, également, parce qu&#8217;elles se comportaient tactiquement comme des guérillas &#8211; pouvant parfois mener des actions que ne peuvent mener des forces régulières. Un bon exemple en la matière est fourni par les maquis français et néerlandais les plus actifs durant la Deuxième Guerre mondiale. Menant des actions de sabotage et de renseignement, ils se sont avérés, une fois encadrés, précieux pour les Alliés. Mais il ne s&#8217;agissait pas encore d&#8217;actions de combat généralisées. Par contre, plus près de nous, les forces américaines se sont appuyées sur l&#8217;Alliance du nord en Afghanistan, en 2001, tout comme elles se sont appuyées sur les Peshmergas kurdes dans le nord de l&#8217;Irak en mars-avril 2003, avant de leur confier une bonne partie de la protection de la frontière nord du pays. A certains égards &#8211; dès lors que le &laquo;&nbsp;couplage&nbsp;&raquo; n&#8217;avaient rien d&#8217;officiel &#8211; les forces du Conseil National de Transition et les forces de l&#8217;OTAN agissaient également, en Libye, suivant ce type de schéma ; les premières agissant en irréguliers, les deuxième suivant des modes réguliers.</p>
<p><strong>La difficulté du combat couplé</strong></p>
<p>C&#8217;est la théorie dite du combat couplé, postulée par Huber en 1996 : des forces qualifiées selon lui de &laquo;&nbsp;principales&nbsp;&raquo; agissent en soutien de forces locales, bénéficiant de leur connaissance du terrain géographique mais aussi sociologique<a title="" href="#_ftn1">[1]</a>. De la sorte, les Etats occidentaux pourraient exploiter au maximum leurs capacités technologiques &#8211; à l&#8217;exemple des B-52 larguant des bombes guidées GPS sur base d&#8217;informations transmises par des Afghans en 2001 &#8211; tout en minimisant les risques liés au &laquo;&nbsp;boots on the ground&nbsp;&raquo;. Incidemment, une telle rationalité minimise également le besoin de disposer de troupes nombreuses dès lors que la masse est fournie localement. Si l&#8217;on peut être tenté de poser l&#8217;hypothèse que nous entrons dans un cycle qui verrait une prédominance de ce combat couplé, sans doute faut-il encore indiquer que, pour tentante qu&#8217;elle soit, cette solution ne reste qu&#8217;imparfaite, à plusieurs égards. La valeur militaire de ce couplage dépend en effet des relations &#8211; politiques mais aussi militaires &#8211; entre ce qui apparaît comme des coalisés. Or, ces liens peuvent être relativement proches au plan politique mais distendus au plan militaire (cas du CNT en Libye) ; politiquement distendus mais militairement proches (cas du 10ème groupe de forces spéciales américain au Kurdistan irakien).</p>
<p>De ces liens dépendent également la discipline tactique-opérative de la coalition, laquelle ne va pas de soi. En 2001, les Américains ont été surpris de constater que l&#8217;Alliance du Nord engageait une offensive vers Kaboul sans leur assentiment. <em>De facto</em>, derrière quelque couplage que ce soit se cachent des intérêts propres, qui doivent naturellement présenter un certain niveau de compatibilité. C&#8217;est tout le reproche fait par certains à l&#8217;endroit des opérations en Libye, qui <em>in fine</em> n&#8217;auraient guère servi qu&#8217;aux franges extrémistes. Se pose également la question de la gestion éthique de cette coalition : que les liens entre coalisés soient importants et que son segment irrégulier commette des exactions et la &laquo;&nbsp;force principale&nbsp;&raquo; en sera immanquablement accusée. Dans le contexte d&#8217;une information aussi libre que manipulable, cette question est importante dès lors qu&#8217;elle peut saper la légitimité de l&#8217;engagement d&#8217;un Etat dans une opération. Plus largement, faire comprendre à des acteurs peu disciplinés les fondements d&#8217;une vision doctrinale parfois complexe en contre-insurrection et les ressorts tactiques de règles de droit n&#8217;est pas nécessairement simple.</p>
<p>Surtout, s&#8217;engager dans ce type de combat peut signifier l&#8217;adoption par la &laquo;&nbsp;force principale&nbsp;&raquo; des rationalités stratégiques des forces coalisées &#8211; non sans risques. Pour l&#8217;Alliance du Nord en 2001 ou les montagnards apportant leur aide à Washington durant la guerre du Vietnam, le combat est de nature totale, autorisant des pertes parfois considérables. Dans le même temps, leurs rationalités tactiques, fondées sur la conduite de raids, d&#8217;embuscades ou de combat d&#8217;escarmouche ne sont pas de nature à favoriser un règlement rapide du conflit &#8211; là où les forces occidentales. La logique totale dans laquelle ils sont engagés peut même leur interdire toute négociation avec ce qui est pour eux un ennemi et, pour la &laquo;&nbsp;force principale&nbsp;&raquo;, un adversaire. Ces mêmes forces principales tendent également à privilégier des conflits cette fois limité, à la fois dans le déploiement de violence mais aussi sur une échelle temporelle. On comprend donc la variété des difficultés induites par un tel positionnement, même s&#8217;il semble adapté aux contraintes politiques et budgétaires subies par nos propres systèmes de force.</p>
<p><strong>Vers une prolifération d&#8217;hybrides ?</strong></p>
<p>Le combat couplé représente en soi une forme de combat hybride, mêlant aspects réguliers et irréguliers, dans un contexte où le concept même de guerre hybride fait débat, singulièrement depuis 2006 et la guerre entre Israël et le Hezbollah<a title="" href="#_ftn2">[2]</a>. Mis en évidence depuis 2007 par Hoffman, le concept rend compte du processus de durcissement des forces irrégulières par l&#8217;acquisition de technologies relativement avancées ou &#8211; suivant en cela P. Bracken &#8211; le détournement à leur profit de technologies initialement utilisées à d&#8217;autres fins, les <em>sidewise technologies</em><a title="" href="#_ftn3">[3]</a>. Dès lors, les forces deviendraient de véritables techno-guérillas, aptes à mieux affronter que par le passé les forces occidentales, en se dotant de missiles antichars plus ou moins avancés ou encore de MANPADS<a title="" href="#_ftn4">[4]</a>. Suivant les cas de figure, ces forces seraient également aptes à des missions de renseignement et de brouillage électronique (cas des Tigres tamouls), bénéficieraient de systèmes de vision nocturne, voire d&#8217;arsenaux balistiques variablement avancées, à l&#8217;instar du Hezbollah &#8211; un cas toutefois extrême. La disposition d&#8217;armements chimiques improvisés n&#8217;est pas, également, à exclure. A 17 reprises après 2004, des insurgés irakiens ont mené, sans grands effets, des attaques avec des agents improvisés et, durant la guerre de Tchétchénie, les insurgés locaux ont attiré des forces russes vers des entrepôts où avaient été amassés des produits chimiques, avant de les faire exploser.</p>
<p>Au vrai, cette évolution est une bonne illustration de ce que peut, dans le champ militaire, représenter la théorie de la convergence. Selon cette vision, une série d&#8217;innovations, initialement découplées les unes des autres, sont mises en synergie par une organisation donnée pour en tirer plus de bénéfice que si elles étaient utilisées individuellement. C&#8217;est ainsi que les groupes s&#8217;engageant dans des opérations hybrides ne sont pas uniquement cantonnés à la pratique de la techno-guérilla &#8211; telle que l&#8217;on pouvait l&#8217;envisager dans les débats des années 1970 et 1980. Au contraire, ils sont à même d&#8217;élargir leur champ d&#8217;action en développant une véritable grande stratégie incluant la disposition de leurs propres médias (Al Manar pour le Hezbollah, la défunte Med-TV pour le PKK kurde), la conduite de campagne d&#8217;information/désinformation, voire des actions de renseignement à l&#8217;échelle internationale<a title="" href="#_ftn5">[5]</a>. Ils bénéficient aussi directement des plus grandes facilités offertes en matière de transfert/collecte de fonds ou encore de transport aérien. Ces groupes peuvent ainsi devenir  &laquo;&nbsp;glocaux&nbsp;&raquo;, focalisant leur combat au plan local tout en bénéficiant d&#8217;apports globaux. Fondamentalement irréguliers et combattant suivant les modes tactiques liés mais ces groupes disposent d&#8217;une puissance dépassant considérablement celles des guérillas des années 1960.</p>
<p>Une autre caractéristique de ces groupes est leur faculté d&#8217;adaptation : tirant des leçons en &laquo;&nbsp;boucle courte&nbsp;&raquo;, ils peuvent rapidement réaligner leurs modes tactiques. En Irak, constatant la vulnérabilité des hélicoptères en zone urbaines, des insurgés mettront en place de véritables pelotons antiaériens qui causeront plusieurs pertes. Face à leur fréquence, les Américains n&#8217;ont eu d&#8217;autre choix que de divertir des forces pour les pourchasser, affaiblissant d&#8217;autres secteurs de leurs opérations. Cette faculté d&#8217;adaptation se fonde sur un rapport aux technologies spécifique, qui cherche à générer un surcroît d&#8217;efficacité tactique mais qui n&#8217;implique pas une structuration des forces ou de la stratégie des moyens. Reste que cette vision du combat hybride, relativement classique, pourrait ne pas être limitée qu&#8217;aux forces irrégulières. De fait, on l&#8217;a vu, la frontière entre ce qui est régulier et ce qui est irrégulier est mince. Mao ne préconisait-il pas une progression en trois étapes et impliquant la mobilisation politique, le combat de guérilla et ensuite une montée en puissance permettant d&#8217;affronter frontalement les forces régulières ? De même, pour reprendre l&#8217;exemple tchétchène, en 1994, nombreux sont les combattants issus des forces russes, leur leader lui-même étant un ancien général ayant cherché à préserver une aviation &#8211; qui sera d&#8217;ailleurs la première cible des Russes.</p>
<p>En couplant la masse et la concentration des effets, une force à la fois irrégulière et hybride ne manquerait pas de poser de sérieux problèmes à des forces agissant suivant nos modèles. Les forces israéliennes de 2006, ayant peu à peu oublié ses fondamentaux après des années de présence dans les Territoires palestiniens tout en étant engagées de manière brouillonne, ont ainsi rencontré un adversaire plus puissant qu&#8217;elles n&#8217;imaginaient et qui a été capable de lui infliger une véritable défaite politique. Reste, également, que la conversion de groupes irréguliers à un modèle de combat hybride pourrait ne pas être le seul problème posé à nos forces à l&#8217;avenir. Il n&#8217;est, en effet, pas inimaginable d&#8217;envisager une telle conversion par des Etats, qui chercheraient à rompre avec les modes d&#8217;engagement linéaires de leurs forces, tout en ayant accès à des ressources potentiellement importantes. Si un tel mouvement peut s&#8217;observer dans le domaine naval &#8211; avec la prolifération de petits bâtiments dotés d&#8217;une forte puissance de feu &#8211; il pourrait également toucher le domaine terrestre. Et ce, en sachant notamment que les tenants des défenses alternatives des années 1970 et 1980 avaient principalement conçus leurs modèles à cette fin, ce qui impose de s&#8217;attarder quelque peu sur ces conceptions.</p>
<p>Pour le grand public, celles-ci se résument aux travaux, largement diffusés à l&#8217;époque, de Horst Afheldt, qui envisageait un maillage du territoire allemand par une défense essentiellement statique, de façon à ne pas induire chez l&#8217;adversaire la perception d&#8217;une politique de défense offensive. La vision d&#8217;Afheldt est alors conduite par des préoccupations d&#8217;ordre idéologique et non militaire ; son raisonnement étant soutenu par une stricte neutralité allemande, le refus d&#8217;engagements nucléaires tactiques ou encore la sortie de l&#8217;OTAN. Cependant, se pencher sur les travaux menés sur les défenses alternatives impose de sortir de la mode qu&#8217;avait suscité en son temps <em>Pour une défense non-suicidaire</em> et de considérer les autres travaux alors menés, comme ceux de Guy Brossolet ou, plus perfectionnés encore, ceux du groupe SAS<a title="" href="#_ftn6">[6]</a>. Dans ces derniers cas, un maillage couvre une bonne portion du territoire de petites unités disposant de moyens antichars et logistiques. Disposant d&#8217;une forte autonomie décisionnelle, ces petits groupes doivent à la fois provoquer une lente attrition de l&#8217;adversaire dans une défensive élastique similaire à une guérilla et renseigner sur ses axes de progression. En plus de ce &laquo;&nbsp;filet&nbsp;&raquo;, des forces blindées et d&#8217;hélicoptères d&#8217;attaque sont conservées afin de frapper plus lourdement l&#8217;adversaire mais aussi afin de disposer d&#8217;une réelle masse de manœuvre<a title="" href="#_ftn7">[7]</a>. Par ailleurs, pour Brossolet, sa vision est tout à fait compatible avec le maintien de la dissuasion nucléaire.</p>
<p><strong>De deux solutions, l&#8217;adversaire choisi toujours la troisième…</strong></p>
<p>Strictement rien n&#8217;indique que ce type de modèle ne soit pas applicable par des Etats. L&#8217;Autriche a ainsi travaillé suivant des lignes similaires, dans les années 1980 &#8211; le général Spannochi étant lui-même un observateur attentif du concept &#8211; dans une hybridation plus contrainte que délibérée. Le modèle, fondé sur la conscription &#8211; qui reste en vigueur dans nombre d&#8217;Etats &#8211; constitue, à nombre d&#8217;égards, le pendant terrestre des théories A2D (Anti Access &#8211; Area Denial) en stratégie navale et aérienne, en permettant de disposer d&#8217;une défensive solide. En tout état de cause, il constituerait un réel risque, même si rien ne semble pour l&#8217;heure indiquer que des Etats structurent leurs forces terrestres dans cette optique. Reste que, dans une perspective à moyen terme, il semble peu probable qu&#8217;un Etat se soumette à nos rationalités de combat de façon linéaire et sachant que les développements tactiques et technologiques affectant nos forces ont été nombreux. A ce stade, rester focalisé sur <em>Tempête du désert</em> (1991) reviendrait, à suivre un général américain, à se focaliser sur une aberration stratégique au cours de laquelle l&#8217;adversaire s&#8217;est cantonné à une défensive statique, linéaire et mâtinée de mauvaises décision politico-militaires et peu réactive face aux coups de boutoir qui lui ont été imposés de bout en bout, en dépit de la résistance de quelques unités. Plutôt, le modèle serait celui de la Libye de Kadhafi où, observant la mise en pièce systématique de ses unités structurées et équipées de manière classique, l&#8217;adversaire se reconfigure en utilisant des <em>technicals</em> autrement plus difficiles à identifier et à détruire. Cette dispersion, au demeurant, aurait pu être l&#8217;un des modèles de force suivi par la France des années 1950, alors que deux écoles du combat terrestre entretenaient des débats passionnés. Le général Juin avait proposé de disposer de milliers de petits blindés de combat utilisés de façon décentralisée et capables de créer un maillage permettant d’engluer les forces soviétiques dans un combat d’attrition. Plusieurs prototypes d’un blindé spécifiquement adapté, l’Even, décliné en plusieurs versions, sont alors conçus et construits pour expérimentation<a title="" href="#_ftn8">[8]</a>. Finalement, un modèle de défense plus classique sera retenu par Ailleret et débouchera ultimement sur l&#8217;adoption de l&#8217;AMX-30.</p>
<p><em>In fine</em>, à l&#8217;heure où les forces aériennes sont arrivées à un degré de maturité technique et tactique inédit et à l&#8217;heure où les contraintes budgétaires s&#8217;accumulent, il serait très abusif de considérer que les forces terrestres n&#8217;ont plus leur place dans les zones de bataille. Reste cependant que leurs modalités d&#8217;actions sont appelées à évoluer, bien plus encore que dans les années 1990. Outre que l&#8217;adversaire ne se pliera évidemment jamais au type de combat qu&#8217;on entend lui imposer, force est sans doute de constater que la prolongation des modèles de force utilisés jusqu&#8217;ici ne sera plus longtemps très pertinente. Les paramètres du combat ont trop évolué. L&#8217;adversaire voit sa puissance de feu s&#8217;accroître et dispose de capacités de mobilisation importante là où le volume de nos forces &#8211; à commencer par l&#8217;indispensable infanterie &#8211; se réduit<a title="" href="#_ftn9">[9]</a>. Notre aptitude à la projection lointaine et les contraintes logistiques induites se réduit également, de même que la résilience politique aux pertes ou à la durée des engagements. Notre avantage comparatif se réduit alors à nos systèmes d&#8217;armes avancés, mais les environnements urbains ou montagneux le relativisent considérablement. Dès lors, la pertinence du modèle ne tient plus que par sa faculté d&#8217;adaptation, en particulier face à un adversaire plus insaisissable que par le passé et dont les modes opératoires sont manifestement appelés à évolué : poser la question des guerres futures comme étant régulières ou irrégulières pourrait ne pas être des plus pertinent.</p>
<div><br clear="all" /></p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
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<p><a title="" href="#_ftnref1">[1]</a> Voir, à la fois d&#8217;un point de vue théorique et historique : Thomas M. Huber (Dir.), <em>Compound Warfare: That Fatal Knot</em>, Combat Studies Institute, Command and General Staff College, Fort Leavenworth (Ks), September 2002.</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref2">[2]</a> Frank Hoffman, <em>Conflict in the 21st Century. The Rise of Hybrid Wars</em>, Potomac Institute, Washington, 2007.</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref3">[3]</a> Paul Bracken, « Sidewise Technologies: National Security and Global Power Implications », <em>Military Review</em>, September-October 2005.</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref4">[4]</a> Man Portable Air Defense Systems.</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref5">[5]</a> Ainsi, les représentations des Tigres tamouls à l&#8217;étranger collectaient systématiquement des renseignements à leur profit (notamment au travers de revues de défense), en plus d&#8217;acheter des équipements utiles, comme des machines-outils, par exemple.</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref6">[6]</a> Un bon aperçu des débats très complexes autour des défenses dites &laquo;&nbsp;non-offensives&nbsp;&raquo; peut être trouvé chez Bjorn Moller, <em>Dictionnary of Alternative Defense</em>, Lynne Riener/Adamantine Press, Boulder/London, 1995.</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref7">[7]</a> Il s’agit alors de couvrir le nord de la France, de Dunkerque à la frontière suisse, par un véritable maillage d’une profondeur de 120 km. Ce dernier combine :</p>
<p>- 2<sup> </sup>500 « modules terrestres de présence », dotés de missiles (une dizaine) et de mines antichars (une vingtaine), de mortiers et de canons sans recul, montés sur jeep et armés par une quinzaine d’hommes (5 équipes de 3 personnes) devant contrôler une vingtaine de kilomètres carrés. Ces modules se seraient couverts les uns les autres ;</p>
<p>- des modules de soutien, armés par 16 combattants et assurant un soutien logistique, médical et de commandement minimal au profit de quatre modules terrestres de présence ;</p>
<p>- 200 modules aéromobiles comptant trois Gazelle dotées de missiles antichars HOT et de roquettes ;</p>
<p>- des modules de soutien aéromobile (un pour 20 modules aéromobiles) de 400 personnes ;</p>
<p>- 20 modules lourds, utilisant essentiellement les régiments blindés de l’époque, et renforcés par des missiles antiaériens et des mortiers de 120 mm. Ces modules auraient compris 54 chars de combat, de même que de l’infanterie mécanisée.</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref8">[8]</a> Voir Stéphane Ferrard, &nbsp;&raquo; L’engin léger de combat Even ou David contre Goliath&nbsp;&raquo;, <em>Défense &amp; Sécurité Internationale</em>, n°65, décembre 2010.</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref9">[9]</a> Voir l&#8217;entretien avec Michel Goya dans ce hors-série.</p>
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		<title>Le vol de présentation officielle de nEUROn a ému un public averti</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Dec 2012 10:31:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une nouvelle page de l’histoire de l’aviation militaire vient de s’écrire. nEUROn – l’ambitieux démonstrateur d’avion de combat furtif piloté depuis le sol – a dévoilé devant un parterre de journalistes, ingénieurs, militaires, son allure menaçante. Il avait déjà effectué son premier vol le 1er décembre dernier, mais « en catimini », uniquement devant les&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_5518" class="wp-caption alignright" style="width: 216px"><a href="http://www.dsi-presse.com/wp-content/uploads/2012/12/RM_9971.jpg"><img src="http://www.dsi-presse.com/wp-content/uploads/2012/12/RM_9971-206x300.jpg" alt="" title="" width="206" height="300" class="size-medium wp-image-5518" /></a><p class="wp-caption-text">Premier vol de nEUROn à Istres, le 1er décembre. (c) Dassault Aviation/R. Michelin</p></div>
<p>Une nouvelle page de l’histoire de l’aviation militaire vient de s’écrire. nEUROn – l’ambitieux démonstrateur d’avion de combat furtif piloté depuis le sol – a dévoilé devant un parterre de journalistes, ingénieurs, militaires, son allure menaçante. Il avait déjà effectué son premier vol le 1er décembre dernier, mais « en catimini », uniquement devant les équipes de programme. Hier, sur la base aérienne d’Istres, qui accueille la Direction des Essais en Vol de Dassault, c’est devant un public averti que nEUROn a fait entendre le grondement de son moteur (plus discret que celui du Rafale qui l’accompagnait) et est resté 10 minutes et 30 secondes en vol. Décollage et atterrissage ont été effectués sans problèmes, sous les applaudissements du public. nEUROn entame ainsi ses essais qui devraient se poursuivre en France jusqu’en 2014, date à laquelle il sera envoyé en Suède pour une série de tests à caractère opérationnel. Il rejoindra ensuite le polygone de Perdadesfogu (Italie) pour d&#8217;autres essais, notamment de tirs et de mesure de furtivité.<br />
Le démonstrateur nEUROn est le premier drone de combat construit en coopération européenne (piloté par Dassault Aviation, doté de 400 millions d’euros de budget, il rassemble six autres partenaires européens (1)) et le premier avion de combat complètement conçu et développé sur un plateau coopératif virtuel (2). L’engin, aux allures d’OVNI, avec son aile unique, préfigure la future génération de chasseurs qui prendront la relève des Rafale, Eurofighter, Gripen. Mais pas avant 2030.</p>
<p>Notes<br />
(1)<br />
•	Dassault : Architecture/Conception générale/Commandes de vol/Dispositifs furtifs/ Assemblage final.<br />
•	Alenia Aermacchi (Italie), Système de tir/Système aéro/Système électrique<br />
•	Saab (Suède), Fuselage/Avionique/Système de carburant/Trappes de train<br />
•	EADS-CASA (Espagne), Voilure/Station sol/Intégration liaisons de données<br />
•	HAI (Grèce), Fuselage arrière/Banc d’intégration/Tuyère<br />
•	RUAG (Suisse) Soufflerie/Système d’éjection de bombe<br />
•	Thales (France), Liaisons de données/Interface commandement</p>
<p>(2) Les bureaux d’études des sept partenaires ont partagé à distance et en temps réel la même banque de données. </p>
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		<title>À bon entendeur&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Nov 2012 11:51:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Voici ce que rapporte l&#8217;AFP ce matin (sourire) : &#160;&#187; Les experts britanniques du chiffrage ont lancé un appel à témoins  pour tenter de décrypter un message codé retrouvé 70 ans après sur le cadavre d&#8217;un pigeon voyageur utilisé comme courrier pendant la seconde guerre mondiale. La BBC a indiqué que le squelette du pigeon&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voici ce que rapporte l&#8217;AFP ce matin (sourire) : &nbsp;&raquo; <em>Les experts britanniques du chiffrage ont lancé un appel à témoins  pour tenter de décrypter un message codé retrouvé 70 ans après sur le cadavre d&#8217;un pigeon voyageur utilisé comme courrier pendant la seconde guerre mondiale. La BBC a indiqué que le squelette du pigeon ramier avait été retrouvé dans une cheminée du Surrey (sud-est de l&#8217;Angleterre) à l&#8217;occasion d&#8217;un ramonage, avec un étui rouge encore accroché à la patte. A l&#8217;intérieur était enroulé un morceau de papier à en-tête &laquo;&nbsp;Pigeon Service&nbsp;&raquo; comportant 27 blocs de lettres rédigées à la main.</em></p>
<p><em> Les chiffreurs du Government Communications Headquarters (CGHQ) &#8211;un centre ultra secret d&#8217;écoutes et d&#8217;interception britannique qui a fait merveille dans la guerre secrète contre les nazis&#8211; ont dû admettre que leurs ordinateurs avaient échoué à craquer le code. &laquo;&nbsp;Ce genre de messages utilisés lors d&#8217;opération était conçu de manière à ce que seuls l&#8217;émetteur et le récepteur soient en mesure de le déchiffrer&nbsp;&raquo;, a témoigné un historien du GCHQ, qui a demandé à être identifié par son seul prénom, Tony.</em></p>
<p><em>Quelque 250.000 pigeons ont été utilisés pendant la seconde guerre mondiale, notamment pour transmettre des informations entre le continent occupé et l&#8217;Angleterre. L&#8217;espoir est qu&#8217;un expert du cryptage survivant de cette époque se manifestera pour contribuer à résoudre l&#8217;énigme</em>.&nbsp;&raquo;</p>
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		<title>Les trois premiers A400M prennent forme&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 20 Nov 2012 14:16:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Airbus military nous adresse cette photo de la chaine de montage à Séville&#8230;.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>Airbus military nous adresse cette photo de la chaine de montage à Séville&#8230;.</p>
<p><a href="http://www.dsi-presse.com/wp-content/uploads/2012/11/AM-24-2012-PR-A400M-MSN7_8_91.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-5448" title="AM 24 2012 PR A400M MSN7_8_9[1]" src="http://www.dsi-presse.com/wp-content/uploads/2012/11/AM-24-2012-PR-A400M-MSN7_8_91-300x169.jpg" alt="" width="300" height="169" /></a></p>
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		<title>Carrefour Emploi Défense Mobilité</title>
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		<pubDate>Wed, 31 Oct 2012 08:50:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Nous relayons très volontiers ce communiqué de presse : &#160;&#187; Le prochain &#171;&#160;Carrefour Emploi Défense Mobilité&#160;&#187; a lieu le mardi 13 novembre 2012 de 9h à 13h dans l&#8217;enceinte de l’École Militaire (Rotonde Gabriel) à Paris. Défense Mobilité, dont la mission est d’accompagner les personnels militaire et civil de la Défense au titre d’une mobilité&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>Nous relayons très volontiers ce communiqué de presse :</p>
<p>&nbsp;&raquo; Le prochain &laquo;&nbsp;Carrefour Emploi Défense Mobilité&nbsp;&raquo; a lieu le mardi 13 novembre 2012 de 9h à 13h dans l&#8217;enceinte de l’École Militaire (Rotonde Gabriel) à Paris. Défense Mobilité, dont la mission est d’accompagner les personnels militaire et civil de la Défense au titre d’une mobilité professionnelle vers les secteurs privé et public, est la passerelle entre la Défense et l’emploi civil. Elle devient de ce fait un acteur incontournable du monde de l’emploi. Co-organisé avec l’établissement d&#8217;utilité publique &laquo;&nbsp;Carrefours pour l’Emploi&nbsp;&raquo;, <strong>ce forum de recrutement est ouvert </strong><strong>à l</strong>’<strong>ensemble des militaires</strong>, aux <strong>civils de la Défense</strong> en reclassement professionnel ainsi qu’aux <strong>conjoints</strong> de ressortissants de la Défense et de la gendarmerie. Il permet aux candidats de s’informe<a href="http://www.dsi-presse.com/wp-content/uploads/2012/10/DEFMOB12-Affiche-A4-Web.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-5417" title="DEFMOB12 - Affiche (A4) - Web" src="http://www.dsi-presse.com/wp-content/uploads/2012/10/DEFMOB12-Affiche-A4-Web-211x300.jpg" alt="" width="211" height="300" /></a>r tout en rencontrant plus de <strong>100 entreprises</strong> de tous secteurs confondus. Tous les profils sont ciblés, de tout niveau de compétence, de qualification et d&#8217;expérience&#8230; Postes en CDD, CDI, contrats à temps partiel, missions à l&#8217;international&#8230; Afin de préparer au mieux sa rencontre avec les recruteurs, il est indispensable de se munir de CV, de consulter la liste des exposants et des postes à pourvoir sur le site <strong>www.</strong> <strong>emploi-reconversion.fr </strong>ou d’appeler le<strong> 01 53 95 15 15</strong>.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Evolved Aircraft Carrier – DCNS préserve ses compétences</title>
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		<pubDate>Fri, 26 Oct 2012 08:00:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Le report régulier du programme de deuxième porte-avions français – au point que l’horizon probable est désormais davantage celui du remplacement du Charles de Gaulle ou, au mieux, son complément aux trois quarts de vie – n’empêche pas DCNS de préserver soigneusement ses compétences en matière de conception de navires de cette catégorie. Figurant parmi les rares&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le report régulier du programme de deuxième porte-avions français – au point que l’horizon probable est désormais davantage celui du remplacement du Charles de Gaulle ou, au mieux, son complément aux trois quarts de vie – n’empêche pas DCNS de préserver soigneusement ses compétences en matière de conception de navires de cette catégorie. Figurant parmi les rares constructeurs navals mondiaux à avoir effectivement réalisé des programmes de porte-avions CATOBAR à propulsion conventionnelle comme nucléaire, DCNS entend en effet demeurer capable tant de réaliser un (ou deux…) porte-avions pourla Marinenationale que de répondre aux besoins d’un éventuel client export. Tout en conservant les capacités de conception de ses bureaux d’études, DCNS reste donc souple sur les caractéristiques spécifiques d’un futur porte-avions, catégorie de navires demeurant du « sur-mesure » alors que la tendance actuelle est davantage au « prêt-à-porter », toutefois ajustable. Parmi les défis, l’intégration de catapultes électromagnétiques (EMALS américaines) et l’évaluation du rapport coûts/bénéfices de celle-ci sont aujourd’hui plus particulièrement importantes. <span id="more-5405"></span></p>
<p><strong>Evolved Aircraft Carrier—DCNS maintains its skills</strong></p>
<p>The regular pushing back of the programme for the second French aircraft carrier—to the point where the probable horizon is that of the replacement of Charles de Gaulle or, at best, its partner at three-quarters life—does not prevent DCNS carefully preserving its skills in the design of vessels in this category. As one of the few shipbuilders in the world to have actually achieved CATOBAR aircraft carrier programmes with conventional as well as nuclear propulsion, DCNS intends effectively not only to remain capable of making one (or two …) aircraft carries for the French navy, but also to meet the needs of a potential export client. Whilst maintaining the design capabilities of its engineering offices, DCNS remains flexible on the specific characteristics of a future aircraft carrier, a class of vessel which remains “made to measure”, whereas the current trend is rather more “off the shelf” although nonetheless adaptable. Amongst the challenges, the integration of electromagnetic catapults (American EMALS) and the evaluation of the cost-benefit ratio of these are today particularly significant.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>De l’abus du mot « guerre »</title>
		<link>http://www.dsi-presse.com/?p=5187</link>
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		<pubDate>Tue, 16 Oct 2012 09:51:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Benoist Bihan, chercheur en études stratégiques, paru dans DSI n°69, mars 2011. Aucune reproduction sans autorisation de la rédaction Parmi les traits saillants de la littérature stratégique contemporaine, la déclinaison du mot « guerre » est l’un des plus remarquables. Il n’est désormais que très rarement employé sans lui accoler un qualificatif. Irrégulière, conventionnelle,&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Benoist Bihan, chercheur en études stratégiques, paru dans DSI n°69, mars 2011. Aucune reproduction sans autorisation de la rédaction</p>
<p>Parmi les traits saillants de la littérature stratégique contemporaine, la déclinaison du mot « guerre » est l’un des plus remarquables. Il n’est désormais que très rarement employé sans lui accoler un qualificatif. Irrégulière, conventionnelle, « au sein des populations », « cyberguerre », guerre de l’information ou guerre économique ne sont que quelques exemples plus ou moins récents de l’approche typologique actuellement pratiquée. Or celle-ci est un redoutable écueil pour la pensée stratégique.</p>
<p>La volonté de créer des catégories de guerre distinctes n’est pas à proprement parler nouvelle. Au Moyen Âge, l’Église oppose guerre juste, licite, et guerre illicite, s’efforçant ainsi d’imposer, au nom d’un ordre supérieur, la fin des multiples conflits entre seigneurs féodaux. À l’époque moderne, la « grande guerre », celle des batailles rangées et des sièges, s’oppose à la « petite guerre », faite d’embuscades et d’escarmouches. Cette distinction perdure d’ailleurs aujourd’hui à travers la dichotomie communément établie entre guerre régulière, ou conventionnelle, et guerre irrégulière, non conventionnelle ou asymétrique.<span id="more-5187"></span></p>
<p>Fondée sur une opposition binaire entre deux types de guerre considérés comme distincts, cette première typologie est complétée, au tournant du XXe siècle, par un second processus de qualification de la guerre en fonction du milieu où prennent place les combats, puis progressivement en fonction de tel ou tel artefact technique jugé déterminant. Guerre industrielle, guerre navale, guerre aérienne apparaissent progressivement dans le discours, puis se voient décliner, par exemple, en « guerre mécanisée » ou « guerre sous-marine ». Les termes de guerre électronique, de guerre nucléaire poussent encore plus loin l’idée d’une typologie reposant sur des critères techniques.</p>
<p>Avec la guerre économique, la guerre de l’information ou la guerre « au sein des populations », et la cyberguerre, c’est enfin une typologie toujours fondée sur les milieux qui s’affirme. Mais en lieu et place de critères techniques, ce sont des « milieux virtuels », c’est-à dire dont l’existence est supposée autonome d’une inscription dans l’espace réel, qui sont identifiés. Ainsi, ce qui n’était au départ qu’un abus de langage, et dans une très large part en français une mauvaise transcription de la distinction faite dans la langue anglaise entre war et warfare, est progressivement devenu normatif. Aujourd’hui, des ouvrages, des doctrines, se fondent sur cette approche qui, de typologique, tend à devenir taxinomique, en ceci qu’elle cherche à organiser la guerre en catégories bien nettes, les considérant comme des entités autonomes.</p>
<p>Historiquement, l’approche taxinomique a permis de légitimer l’autonomisation d’une arme ou d’une armée : la création d’armes blindées, de forces aériennes indépendantes dans les années 1920-1930 repose ainsi largement sur un discours justifiant leur nécessité par l’existence d’une « guerre mécanisée » ou d’une « guerre aérienne » autonomes. Mais outre cet emploi opportuniste, la logique typologique présente des failles conceptuelles majeures, qui non seulement la rendent inapte à décrire la guerre mais, plus grave encore, obèrent durablement la capacité à la penser.</p>
<p>La première de ces failles tient au caractère arbitraire des catégories de guerre ainsi créées. L’existence d’une « guerre mécanisée » repose sur l’idée de la domination du véhicule blindé, et spécifiquement du char, sur le champ de bataille. Or, en se focalisant sur un artefact technique parmi d’autres, cette typologie est sensationnaliste : elle attribue au char une influence sur la guerre qu’il n’a jamais eue. Les Panzerdivisionen allemandes par exemple sont conceptuellement des divisions de choc de 1918 motorisées, et non des organisations radicalement novatrices. Elles témoigneront d’ailleurs des mêmes limites que leurs consœurs à pied de la fin du premier conflit mondial, en particulier par leurs insuffisances opératives. Le char n’est en fait qu’une réponse technique à l’accroissement de la puissance de feu défensive : parle-t on pour autant de « guerre de la puissance de feu » ?</p>
<p>Cette première limite, essentiellement méthodologique, demeure toutefois mineure en comparaison de l’inversion fondamentale de la hiérarchie entre nature et formes de la guerre dont procèdent ces typologies. En effet, lorsqu’elles établissent une différenciation entre un modèle de guerre dit régulier ou conventionnel, autrement dit un idéal type pouvant servir d’étalon à la guerre, et une ou plusieurs formes « irrégulières » s’écartant de l’idéal type conventionnel, ces typologies fondées sur une opposition binaire attribuent à la guerre une double nature. Or, même en considérant que le terme de guerre, ici, correspond à l’anglais warfare, l’idée d’un double visage de la guerre ne résiste pas à l’examen.</p>
<p>La guerre, en effet, procède de la politique. Dès lors, sa nature ne peut être que celle, unitaire, de la « poursuite de la politique par d’autres moyens » énoncée par Clausewitz. C’est justement dans les « autres moyens » que peuvent résider des différences entre les formes prises par la guerre. Chaque belligérant combat avec les moyens à sa disposition et met dans la balance tous ceux qu’il estime devoir engager pour remporter la victoire. La nature de la guerre n’est donc ni régulière, ni irrégulière, pour ne pas parler du simple jugement moral – sans valeur en stratégie – concernant la justesse ou non d’une guerre. Outre les statuts juridiques, la valeur stratégique des concepts totalisants de régularité et d’irrégularité est nulle, voire négative, en cela qu’elle tend à plaquer des catégories toutes faites sur des myriades de cas spécifiques. En Afghanistan, le calque par les Américains sur les talibans des rationalités et des modes d’action de la guérilla sunnite irakienne produit ainsi un décalage entre l’ennemi réel et sa construction intellectuelle dans les états-majors de l’ISAF.</p>
<p>Les typologies reposant sur une caractérisation de la guerre en fonction du milieu où se déroulent les engagements, ou du champ emprunté par la conflictualité, inversent quant à elles entièrement la hiérarchie des disciplines de l’art et de la science de la guerre : elles élèvent au rang de déterminants stratégiques des notions tactiques, voire techniques dans le cas des types de guerre définis par un matériel jugé décisif ; elles procèdent en outre d’une pensée linéaire aujourd’hui obsolète bien que continuant à dominer les cercles stratégiques. Dans sa conduite également, la guerre procède de la politique. Dès lors, l’idée d’une « guerre navale » ou d’une « guerre aérienne » indépendantes, dotées de leur propre finalité, n’a pas de sens. C’est d’opérations navales ou aériennes, branches d’une stratégie militaire globale, et non de guerre, qu’il s’agit. De même, les soi-disant « guerres économiques » ou « de l’information » sont-elles des branches spécifiques d’une stratégie d’ensemble, menée par l’ensemble des constituants d’un acteur politique.<br />
L’autonomisation des « milieux » aériens, maritimes, terrestres, et aujourd’hui « cyber » ne fait pas sens elle non plus. Elle se réfère à une vision linéaire de la guerre où chaque « milieu », servi par des corps spécialisés (armée de terre, marine, armée de l’air), serait stratégiquement autonome. Cette représentation est dangereuse et traduit une lecture erronée de la stratégie : chaque milieu n’est en effet que l’un des espaces du déploiement d’une stratégie militaire qui, pour être victorieuse, doit être unifiée. Les logiques de ce type doivent être ramenées au niveau tactique auquel elles appartiennent. Abus de l’emploi du terme « guerre », incompréhension de la nature totale de la stratégie : au-delà de la sémantique, il est aujourd’hui indispensable de combattre ces deux tendances, sous peine de perversion durable de la pensée stratégique.</p>
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		<title>Embrasser l’incertitude</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Sep 2012 09:02:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Benoist Bihan, chercheur en études stratégiques, paru dans DSI n°68, février 2011. Aucune reproduction sans autorisation de la rédaction L’incertitude et la surprise font partie non seulement de la guerre, mais aussi de la vie. Cette évidence est trop souvent oubliée, particulièrement dans l’étude et la pratique de la stratégie. Parce qu’elle a constitué&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Benoist Bihan, chercheur en études stratégiques, paru dans DSI n°68, février 2011. Aucune reproduction sans autorisation de la rédaction</p>
<p>L’incertitude et la surprise font partie non seulement de la guerre, mais aussi de la vie. Cette évidence est trop souvent oubliée, particulièrement dans l’étude et la pratique de la stratégie. Parce qu’elle a constitué pendant plus de quarante ans un horizon stratégique indépassable, la guerre froide demeure aujourd’hui encore, pour de très nombreux analystes et décideurs, le référent absolu de la pensée stratégique. Ayant longtemps évolué dans le monde dangereux, mais relativement stable, de l’affrontement des blocs, nombreux sont ceux à être encore aujourd’hui, vingt ans après la disparition de l’URSS, incapables de penser la stratégie autrement qu’en comparaison avec celle de ce passé jugé plus simple. Privée des certitudes confortables de la guerre froide, l’analyse stratégique est à la peine.</p>
<p><strong>Incertitudes quantifiables et non quantifiables</strong></p>
<p>Aussi, les notions d’incertitude et de surprise stratégiques, reflets conceptuels de cet inconfort à évoluer dans un monde décrit comme plus imprévisible que jamais, sont-elles particulièrement en vogue aujourd’hui. En France, le Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité Nationale de 2008 en fait des notions centrales, affirmant ainsi que « le contexte international dans son ensemble appelle la prise en compte de l’incertitude stratégique comme fondement de la pensée et de la politique de défense et de sécurité de la France » et que, de ce fait, « nous devons nous attendre à des surprises stratégiques ». <span id="more-5118"></span></p>
<p>La réponse choisie, celle d’un effort « de connaissance et d’anticipation » destiné à se prémunir contre la surprise en dissipant l’incertitude, en témoigne. Vouloir s’en défaire, se débarrasser de l’incertitude, vouloir en somme dissiper une fois pour toutes le brouillard de la guerre, n’est pas une ambition récente. Mais en s’efforçant d’ériger une véritable ligne Maginot informationnelle, derrière laquelle le pays, protégé de la surprise, pourrait déjouer les menaces sans avoir à défaire ses adversaires éventuels, on s’expose aux pires conséquences. Comme l’a souligné Corentin Brustlein (1), la nature même de la surprise garantit son occurrence quels que soient les moyens consacrés à s’en prémunir. De la vigie au satellite, en passant par la longue-vue ou le radar, les moyens « de connaissance et d’anticipation », humains ou techniques, ont toujours fait partie de la panoplie des armées et des État et constitué pour ceux-ci des moyens vitaux. Mais, aussi nombreux et efficaces soient-ils, tous ont au moins une fois été déjoués.</p>
<p>L’incertitude en effet ne peut être réduite, voire dissipée, que lorsqu’il s’agit d’une incertitude quantifiable, réductible en risques, c’est-à dire en événements dont la possibilité d’occurrence est mesurable. Mais, comme l’a montré en 1921 Frank Knight dans sa théorie du risque (2), ce type d’incertitude n’est pas celui dont les conséquences sont les plus graves. S’il n’est en effet pas toujours possible de prévenir l’événement en raison de l’incertitude sur son moment de déclenchement, l’évaluation du risque de son occurrence permet de s’y préparer en amont. Un exemple simple est celui du risque d’incendie : s’il n’est pas possible d’empêcher un départ de feu, un ensemble de moyens sont mis en place pour intervenir sur un événement probable de manière à en limiter au maximum l’impact.</p>
<p>Opérer de manière efficace dans un environnement où l’incertitude n’est pas quantifiable exige néanmoins une autre démarche. Plutôt que de chercher à tout prix à se prémunir contre la surprise, au risque, une fois persuadé d’en être préservé, de s’en trouver inévitablement victime, il s’est historiquement avéré plus payant de se préparer à l’inéluctabilité de la surprise et de développer en conséquence les moyens de l’absorber. C’est après tout d’abord à cela que servent les armées : leur rôle inclut celui d’absorber le choc initial d’une attaque pour donner à l’État le temps de réagir. Face à des menaces de type terroriste, la résilience de la population (3) est de même la seule réponse efficace, justement parce qu’elle admet la surprise comme une certitude. Bien que sa probabilité d’occurrence ne soit pas mesurable, il est ainsi possible de s’y préparer intellectuellement et de transformer la surprise, avec ses conséquences néfastes sur la prise de décision, en simple imprévu, qui change certes les conditions stratégiques, mais auquel il est possible de s’adapter.</p>
<p><strong>L’incertitude porteuse d’opportunités</strong></p>
<p>L’importance accordée, dans les discours et dans les priorités identifiées en matière de défense, à l’incertitude stratégique apparaît dès lors surtout comme le reflet d’une pensée stratégique inquiète, redoutant de ne plus avoir à faire face à des risques quantifiables comme l’essentiel de ceux de la guerre froide. En allant plus loin, il est même possible de voir cette « inquiétude stratégique » qui, au-delà de la France, saisit l’ensemble des pays européens, comme le reflet de sociétés en voie de repli sur elles-mêmes. L’incertitude est en effet le produit du mouvement, la conséquence naturelle de l’Histoire. La meilleure manière de la dominer est de l’embrasser, c’est-à dire à la fois de la regarder dans tous ses aspects, pour s’efforcer de comprendre le bouillonnement du monde, et de l’accepter comme une constante stratégique. Devenu le cadre naturel de l’action stratégique, dans les esprits et non pas seulement dans les faits, l’incertitude perdra alors la valeur négative qui lui est actuellement attribuée.</p>
<p>L’incertitude stratégique, au lieu de dessiner un « arc de crises », offrirait alors un tableau différent, celui d’un vaste espace d’opportunités, encore élargi par la très forte incertitude. De la même manière qu’en économie, les marchés à haut risque sont souvent ceux dans lesquels le potentiel de profit est le plus important, les espaces stratégiques les plus instables sont aussi ceux dans lesquels la liberté d’action est maximale et les gains potentiels les plus importants. Pour tirer pleinement parti de l’environnement stratégique incertain, il convient néanmoins de substantiellement transformer notre manière d’aborder la stratégie. Le simple fait de rédiger un livre blanc sur « la défense et la sécurité » témoigne d’une posture stratégique fixiste, purement réactive et susceptible de devenir rapidement conservatrice. Voulant conserver un ordre international qui n’existe déjà plus, ayant subi de fait de multiples transformations depuis les années 1990 et appelé à en subir d’autres, ce conservatisme stratégique visant à défendre « l’ordre international » existant pourrait alors se transformer rapidement en une stratégie réactionnaire de plus en plus en décalage avec la réalité.</p>
<p>Embrasser l’incertitude, avec ses dangers certes, mais surtout avec ses potentialités, constitue dès lors le meilleur pari stratégique à court, moyen et long terme au XXIe siècle. Faire ce choix exige cependant de redonner à la stratégie ses lettres de noblesse, en lui donnant à nouveau une place centrale dans l’action politique au sommet de l’État. Au « Roi-stratège » doit succéder l’État stratégiste ; à l’action fondée sur la connaissance des menaces, celle fondée sur la compréhension du système stratégique complexe qu’est le monde. Stratégie positive contre repli négatif, telle est l’essence de ce choix de l’incertain.<br />
B. B.</p>
<p>Notes<br />
(1) Corentin Brustlein, « La surprise stratégique. De la notion aux implications”, Focus Stratégique no 10, IFRI, Paris, 2008.<br />
(2) Frank H. Knight, Risk, uncertainty, and profit, Houghton Mifflin Company, Boston and New York, 1921. Knight, qui est un économiste, y fait la différence entre le risque, qui est quantifiable et donc qu’il est possible d’assurer, et l’incertitude qui ne l’est pas et à laquelle la réponse repose sur l’entrepreneur et sa politique d’entreprise. La distinction risque/incertitude est transposable dans le champ stratégique.<br />
(3) On lira avec profit à ce sujet Joseph Henrotin, La résilience dans l’antiterrorisme, le dernier bouclier, coll. « Défis du IIIe millénaire », L’esprit du livre, Sceaux, 2010.</p>
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