<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Magazine DSI &#187; Asie</title>
	<atom:link href="http://www.dsi-presse.com/?feed=rss2&#038;cat=18" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.dsi-presse.com</link>
	<description>Défense et Sécurité Internationale</description>
	<lastBuildDate>Mon, 20 May 2013 10:52:08 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.3.1</generator>
		<item>
		<title>Chine : un activisme de plus en plus manifeste</title>
		<link>http://www.dsi-presse.com/?p=3308</link>
		<comments>http://www.dsi-presse.com/?p=3308#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 14 Jun 2011 12:54:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
				<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[Forces armées]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.dsi-presse.com/?p=3308</guid>
		<description><![CDATA[La Chine a installé, fin mai, des garnisons sur six ilots revendiqués par les Philippines dans les îles Spratlys &#8211; plus particulièrement dans le groupe de Kalayaan. Trois de ces garnisons sont fortifiées et abritent des radars mais aussi de l&#8217;artillerie. Elles pourraient permettre, également, le ravitaillement de patrouilleurs. Une autre garnison, plus complexe, pourrait&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">La Chine a installé, fin mai, des garnisons sur six ilots revendiqués par les Philippines dans les îles Spratlys &#8211; plus particulièrement dans le groupe de Kalayaan. Trois de ces garnisons sont fortifiées et abritent des radars mais aussi de l&#8217;artillerie. Elles pourraient permettre, également, le ravitaillement de patrouilleurs. Une autre garnison, plus complexe, pourrait abriter jusque 200 hommes et est dotée d&#8217;un héliport et d&#8217;un quai de 300 m de longueur permettant d&#8217;accueillir des navires. Dans la foulée, Washington décidait de l&#8217;envoi d&#8217;un destroyer sur zone.</p>
<p style="text-align: justify;">Face au regain d&#8217;activité chinois, le Vietnam conduisait également, à partir du 14 juin, des manœuvres d&#8217;artillerie dans la zone (en fait, à proximité d&#8217;un ilot inoccupé), tandis que des manifestations anti-chinoises se déroulaient notamment à Hanoï. Si ces manifestations n&#8217;ont pas suscité de commentaires, les manœuvres ont été qualifiées de &laquo;&nbsp;geste de défi&nbsp;&raquo; par Pékin. Pratiquement, les manœuvres répondent à l&#8217;incident ayant visé un bâtiment vietnamien qui s&#8217;était vu attaqué dans la zone économique exclusive vietnamienne (voir nos précédentes éditions). <span id="more-3308"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Quelques jours plus tard et plus au nord, la Chine indiquait qu&#8217;elle allait entamer, de la mi- à la fin juin, de nouveaux exercices navals &laquo;&nbsp;dans le pacifique oriental&nbsp;&raquo; (en fait, à proximité d&#8217;Okinawa) sans toutefois violer les règles du droit international. Huit bâtiments, incluant des destroyers, étaient impliqués. Dans la foulée, la JMSDF japonaise indiquait qu&#8217;elle allait continuer de surveiller les mouvements chinois.</p>
<p style="text-align: justify;">Si ces nouveaux développements ne constituent guère qu&#8217;un énième épisode de l&#8217;activisme chinois dans la région, le grand paradoxe reste de considérer que la sécurité maritime et la prévention des conflits à la mer est une tâche devant être partagée par tous et à laquelle tous les Etats de la région adhèrent au moins rhétoriquement, Chine comprise.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.dsi-presse.com/?feed=rss2&#038;p=3308</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Rapport accablant sur l&#8217;utilisation des SMP en Afghanistan</title>
		<link>http://www.dsi-presse.com/?p=2294</link>
		<comments>http://www.dsi-presse.com/?p=2294#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 11 Oct 2010 09:47:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
				<category><![CDATA[Aires géographiques]]></category>
		<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Forces armées]]></category>
		<category><![CDATA[Thématiques]]></category>
		<category><![CDATA[Types]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.dsi-presse.com/?p=2294</guid>
		<description><![CDATA[Le Senate Armed Services Comittee a rendu public un rapport portant sur la gestion des sociétés militaires et de sécurité privées par le Pentagone, notamment en Afghanistan, relevant une série de problèmes. En particulier, il révèle que nombre de sociétés ont fait appel à des locaux sans préalablement effectuer de screening de sécurité. Au final,&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le Senate Armed Services Comittee a rendu public un rapport portant sur la gestion des sociétés militaires et de sécurité privées par le Pentagone, notamment en Afghanistan, relevant une série de problèmes. En particulier, il révèle que nombre de sociétés ont fait appel à des locaux sans préalablement effectuer de screening de sécurité. <span id="more-2294"></span></p>
<p>Au final, un certain nombre de seigneurs de la guerre, de talibans et de combattants continuant à mener des opérations contre l&#8217;ISAF ont été employés, y compris dans le gardiennage de bases aériennes. Des personnels afghans licenciés par une société ont par ailleurs été engagés par une autre, alors pourtant qu&#8217;ils avaient transmis des informations sensibles aux talibans.</p>
<p>Le rapport a également permis d&#8217;examiner 125 contrats démontrant des &laquo;&nbsp;failles systémiques&nbsp;&raquo; notamment dans la formation des personnels engagés. Le rapport détaille également une série de conclusions dont la première indique que &laquo;&nbsp;la prolifération du personnel de sécurité privée en Afghanistan est incohérente face à la stratégie de contre-insurrection&nbsp;&raquo; mais aussi que &laquo;&nbsp;les seigneurs de la guerre afghans et les combattants opérant comme des fournisseurs de force au profit des sociétés de sécurité privée ont agi contre les intérêts des gouvernements américains et afghans&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Au demeurant, aussi bien les généraux McChrystal que Petraeus avaient déjà réagi contre cette problématique, Petraeus ayant récemment publié des Contracting guidances.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.dsi-presse.com/?feed=rss2&#038;p=2294</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La PLAAF au-dessus&#8230; de la Turquie</title>
		<link>http://www.dsi-presse.com/?p=2279</link>
		<comments>http://www.dsi-presse.com/?p=2279#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 05 Oct 2010 13:55:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
				<category><![CDATA[Aires géographiques]]></category>
		<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Forces armées]]></category>
		<category><![CDATA[Thématiques]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.dsi-presse.com/?p=2279</guid>
		<description><![CDATA[C&#8217;est une première dont les conséquences géopolitiques, à terme, pourraient ne pas être négligeables : les forces aériennes turques et chinoise ont conduit des manœuvres dans le centre de l&#8217;Anatolie, Pékin déployant pour l&#8217;occasion des Su-27. Menées un peu moins d&#8217;un mois avant la visite à Ankara du premier ministre chinois, ces manœuvres ont sans&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C&#8217;est une première dont les conséquences géopolitiques, à terme, pourraient ne pas être négligeables : les forces aériennes turques et chinoise ont conduit des manœuvres dans le centre de l&#8217;Anatolie, Pékin déployant pour l&#8217;occasion des Su-27. <span id="more-2279"></span></p>
<p>Menées un peu moins d&#8217;un mois avant la visite à Ankara du premier ministre chinois, ces manœuvres ont sans aucun doute permis à la force aérienne chinoise de peaufiner ses modalités de déploiements expéditionnaires, historiquement rarissimes, tout en rapprochant deux pays considérant que leurs aires d&#8217;influence culturelle se propagent en Asie centrale. </p>
<p>La Turquie, toutefois, se serait vu interdire par Washington, selon la presse locale (la même qui a indiqué la participation de Mig-29 chinois &#8211; Pékin n&#8217;en disposant pas), l&#8217;utilisation de ses F-16 et a déployé pour l&#8217;occasion des F-4.</p>
<p>Signe de la politique étrangère turque dite de &laquo;&nbsp;zéro problème&nbsp;&raquo; (voir l&#8217;article de V. Eiffling dans le nouveau DSI), le déploiement chinois peut-il être aussi considéré comme un message à l&#8217;adresse de l&#8217;OTAN, Pékin n&#8217;appréciant guère que l&#8217;organisation soit déployée en Afghanistan ?</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.dsi-presse.com/?feed=rss2&#038;p=2279</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;image du jour&#8230;</title>
		<link>http://www.dsi-presse.com/?p=2129</link>
		<comments>http://www.dsi-presse.com/?p=2129#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 30 Aug 2010 12:07:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
				<category><![CDATA[Aires géographiques]]></category>
		<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Forces armées]]></category>
		<category><![CDATA[Thématiques]]></category>
		<category><![CDATA[Types]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.dsi-presse.com/?p=2129</guid>
		<description><![CDATA[&#8230;Est une carte parue dans le dernier rapport sur la puissance militaire chinoise publié par le DoD américain et listant les capacités à longue portée chinoise. Reste que, derière l&#8217;alignement des capacités, manque la représentation de ce qui leur donne une crédibilité : les systèmes de capteurs. Détecter une cible mouvante &#8211; comme un groupe de&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.dsi-presse.com/wp-content/uploads/2010/08/Protection-Chine.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2130" title="Protection Chine" src="http://www.dsi-presse.com/wp-content/uploads/2010/08/Protection-Chine.jpg" alt="" width="490" height="606" /></a>&#8230;Est une carte parue dans le dernier rapport sur la puissance militaire chinoise publié par le DoD américain et listant les capacités à longue portée chinoise. Reste que, derière l&#8217;alignement des capacités, manque la représentation de ce qui leur donne une crédibilité : les systèmes de capteurs. Détecter une cible mouvante &#8211; comme un groupe de porte-avions &#8211; à 2 000 km est très loin d&#8217;être une chose aisée&#8230;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.dsi-presse.com/?feed=rss2&#038;p=2129</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La Chine a effectué un nouvel essais antisatellite</title>
		<link>http://www.dsi-presse.com/?p=1882</link>
		<comments>http://www.dsi-presse.com/?p=1882#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 20 Jul 2010 06:38:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
				<category><![CDATA[Aires géographiques]]></category>
		<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Forces armées]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.dsi-presse.com/?p=1882</guid>
		<description><![CDATA[Après avoir détruit un de ses satellites en orbite le 11 janvier 2007, la Chine aurait procédé avec succès, selon les magazines Foreign Policy et le quotidien China Daily à une deuxième destruction le 11 janvier 2010 &#8211; soit trois ans jour pour jour après le premier test. Les agences de renseignement américaines auraient &#8211;&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après avoir détruit un de ses satellites en orbite le 11 janvier 2007, la Chine aurait procédé avec succès, selon les magazines <em>Foreign Policy</em> et le quotidien <em>China Daily</em> à une deuxième destruction le 11 janvier 2010 &#8211; soit trois ans jour pour jour après le premier test. Les agences de renseignement américaines auraient &#8211; le conditionnel reste de mise &#8211; détecté le lancement de deux missiles d&#8217;un type inconnu depuis deux bases différentes, qui auraient tous deux explosé à altitude optimale.</p>
<p>Si le ministère chinois des affaires étrangères a indiqué que le test avait une valeur défensive, il est difficile de ne pas voir dans la coïncidence des dates un message politique adressé à Washington, que ce soit au regard des ventes d&#8217;armement effectuées il y a quelques temps à Taiwan ou, plus largement, dans le déploiement de sa stratégie d&#8217;interdiction. Au-delà des aspects de politique immédiate, remarquons aussi que Pékin évoque la recherche de la disposition de systèmes antisatellites depuis le début des années 1990. <span id="more-1882"></span></p>
<p>En 2007, le tir chinois, pratiquement à la verticale sur la cible et sans phase de poursuite, avait causé un nuage de débris sur une orbite que l&#8217;on disait particulièrement fréquentée par les satellites de renseignement américain &#8211; ce qui en aurait d&#8217;ailleurs endomméga un. Les scénarios de la puissance antisatellite chinoise, à cet égard, peuvent prendre plusieurs formes :</p>
<p>* directe, avec l&#8217;utilisation de tirs exo-atmosphériques, à l&#8217;instar du tir américain d&#8217;un SM-3 effectué depuis un croiseur, option technologiquement intensive ;<br />
* indirecte, avec la création, l&#8217;extension et le renouvellement de &laquo;&nbsp;champs d&#8217;interdiction&nbsp;&raquo; constitués de débris. Volant à près de 30 000 km/h, ces derniers peuvent causer, même s&#8217;ils sont de petite taille, des dommages considérables aux plateformes en orbite</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.dsi-presse.com/?feed=rss2&#038;p=1882</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La Chine voudrait renforcer sa capacité de seconde frappe nucléaire</title>
		<link>http://www.dsi-presse.com/?p=1807</link>
		<comments>http://www.dsi-presse.com/?p=1807#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 07 Jul 2010 13:00:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
				<category><![CDATA[Aires géographiques]]></category>
		<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Forces armées]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<category><![CDATA[Thématiques]]></category>
		<category><![CDATA[Types]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.dsi-presse.com/?p=1807</guid>
		<description><![CDATA[« La Chine doit posséder une force de seconde frappe » afin de décourager ses ennemis de la menacer avec des armes atomiques. C&#8217;est ce qu&#8217;a déclaré la principale revue militaire chinoise, dans un rare inventaire de la stratégie nucléaire du pays. Ce commentaire, parut dans le journal officiel « Liberation Army Daily », survient&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.dsi-presse.com/wp-content/uploads/2010/07/DF-31.jpeg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1808" title="DF-31" src="http://www.dsi-presse.com/wp-content/uploads/2010/07/DF-31-300x236.jpg" alt="" width="300" height="236" /></a>« La Chine doit posséder une force de seconde frappe » afin de décourager ses ennemis de la menacer avec des armes atomiques. C&#8217;est ce qu&#8217;a déclaré la principale revue militaire chinoise, dans un rare inventaire de la stratégie nucléaire du pays. Ce commentaire, parut dans le journal officiel « Liberation Army Daily », survient dans un contexte d&#8217;intensification de la diplomatie atomique &#8211; après un sommet sur la sécurité nucléaire organisé par le président américain Barack Obama, et avant une conférence internationale tenue en mai, sur l&#8217;avenir du Traité de non-prolifération (TNP). La Chine a progressivement modernisé son arsenal nucléaire et certains opposants aux propositions visant à réduire les forces nucléaires occidentales ont fait valoir l&#8217;incertitude planant sur les ambitions de Pékin.</p>
<p>Le major-général à la retraite Xu Guangyu a déclaré que la Chine voulait une force de dissuasion nucléaire minimale et souhaitait éviter une course aux armements. &laquo;&nbsp;La Chine adhère résolument à une stratégie nucléaire défensive, et a toujours adhéré à la politique du non-emploi de l&#8217;arme atomique en premier, quelles que soient les circonstances», écrit Xu Guangyu, actuellement chercheur à l&#8217;association d&#8217;Etat « China Arms Control and Disarmament ». Il ajoute que &laquo;&nbsp;la caractéristique la plus fondamentale de la stratégie nucléaire de la Chine est d&#8217;avoir un effet dissuasif, mais de ne représenter aucune menace.&nbsp;&raquo; <span id="more-1807"></span></p>
<p>Le commentaire ne suggère pas que la Chine soit en train de repenser sa doctrine nucléaire, mais décrit en termes inhabituellement forts l&#8217;intention de Pékin de renforcer ses capacités nucléaires militaires. Dans un entretien téléphonique, Xu Guangyu a déclaré à Reuters que le commentaire était destiné à répondre aux inquiétudes quant à la posture nucléaire de la Chine, notamment au Japon, en Inde et aux États-Unis. Comme pour tous les États dotés d&#8217;armes nucléaires, l&#8217;arsenal chinois, élaboré à partir d&#8217;une explosion atomique en 1964, est entouré de secret. Le Stockholm International Peace Research Institute a estimé qu&#8217;en 2009 cet arsenal s&#8217;élèverait à 186 têtes nucléaires stratégiques déployées.</p>
<p>Dans le cadre de leur nouveau traité START, les États-Unis et la Russie vont limiter leurs ogives nucléaires déployées à 1550, soit 30 % de moins que la limite fixée par le traité de 2002. Or les membres du Sénat américain pourraient mentionner la Chine lors des discussions sur la ratification du nouveau traité. Aux Etats-Unis, certains adversaires de réductions supplémentaires de l&#8217;arsenal nucléaire ont déclaré que de fortes réductions pourraient permettre à la Chine de « sprinter jusqu&#8217;à la parité nucléaire ».</p>
<p>La Chine doit avoir une force nucléaire qui soit «réelle, fiable et efficace », écrit Xu Guangyu. Cette force doit inclure une capacité de «seconde frappe» afin que la Chine puisse riposter à une attaque nucléaire. Cette force, écrit-il, «doit persuader tout ennemi envisageant de déclencher une frappe nucléaire initiale sur la Chine qu&#8217;il devra s&#8217;exposer à une riposte nucléaire massive. » «Il faut leur faire saisir [aux adversaires potentiels], sans la moindre ambiguïté, que nous possédons une force de dissuasion.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Les efforts de la Chine pour moderniser ses forces nucléaires incluent le remplacement progressif des vieux missiles à carburant liquide par des missiles modernes à carburant solide, qui rendront la mise à feu plus simple et plus rapide. La Chine est également en train de construire un nouveau sous-marin de « classe Jin », capable de lancer des ogives nucléaires depuis la mer. &laquo;&nbsp;L&#8217;expérience internationale montre que la capacité de seconde frappe la plus efficace est constituée des sous-marins, » a déclaré Xu Guangyu à Reuters. « Les missiles améliorés et les sous-marins sont donc une priorité. »</p>
<p>P. La.</p>
<p>En photo : le TEL de l&#8217;ICBM DF-41. Crédit : Claremont Institute.</p>
<p>Pas de reproduction sans autorisation expresse d&#8217;Areion Group</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.dsi-presse.com/?feed=rss2&#038;p=1807</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>L’image du jour : le type 22DDH</title>
		<link>http://www.dsi-presse.com/?p=1635</link>
		<comments>http://www.dsi-presse.com/?p=1635#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 21 Jun 2010 13:59:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
				<category><![CDATA[Aires géographiques]]></category>
		<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Technologie et armement]]></category>
		<category><![CDATA[Thématiques]]></category>
		<category><![CDATA[Types]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.dsi-presse.com/?p=1635</guid>
		<description><![CDATA[Une vue d&#8217;artiste tirée d&#8217;internet et montrant le 22DDH, nouveau type de &#171;&#160;destroyer porte-hélicoptères&#160;&#187; aux côtés d&#8217;un Hyuga. La JMSDF japonaise, qui devait recevoir 4 Hyuga, a décidé que les deux derniers bâtiments seraient substantiellement plus gros (plus de 24 000 tonnes contre 18 000 pour les Hyuga) et plus long (248 m, largeur de 39&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.dsi-presse.com/wp-content/uploads/2010/06/22DDH.jpg"><img class="size-medium wp-image-1636 alignright" title="22DDH" src="http://www.dsi-presse.com/wp-content/uploads/2010/06/22DDH-300x189.jpg" alt="" width="300" height="189" /></a>Une vue d&#8217;artiste tirée d&#8217;internet et montrant le 22DDH, nouveau type de &laquo;&nbsp;destroyer porte-hélicoptères&nbsp;&raquo; aux côtés d&#8217;un Hyuga. La JMSDF japonaise, qui devait recevoir 4 Hyuga, a décidé que les deux derniers bâtiments seraient substantiellement plus gros (plus de 24 000 tonnes contre 18 000 pour les Hyuga) et plus long (248 m, largeur de 39 m).</p>
<p>Les bâtiments disposeraient de 5 systèmes de défense rapprochée (2 RAM et 3 Phalanx). De nombreuses particularités de design &#8211; dont le déplacement de l&#8217;un des ascenseurs) l&#8217;optimiseraient pour des opérations d&#8217;appareils V/STOL. Dans les années 1980, la question de l&#8217;achat d&#8217;AV-8B avait été évoquée pour ensuite être abandonnée. Tokyo n&#8217;a toutefois pas encore montré d&#8217;intérêt pour le F-35B.</p>
<p>Les classes Hyuga et 22DDH sont analysées in extenso dans DSI Hors-Série <a href="http://www.dsi-presse.com/?p=2940" target="_blank">n°16</a> et <a href="http://www.dsi-presse.com/?p=3598" target="_blank">n°20</a>.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.dsi-presse.com/?feed=rss2&#038;p=1635</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Afghanistan : quel adversaire combattons-nous aujourd’hui ?</title>
		<link>http://www.dsi-presse.com/?p=483</link>
		<comments>http://www.dsi-presse.com/?p=483#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 01 Feb 2010 15:20:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Administrateur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://dsi-presse.com/?p=483</guid>
		<description><![CDATA[Par Olivier Hubac et Matthieu Anquez, consultants à CEIS et auteurs de L’Enjeu afghan, la défaite interdite (André Versailles, Bruxelles, 2010). À parler de la guerre en Afghanistan, on tend fréquemment à se focaliser sur l’action de nos propres forces et les besoins auxquels elles font face. Mais, ce faisant, on tend à minorer… l’adversaire&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color:#888888;"><em>Par Olivier Hubac et Matthieu Anquez, consultants à CEIS et auteurs de </em>L’Enjeu afghan, la défaite interdite<em> (André Versailles, Bruxelles, 2010).</em></span></p>
<p><a href="http://dsimag.files.wordpress.com/2010/03/hubac-2.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-484" title="20090730adf8239716_044.jpg" src="http://dsimag.files.wordpress.com/2010/03/hubac-2.jpg?w=300" alt="" width="300" height="230" /></a>À parler de la guerre en Afghanistan, on tend fréquemment à se  focaliser sur l’action de nos propres forces et les besoins auxquels  elles font face. Mais, ce faisant, on tend à minorer… l’adversaire  lui-même. Auteurs d’un  ouvrage pour le moins pertinent sur la question  afghane, Olivier Hubac et Matthieu Anquez dissèquent, entre  anthropologie, science politique et histoire, la carte pour le moins  complexe de l’adversité afghane.</p>
<p>La définition de l’ennemi combattu est l’un des passages obligés lors de l’élaboration d’une MARS * ou d’une MEDO *. Peu importe en effet le niveau auquel on se situe (stratégique, opérationnel ou tactique), elle détermine les moyens d’actions que l’on entend mettre en œuvre pour atteindre l’effet final recherché, la manœuvre générale étant dictée en partie par la qualification de l’adversaire. C’est là toute la difficulté de la guerre contre-insurrectionnelle. L’une des caractéristiques majeures des conflits dits irréguliers est l’absence d’identification claire et précise de l’adversaire, qui rend alors très délicate l’évaluation de ses capacités opérationnelles et de ses possibilités d’action.</p>
<p><span id="more-483"></span>L’adversaire auquel sont confrontées les troupes de la FIAS et d’« Enduring Freedom » est particulièrement polymorphe et polycéphale. À la fois membre de tribu locale et djihadiste internationaliste, afghan et pakistanais, combattant et civil, nationaliste et islamiste, l’ennemi ne présente pas non plus le même visage selon que l’on se place sur le terrain de la lutte contre l’insurrection ou le trafic de drogues. L’ennemi afghan renvoie de surcroît à une myriade d’organisations aux structures très inégales et n’entretenant pas nécessairement de liens entre elles. L’absence d’une définition partagée de l’adversaire contribue à brouiller la compréhension du présent conflit et prive souvent les différents acteurs d’une connaissance pourtant vitale de ce qui fonde la culture stratégique de l’Autre, c’est-à-dire la façon dont il pense la guerre et sa relation au politique. La difficulté à définir l’ennemi est aussi entretenue par le flou des termes utilisés aussi bien par les médias que par les responsables politiques. Car si le terme « taliban » est le plus couramment employé, il ne désigne pourtant qu’une fraction des ennemis que nous combattons.</p>
<p>Face à cette difficulté, diverses tentatives – au succès très inégal – ont été entreprises qui devaient permettre de cerner qualitativement l’ennemi afghan. Les plus pertinentes sont probablement l’approche culturelle <em>via</em> l’art coranique de la guerre<sup> (1)</sup> et celle décryptant les motivations des insurgés. La véritable complexité n’est pas tant liée à la pluralité des origines des insurgés, mais à la pluralité des motivations individuelles, d’autant plus que ces dernières peuvent se chevaucher et s’enrichir. En outre, la motivation est un facteur avant tout psychologique et qui résiste ainsi à une analyse logique. Toutefois, une typologie en fonction de la motivation permet de répondre à la question « pourquoi combattent-ils ? ».</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>L’insurgé par conviction</strong></p>
<p>Ce sont les insurgés qui ont pris les armes avant tout pour des raisons idéologiques.</p>
<p><em> </em></p>
<p><em>Le Djihad contre l’occupant</em></p>
<p>La lutte contre l’occupant au nom de Dieu est probablement la motivation la plus partagée par les insurgés, bien qu’à des degrés divers. Le Djihad fut invoqué dès 1979 pour servir de catalyseur à la révolte afghane contre les Soviétiques et le régime de Kaboul. Les nombreux volontaires étrangers qui ont afflué vers l’Afghanistan dans les années 1980 étaient avant tout motivés par la religion. Tous les insurgés d’aujourd’hui ne sont pas des djihadistes, mais tous sont de pieux musulmans pour qui la présence de soldats infidèles est en elle-même une raison suffisante pour prendre les armes. En effet, la terre de l’islam (<em>Dar al islam</em> ou maison de l’islam) ne peut être soumise à un non musulman, et la guerre sainte devient une obligation pour tout musulman. Les talibans et les combattants étrangers sont bien entendus les plus perméables à l’argument djihadiste, ayant la certitude de répondre à un devoir religieux impératif.</p>
<p>Guidé par une ferveur intense, le djihadiste est l’un des insurgés les plus dangereux : il ne négocie pas (il est impensable de négocier avec des mécréants), il ne craint pas la mort, voire la recherche (mort au combat, il obtient le statut de martyr qui lui ouvre directement les portes du paradis). Les insurgés de la mouvance talibane ainsi que les combattants étrangers (les « Arabes ») sont ceux qui incarnent le mieux cette motivation.</p>
<p><em>La libération de l’Afghanistan</em></p>
<p>Outre le facteur religieux, il conviendrait de ne point sous-estimer le facteur que l’on pourrait qualifier de nationaliste, même si cette motivation est très liée au djihad. L’occupant, c’est aussi l’étranger venu imposer des normes extérieures et détruire les traditions afghanes. La farouche indépendance dont les Afghans ont toujours fait preuve favorise l’insurrection. Mêlée au sentiment religieux, la libération du pays devient, elle aussi, un devoir sacré. Cette motivation est toutefois diversement partagée. Certains groupes ethniques s’accommodent pour le moment d’une présence militaire étrangère temporaire. La lutte contre l’occupant est surtout invoquée par les Pashtounes, dont l’une des revendications principales est le départ des troupes de la coalition. La libération de l’Afghanistan de toute présence étrangère, y compris pakistanaise, est ainsi l’un des buts de guerre et l’une des conditions essentielles de la victoire dans la définition qu’ils en ont. Toutefois, il est douteux que des insurgés soient guidés par cette seule motivation, le nationalisme restant une idéologie très éloignée des mentalités afghanes.</p>
<p><em>La lutte contre un gouvernement jugé illégitime, inefficace et corrompu</em></p>
<p>La majorité des insurgés par conviction réclame le départ de l’administration Karzaï, mise en place par les occupants étrangers. Le gouvernement afghan est jugé illégitime, inefficace et corrompu. Illégitime car il a été mis en place par les Occidentaux à la suite de la déroute des talibans fin 2001. Ce gouvernement est perçu, par les Pashtounes essentiellement, comme étant entre les mains des Tadjiks issus de l’Alliance du Nord, même si le Pashtoune Karzaï en est le président. Ce dernier point est considéré comme une concession cosmétique pour amadouer les Pashtounes, mais qui ne trompe guère. Inefficaces et corrompus, le gouvernement et l’administration de l’Afghanistan le sont indiscutablement. L’absence de sécurité, d’infrastructures et d’une classe de fonctionnaires formés expliquent en grande partie l’inefficacité de l’État afghan. La corruption généralisée au sein de l’administration exacerbe aussi l’aversion de la population pour le gouvernement. La corruption est encouragée par les faibles salaires versés aux fonctionnaires afghans, ainsi que par l’absence d’une réelle conscience nationale. Cette faiblesse de l’État afghan agit comme un véritable catalyseur de la contestation pouvant mener à l’insurrection. De nombreux Afghans perçoivent ainsi l’État comme un ennemi. Le cultivateur de pavot, par exemple, directement touché par les campagnes d’éradication, se sent menacé pour sa survie et peut être amené à rejoindre la rébellion.</p>
<p><em>Le retour du pouvoir aux Pashtounes</em></p>
<p>L’Afghanistan a toujours été, à de rares exceptions près, dirigé par les Pashtounes. En 1992, Kaboul tombe pourtant entre les mains des moudjahidines tadjiks de Rabbani et Massoud. Les Pashtounes ont l’impression d’avoir été injustement écartés du pouvoir. L’une des raisons du grand succès des talibans dans les années 1994-1996 est qu’ils représentaient implicitement la reconquête pashtoune. Les diverses tribus pashtounes ont alors sans trop de réticences embrassé la cause talibane car les étudiants étaient, dans leur écrasante majorité, issus de leur rang. La chute des talibans en 2001 est aussi, dans une certaine mesure, la chute de la domination pashtoune sur le pays. Certes, les Occidentaux ont placé le pashtoune Hamid Karzaï à la tête du pays, mais de nombreux postes clés sont entre les mains de Tadjiks. Le sentiment que le pouvoir leur a échappé de nouveau est très partagé au sein de ce groupe ethnique. En conséquence, la grande majorité des insurgés provient des zones de peuplement pashtoune.</p>
<p><strong>L’insurgé par obligation</strong></p>
<p>Cette catégorie d’insurgé combat parce qu’il n’a pas le choix, contrairement à l’insurgé par conviction.</p>
<p><em>La vengeance</em></p>
<p>L’un des moteurs de l’insurrection afghane contre l’occupant soviétique fut la vengeance à la suite des exactions perpétrées par les soldats de l’armée Rouge. Même s’il est impossible de faire la comparaison entre la brutalité des Soviétiques et les agissements des forces de la coalition internationale, les bombardements aériens provoquent inévitablement des victimes non combattantes. Tout dommage collatéral est exploité avec habileté par les insurgés. Certains d’entre eux ont ainsi pris les armes suite à la destruction de leurs villages ou la disparition de leurs proches. En outre, le devoir de vengeance est exacerbé par la mentalité afghane, et plus précisément pashtoune. Le <em>Pashtounwali</em>, ensemble des règles coutumières des Pashtounes, impose la vendetta et la vengeance en cas de crime. Il est impensable de s’y soustraire. Ce sont les principes de <em>badal</em> (vengeance, représailles) et de <em>bota</em> (action de représailles, réparation). En cas de meurtre, l’assemblée tribale (<em>jirga</em>) peut convoquer le <em>chigha</em>, la bande de représailles. C’est l’honneur du Pashtoune qui est alors en jeu. Sûr de son bon droit, il prend les armes contre ceux considérés comme étant responsables. On passe ainsi d’une conception de représailles, qui peut être évitée par la négociation, à une conception traditionnelle de vendetta, qui est par essence non négociable (exception faite du <em>saz</em> qui permet dans certains cas la compensation financière pour le sang versé).</p>
<p><em>La nécessité économique</em></p>
<p>La subsistance est un vecteur de recrutement suffisamment puissant pour pousser un nécessiteux à prendre les armes. La situation économique en Afghanistan est catastrophique : l’industrie est inexistante, l’agriculture ne suffit pas à nourrir la population, et l’aide internationale et humanitaire est détournée en partie par des fonctionnaires corrompus ou des seigneurs de guerre. De nombreuses régions ne bénéficient <em>de facto</em> d’aucune aide économique. Certains Afghans cèdent aux sirènes des talibans qui offrent de l’argent en échange d’une attaque de convoi ou de poste de police. Ainsi, il a été estimé que les talibans offrent de dix à cinquante dollars pour une journée d’action, là où le salaire quotidien moyen d’un fonctionnaire du gouvernement afghan ne dépasse pas deux dollars. Cette catégorie d’insurgés souhaite avant tout que sa province, son district, son village se développent suffisamment pour lui assurer des moyens de subsistance.</p>
<p><em>La recrue forcée</em></p>
<p>Les talibans avaient déjà, à la suite des revers subis au printemps 1997, eu recours à une forme de conscription forcée dans le nord et le sud de l’Afghanistan. Cependant, cette politique avait été source de tensions et de révolte. Il est à peu près certain que les insurgés actuels recourent eux aussi à la conscription de force dans certains villages pashtounes. Des menaces sont régulièrement formulées à l’encontre des responsables de familles pour qu’ils mettent à disposition de l’insurrection leurs jeunes fils. Bien entendu, ces combattants sont moins motivés que les djihadistes. Ils se battent pour éviter des représailles sur leurs familles, mais souhaitent avant tout retourner dans leurs foyers. Par ailleurs, plusieurs préceptes du <em>Pashtounwali</em> concernent une obligation militaire que l’on pourrait apparenter à une conscription forcée : ce sont par exemple les notions de <em>lashkar</em> (milice, levée), de <em>mila tarr</em> (solidarité face à une attaque, constitution d’une bande armée) ou de <em>chalweshti</em> (levée d’une force tribale pour appliquer les décisions d’un juge). Ces principes peuvent être évoqués par les insurgés pour obliger les tribus pashtounes à envoyer des hommes au combat, par respect envers le <em>Pashtounwali</em>.</p>
<p><strong>L’insurgé par opportunisme</strong></p>
<p>Ces insurgés ont pris les armes parce qu’ils considèrent qu’ils ont quelque chose à gagner de la situation. Cette chose peut être l’argent, l’influence ou le pouvoir.</p>
<p><em> </em></p>
<p><em>Le pouvoir personnel</em></p>
<p>Le seigneur de guerre est un personnage caractéristique de l’Afghanistan contemporain. Il s’agit d’un homme de guerre qui dispose d’une assise territoriale sur laquelle il exerce un pouvoir politique, économique et juridique quasi absolu. Il est entouré d’un cercle de lieutenants et possède une bande armée privée qui relève parfois de la véritable armée. Les seigneurs de guerre ont un intérêt certain à l’absence d’un pouvoir central fort qui pourrait nuire à leurs intérêts. Le chaos les sert, car il pousse les populations à rechercher un protecteur. En même temps, les seigneurs de guerre se sont aussi souvent comportés comme de véritables bandits, rançonnant, exécutant et pillant sans réserve. C’est d’ailleurs en partie contre les exactions de petits seigneurs de guerre pashtouns que le mouvement taliban a pris son essor dans la province de Kandahar en 1994. C’est aussi en raison de l’instabilité et de l’insécurité qui régnaient en Afghanistan pendant ces années que les populations ont accueilli avec soulagement les talibans victorieux, qui amenaient certes une pratique ultrarigoriste de l’islam, mais aussi la paix et la sécurité.</p>
<p>Dans l’insurrection actuelle, il est parfois difficile de distinguer le chef de guerre taliban du seigneur de guerre. Le cas Haqqani est emblématique. Authentique seigneur de guerre pashtoune, il a combattu les Soviétiques dans les années 1980, puis s’est opposé aux talibans jusqu’à ce qu’il fasse alliance avec eux en 1995. Hekmatyar est lui aussi un chef de guerre pashtoune, qui cherche avant tout à se préserver une parcelle de pouvoir. Ministre de Rabbani avant la chute de Kaboul en 1996, il ne se joint aujourd’hui à l’insurrection que parce qu’elle est sa meilleure garantie de conserver une influence.</p>
<p><em>L’appât du gain et le banditisme</em></p>
<p>Le bandit ressemble au seigneur de guerre, mais au niveau de la bande ou de l’individu. En outre, il recherche d’abord l’argent et non le pouvoir. Comme le seigneur de guerre, il profite de l’état d’insécurité et du vide politique. Le bandit prend en otage, rançonne, ou tout simplement dérobe. Il barre les routes et menace les marchands qui doivent céder leurs biens pour passer ou tout simplement vivre.</p>
<p>Toutes ces raisons peuvent naturellement se combiner. Ainsi, un taliban est un combattant de la foi. Mais il est aussi un Pashtoune qui souhaite que son groupe ethnique récupère le pouvoir en Afghanistan. Il peut aussi combattre par solidarité tribale ou encore par nécessité économique. L’intérêt de définir l’ennemi non en fonction de ses affiliations, mouvantes et aux contours imprécis, mais par ses motivations permet de réfléchir à des moyens de lutte anti-insurrectionnelle. Cet effort constitue un premier pas vers l’élaboration de stratégies visant à désamorcer telle ou telle motivation, et donc à réduire le nombre de candidats à l’insurrection. Ainsi, une réduction des frappes aériennes, grâce à un renseignement encore plus précis, diminuerait les victimes collatérales et donc, mécaniquement, les vocations à la lutte armée motivées par la vengeance. De même, une meilleure représentativité des Pashtounes au sommet du pouvoir afghan pourrait réduire les rancœurs éprouvées par ceux-ci, convaincus d’avoir été évincés du pouvoir par les Tadjiks, les Turkmènes et les Hazaras.</p>
<p><strong>Note</strong> :</p>
<p><span style="color:#000000;">(1) Cette approche ne sera pas traitée ici. Nous renvoyons le lecteur à l’excellent ouvrage du lieutenant-colonel Olivier Entraygues, Afghanistan 1979-2009, paru aux éditions La plume avant l’épée.</span></p>
<p><span style="color:#000000;"><strong>Photo : </strong>Distribution de fournitures scolaires à des enfants afghans par un soldat australien. La diversité ethnique et linguistique afghane est une donnée essentielle du conflit, trop peu souvent prise en considération. (© Commonwealth of Australia)</span></p>
<p><span style="color:#800000;"><br />
</span></p>
<p><span style="color:#800000;"><em>Publié  dans le magazine DSI  n°56 (février 2010). </em><em>Tous droits  réservés. </em><br />
<em>Aucune reproduction n’est autorisée sans l’accord de    l’éditeur  (Areion Group).</em></span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.dsi-presse.com/?feed=rss2&#038;p=483</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Quel Afghanistan après le «plan Obama»?</title>
		<link>http://www.dsi-presse.com/?p=508</link>
		<comments>http://www.dsi-presse.com/?p=508#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 01 Jan 2010 18:03:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Administrateur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://dsi-presse.com/?p=508</guid>
		<description><![CDATA[Entretien avec le colonel Michel Goya, directeur d’études à l’IRSEM. Officier et chercheur, Michel Goya a récemment effectué une visite en Afghanistan, qui a notamment donné lieu à un article dans la première lettre de l’IRSEM. Sans langue de bois, il analysait une situation complexe, mettant notamment en évidence les déficits de l’Armée Nationale Afghane (ANA).&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><span style="color: #888888;">Entretien avec le colonel Michel Goya, directeur d’études à l’IRSEM</span></em>.</p>
<p><em><a href="http://www.dsi-presse.com/wp-content/uploads/2010/03/goya-1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-510" title="Loading Merlin into C17" src="http://www.dsi-presse.com/wp-content/uploads/2010/03/goya-1.jpg?w=300" alt="" width="300" height="240" /></a>Officier et chercheur, Michel Goya a récemment effectué une visite en Afghanistan, qui a notamment donné lieu à un article dans la première lettre de l’IRSEM. Sans langue de bois, il analysait une situation complexe, mettant notamment en évidence les déficits de l’Armée Nationale Afghane (ANA). Nous nous sommes entretenus avec lui, quelques jours après le discours de Barak Obama à West Point, dans lequel il annonçait l’envoi de 30 000 soldats supplémentaires ainsi que sa volonté de doubler les effectifs de l’ANA.</em></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>On a parlé, avec le discours de West Point, d’une nouvelle stratégie avec l’envoi programmé de 30 000 soldats supplémentaires. Mais Obama n’est-il pas dans une rationalité d’effet d’annonce ? Répond-il, sur le fond, à la question stratégique afghane ? </strong></p>
<p>Fondamentalement, la stratégie n’a pas changé depuis le sommet de Bucarest, voire avant. C’est toujours une stratégie globale qui veut associer une meilleure gouvernance, le développement économique et la sécurisation, essentiellement par le biais des forces de sécurité afghanes. Les décisions prises par Obama visent d’abord à augmenter les ressources et à changer les méthodes, de manière à dépasser la situation actuelle de « crise schumpétérienne » et à permettre de réaliser cette stratégie. Elles visent aussi à marquer les esprits et cet aspect symbolique n’est pas à négliger car il peut avoir des effets très concrets dans ce type de conflit. Tous les décideurs politiques et militaires américains ont en tête le précédent du « Surge » irakien. Rappelons qu’à la fin de 2006, alors que la situation en Irak était bien pire que celle de l’Afghanistan aujourd’hui, la décision du Président Bush d’envoyer 30 000 hommes a été la preuve de la détermination américaine, ce qui a accéléré le basculement des groupes nationalistes sunnites et permis de transformer radicalement la situation sur place. Il n’est pas inutile de souligner qu’à l’époque, le sénateur Obama était opposé à cette stratégie et partisan d’un retrait immédiat. Les esprits à marquer ne sont donc pas seulement afghans, mais aussi américains, pour faire oublier cette image défaitiste de l’époque, tout en donnant un horizon visible à ses futurs électeurs en évoquant un début de retrait à une date précise.</p>
<p><strong><span id="more-508"></span>Vous êtes passé par l’Afghanistan et avez produit pour la dernière lettre de l’IRSEM un « carnet de route ». La problématique de la formation de l’armée afghane a été bien mise en évidence. Obama soulignait la nécessité d’accompagner l’ANA, mais des efforts concrets sont-ils engagés ? </strong></p>
<p>Le vrai pilier du plan Obama n’est pas tant les 30 000 hommes de plus que le doublement de l’armée et de la police afghane à assez court terme. Rappelons qu’avec 90 000 soldats pour 32 millions d’habitants, il y a, proportionnellement à la population, moins de soldats afghans dans l’Afghanistan en guerre que de soldats français en France. Ce développement rapide est cependant un immense défi qui suppose d’abord d’y consacrer beaucoup plus de ressources qu’aujourd’hui. Pour ne citer que le cas de la France, alors que nos dépenses militaires et civiles sur ce théâtre avoisinent les 400 milliards d’euros, moins d’un million sont consacrés à l’opération « Epidote », dont la mission est la formation des officiers afghans. Ces derniers sont pourtant le centre de gravité de la réussite du plan « Obama-Mc Chrystal ». Lorsqu’ils sont bons, les unités qu’ils commandent sont incontestablement les meilleures pour assurer la sécurité d’un secteur. En revanche, lorsqu’ils ne le sont pas, les résultats peuvent être catastrophiques. Dans ce type de guerre, le comportement des soldats évoluant au milieu de la population est un paramètre essentiel et il vaut mieux ne pas avoir d’armée du tout qu’une armée qui ne respecte pas les gens. Le problème est que ce qui touche à la sélection et à la nomination des officiers afghans échappe complètement à la coalition. Lorsque les Américains ont reformé l’armée sud-coréenne, ils avaient une mainmise complète sur le corps des officiers et, ici, ce n’est pas le cas. Nous avons souvent des nominations qui obéissent à des critères qui n’ont que peu de rapport avec l’efficacité.</p>
<p>Qui plus est, toute la formation se fait à Kaboul, ce qui pose une multitude de problèmes. Pour suivre un stage, les officiers doivent venir dans la capitale et s’y loger, ce qui n’est pas toujours à la portée de leur faible solde et impose qu’ils laissent au loin des familles dont ils assurent souvent les seuls revenus. En conséquence, on se retrouve à Kaboul avec principalement des officiers kaboulis et qui ne demandent qu’à y rester. Des efforts sont faits pour décentraliser la formation et organiser des centres régionaux. Mais, là aussi, il faudra des moyens pour développer ces centres et envoyer des instructeurs au plus près des combats. De la même façon, il faudra nécessairement envoyer des conseillers dans les bataillons nouvellement formés. En valeur absolue, ces renforcements seront limités en nombre mais comme ils concernent presque exclusivement des cadres, la ponction peut-être qualitativement assez lourde pour des armées occidentales de plus en plus réduites. Pour autant, sans cet effort, il ne sera possible d’atteindre les objectifs quantitatifs qu’en réduisant les délais de stages de formation, au risque d’une chute de la qualité. On peut se retrouver ainsi, comme lors de la présence soviétique, avec des unités qui se débandent ou qui passent avec armes et bagages à l’ennemi. On en est actuellement à des taux de désertion de 25 à 30 % par an. C’est une armée qui reste fragile.</p>
<p><strong>Y a-t-il une prise de conscience de ces problématiques, que ce soit au niveau ISAF ou « Enduring Freedom » ?</strong></p>
<p>Bien sûr, mais le problème est que, lorsque l’on s’efforce d’aider à la création d’un État souverain, il est difficile d’interférer également ouvertement dans ses prérogatives. L’État afghan n’est pas capable de payer correctement des forces de sécurité fortes, à terme, de 400 000 hommes, armée et police confondues. Celles-ci devront donc être payées par la coalition. Il est politiquement incorrect d’évoquer la guerre du Vietnam mais cette situation rappelle celle de la gestion de l’armée sud-vietnamienne maintenue sous perfusion par les Américains sans que ceux-ci aient leur mot à dire sur la gestion de son encadrement, comme cela avait été le cas en Corée.</p>
<p><strong>Au niveau des forces de l’OTAN, on est en train de réapprendre les élémentaires de la tactique en contre-insurrection. Mais, au plan opératif cette fois, les forces sont-elles bien articulées ? </strong></p>
<p>Dans une coalition de 42 contingents nationaux différents, qui réunit des effectifs inférieurs aux minimas exigés pour sécuriser une population et dont l’action est souvent contraintes par des restrictions d’engagement (les <em>caveat</em>), les moyens sont très décentralisés et on travaille en secteur. On manque donc d’une capacité de manœuvre opérative, comme par exemple celle des deux divisions d’intervention du général Challe en Algérie en 1959, capables par leur simple masse d’obtenir des effets décisifs dans un secteur donné. On manque aussi de moyens héliportés qui permettraient de multiplier les effets de cette masse par la mobilité et du maillage qui permettrait ensuite de tenir le terrain conquis. Dans les régions les plus difficiles, l’action militaire se borne souvent à des raids limités et sans lendemain. Pour résumer, au niveau du théâtre, on a les forces de secteur et la « cavalerie aérienne » capable de les appuyer ou de les secourir, mais on manque de forces d’intervention pour sécuriser complètement un district sans « déshabiller Paul » et de forces de police musclées (ou de commandos de chasse) capables ensuite de tenir le terrain conquis. On peut s’emparer de n’importe quel point, mais on est aussi incapable de tout tenir. Il ne faut pas non plus se leurrer. Pour paraphraser un slogan de la Première Guerre mondiale, c’est l’infanterie qui conquiert et l’« action civile » qui occupe. Imaginer l’inverse, c’est-à-dire que les « cœurs » conquis par la générosité de la coalition ou les « esprits » éblouis par ses réalisations, en viendraient naturellement à rejeter d’eux-mêmes les rebelles et accueillir les soldats occidentaux avec des fleurs, est largement une illusion que certains contingents ont payée. Pour conquérir et tenir, il faut des soldats et nos armées professionnelles modernes sont d’un seul coup bien petites dès que l’on dépasse l’échelle du Kosovo.</p>
<p><strong>Les Américains pourraient-ils jouer ce rôle de masse de manœuvre, dans l’hypothèse, bien sûr, où ils ne feraient pas de saupoudrage et où ils concentreraient leurs moyens ? </strong></p>
<p>Une partie de ces 30 000 hommes va être affectée à des missions de formation et de conseil. Les autres seront concentrés dans les secteurs les plus critiques comme le sud de la province du Helmand ou la province de Kandahar, où ils remplaceront en partie les départs attendus de certains contingents. Une vraie masse de manœuvre ne pourra être obtenue que par le développement des forces de sécurité afghanes.</p>
<p><strong>La question est vaste mais êtes-vous plutôt optimiste ou pessimiste pour la poursuite des opérations ?</strong></p>
<p>Comme disait Jules Romain, je suis pessimiste de l’esprit et optimiste du cœur. Maintenant, il n’est pas inutile de rappeler, comme l’a fait le général Petraeus récemment, la « sinistrose » en cours à la fin de 2006 lorsque l’Irak plongeait dans le chaos de la guerre civile, quelques mois avant un rétablissement spectaculaire de la situation. Dans ce type de conflit, les choses peuvent évoluer très vite dans n’importe quel sens. Les conséquences, plus symboliques que réelles, d’un retrait précipité, seraient très graves. Il faut continuer et « mettre le paquet » jusqu’à ce que la situation bascule. Cela demandera du temps et, comme dans toute guerre, cela signifiera des sacrifices, mais toute victoire est à ce prix. On a peut-être eu tendance à l’oublier.</p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #888888;">Propos recueillis par Joseph Henrotin, le 11 décembre 2009.</span></p>
<p><strong>Photo : </strong>Débarquement d’un Merlin HC Mk3 de la Royal Air Force en Afghanistan. La coalition manque cruellement d’hélicoptères de manœuvre, limitant sa mobilité opérative. (© DoD)</p>
<p><span style="color: #800000;"><em>Publié   dans le  magazine  DSI n°55 (janvier 2010). </em><em>Tous  droits   réservés.<br />
Aucune reproduction n’est autorisée sans l’accord de     l’éditeur    (Areion Group).</em></span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.dsi-presse.com/?feed=rss2&#038;p=508</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La Royal Australian Air Force au défi de l’Asie</title>
		<link>http://www.dsi-presse.com/?p=488</link>
		<comments>http://www.dsi-presse.com/?p=488#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 01 Apr 2009 15:59:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Administrateur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[Forces armées]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://dsi-presse.com/?p=488</guid>
		<description><![CDATA[Par Joseph Henrotin et Philippe Langloit, chargés de recherche au CAPRI. Examiner l’évolution de la force aérienne australienne (RAAF – Royal Australian Air Force), c’est non seulement analyser la vision selon Canberra de son rôle dans la région, tout comme l’histoire de cette dernière, mais c’est également décrypter les paramètres de la coopération entre les États-Unis et l’Australie.&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><span style="color:#888888;">Par Joseph Henrotin et Philippe Langloit, chargés de recherche au CAPRI.</span></em></p>
<p><a href="http://www.dsi-presse.com/wp-content/uploads/2010/03/raaf-2.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-489" title="20060824raaf8161446_074.JPG" src="http://www.dsi-presse.com/wp-content/uploads/2010/03/raaf-2.jpg?w=300" alt="" width="300" height="206" /></a>Examiner l’évolution de la force aérienne australienne (RAAF – Royal Australian Air Force), c’est non seulement analyser la vision selon Canberra de son rôle dans la région, tout comme l’histoire de cette dernière, mais c’est également décrypter les paramètres de la coopération entre les États-Unis et l’Australie. Canberra est en effet devenu un partenaire stratégique de Washington dans le Pacifique, offrant une profondeur stratégique au dispositif américain dans une région représentant, en termes de superficie, rien moins que la moitié du monde. À cet égard, les États-Unis ont remplacé la Grande-Bretagne, sur laquelle la force aérienne s’était alignée. Ainsi, créé en 1912, l’Australian Flying Corps est devenu indépendant en 1921. Auparavant, il a connu le baptême du feu durant la Première Guerre mondiale. Dès mai 1915, des appareils australiens sont ainsi employés dans la protection des champs pétrolifères irakiens, en appui des forces britanniques et indiennes. Des forces australiennes seront également engagées en Palestine, en Égypte et en Europe.</p>
<p><strong><span id="more-488"></span>De la Seconde Guerre mondiale à la guerre froide</strong></p>
<p>Ne comptant que quatre escadrons au terme de la Première Guerre mondiale, la RAAF montera en puissance dans les années 1920 et 1930 pour atteindre 19 escadrons, ses pilotes recevant leur formation initiale en Australie avant, dans le cadre de l’Empire Air Training Scheme, de bénéficier d’un entraînement avancé au Canada. Cette forme particulière d’entraînement multinational donnera de bons résultats durant la Seconde Guerre mondiale, lorsque des équipages australiens seront intégrés au Bomber Command britannique (au sein desquels ils subiront, néanmoins, de lourdes pertes humaines). C’est dans le Pacifique que la RAAF se distinguera le plus, participant avec la RAF et les forces néerlandaises à la défense de la Malaisie, de Singapour et des Indes néerlandaises (la future Indonésie) face à l’avance japonaise, dès 1941. À ce stade, la RAAF est engagée dans une défense de l’avant de l’Australie : la progression japonaise sera telle qu’en février 1942, la ville de Darwin sera bombardée.</p>
<p>Les forces australiennes sont cependant dans une posture inconfortable face à la menace d’une invasion. Peu de chasseurs sont disponibles. En plus d’achats effectués aux États-Unis et en Grande-Bretagne, l’Australie développe le Commonwealth Aircraft Corporation Boomerang – le premier et le seul chasseur australien. Ce mouvement intervient parallèlement à la mise en place du Department of Aircraft Production (la future Government Aircraft Factory – GAF), qui devait permettre de construire en grande série des appareils au profit de la RAF dans l’hypothèse d’une réduction des capacités de production britanniques. <em>In fine</em>, les forces aériennes australiennes seront impliquées dans plusieurs grandes batailles de la campagne du Pacifique, sur tout l’éventail des missions possibles : bombardement, appui rapproché, lutte antinavire et ASM, supériorité aérienne ou encore transport. Au terme de la guerre, la RAAF est une force respectable, ayant commandé 500 P-51 Mustang et ayant opéré plus de 280 quadrimoteurs B-24 Liberator. En écho à la forte mobilisation des forces terrestres<sup> (1)</sup>, celle de la RAAF verra 216 900 personnels servir dans ses rangs, 11 061 des siens étant tués durant la Seconde Guerre.</p>
<p>Son volume décroît ensuite. Elle est néanmoins engagée à plusieurs reprises au combat durant la guerre froide. Dès 1950, elle intervient dans la guerre de Corée, utilisant des P-51 puis des Gloster Meteor, qui s’avèrent toutefois inférieurs aux Mig-15 rencontrés. La guerre sera coûteuse : la RAAF perdra 41 hommes et 66 appareils (dont 44 Meteor). Durant l’insurrection malaisienne, des bombardiers Lincoln sont déployés à partir de Singapour et mènent des frappes en Malaisie, en soutien des opérations britanniques. La RAAF assure également des missions de transport, de parachutage et de largage de tracts au moyen de ses C-47. Si l’insurrection est finalement un échec pour les communistes malaisiens, la guérilla viêt-cong pose un problème d’une toute autre nature. Ayant intégré l’Organisation du Traité de l’Asie du Sud-Est, l’Australie interviend aux côtés des États-Unis au Vietnam à partir de 1966. En plus de missions de transport au profit des forces terrestres australiennes, la RAAF conduira 11 963 sorties au moyen de ses biréacteurs Canberra – 48 appareils ayant été construits sous licence par GAF<sup> (2)</sup> –, perdant deux appareils dont un du fait d’un tir SAM nord-vietnamien.</p>
<p><strong>Des années 1970 aux années 1990 : la modernisation </strong></p>
<p>Si les performances des Canberra australiens ont été saluées, la RAAF a cherché, dès la fin des années 1960, à s’engager dans un processus de modernisation poussé. Le remplacement de ses bombardiers est ainsi à la source d’une compétition qui voit s’opposer le Mirage IV, le F-4 Phantom et le F-111. C’est en 1963 que le gouvernement commande 24 F-111C, modifiés comparativement à ceux de l’US Air Force<sup> (3)</sup>. Le premier appareil est livré en 1968. Mais les problèmes découlant du déficit de résistance structurelle de la dérive des F-111 – qui ont causé plusieurs pertes d’appareils US au Vietnam – ont retardé jusqu’en 1973 la mise en service de l’appareil. Dans l’intervalle, la RAAF utilise 24 F-4E, prêtés par les États-Unis, de 1970 à 1973. Entre-temps, quatre des appareils avaient été reconfigurés en RF-111C destinés aux missions de reconnaissance. En 1982, quatre engins américains sont livrés à la RAAF afin de compenser les pertes. En 1992, 18 F-111G sont achetés d’occasion, le dernier appareil étant livré en 1994. Dès le milieu des années 1970, la RAAF a donc disposé d’une capacité de frappe inédite en Asie, avec un appareil capable de mener un vol automatique en suivi de terrain à très basse altitude, disposant d’une autonomie et d’une capacité d’emport non négligeables. Concrètement, le « Pig » restera en service jusqu’en 2010, 15 ans après sa mise à la retraite aux États-Unis.</p>
<p>La RAAF des années 1970 est également un peu française : dès les années 1950, le commandement australien a cherché à disposer d’un chasseur supersonique devant remplacer les F-86 qui avaient succédé aux Meteor. Son choix s’était alors porté sur le Mirage III, contre le F-104 Starfighter. Trente Mirage IIIO sont commandés en 1960, 30 en 1962 et enfin 40 autres, de même que 10 biplaces de conversion opérationnelle Mirage IIID en 1963. En 1970, six biplaces supplémentaires sont commandés. Là aussi, une partie des appareils sera construite en Australie par GAF. Utilisés dans des missions de supériorité aérienne et d’attaque au sol, les Mirage resteront en service jusqu’en 1988, le dernier vol étant effectué en 1989 par un appareil relevant de l’ARDU, l’unité d’essais et de développement de la RAAF. Apprécié des pilotes pour sa manœuvrabilité, le Mirage a cédé la place au F/A-18 Hornet en 1986<sup> (4)</sup>. En réalité, toutefois, c’est dès les années 1970 que la RAAF a publié un cahier des charges pour un nouveau chasseur multirôle à hautes performances, choisissant en 1981 le Hornet, au détriment du F-16. Estimant la formule biréacteur plus adaptée au pays, la RAAF commande 57 monoplaces et 18 biplaces F/A-18B, 73 des appareils devant être assemblés par GAF.</p>
<p>Les F/A-18, dont le dernier exemplaire commandé a été livré en 1990, impliquaient un saut capacitaire majeur pour la force aérienne australienne. Les appareils disposaient d’un radar à capacité <em>look down/shoot down</em>, d’une visualisation tête haute mais aussi de la capacité à tirer le missile AIM-7 Sparrow, portant au-delà de l’horizon. Trois squadrons – les N<sup>o</sup>3, N<sup>o</sup>75 et N<sup>o</sup>77<sup> (5)</sup> – seront ainsi équipés de l’appareil, qui évoluera rapidement. À partir de 1991, les Australiens s’entraîneront ainsi à l’utilisation de pods FLIR (Rorward Loking Infra Red) augmentant considérablement les potentialités de l’appareil lors des missions air-sol. Leur projection était assurée par la conversion, dès la seconde moitié des années 1980, de quatre des six B-707 en appareils de ravitaillement dotés du système Probe and Drogue.</p>
<p>Les années 1980 et 1990 sont aussi celles de la modernisation de la flotte d’entraînement australienne. En 1986, 67 Pilatus PC-9 sont commandés, les livraisons commençant en 1989. Ils remplaçaient dans cette fonction les CT-4 mais aussi les 97 Aermacchi MB-326 (dont 10 de la marine) respectivement entrés en service en 1975 et 1968. À ce moment-là, la philosophie de la RAAF était de disposer d’un seul appareil pour les missions d’entraînement de base et avancé. Les pilotes destinés à une carrière sur les F/A-18 et les F-111 étaient alors orientés vers des cours supplémentaires sur MB-326 puis sur les appareils de conversion opérationnelle. Le MB-326 sera cependant remplacé par le Hawk 127 dès 2000. Trente-trois appareils disposant d’un cockpit similaire à celui des F/A-18 – de façon à faciliter l’acquisition de réflexes de pilotage – ont été commandés.</p>
<p><strong>Le tournant des années 2000 </strong></p>
<p>Au début des années 2000, la RAAF se trouve face à plusieurs défis. D’une part, elle entend remplacer, à terme, ses F/A-18 par le F-35 Lightning II tout en développant ses capacités de détection avancée, de guerre électronique, de transport ou encore de patrouille maritime. D’autre part, dès 1999, elle se trouve engagée au Timor puis, en 2001, en Afghanistan et, en 2003, en Irak. Son bilan opérationnel s’avère, dans le cas des trois opérations, très satisfaisant. En 1999, le déploiement de l’INTERFET verra l’utilisation massive de C-130 et de DHC-4 Caribou dans des missions de transport vers Timor. Des F-111 seront mis en alerte dans l’hypothèse d’une réaction hostile au déploiement par l’Indonésie et des F/A-18 assureront la couverture air-sol et air-mer du déploiement. Une batterie de missiles sol-air Rapier sera également déployée afin d’assurer la couverture du dispositif terrestre. Par ailleurs, des Orion de surveillance maritime mais aussi des PC-9 seront également utilisés. La RAAF a, à cette occasion, travaillé en étroit partenariat avec la force aérienne néo-zélandaise, qui déploiera des A-4 Skyhawk. À Canberra aussi bien qu’à Auckland, la possibilité d’une réaction brutale de l’Indonésie au déploiement de la force internationale a réellement été prise en compte, certains analystes indiquant que la fonction de dissuasion jouée par la RAAF a été cruciale pour la réussite de la mission, neutralisant, concrètement, la force aérienne indonésienne.</p>
<p>En 2001, la RAAF participe au déploiement des forces spéciales dans le cadre de l’opération Slipper et positionne deux B-707 de ravitaillement sur la base de Manas. Elle affecte également deux AP-3C Orion de patrouille maritime dans le golfe Persique et positionne quatre F/A-18 sur l’île de Diego Garcia, assurant ainsi la défense aérienne de la principale base d’où partent les bombardiers américains vers l’Afghanistan. En 2003, les F/A-18 sont les seuls appareils considérés comme suffisamment interopérables avec les forces britanniques et américaines pour être engagés dans des missions de frappe durant la « phase d’opérations majeures » d’Iraqi Freedom. Les Australiens dépêchent alors 14 Hornet du N<sup>o</sup>75 Squadron et trois C-130H de transport, tandis que les deux AP-3C poursuivaient leurs missions de surveillance maritime. Les F/A-18 mèneront 670 sorties dont 350 de guerre, utilisant principalement des bombes guidées laser. En pratique, toutefois, l’opération sera également révélatrice de tensions entre la RAAF et les forces US, les Australiens avortant une série de frappes en constatant que les renseignements donnés lors de leurs briefings prévol ne coïncidaient pas avec leurs observations. La presse rapporte ainsi que « <em>des douzaines de missions </em>» ont été interrompues, chaque pilote étant confronté de trois à quatre fois à la nécessité de suspendre sa frappe.</p>
<p>La réussite de ces différentes opérations a renforcé l’état-major de la RAAF dans sa volonté de moderniser plus avant sa force aérienne et de lui faire jouer un rôle plus important dans la stratégie australienne. Cependant, Canberra s’est trouvée face à plusieurs dilemmes, en dépit d’une situation budgétaire plutôt enviable. Le premier a trait à l’acquisition de nouvelles capacités de combat. Il s’est rapidement avéré que les 75 à 100 F-35 espérés seraient non seulement plus coûteux qu’initialement prévu mais, également, que des retards affecteraient leur entrée en service et que les caractéristiques de furtivité de l’appareil seraient inférieures à celles escomptées. Ce qui n’a pas manqué de déclencher un débat très intense sur la nécessité d’engager l’Australie dans le programme, plusieurs officiers affirmant par voie de presse – et très sérieusement – que l’option du F-22 Raptor pourrait être préférable. <em>In fine</em>, les gouvernements qui se succéderont maintiendront le programme. La décision d’achat doit intervenir, en théorie, dans le courant de 2009, Canberra cherchant toujours officiellement à acheter 100 appareils.</p>
<p>Toutefois, face à la perspective du retrait des F-111 et d’une rupture capacitaire, le gouvernement a décidé, en mai 2007, l’achat de 24 F/A-18F Super Hornet pour un coût de 4,6 milliards d’US dollars<sup> (6)</sup>. Les appareils seront dotés d’un radar AESA, de la Liaison-16 mais aussi de leurres tractés, les premiers entrant en service dès 2010<sup> (7)</sup>. Un temps remis en question par le nouveau gouvernement comme par plusieurs commentateurs, l’achat sera <em>in fine</em> confirmé. Entre-temps, de nouveaux types de munitions avaient été acquis. En 2005, des commandes étaient ainsi passées pour la bombe guidée par GPS JDAM. Mais les appareils australiens seront également dotés du missile air-air AIM-120 et, comme les F-111 et F/A-18A/B, de l’AGM-84 antinavire. Au-delà des armes guidées par laser, la question de l’acquisition de missiles de croisière, longtemps repoussée afin de ne pas nourrir de course aux armements dans la région, a finalement débouché, en 2006, sur la commande de l’AGM-158 JASSM pour un montant de 230 millions d’US dollars. La commande mettait également un terme au très lent processus d’équipement des F-111C avec le missile AGM-142 Have Nap pour la frappe à distance de sécurité, qui n’arrivera jamais à terme.</p>
<p>Au final, avec 24 F/A-18F et 100 F-35 – si ce plan est effectivement mené à terme – la RAAF pourrait voir un léger accroissement de son nombre d’appareils de combat, une performance remarquable et quasi-inédite au sein des forces aériennes occidentales. D’autant plus qu’elle va également bénéficier d’un renouvellement en profondeur de ses capacités de soutien. L’acquisition de 5 KC-30B, la version de ravitaillement en vol de  l’A-330, devrait lui donner une allonge considérable, remplaçant ainsi les B-707 dont le dernier exemplaire a été sorti de service mi-2008. Dans le même temps, l’acquisition de 6 Boeing 737 Wedgetail de détection aérienne avancée (4 commandés en 1997 et levée de deux des trois options) doit offrir à Canberra des capacités importantes : une portée de 400 km et des systèmes ELINT/SIGINT modernes et, ultimement, une capacité à détecter de très petits appareils, missiles de croisières ou bateaux. Reste que le programme a pris un retard certain, la RAAF ayant « essuyé les plâtres » des Wedgetail turcs et sud-coréens. Au mieux, l’appareil serait en capacité opérationnelle initiale en 2010 (8). Dans le même temps, l’Australie conserve avec le système JORN une capacité de détection radar au-delà de l’horizon plus qu’appréciable (9).</p>
<p><strong>Après 2010… </strong></p>
<p>L’évolution de la RAAF s’est également produite en coopération étroite avec les forces terrestres, en particulier dans le domaine de la projection. L’Australie est un opérateur historique du C-130 – depuis maintenant plus de 50 ans – et dispose encore de C-130H, reçus à partir de 1978. S’y sont adjoint, à partir de 1999, 12 C-130J-30, version allongée du Hercules de nouvelle génération. Dotés d’un cockpit moderne, ils vont également recevoir un système de détection et de destruction des missiles à guidage IR. Les capacités qui en résulteraient seraient telles que les C-130J-30 australiens pourraient être qualifiés pour la conduite d’opérations spéciales. En tout état de cause, ils ont déjà été impliqués dans plusieurs des opérations de la RAAF, en Irak ou encore en participant au déploiement de forces australiennes au Soudan, au Darfour, en Afghanistan, en Papouasie ou encore au Liban. Mais les capacités de projection australiennes ont également connu un saut majeur avec l’acquisition de 4 C-17 Globemaster III. Commandés en 2006 pour 780 millions de dollars – le premier étant livré la même année -, les appareils ont intégré le N<sup>o</sup>36 Squadron d’Amberley où ils côtoieront les KC-30B.</p>
<p>Les appareils intègrent ainsi une doctrine mettant en évidence les capacités expéditionnaires des forces, qu’il s’agisse d’interventions régionales pouvant être conduites par l’Australie elle-même ou encore d’opérations en coalition, en collaboration directe avec les États-Unis. L’importance prise, à cet égard, par la thématique de l’interopérabilité dans le discours stratégique australien n’a fait que s’accroître ces dernières années. Si cette interopérabilité est matérielle, elle est également technique – la focalisation sur des systèmes de liaisons de données tels que les Link-11 et -16 – mais aussi procédurale. La conduite de nombreuses manœuvres avec les États-Unis ou leurs alliés dans la région en est une démonstration éclatante, positionnant Canberra au tout premier plan des alliés de Washington. Le processus de modernisation de la RAAF, de ce point de vue, n’a pas de conséquences militaires ; il a également des conséquences internationales directes. Or, elles pourraient bien être amenées à se renforcer durant les prochaines années. L’instabilité indonésienne se couple ainsi au développement de l’exploitation de ressources pétrolières dans la région. L’enjeu est tout aussi important pour l’Australie que pour ses alliés. La question de la sécurité maritime dans la région et de la protection des lignes de communication est tout aussi délicate, Canberra exportant massivement une large gamme de produits miniers.</p>
<p>Assez logiquement donc, les domaines de la surveillance et de la patrouille maritime – à la charge de la RAAF – devraient connaître d’importants développements. En plus de la modernisation des Orion en AP-3C, Canberra pourrait être, avec l’Inde, le premier acheteur du P-8A Poseidon. Les besoins serait de l’ordre de la douzaine d’exemplaires. L’achat de six à huit grands drones a également été évoqué (projet AIR 7000 HALE), au même titre que l’option du développement d’un pool multinational utilisant des RQ-4 et qui serait en charge de la sécurisation d’une partie du Pacifique. Là aussi, la capacité australienne à être interopérable avec les États-Unis en sortirait renforcée. D’autant plus que l’annonce, effectuée en 2007, d’un investissement australien dans le cadre du programme américain Wideband Global Satellite Communications (WGS) augure d’une véritable interdépendance. Dans ce cadre, Canberra a indiqué qu’elle investirait 820 millions de dollars dans la construction d’un satellite de communication – sur les six de la constellation, qui entrerait en service en 2013 – et d’une station au sol. Du ressort de la RAAF, les communications satellites permettront de parachever une architecture de guerre réseaucentrée à laquelle Canberra prête une grande attention.</p>
<p><strong>« Petit » mais efficace </strong></p>
<p>Si l’Australie reste fondamentalement une puissance moyenne et que la structure de sa force aérienne en témoigne, force est également de constater que, derrière le facteur quantitatif, le niveau qualitatif des forces peut être considéré comme très bon. Mettant en œuvre ses appareils dans des conditions climatiques parfois extrêmes, la RAAF maintient de très hauts taux de disponibilité de ses forces, excepté pour les problématiques F-111. La réactivité des forces face aux demandes politiques est également importante. La RAAF veille aussi à maintenir une réflexion stratégique dynamique, comme en témoigne le nombre des publications de l’Air Power Development Center (APDC). S’il n’existe pas d’« école australienne de la puissance aérienne » comme il peut en exister une britannique ou une française, les amendements portés à la vision américaine sont fréquents. Ainsi, plusieurs analystes mettent en garde contre le risque d’une perte d’adéquation entre la doctrine et les hautes technologies. De ce point de vue, les Australiens tendent à avoir une approche plus équilibrée, fermement enracinée dans une histoire opérationnelle particulièrement riche. Ils mettent en évidence la nécessité d’une approche synergistique de la puissance aérienne, écartant les tensions autonomistes (« la puissance aérienne peut gagner seule les opérations ») dont elle peut être victime.</p>
<p>L’APDC n’hésite ainsi pas à envisager la relation entre les forces spéciales et les forces aériennes comme « <em>symbiotique</em> ». Au demeurant, l’équilibre de cette approche ouvre à la RAAF une voie véritablement internationale. Son haut degré de maîtrise lui permet de devenir acteur d’une diplomatie aérienne permettant de renforcer la coopération avec ses alliés, tout en renforçant l’interopérabilité avec eux. C’est notamment le cas avec Singapour ou la Thaïlande, où l’Australie est perçue comme un facteur de stabilisation régionale d’autant plus important qu’elle joue toujours un rôle central dans le Five Powers Defence Arrangements et, plus particulièrement au sein de son principal organe, l’<em>Integrated Air Defence System</em> (IADS), sous l’autorité d’un général australien. Installé à Butterworth, en Malaisie, le système a été mis en place en 1971, dans la foulée du retrait britannique de la région et doit garantir l’intégrité des espaces aériens malais et singapourien. Occasionnellement, il implique le déploiement d’appareils australiens en Malaisie et participe ainsi de l’entretien de capacités de projection de la RAAF qui, à n’en pas douter, s’avèreront déterminantes pour la politique de défense de Canberra dans les années à venir.</p>
<p><span style="color:#ffffff;">-</span></p>
<p><strong>Notes</strong></p>
<p>(1) <em>Cf</em>. « L’Australian Army au défi des conflits hybrides », <em>DSI</em>, n°42, novembre 2008.</p>
<p>(2) Dix autres avaient préalablement été livrés par la Grande-Bretagne.</p>
<p>(3) Ayant une envergure plus importante, les appareils bénéficiaient toutefois de l’avionique des F-111A et E.</p>
<p>(4) Le premier appareil a été livré en Australie en 1984 mais c’est en 1986 que la première unité, le N<sup>o</sup>3 Squadron de Williamstown, a été déclarée opérationnelle.</p>
<p>(5) Il faut y ajouter le N<sup>o</sup>2 OCU, de conversion opérationnelle.</p>
<p>(6) Une somme incluant également le soutien des appareils pendant 10 ans.</p>
<p>(7) La formation des pilotes devrait incessamment commencer.</p>
<p>(8) Pour une analyse technique de l’appareil, <em>cf. </em>« Wedgetail : l’AWACS de poche à la conquête des marchés », <em>Technologie &amp; Armement</em>, n°9, décembre 2007-janvier 2008.</p>
<p>(9) Jindalee Operational Radar Network. <em>Cf</em>. « Radar transhorizon JORN. La solution miracle australienne ? », <em>DSI-Technologies</em>, n°15, janvier-février 2009.</p>
<p><span style="color:#ffffff;">-</span></p>
<p><strong>Photo : </strong>Un F/A-18B à la livrée particulièrement colorée, emportant des bombes JDAM, dotés de kits ailaires Diamond Back. Leur installation permet d’augmenter considérablement la portée des armes. (© Boeing)</p>
<p><span style="color:#ffffff;">-</span></p>
<p><span style="color:#800000;"><em>Publié   dans le  magazine DSI n°47 (avril 2009). </em><em>Tous  droits   réservés.<br />
Aucune reproduction n’est autorisée sans l’accord de     l’éditeur   (Areion Group).</em></span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.dsi-presse.com/?feed=rss2&#038;p=488</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
