<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Magazine DSI &#187; Europe</title>
	<atom:link href="http://www.dsi-presse.com/?feed=rss2&#038;cat=25" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.dsi-presse.com</link>
	<description>Défense et Sécurité Internationale</description>
	<lastBuildDate>Thu, 23 May 2013 07:39:05 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.3.1</generator>
		<item>
		<title>Le CEMA belge a remis sa démission : le ministre la refuse</title>
		<link>http://www.dsi-presse.com/?p=2547</link>
		<comments>http://www.dsi-presse.com/?p=2547#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 04 Nov 2010 08:45:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Forces armées]]></category>
		<category><![CDATA[Thématiques]]></category>
		<category><![CDATA[Types]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.dsi-presse.com/?p=2547</guid>
		<description><![CDATA[Dans le contexte communautaire belge, la déclaration, à la mi-octobre, du colonel Luc Gennart, patron de la base aérienne de Florennes, a eu l&#8217;effet d&#8217;une bombe. L&#8217;officier déclarait que la plupart des postes de décision dans les forces belges étaient systématiquement attribués à des officiers néerlandophones dans le cadre d&#8217;un processus de &#171;&#160;flamandisation&#160;&#187;, dans la&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le contexte communautaire belge, la déclaration, à la mi-octobre, du colonel Luc Gennart, patron de la base aérienne de Florennes, a eu l&#8217;effet d&#8217;une bombe. L&#8217;officier déclarait que la plupart des postes de décision dans les forces belges étaient systématiquement attribués à des officiers néerlandophones dans le cadre d&#8217;un processus de &laquo;&nbsp;flamandisation&nbsp;&raquo;, dans la foulée des premières déclarations sur le sujet du vice-président de la Commission de la défense, Denis Ducarme. Dans le même temps, il indiquait que l&#8217;avenir de la base de Florennes était menacé. Ses déclarations, très inhabituelles, n&#8217;ont pas tardé à lui causer des ennuis : devant déjà être muté prématurément, il a été relevé de son commandement et interdit de participation aux fastes de son unité. Il portera ensuite plainte au Conseil d&#8217;Etat, qui lui donnera raison et le rétablira dans ses fonctions. Alors que le ministre indiquait qu&#8217;aucun plan concernant la fermeture de Florennes n&#8217;était établi et qu&#8217;une commission sur la flamandisation allait être mise en place, le conflit s&#8217;est déplacé.</p>
<p>Le Chief of Defense (CHOD &#8211; l&#8217;équivalent du CEMA), le général Delcour, a remis sa démission au ministre, qui l&#8217;a refusé, une rumeur qui courrais ces derniers jours et qui a été confirmée par le quotidien <em>La Dernière Heure. </em>Quelques heures plus tard, le général Delcour convoquait une conférence de presse où il indiquera &#8211; fait unique pour un officier d&#8217;une armée européenne &#8211; que<em> &laquo;&nbsp;Notre déontologie militaire et nos normes d&#8217;ordre et de discipline semblent devenues incompatibles avec les lois, ou avec les conventions signées par la Belgique</em>&laquo;&nbsp;, ajoutant qu&#8217;un certain nombre de conventions internationales, &laquo;&nbsp;<em>principalement en matière de droits de l&#8217;Homme</em>&nbsp;&raquo; sont incompatibles avec la profession militaire. Dans le microcosme militaire, déclaration a eu l&#8217;effet d&#8217;une bombe : en Belgique, les officiers prêtent serment en jurant &laquo;&nbsp;<em>d&#8217;observer la Constitution et les lois du peuple belge</em>&laquo;&nbsp;. Par ailleurs, en tant que membres de l&#8217;exécutif, ils sont tenus respecter la séparation des pouvoirs, en l&#8217;occurrence, en ne critiquant pas une décision de justice. La déclaration n&#8217;est donc pas anodine et ne trouve aucun équivalent en Europe ou aux Etats-Unis ces cinquante dernières années. Etonnament, la presse n&#8217;a réagit qu&#8217;aujourd&#8217;hui. <span id="more-2547"></span></p>
<p>Or, elle intervient dans un contexte passablement complexe : les négociations politiques entre Flamands et Francophones sont dans l&#8217;impasse depuis les élections de juin et la perception générale est que la future réforme de l&#8217;Etat décidera de l&#8217;avenir du pays. Comparativement, le processus de flamandisation est effectivement en cours et plusieurs militaires confient dans l&#8217;anonymat leur crainte de voir, petit à petit, passer en Flandre la majorité des bases et équipements lourds de l&#8217;armée &#8211; que ce soit ou non dans l&#8217;optique d&#8217;une éventuelle indépendance du nord du pays. Si le ministre de la défense pouvait souligner un léger déséquilibre entre généraux flamands et francophones, c&#8217;est toutefois au sein des postes intermédiaires dans les unités qu&#8217;il est le plus flagrant. Dans le même temps, si la fermeture de la base de Florennes ne fait pas l&#8217;objet d&#8217;un plan, l&#8217;option a été envisagée.</p>
<p>On comprend d&#8217;autant mieux le colonel qu&#8217;il n&#8217;existe aucun consensus politique en Belgique sur le remplacement des F-16 &#8211; une escadre est basée à Florennes &#8211; et que ces derniers commenceront à sortir de service vers 2020. Ne resteraient sur place qu&#8217;un escadron de drones B-Hunter… sur une base d&#8217;une taille très supérieure aux besoins réels. <em>In fine</em>, si les déclarations du général Delcour peuvent être interprétées comme un &laquo;&nbsp;suicide de carrière&nbsp;&raquo;, il n&#8217;en demeure pas moins qu&#8217;il laisse derrière lui une armée dans une situation passablement complexe : sous-financée au niveau des équipements, réformée essentiellement par des coupes budgétaires mais non réorganisée en profondeur, doctrinalement placée sous la tutelle des affaires étrangères et souffrant de modes de gestion excessivement lourds, elle pourrait également bien être l&#8217;objet de convoitises de part et d&#8217;autres de la frontière linguistique. Si ces convoitises ne déboucheront certainement pas sur un scénario à la bosniaque, les forces armées belges sont indubitablement en train de connaître leur pire crise depuis leur création.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.dsi-presse.com/?feed=rss2&#038;p=2547</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Apocalypse SDR : la défense britannique perd 42 000 hommes</title>
		<link>http://www.dsi-presse.com/?p=2360</link>
		<comments>http://www.dsi-presse.com/?p=2360#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 19 Oct 2010 15:09:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Forces armées]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.dsi-presse.com/?p=2360</guid>
		<description><![CDATA[C&#8217;était aujourd&#8217;hui à 15h30 zoulou que le premier ministre britannique présentait la Strategic Defense Review devant le parlement britannique. Vous pouvez consulter ce document ici : DefenceReview. Comme on s&#8217;y attendait, les coupes sont majeures : - au plan humain, l&#8217;Army perd 7 000 hommes, la RAF 5 000 et la Royal Navy 5 000,&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C&#8217;était aujourd&#8217;hui à 15h30 zoulou que le premier ministre britannique présentait la Strategic Defense Review devant le parlement britannique. Vous pouvez consulter ce document ici : <a href="http://www.dsi-presse.com/wp-content/uploads/2010/10/DefenceReview.pdf">DefenceReview</a>. Comme on s&#8217;y attendait, les coupes sont majeures :</p>
<p>- au plan humain, l&#8217;Army perd 7 000 hommes, la RAF 5 000 et la Royal Navy 5 000, soit 17 000 en tout ; le personnel civil est réduit de 25 000 unités d&#8217;ici à 2015 ;</p>
<p>- le budget est réduit de 8 % ;</p>
<p>- sortie de service immédiate du porte-aéronefs Ark Royal ; les frégates et destroyers passeront de 23 à 19 d&#8217;ici à 2020 (les 6 Type-45 sont maintenus) ; les 7 SNA Astute sont maintenus ; les deux porte-avions Queen Elizabeth seront construits (<strong>avec catapultes et brins d&#8217;arrêts</strong>) avec entrée en service reportée à 2020, le 2e sera gardé en réserve (extended avilability) mais pourrait être vendu après 2015 ; les Type-26 sont maintenues et construites dès que possible ; l&#8217;Ocean ou l&#8217;Illustrious devraient rapidement sortir de service, de même qu&#8217;un des 6 LSD classe Bay ; <span id="more-2360"></span></p>
<p>- décalage du programme de renouvellement de la dissuasion à l&#8217;après-2016 ; réduction de 48 à 40 du nombre de charges embarquées ; réduction de l&#8217;arsenal à pas plus de 180 charges nucléaires ;</p>
<p>- sortie de service des Harrier vers 2011 &#8211; signifiant concrètement que l&#8217;aronavale britannique ne sera plus en mesure de mettre en oeuvre des appareils embarqués à ailes fixes jusqu&#8217;en 2020 &#8211; date d&#8217;entrée en service opérationnel des F-35C, considérés comme ayant une charge utile et un range plus importants. Notez que cette décision pourrait remettre en cause la version &laquo;&nbsp;B&nbsp;&raquo; du F-35, avec des impacts en cascade sur les forces aéronavales espagnoles et italiennes.</p>
<p>- les Nimrod MRA4 ne seront pas mis en service ; retrait de service des C-130J vers 2022 (arrivée des A400M) ; les Tornado seront conservés dans l&#8217;attente des F-35C, en nombre toutefois plus réduits ;</p>
<p>- retrait de toutes les forces d&#8217;Allemagne en 2020 ;</p>
<p>- réorganisation de l&#8217;Army sur 5 brigades multi-rôles ; élimination des 4 QG divisionnaires régionaux ; élimination de 2 des 10 QG de brigade régionaux ; réduction de l&#8217;artillerie lourde de 35 % ; réduction de 40 % de la flotte de chars Challenger II ;</p>
<p>Tout, dans cette SDR, n&#8217;est pas négatif : la cyberguerre ou les forces spéciales devraient voir un renforcement de leurs capacités. Les évolutions organisationnelles ne sont pas négatives et poussent vers plus de modularité. </p>
<p>Difficile toutefois de ne pas considérer comme apocalyptique cette décrue capacitaire : à l&#8217;horizon 2020, la Marine nationale aura plus de grands bâtiments de surface que la Royal Navy (24 contre 19, en incluant les Floreal, qui sont tout de même des frégates) &#8211; comme l&#8217;indique un observateur britannique, Nelson doit se retourner dans sa tombe. L&#8217;armée de Terre surclassera également sa consoeur britannique. Au demeurant, ce sera également le cas de l&#8217;armée de l&#8217;Air &#8211; du moins, en théorie &#8211; qui elle devrait avoir 300 appareils de combat.   </p>
<p>La présentation aux Communes se déroule toujours &#8211; nous tâcherons de mettre à jour ce post ASAP.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.dsi-presse.com/?feed=rss2&#038;p=2360</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Grande-Bretagne : la Navy sauve ses porte-avions, l&#8217;Army et l&#8217;Air Force perdent des unités</title>
		<link>http://www.dsi-presse.com/?p=2311</link>
		<comments>http://www.dsi-presse.com/?p=2311#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 13 Oct 2010 14:51:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Forces armées]]></category>
		<category><![CDATA[Thématiques]]></category>
		<category><![CDATA[Types]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.dsi-presse.com/?p=2311</guid>
		<description><![CDATA[Le conseil de sécurité national britannique s&#8217;est réuni le 11 octobre durant une heure et a permis de clarifier le débat sur la réforme de la défense tenu outre-Manche, une série de programmes étant mis en cause. La Security and Defense Review sera quant à elle présentée aux parlementaires britanniques mardi prochain. Du point de&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le conseil de sécurité national britannique s&#8217;est réuni le 11 octobre durant une heure et a permis de clarifier le débat sur la réforme de la défense tenu outre-Manche, une série de programmes étant mis en cause. La Security and Defense Review sera quant à elle présentée aux parlementaires britanniques mardi prochain. <span id="more-2311"></span></p>
<p>Du point de vue budgétaire, 3,7 milliards de livres devront être économisées sur la période 2011-2015, soit 10 % du budget de 37 milliards alloués à l&#8217;équipement. Le ministère de la défense (en Grande-Bretagne, l&#8217;équipement et la défense sont deux ministères distincts) devra quant à lui économiser 38 milliards sur 10 ans. Pour autant, le programme de deux porte-avions de classe Queen Elizabeth est maintenu, à 5 milliards de livres &#8211; le nombre d&#8217;appareils embarqués n&#8217;ayant toutefois pas été défini.</p>
<p>La Royal Air Force va perdre plusieurs escadrons d&#8217;appareils de combat et la British Army va perdre plusieurs unités blindées et d&#8217;artillerie. Ces coupes ne manquent pas de poser problème. Cité par le Telegraph, l&#8217;Air Marshall Timothy Anderson a ainsi indiqué que la RAF &laquo;&nbsp;<em>serait incapable de répondre effectivement à une attaque aérienne du type de celle du 11 septembre</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Les responsables britanniques ont toutefois mis l&#8217;accent sur la nécessité du renforcement en matière de guerre de l&#8217;information et ont laissé entendre que ces capacités ne seraient pas uniquement défensives, une approche &laquo;&nbsp;<em>patch and pray</em>&nbsp;&raquo; (&laquo;&nbsp;corrigeons et prions&nbsp;&raquo;) étant considérée comme insuffisante. Dans la foulée, les responsables citaient le cas de l&#8217;invasion de la Géorgie par la Russie, menée par des moyens conventionnels mais qui avait bénéficié d&#8217;un appui informationnel qui avait démultiplié les effets des premiers.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.dsi-presse.com/?feed=rss2&#038;p=2311</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La marine espagnole reçoit officiellement le Juan Carlos 1er</title>
		<link>http://www.dsi-presse.com/?p=2271</link>
		<comments>http://www.dsi-presse.com/?p=2271#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 04 Oct 2010 14:04:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
				<category><![CDATA[Aires géographiques]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Forces armées]]></category>
		<category><![CDATA[Thématiques]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéos]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.dsi-presse.com/?p=2271</guid>
		<description><![CDATA[Le Juan Carlos 1er, premier LHD espagnol, a été officiellement livré à l&#8217;Armada espagnole, le 30 septembre. Le bâtiment va poursuivre ses essais en mer avant d&#8217;entrer en service. Le DSI d&#8217;octobre revient, dans le dossier consacré à la marine espagnole, sur la genèse du programme mais aussi sur les réticences dont il a fait&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><object width="480" height="385"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/NCwofuxmuAo?fs=1&amp;hl=en_US"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/NCwofuxmuAo?fs=1&amp;hl=en_US" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="480" height="385"></embed></object> </p>
<p>Le Juan Carlos 1er, premier LHD espagnol, a été officiellement livré à l&#8217;Armada espagnole, le 30 septembre. Le bâtiment va poursuivre ses essais en mer avant d&#8217;entrer en service. Le DSI d&#8217;octobre revient, dans le dossier consacré à la marine espagnole, sur la genèse du programme mais aussi sur les réticences dont il a fait l&#8217;objet au sein même de l&#8217;Armada.  </p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.dsi-presse.com/?feed=rss2&#038;p=2271</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>L’amphibie à l’italienne</title>
		<link>http://www.dsi-presse.com/?p=466</link>
		<comments>http://www.dsi-presse.com/?p=466#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 01 Sep 2009 14:58:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Administrateur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Forces armées]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://dsi-presse.com/?p=466</guid>
		<description><![CDATA[Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense Les troupes amphibies de l’armée italienne regroupent d’une part le Serenissima Regimente servant au sein de l’Esercito et, d’autre part, les unités d’infanterie de la Forza da Sbarco, la force de débarquement de la Marina Militare. Celle-ci aligne deux des plus belles unités de toute l’armée&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><span style="color: #888888;">Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense</span></em></p>
<p><a href="http://www.dsi-presse.com/wp-content/uploads/2010/03/san-marco-1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-467" title="San Marco 1" src="http://www.dsi-presse.com/wp-content/uploads/2010/03/san-marco-1.jpg?w=300" alt="" width="300" height="199" /></a>Les troupes amphibies de l’armée italienne regroupent d’une part le Serenissima Regimente servant au sein de l’Esercito et, d’autre part, les unités d’infanterie de la Forza da Sbarco, la force de débarquement de la Marina Militare. Celle-ci aligne deux des plus belles unités de toute l’armée italienne : le fameux régiment San Marco, et les nageurs de combat du Gruppo Operativo Incursori, l’unité d’actions spéciales de la marine.</p>
<p><strong>Les Maro du San Marco Regimente</strong></p>
<p>Opérant conjointement avec le régiment Carlotto, qui assure la logistique et le soutien technique des opérations de débarquement, le régiment San Marco est composé d’un bataillon d’assaut, d’un bataillon de logistique, d’une compagnie d’opérations navales et d’une autre d’opérations spéciales. Avec 1 200 hommes, ses effectifs sont trop réduits pour mener de véritables débarquements, contrairement aux troupes de marine de l’armée française ou aux <em>leathernecks</em> de l’US Marine Corps. Sa vocation réside plutôt dans les raids et les actions ponctuelles, soit héliportés par les SH-3D Seaking et AB-212 Pantera du Nucleo Lotta Anfibia, qui aligne une douzaine d’hélicoptères, soit à l’aide de blindés comme l’AAV-7 et le M-113A3. Il peut être comparé à une sorte de 75th Ranger orienté amphibie. Le San Marco s’est récemment doté de véhicules légers blindés LMV Lince, bien protégés contre les IED et, de fait, plus adaptés aux théâtres afghan et irakien.</p>
<p><span id="more-466"></span>L’armement du San Marco est celui d’une unité d’infanterie légère moderne. Le fusil d’assaut réglementaire est le Beretta AR70/90 en 5,56 mm, dont certains sont montés avec un lance-grenades M-203 de 40 mm, le pistolet automatique étant le classique Beretta 92FS. Les mitrailleuses légères sont la FN Minimi en 5,56 mm et la HK MG3 en 7,62 mm, complétées par le Browning M-2 en 12,7 mm montée sur véhicule. Les lance-roquettes sont le Panzerfaust 3 et l’Instalaza C90, tandis que les sections antichars sont dotées de postes de tir Milan et TOW. Le Stinger assure la protection aérienne rapprochée et les mortiers de 81 mm et de 120 mm constituent l’artillerie de poche du chef de corps. Les Demolitori Ostacoli Anfibi (DOA) reçoivent en plus des pistolets-mitrailleurs HK MP5 en 9 mm. Ces derniers constituent l’élite du régiment et se voient attribuer les actions très spécialisées comme la démolition d’obstacles lagunaires, les dossiers de plage, le travail de renseignement préalable aux opérations, ainsi que les actions directes ou décentralisées (sniping, sabotage, search &amp; seizure) comme le font les GCP au sein de nos régiments parachutistes, par exemple. Ces 24 hommes sont secondés en permanence par un groupe de 12 Incursori détachés par rotations pour les missions de reconnaissance profonde.</p>
<p>De son côté, la compagnie d’opérations navales est spécialisée dans l&#8217;abordage et la sécurisation de navires à fin d’inspection, notamment pour faire respecter les embargos. Régiment d’élite reconnu y compris par les armées étrangères, le San Marco a été la première unité déployée au Liban dans le cadre de l’opération Leonte (participation italienne à la Finul 2) pour laquelle il réalisa l’ouverture de théâtre, de concert avec les Lagunari du Serenissima. Le San Marco a également participé à Antica Babilonia, la participation italienne à Iraqi Freedom, dès l’arrivée du contingent italien en mai 2003, et ce, jusqu’au début de l’année 2004. En avril de cette année, la bataille de Nassiriya verra le San Marco et les Incursori reprendre les ponts de la ville. Depuis 2006, la mission italienne a pris le nom de code de Nuova Babilonia et, bien que l’effectif soit plus réduit (1 600 hommes contre 2 650 pour Antica  Babilonia), les mêmes unités se relaient sur le terrain.</p>
<p>En Afghanistan, le régiment a contribué à l’ISAF en assurant patrouilles et opérations de ratissage dans la zone de responsabilité italienne, au nord-ouest du pays (provinces d’Hérat et de Badgis, notamment). Les Maro participent régulièrement à des manœuvres internationales impliquant d’autres troupes amphibies européennes. En 2006, l’exercice Brillant Mariner réunissait soldats italiens, espagnols et néerlandais en mer du Nord autour d’un scénario d’évacuation de ressortissants. En 2007, Mare Aperto permit aux marines française, allemande, grecque et turque d’opérer conjointement avec les Maro, les Lagunari et le COMSUBIN. À la fin de la même année, le San Marco prit part à Noble Midas, un exercice NRF organisé en Croatie dans le cadre du Partenariat pour la Paix, cette fois autour d’un scénario de gestion de crise et de maintien de la paix. Plus national, Mare Aperto 2008 voyait l’ensemble des unités amphibies de l’Esercito et de la Marina s’entraîner en interarmes avec tous leurs moyens, y compris les AV-8B Harrier II du Gruppo Aerei Imbarcati, qui devrait recevoir dans le futur des F-35 STOVL pour l’appui des troupes débarquées.</p>
<p><strong>Les Lagunari du Serenissima</strong></p>
<p>Unité amphibie de l’Esercito, le Serenissima Regimente est rattaché à la brigade de cavalerie Pozzuolo del Friuli, dont il constitue l’unité spécialisée dans les débarquements. Composé d’un bataillon d’infanterie de marine, d’une compagnie de commandement et de logistique, et d’une compagnie de transport amphibie, il met en œuvre des LMV Lince et des VCI blindés Puma 8&#215;8. À l’image du San Marco, la compagnie de transport est dotée de AAV-7, et aligne aussi des chalands de débarquement MDN et MEN ainsi que des embarcations légères. L’armement et l’équipement sont les mêmes que le San Marco. Le régiment a pris part à la KFOR en 2001, 2002 et 2003, à Antica Babilonia en 2004 ainsi qu’à l’opération Leonte en 2006 et en 2008. En revanche, il n’a pas été déployé en Afghanistan.</p>
<p><strong>Le COMSUBIN et les Incursori</strong></p>
<p>Le Comando Subacquei Incursori (COMSUBIN) regroupe différentes entités : le Gruppo Operativo Incursori (GOI), qui est une unité de nageurs offensifs, le Gruppo Operativo Subacquei (GOS), le Gruppo Scuole et la Scuola Subacquei, qui est l’école de plongée de la Marina Militare, plus l’Ufficio di e Sperimentazioni (bureau d’études) et le Gruppo Naval Speciale (GNS), spécialisé dans le sauvetage des équipages de sous-marins. En temps qu’unité d’action spéciale aussi bien marine que terrestre, c’est principalement le GOI qui nous intéresse ici. Spécialistes du contre-terrorisme maritime, les Incursori de la Marina Militare sont les équivalents italiens de nos Commandos-Marine ou des US Navy SEAL. Ils ont pour principales missions la reconnaissance spéciale, le guidage TAC-P dans la profondeur (40 kilomètres), les attaques nageur contre les navires ou les installations navales, la RESCO, la libération d’otages et l’évacuation de ressortissants, la contre-piraterie, la prise ou reprise de station pétrolière, l’encadrement et le conseil, et enfin la protection rapprochée de personnalités sur le théâtre d’opérations.</p>
<p>Tous les opérateurs du GOI sont formés à l’abordage CTM et les groupes d’assaut assurent une permanence contre-terrorisme de six mois chacun leur tour. Leur doctrine d’emploi veut que le groupe CT soit héliporté sur la cible par un Seaking sous la protection d’un AB212 embarquant un binôme de snipers. Bien évidemment, cela ne concerne que les missions CTM et, pour leurs autres missions, les Incursori maîtrisent les différents vecteurs d’infiltration modernes (palmage, propulseurs sous-marins, saut HALO/HAHO avec changement de milieu, héliportage par grappe). Baptisé Autocolonna, l’autre moyen de transport de l’unité est composé de plusieurs camions permettant d’embarquer tout le matériel nécessaire à une intervention et d’assurer la vie en campagne de l’unité en toute autonomie. De cette manière, le GOI ne dépend d’aucun autre service, hormis le ravitaillement en consommables (eau, nourriture, munitions, carburant). Si l’effectif exact de l’unité reste inconnu, on sait que l’Autocolonna est calibrée pour 300 personnes.</p>
<p>L’armement, comme pour la plupart des unités de forces spéciales dans le monde, est très varié, permettant d’adapter la dotation à la mission. Tous les opérateurs emportent un pistolet automatique Beretta 92FS en 9 mm ou un HK USP 45 en 11,43 mm. Les opérateurs CTM utilisent le pistolet-mitrailleur HK MP5 en différentes versions : MP5A2, A3, A5, SD3 et Kurz. Pour les autres types de missions, requérant plus de portée ou de capacité de perforation, la carabine Colt M4A1 en 5,56 mm est l’arme d’épaule standard, bien que les fusils Beretta SCS 70/90 et AR-70SC, le HK G41A2  et les Colt M-16A1 et A2 soient toujours en service au sein de l’unité. En 7,62 mm, on trouve le HK G3/SG1 et son cousin le PSG1, deux fusils bien connus des tireurs d’élite en semi-automatique. Les snipers ont également le choix avec des fusils à verrou Sako TRG-21 et SS Sr Mk2, l’Accuracy International Arctic Warfare en 8,60 mm et le fusil de sniping lourd Mc Millan en 12,7 mm pour le tir antimatériel et à longue distance.</p>
<p>Pour le combat rapproché, les Incursori utilisent les fusils à pompe SPAS15 et Benelli M3 Super 90 en calibre 12. Les lance-grenades de 40 mm disponibles sont le HK69 Granatpistole et le M-203 monté sous le garde-main du M-4A1. Les mitrailleuses sont assez nombreuses au sein des groupes d’assaut : on y trouve l’incontournable FN Minimi en 5,56 mm version Para (crosse rétractable et canon court), la MG-42/59 et la Browning M-2 en 12,7 mm montée sur véhicule. Ces armes d’appui sont complétées par les lance-roquettes AT-4, C90 et Panzerfaust 3, ainsi que par le canon sans recul Carl Gustav. Lors de leurs infiltrations sous-marines, les nageurs sont également dotés du pistolet sous-marin HK P11 fabriqué par Heckler &amp; Koch. Cette arme, bien connue des unités de nageurs de combat, tire des fléchettes sous-marines, la mise à feu se faisant par contact électrique. Le P-11 est alimenté par un barillet à cinq coups qui, une fois vidé, doit être renvoyé chez HK pour être rechargé. Les appareils de transmissions sont les classiques UHF/VHF avec micro-casques Bowman et Frogman. Les communications satellites sont assurées par des téléphones satellites Geolink Mini-M.</p>
<p>Pour les missions sous-marines, les nageurs sont dotés de différents appareils respiratoires, tous fabriqués par OMG, une société italienne spécialisée dans les équipements de plongée. Les nageurs de combat italiens utilisent exclusivement des appareils à circuit fermé, les seuls à garantir une discrétion absolue par l’absence de bulles à la surface de l’eau. Ainsi, les Mk2C et Mk3C sont utilisés pour les missions exécutées à des profondeurs n’excédant pas 12 mètres, limite d’utilisation de l’oxygène. En dessous et jusqu’à 40 mètres, il convient d’alimenter le plongeur avec un mélange oxygène/nitrogène, les Incursori utilisant alors le RDN 2000, notamment pour les opérations à partir de sous-marins et les missions de déminage. Le CRA est un appareil à arrivée d’oxygène réglable, étudié et développé à la demande du GOI. Les équipes montées sur propulseur sous-marin sont dotées du CMI, un appareil à oxygène porté sur le dos, lui aussi développé spécialement pour les Incursori. Leurs vecteurs sous-marins sont de type « humides », c’est-à-dire que le plongeur n’est pas dans un compartiment étanche, contrairement aux appareils dits « secs ». Jusqu’à présent, ces matériels et leurs caractéristiques sont gardés secrets par les opérateurs du GOI.</p>
<p>D’une manière générale, les Incursori maintiennent un haut niveau de sélection et de préparation. Leur patrimoine opérationnel hérité de la Decima Mas lors de la Seconde Guerre mondiale leur vaut une expertise qui les place dans le haut du panier des unités de forces spéciales et de nageurs de combat du monde entier. Ils forment notamment l’une des rares unités de nageurs entraînée à la prise de plates-formes offshores. Avec l’affaire du président Aldo Moro en 1978, ils seront initiés aux opérations antiterroristes par les SAS britanniques, dont la réputation en la matière n’est plus à faire, et leurs snipers sont actuellement formés à Norfolk, en Virginie, par des instructeurs SEAL de l’US Navy, ainsi que par des Royal Marines au Royaume-Uni. Depuis leur déploiement à Chypre aux côtés du Col Moschin et du 1st SFOD-D (détournement de l’Achille Lauro, 1985), des échanges se font chaque année avec le commando Hubert, les Navy SEAL, les SBS, et les Marinejagerne norvégiens, ce qui permet d’entretenir l’interopérabilité des unités et de maintenir le savoir opérationnel à jour, en phase avec les dernières évolutions du métier.</p>
<p>De tout temps, le gouvernement italien les a engagés en tête de dispositif pour ses opérations militaires. Lorsqu’ils opèrent en mode ouvert, disséminés parmi d’autres unités, les Incursori se font passer pour des éléments du San Marco dont ils portent alors le béret. Auparavant, ils portaient également le camouflage spécifique au San Marco quelle que soit la mission, mais maintenant que l’armée italienne a standardisé sa tenue de travail, tout le monde porte le <em>vegetato</em>. Leurs opérations récentes incluent la mission Stabilize, à la fin de 1999, au Timor-Oriental, avec des reconnaissances et de la protection d’ambassade, le sommet du G8 (protection VIP), puis une double mission à partir du 11 Septembre 2001 avec, d’une part, l’état d’alerte en cas d’attentat en Italie et, d’autre part, leur intégration dans la Task Force Nibbio en Afghanistan, aux côtés de leurs camarades européens et américains. Entre mars et septembre 2003, un détachement du GOI participa aux côtés du Col Moschin à une série d’opérations baptisées Eole, Centurion, Hale Denial et Baratto, conduites dans la province de Khost, dans le sud-est du pays. Ces opérations avaient pour objectif l’interdiction de la zone aux talibans et la recherche et destruction de caches d’armes et de munitions. La fonction du GOI dans cet ensemble était de récolter du renseignement humain sur les activités des insurgés, de mener des reconnaissances profondes et l’interception sur opportunité de groupes talibans à proximité de la frontière pakistanaise.</p>
<p>En 2003, ils prirent également part à Antica Babilonia, à partir du 15 juillet. Plusieurs groupes d’Incursori conduiront des missions de renseignement tactique et mèneront des actions spéciales lors de la bataille de Nassiriya, en 2004. Ils mèneront également la libération d’un otage britannique capturé par l’Armée du Mahdi durant les affrontements. Puis leurs activités seront essentiellement centrées sur des patrouilles LRRP et de la protection de VIP, notamment le gouverneur (irakien) de la province de Nassiriya .Enfin, un groupe d’Incursori sera dépêché à Abidjan lors des évènements de 2004 pour évacuer les ressortissants italiens de Côte d’Ivoire, au nombre de 550, dont 290 dans la capitale du pays.</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Photo :</strong> Des Lagunari au cours d’un exercice de combat urbain mené en conjonction avec la SETAF (Southern European Task Force) de l’US Army. Peu à peu, l’entraînement des Italiens s’est aligné sur les normes américaines. (© US Army)</span></p>
<p><span style="color: #800000;"><em>Publié   dans le  magazine  DSI n°51 (septembre 2009). </em><em>Tous  droits   réservés.<br />
Aucune reproduction n’est autorisée sans l’accord de     l’éditeur    (Areion Group).</em></span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.dsi-presse.com/?feed=rss2&#038;p=466</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le CPA 10 : les forces spéciales, c’est aussi l’armée de l’Air</title>
		<link>http://www.dsi-presse.com/?p=479</link>
		<comments>http://www.dsi-presse.com/?p=479#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 01 Jun 2009 15:12:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Administrateur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Forces armées]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://dsi-presse.com/?p=479</guid>
		<description><![CDATA[Par Véronique Sartini, journaliste spécialiste des questions de Défense Sur la base aérienne 123 d’Orléans-Bricy, dans l’un des bureaux du CPA 10, deux hommes feuillettent un catalogue présentant, entre autres, les dernières caractéristiques du nouvel appareil de transmission crypté (AN/PRC-152) qui les équipe désormais. Ils semblent intarissables. Les entrevoyant à travers la porte à moitié fermée, le second de&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong> </strong></p>
<p><em><span style="color: #888888;">Par Véronique Sartini, journaliste spécialiste des questions de Défense</span><br />
</em></p>
<p><a href="http://www.dsi-presse.com/wp-content/uploads/2010/03/poitou-1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-480" title="Poitou 1" src="http://www.dsi-presse.com/wp-content/uploads/2010/03/poitou-1.jpg?w=300" alt="" width="300" height="225" /></a>Sur la base aérienne 123 d’Orléans-Bricy, dans l’un des bureaux du CPA 10, deux hommes feuillettent un catalogue présentant, entre autres, les dernières caractéristiques du nouvel appareil de transmission crypté (AN/PRC-152) qui les équipe désormais. Ils semblent intarissables. Les entrevoyant à travers la porte à moitié fermée, le second de l’unité, aujourd’hui le chef puisque le commandant du CPA 10 est « <em>quelque part </em>» en déploiement en Afrique, esquisse un sourire : « <em>Vous voyez ? Je n’ai que des passionnés </em>». Ils sont toujours à l’affût, les hommes du CPA 10… À proximité, le grondement d’un Transall s’éloigne alors que de ses flancs s’échappe une traînée de parachutistes… Peu avant, deux Puma du DAOS<sup> (1)</sup> sont venus faire avec eux un exercice de récupération / capture d’une HVT (<em>High Valuable Target)</em>, comprenez un VIP. Vol en binôme, un hélicoptère dévolu aux tireurs embarqués, l’autre au groupe d’assaut. Mise en place par corde lisse, interception du véhicule plastron, maîtrise du chauffeur et du garde du corps, extraction du VIP, éloignement en grappe. À peine cinq minutes. Du quotidien. Ils s’entraînent encore et toujours, parfaitement conscients que demain, en mission, ils auront suffisamment à faire avec l’imprévu.</p>
<p><span id="more-479"></span>Hier, ces hommes ultra-entraînés, immédiatement employables et autonomes, étaient en Afrique pour une extraction de ressortissants, faisaient discrètement poser en pleine nuit un aéronef sur une piste sommaire ou prenaient un aéroport sensible « <em>quelque part dans le monde </em>». Ils n’aiment pas que l’on précise les lieux de leurs opérations et préfèrent également que l’on taise leur nom. Non pas pour cultiver ce côté un peu mytho, qu’ils assurent avoir aujourd’hui dépassé : « <em>Les opérations nous ont fait mûrir </em>», expliquent-ils. Mais bien parce qu’ils sont protégés par un arrêté (septembre 2006) relatif au respect de l’anonymat. Contrairement à leurs cousins du service action de la DGSE, ils font des opérations « <em>discrètes mais jamais clandestines, toujours en uniforme, sous les ordres du chef d’état-major des armées </em>».</p>
<p>Le CPA 10 est l’unité la plus jeune du COS (Commandement des Opérations Spéciales), mais elle est l’héritière du 602<sup>e</sup> GIA (Groupe d’Infanterie de l’Air), première unité parachutiste de l’armée française, créée en 1937. Tout commando de l’air en reçoit l’insigne, une fois admis dans la famille des « cocoye ». Le CPA 10, a rejoint le COS en 1992, mais n’a pris sa forme actuelle qu’en 1996. Lorsque le commandement s’est rendu compte qu’il fallait de vrais professionnels, rôdés, pour récupérer des pilotes éjectés ou guider les avions au sol. Son utilité s’est confirmée par la suite, en ex-Yougoslavie, où l&#8217;aviation était dirigée au sol pour la première fois par guidage laser, et notamment par des équipes du CPA 10.</p>
<p>Il est, aux côtés de l’escadron « Poitou » et de l’ESH « Pyrénées » (Escadrille Spéciale d’Hélicoptères) de Cazaux, l’une des trois unités de l’armée de l’Air présentes au COS. Tandis que le « Poitou » et l’ESH se chargent de l’insertion ou de la récupération discrète des équipes de forces spéciales, ainsi que de leur soutien en opération, le CPA 10 assure toutes les interfaces nécessaires à l’emploi de l’arme aérienne. Son cœur de métier ? L’appui aérien, la coordination aéroterrestre, l’aide au poser d’assaut, la reconnaissance de terrain, le tout au profit des opérations spéciales. Culture aviateur, doublée du label commando.</p>
<p><strong><em>Des combattants…</em></strong></p>
<p>L’adjudant-chef B. est un peu la figure de l’unité. Présent depuis sa création, il est actuellement formateur et peut afficher son « <em>coins </em>» n°45. Cette pièce, frappée au recto de l’insigne de l’unité, est millésimée au verso. Elle indique par là une appartenance forte. « <em>Pour la recevoir, il faut avoir fait au moins deux missions </em>», explique-t-il, avec l’air de celui à qui on ne la fait pas. Il regrette aujourd’hui que l’unité attire moins, et d’abord pour des raisons de disponibilités. « <em>Les gars tournent beaucoup, ne prennent jamais leurs vacances à temps complet… </em>». Aussi, le CPA 10, sort-il d’une période difficile en termes de recrutement. Et c’est une tendance partagée par toutes les unités du COS. « <em>Même les unités dites “canal historique”, comme le 1<sup>er</sup> RPIMa </em>», précise-t-on. Le CPA 10, dont l’objectif est de réunir 280 personnes, n’en affiche aujourd’hui que 220. D’ici à l’été, le commandement leur a assuré un recrutement exceptionnel de plus de quarante personnes. Celles-ci devraient les remettre à flot en décembre.</p>
<p>Unité pointilleuse, elle cumule les exigences des troupes aéroportées avec celles des commandos. La sélection est donc rude. Avant de recevoir leurs « <em>coins </em>» (aujourd’hui, on approche le numéro 400), les nouvelles recrues, en provenance des escadrons de protection de l’armée de l’Air, doivent passer par l’École militaire des fusiliers commando de l’air à Dijon ou arriver directement des autres CPA (voir encadré). Et, avant d’intégrer pleinement l’unité, elles devront subir le désormais fameux – il n’a que cinq ans – stage <em>Belouga</em>. Stage difficile, qui dure de quatre à cinq mois, il leur permettra d’être des « <em>équipiers sûrs </em>». Une grosse partie physique «<em> où l’on cherche surtout à voir la capacité d’un gars à travailler en état de fatigue </em>», avec beaucoup de combat (maîtrise des armes, des placements, des transmissions de base, des techniques d’autodéfense). À leur sortie, ils seront directement intégrés aux groupes actions, et pourront partir en opération. Si le commandement « <em>ne transige pas sur</em> <em>Belouga »</em>, il revient toutefois sur les critères de sélection des nouvelles recrues, avouant qu’ils ont été trop exigeants les années précédentes : « <em>on a laissé passer des gens qui auraient pu faire l’affaire chez nous </em>».</p>
<p><strong><em>&#8230; dans un processus d’hyper-précision</em></strong></p>
<p>S’ils restent des commandos, donc des combattants, les hommes du CPA 10 cultivent toutefois ce petit plus technologique. Ce côté : « <em>grand frère qui ouvre la voie </em>», aime dire le lieutenant-colonel, second de l’unité. La cellule renseignement du CPA 10 est, à cet égard, étonnante. Leader imagerie au profit du COS, elle fournit aux forces tactiques l’ensemble des données de soutien en imagerie et en cartographie. Ainsi, à partir d’images qu’ils reçoivent directement des théâtres, <em>via</em> satellite (images en provenance des Mirage F-1 de reconnaissance, de satellites militaires ou commerciaux ou encore de photos prises par leurs hommes, en « avance de phase », soit avant le déclenchement d’une opération), les opérateurs sont capables, en moins de trois heures, d’en faire une image en 3D, par exemple. Ou d’y adjoindre tous les éléments de renseignement tactique, très précisément. Et ils vont très loin, perpétuellement à l’affût de toutes les nouveautés logicielles sur lesquelles ils pourraient trouver une application militaire. « <em>Le red force tracking</em> (visualiser en temps réel les forces ennemies), <em>c’est pour demain ! </em>», ne cache pas l’officier qui commande la cellule. Les opérateurs – lesquels sont pour moitié commandos (car déployables) – sont également capables de modéliser l’intérieur d’un bâtiment, un aéroport par exemple, comme ce que font les architectes. Images très utiles pour les groupes d’assaut du CPA 10 dits « INVEX », ceux qui sont spécialisés en contre-terrorisme. « <em>Nous sommes les seuls à avoir la capacité de récupérer en temps réel l’imagerie satellite, au travers de nos stations légères d’interprétation&#8230; Imaginez que derrière ces machines, il y a le satellite, avec un lien quasi permanent. Il nous permet d’avoir une couverture au gré de nos opérations. En préparation, mais aussi en conduite </em>», explique l’officier qui commande la cellule. Ces stations d’interprétation se déclinent sur ordinateurs portables puissants, secondés par des valises Syracuse 3P, lesquelles permettront une connexion satellite. Le même travail peut également se faire sur le terrain, en base arrière… Les hommes et leur matériel pourraient même être parachutés, s’il le fallait.</p>
<p><strong><em>Les savoir-faire spécifiques du CPA 10… la plus-value « aviateur »</em></strong></p>
<p>Unité musclée, sur les 220 personnes qui la composent, deux tiers appartiennent aux « groupes action ». Douze groupes (objectif de décembre 2009) composés de 10 à 15 personnes, dimensionnés de façon à pouvoir travailler en autonomie et toujours discrètement. Chaque groupe a un socle de savoir-faire commun, celui que partagent les autres commandos : combat, assaut, destruction. Ils sont ainsi capables de mener toutes les opérations « coup de poing » que la spécificité des forces spéciales exige : infiltration et exfiltration avec les techniques habituelles (parachutage, cordage, infiltration motorisée en zone hostile) ; actions commando (combat commando, destruction, tir de précision, libération d’otages, combat en milieu clos) ; reconnaissance spéciale (le renseignement image et la fusion des données en provenance de différents capteurs).</p>
<p>Par ailleurs, chaque groupe action partage les trois grosses spécificités du CPA 10, que sont la reconnaissance de terrain de poser d’assaut ; ce qu’ils appellent la mission RESEDA (la Reprise Et la Sécurisation D’Aérodromes) et, bien sûr, l’appui spécialisé aux frappes aériennes. Pour reconnaître un terrain de poser d’assaut, c’est assez mécanique. Il s’agit de vérifier qu’il n’y a pas trop de pente, de sonder le sol pour constater s’il est suffisamment stable, qu’il n’y a pas de fils électriques au-dessus, <em>etc</em>. Marquer ensuite les différentes zones de poser, pour les avions, les hélicoptères, le ravitaillement des hélicoptères. Et puis, encore une fois, ce socle commun d’aviateur inspire confiance. Le commandant du « Poitou » l’assure : « <em>une équipe du CPA 10 est capable de nous faire poser n’importe où dans le monde, nous aurons toujours confiance </em>». Lors d’un assaut sur un aéroport, les hommes du CPA 10 iront prioritairement sécuriser la tour de contrôle, éventuellement la refaire fonctionner. « <em>Nous savons où il faut aller pour reprendre la plate-forme. On sait ce qu’il faut casser et ne pas casser… Cela demande un entraînement régulier, connaître les servitudes sur base, les choses importantes à conserver. C’est notre plus-value d’aviateurs </em>», explique le second du CPA 10.</p>
<p><strong><em>ODESSAA. Les pros de l’appui aérien</em></strong></p>
<p>« <em>Le guidage, c’est simple. Tout le monde le pratique </em>», explique un officier. Il est vrai que les unités conventionnelles de l’armée de Terre font du TAC-P (Tactical Air Control-Party) : de la désignation au sol de cibles, au profit des forces aériennes. Et de plus en plus. C’est un jeu de donnant-donnant par lequel les forces aériennes soutiennent au sol les forces terrestres par un appui ciblé. Le TAC-P se fait avec des petites équipes au sol, composées de quatre à cinq personnes, parmi lesquelles le FAC (Forward Air Controller), celui qui parle à l’avion. Elles désignent les objectifs à atteindre, au moyen de télémètres laser, et renseignent l’avion sur les coordonnées les plus précises possibles.</p>
<p>Au CPA 10, on parle alors de « module 3D », et l’on va beaucoup plus loin. Outre le fait que leur « <em>socle commun d’aviateur favorise le dialogue naturel avec les pilotes </em>», expliquent-ils, les commandos ont mis au point ce qu’ils appellent la boucle ODESSAA (Observation, Destruction de Sites par l’Arme Aérienne). L’idée est de mettre en place une boucle complète d’information à destination de l’avion, permettant de traiter l’objectif de façon optimale, depuis le décollage jusqu’à l’atterrissage de l’aéronef. Car la vraie difficulté est toujours la même : savoir si l’homme au sol et le pilote voient bien la même chose, éviter les tirs fratricides, calculer au plus près le cap d’attaque… Et garantir une précision métrique (inférieure à cinq mètres) aux frappes aériennes.</p>
<p>Avant qu’il ne décolle, le pilote recevra de la part du CPA 10 un dossier d’objectif très précis, lui permettant ensuite de minimiser les échanges radio. Parallèlement, au sol, les équipes s’infiltreront, s’il le fallait par parachute, avec leur matériel de communication et d’aide à la désignation. Souvent de nuit, aidées de leurs jumelles de vision nocturne et de leurs pointeurs IR (Infrarouge). Situées en moyenne à deux ou trois kilomètres de l’objectif à traiter, elles actualiseront en permanence le dossier d’objectif. Jusqu’ici, les modules 3D faisaient « <em>de la voice </em>» (échanges de paroles extrêmement précises et codifiées avec l’avion). Elles font aussi, depuis cette année, « <em>de la data </em>» (envoi de fichiers). Grâce au système Scarabée qui les équipe désormais (voir <em>DSI HS</em> n°2) – système mis au point par le CEAM et des équipes du CPA 10 – ils sont désormais capables de partager des informations écrites (cartes, calques de situations tactiques rafraîchis régulièrement avec les positions des amis / ennemis, photos, vidéos…) avec les aéronefs. Scarabée n’a pas encore été utilisé dans le cadre de l’appui aérien en opération, mais le système est validé au niveau des forces spéciales.</p>
<p>Le COS ou l’EMA feraient-il forcément appel à eux pour le cas de frappes vraiment stratégiques ? Ils l’espèrent ! Mais ce n’est pas forcément gagné. Au sein du COS, il faut souvent jouer des coudes et s’imposer… Mais ils y arrivent : « <em>Dès qu’il y a une mission avec des avions, on engage systématiquement des gens du CPA 10 </em>», expliquent-ils.</p>
<p><strong><em>Parés pour le « blue force tracking » </em></strong></p>
<p>S’ils se défendent d’être des soldats à part, ils revendiquent en revanche leur avance de phase. « <em>Il est parfois difficile, de faire comprendre à nos chefs l’avance que nous avons et le niveau que nous avons atteint </em>», explique un commando. Car ils sont perpétuellement à l’affût de tout ce qui pourrait les aider opérationnellement. Ils n’ont pas à se plaindre, et sont plutôt mieux servis que leurs camarades « de la conventionnelle ». Mais tout de même. Un jeune commando explique la « bataille » qu’il a dû mener auprès de ses supérieurs, pour que le CPA 10 reçoive la nouvelle AN/PRC 152 qui les équipe depuis l’année dernière. Cette radio cryptée est capable de travailler sur toutes les gammes de fréquence, y compris le satellite. À 7 000 km, comme à deux mètres, le tout « <em>sans se soucier de la classification des informations que l’on envoie </em>». Pesant 800 grammes, elle leur permet de s’affranchir des 40 kg de matériels de communication qu’ils trimbalaient jusqu’ici, « <em>sans compter les différentes batteries ! </em>», précise-t-il. Seules quelques armées alliées sont équipées de ce matériel… américain. Autre avantage de cette radio, elle est capable de faire du « <em>blue force tracking </em>» (suivi en temps réel de toutes les forces amies). Tout combattant équipé de la PRC-152 peut être identifié et suivi sur le terrain, grâce à un logiciel de géo-référencement.</p>
<p><strong><em>Prospective…</em></strong></p>
<p>Évidemment, ces pros de la troisième dimension, héritiers du prestigieux 602<sup>e</sup> GIA, sont tous parachutistes, sautent plus qu’ailleurs, sont entraînés par le Centre air de saut en vol (voir encadré) et par l’équipe de France militaire parachutiste (de Gap), d’anciens de la spécialité et… ne s’en plaignent pas. Trois groupes d’actions sont qualifiés « chuteurs » (sauts à 4 000 mètres), parmi lesquels un groupe, « <em>bientôt deux </em>», précise un officier, qualifiés « TGH oxy » (saut à très grande hauteur sous oxygène, c’est-à-dire à 8 000 mètres). « <em>Sans faire de polémique interarmées, les autres nous disent qu’en « para », nous sommes au top ! </em>», n’hésite pas à dire le second, lui-même passionné par le saut.</p>
<p>Et ils vont loin dans la prospective, épaulant les études avancées de l’ESOPE<sup> </sup><sup>(2)</sup> du CEAM. La « <em>windsuit</em> », par exemple, cette technique de dérive sans voile, pour l’instant acrobatique. Ils y ont immédiatement vu un intérêt militaire. La <em>windsuit</em> est cette combinaison équipée de sortes d’ « ailes » palmées aux bras et aux jambes, permettant de prendre appui sur l’air et de planer sur de grandes distances, avant l’ouverture basse du parachute. Il faut aimer ! « <em>L’intérêt tactique réside dans le fait que volant très vite (60 mètres par seconde, là où sous voile, c’est du 10 mètres par seconde), l’homme est plus discret, le temps d’exposition moins long. Par ailleurs, il peut sauter dans n’importe quel endroit puisque, allant très vite, il s’affranchit de la masse d’air </em>», explique, passionné, le second de l’unité. Si les premiers essais « <em>avec des combinaisons particulières permettant l’emport de matériel » </em>doivent démarrer sous peu, la validation opérationnelle devrait prendre plus de temps (5 à 10 ans).</p>
<p>Le CPA 10 travaille également en prospective sur des drones ULM, à même de pouvoir leur apporter leur matériel, ou encore sur les colis autoguidés. Ce devrait être pour bientôt. Un an sans doute. Pour le « guidage de type 2 », c’est-à-dire le guidage sans visuel sur cible, à l’aide de drones (SIDM, SDTI) ou de dispositifs type Rover (récupération d’images en provenance du pod d’un avion), « <em>on est toujours à l’affût», </em>poursuivent-ils.<em> </em>Bien d’autres domaines les mobilisent : le travail sur les systèmes d’informations géographiques, afin qu’ils soient compatibles avec les alliés ; les dernières nouveautés concernant le guidage laser… Ils viennent de recevoir un nouveau pointeur laser. Matériel encore expérimental (ils sont les seuls à l’avoir), ce nouveau pointeur (à double pointage) permet de guider les yeux du pilote de façon progressive jusqu’à l’objectif à traiter. Dans un premier temps, par un pointage large, il mène directement les yeux du pilote sur la zone définie. Puis, par un second pointage bien plus fin et précis, il définit l’objectif à traiter. L’intérêt tactique est évident, surtout pour les zones confinées.</p>
<p><strong><em>Ce qu’ils veulent ? Un retour sur investissement</em></strong></p>
<p>Depuis sa création, après la première guerre du Golfe en 1992, le Commandement des Opérations Spéciales (COS) a su devenir indispensable. Le politique dispose d’un outil musclé « <em>qui en impose </em>». Les forces spéciales françaises, ce sont aujourd’hui près de 3 000 hommes des trois armées capables de mener des missions plus périlleuses, plus discrètes, plus sensibles que les forces conventionnelles. Les employer est toujours un signal politique fort. Force ramassée, déclinée en peu d’unités, ces hommes forment des équipes rodées aptes à travailler ensemble, à coordonner dans l’urgence des opérations terrestres navales ou aériennes. Elles obéissent à un document de doctrine jalousement tenu secret, régulièrement amendé et agrégé de nouvelles procédures, un outil qui vit. Ce qui leur est demandé est toujours plus qu’ailleurs : une sélection bien plus rigoureuse, plus d’entraînement, une recherche permanente de la plus grande efficacité… avec plus de moyens également.</p>
<p>Leur force ? Les « éléments de langages » fournis par l’état-major du COS aiment décliner le concept d’interarmées, vécu comme une réussite. « <em>Nous nous connaissons presque tous, nous avons l’habitude de nous entraîner ensemble, nous avons confiance les uns dans les autres </em>». C’est vrai. Pourtant, au quotidien, la réalité est un peu plus nuancée car les unités restent encore marquées par la culture de leur armée. Ils s’apprécient mais se titillent, et jouent même des coudes pour être employés. Car voilà. Ces hommes ultra-entraînés traversent une période de « <em>vaches maigres </em>» opérationnellement (depuis début 2009) et vivent surtout mal leur non-emploi en Afghanistan. Le théâtre « <em>pour lequel nous sommes taillés </em>», tandis que leurs homologues alliés s’y illustrent tous les jours. Et si les forces spéciales françaises, retirées du théâtre afghan en janvier 2007, y retournent, ce n’est que pour faire « <em>de la conventionnelle </em>». De l’instruction opérationnelle au profit de la <em>Commando school</em> afghane, par exemple. Pourtant, ils n’arrêtent pas. Des équipes sont sans cesse par monts et par vaux. Ici, pour tester le nouveau pod sous Rafale, là pour s’entraîner à Djibouti dans des conditions désertiques, ailleurs, pour tester les capacités du SIDM (drone Harfang), quand ce n’est pas pour être employés au profit de l’armée de l’Air, pour des missions conventionnelles. Par ailleurs, un groupe reste en permanence d’alerte à 24 heures. Pour le cas où…</p>
<p><span style="color: #000000;"><br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Notes :<br />
</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">(1) Détachement ALAT des Opérations Spéciales (<em>Cf</em>. le dossier que nous lui avions consacré dans <em>DSI</em> n<sup>o</sup>44). Le DAOS et l’ESH « Pyrénées » sont les deux unités hélicoptères dédiées au COS.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">(2) Escadron de Survie Opérationnelle et Para d’Essai, lequel travaille au profit du CEAM (Centre d’Expériences Aériennes Militaires) de Mont-de-Marsan.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong> </strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Photo :</strong> Atterrissage d’un Hercules sur piste sommaire (© Escadron 3.61 Poitou)</span></p>
<p><span style="color: #800000;"><em>Publié   dans le  magazine  DSI n°49 (juin 2009). </em><em>Tous  droits   réservés.<br />
Aucune reproduction n’est autorisée sans l’accord de     l’éditeur    (Areion Group).</em></span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.dsi-presse.com/?feed=rss2&#038;p=479</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Quel avenir pour la réforme de l’armée russe ?</title>
		<link>http://www.dsi-presse.com/?p=54</link>
		<comments>http://www.dsi-presse.com/?p=54#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 01 Feb 2009 23:12:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Administrateur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arctique & Antarctique]]></category>
		<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Russie & Caucase]]></category>
		<category><![CDATA[Types]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://diplomatie-presse.com/?p=54</guid>
		<description><![CDATA[Entretien avec Dale R. Herspring, professeur émérite de sciences politiques à l’université d’État du Kansas (États-Unis). Les militaires russes sont actuellement confrontés à d’énormes problèmes qui viennent aggraver une situation déjà délicate du fait que nombre de projets de réformes militaires ne se sont jamais concrétisés. Le renouvellement des équipements figure en tête des préoccupations. Comment&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><span style="color: #888888;">Entretien avec Dale R. Herspring, professeur émérite de sciences politiques à l’université d’État du Kansas (États-Unis).</span></em></p>
<p><strong><a href="http://www.dsi-presse.com/wp-content/uploads/2010/03/herspring-1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-379" title="Herspring-Russie" src="http://www.dsi-presse.com/wp-content/uploads/2010/03/herspring-1.jpg?w=300" alt="" width="300" height="206" /></a>Les militaires russes sont actuellement confrontés à d’énormes problèmes qui viennent aggraver une situation déjà délicate du fait que nombre de projets de réformes militaires ne se sont jamais concrétisés. Le renouvellement des équipements figure en tête des préoccupations. Comment les ressources russes en équipements militaires sont-elles dépensées ? Est-il possible d’envisager une évolution vers une meilleure transparence et une meilleure gestion ? Dans un tel contexte et dans le cadre de cette réforme, peut-on espérer une augmentation du budget de la défense ?</strong></p>
<p>Permettez-moi, au préalable, de souligner que j’ai travaillé avec les forces soviétiques puis russes et que la presse militaire russe est bien plus transparente qu’on veut bien le croire. Il suffit pour s’en convaincre de voir la façon dont elle a couvert la guerre en Georgie. Jamais en Occident je n’ai entendu de commentaires aussi dévastateurs que ceux que j’ai lus en Russie. Le général en charge de cette opération a été limogé et les forces militaires ont subi d’énormes pressions en raison de leur « mauvaise » performance à cette occasion. J’irai même jusqu’à dire que la presse russe est parfois plus ouverte que dans certains pays occidentaux.</p>
<p>Le problème des équipements est très grave. Pendant dix ans, l’armée russe n’a quasiment pas reçu de nouvelles armes. Seuls trois navires, par exemple, ont été construits durant cette période. Encore plus préoccupant : d’après ce que l’on entend de la part des Russes eux-mêmes, les unités de productions sont équipées de machines dépassées et presque tous les spécialistes ont atteint l’âge de la retraite. Encore pire : on estime que, si la Russie se remettait à construire de nouveaux modèles d’avions ou de chars, ceux-ci auraient déjà pris dix ans d’obsolescence technologique avant même d’entrer en action sur le terrain. J’ai même l’impression qu’un grand nombre de spécialistes russes souffrent de ce que j’appellerais un complexe « d’infériorité technologique ».</p>
<p><span id="more-54"></span>Le ministre de la Défense a décidé que la campagne de modernisation et de réarmement qu’il vient de lancer devrait s’achever avec succès d’ici à 2020. Or, la question la plus importante est de savoir si ces nouvelles armes seront à la hauteur de celles produites en Occident. Le budget militaire a été considérablement augmenté. Le vrai problème, comme votre question le suggère avec raison, c’est la façon dont est dépensé l’argent. L’une des raisons principales de la nomination d’Anatoli Serdyukov au poste de ministre de la Défense, est que l’on s’est rendu compte qu’environ 40 % des ressources militaires étaient détournées. Toute une armada de comptables a alors été engagée, grâce à laquelle le nouveau ministre a promis de remettre les choses en ordre. Or, on prétend en ce moment que, loin de diminuer, la corruption dans les rangs de l’armée serait en augmentation. À mon sens, cependant, c’est parce que le Procureur militaire a pris son travail beaucoup plus au sérieux. Comme dans la plupart des pays, nous ne saurons jamais combien d’argent est englouti dans les « <em>black programs </em>».</p>
<p><strong>Les relations civilo-militaires en Russie ont été – et sont toujours – compliquées. Le général Baluyevsky, chef d’état major de l’armée de terre, a démissionné en juin 2008, de même que le général Makarov, un peu plus tard. Par ailleurs, la nouvelle réforme entraînera une réduction des effectifs militaires… alors même que la conscription semble être conservée. Cette nouvelle réforme parviendra-t-elle à améliorer les relations civilo-militaires ? Pensez-vous que Serdyukov sera capable de conduire une telle évolution ?</strong></p>
<p>Tout d’abord, c’est d’une petite révolution qu’il s’agit. Un auteur russe l’a comparée aux changements introduits en 1917. Je considère ces réformes structurelles comme aussi radicales que celles engagées par feu le maréchal Nikolai Ogarkov, avec sa « révolution dans les affaires militaires ». Cela ne se limite pas au simple départ de Baluyevskiy. Sauf erreur de ma part, je constate qu’il ne reste plus un seul officier supérieur qui était en poste il y a à peine deux ans. Presque tous ont été remplacés, et les officiers sont très mécontents de tous ces remaniements. Rendez-vous compte : on est passé de 355 000 postes pourvus à 150 000, en seulement deux ans. Certains seront mis à la retraite d’office, d’autres feront toujours le même travail mais à titre de civils (et donc moins bien payés), quant aux derniers – ceux qui ne sont pas encore éligibles pour la retraite –, les temps à venir pour eux seront durs. Il est aussi question de rumeurs voulant que ceux qui garderont leur poste soient dans l’obligation d’accomplir un travail bien plus intense et d’en rendre compte régulièrement à leurs supérieurs hiérarchiques.</p>
<p>Indubitablement, ces changements ne peuvent qu’avoir des répercussions sur la nature des relations entre civils et militaires. Contrairement à ce que d’aucuns pensent en Occident, les forces militaires soviétiques et russes ont toujours bénéficié d’une grande autonomie – certes, sous le contrôle des politiques – mais ces derniers laissent carte blanche aux militaires pour planifier et mener les batailles. Il ne fait aucun doute, maintenant, que Serdyukov est aux manettes – au grand dam des généraux. Pour comprendre pleinement l’importance des changements  dans ce domaine, un observateur russe a rappelé que, lorsque Khrouchtchev a entrepris de « dégraisser » les forces armées, il s’est tout permis mais il s’est bien gardé cependant de toucher à l’état-major général. Or, Serdyukov est en train de faire des coupes sombres dans les personnels du ministère de la Défense et dans l’état-major général, en les faisant passer de 21 873 à 8 500. En d’autres termes, le « cerveau de l’armée », pour reprendre une expression de Shaposhnikov, est en passe d’être relégué à une bien plus petite organisation, dont le rôle se limitera probablement à la planification.</p>
<p>La plupart des Russes considèrent que la conscription militaire est une farce – un os jeté aux généraux pour les calmer, eux qui sont nostalgiques de « la chair à canon », comme en on avait tant besoin lors des guerres du passé. De plus, le fossé démographique, ainsi que la corruption massive à tous les étages du système de conscription – et je ne parle même pas du fait que moins de la moitié des appelés s’avèrent aptes au service – , tout concourt à saper le moindre effort visant à redonner un peu de sens aux forces armées. Le problème, actuellement, est d’élever le niveau des soldes et des infrastructures, pour rendre l’armée motivante pour un plus grand nombre de « kontraktnikis » (d’engagés). Elle n’a pas réussi pour l’instant à attirer le genre de professionnels dont elle a besoin.</p>
<p>L’un des domaines où la Russie manque d’une vision cohérente, c’est sa doctrine. Le conflit en Géorgie a-t-il fourni une occasion de lancer un réel débat pour analyser les causes de ses échecs, ou cette réflexion se confine-t-elle strictement aux problèmes d’équipements ? On peut affirmer que la Russie n’a pratiquement pas de doctrine militaire digne de ce nom. Elle n’a même pas élaboré une stratégie nationale, d’où découle normalement la doctrine militaire. Les médias font courir le bruit que le Conseil de Sécurité serait en train d’en développer une mais, jusqu’à plus ample informé, les forces militaires ressemblent actuellement à un navire privé de gouvernail.</p>
<p>C’est là l’une des critiques majeures exprimées par les officiers de l’armée qui s’opposent aux réformes de Serdyukov. À leurs yeux, il a mis la charrue avant les boeufs. Il leur semble – et je suis d’accord – que Serdyukov taille dans le vif à grands coups de machette et réduit le nombre des unités sans raison logique. En d’autres termes : « <em>En quoi ces revirements contribuent-ils à rendre la Russie capable de gagner une guerre ?</em> » Dans l’armée russe, c’est la doctrine qui détermine de quels types d’armements se doter alors que, en l’espèce, l’officier lambda ressent une désagréable impression de chaos. Par exemple, « <em>nous avons constaté que les communications étaient mauvaises pendant la guerre de Géorgie, nous allons donc en développer de nouvelles</em> », ou encore, « <em>nos tanks sont inférieurs à ceux de la Géorgie, nous allons donc en construire de nouveaux</em> ». Certes, mais comment de tels changements s’intègrent-ils dans un concept plus global de notre façon de faire la guerre ?</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Dans un article publié récemment, vous avez indiqué que le général Makarov « <em>représente le meilleur espoir de réforme au sein des forces armées russes </em>» alors que Serdyukov n’est là que pour assurer la transition<sup> (1)</sup>. Or, les réformes engagées dans les années 1990 n’ont jamais été appliquées. Peut-on espérer, dans le contexte actuel, que ce nouveau train de réformes de l’armée russe ait des chances de réussite ? Moscou est-elle enfin convaincue qu’il s’agit là d’une « urgence stratégique » ?</strong></p>
<p>En parlant du général Makarov, je voulais dire qu’on a besoin de quelqu’un pour servir de personne relais entre les militaires et Serdyukov. Jusqu’à présent, on ne peut pas dire que Makarov ait fait du très bon travail. Vous avez effectivement toutes les bonnes raisons de mettre en doute la validité de cette « réforme ». Nous avons vu plusieurs tentatives de mise en place d’une réforme depuis l’effondrement de l’Union Soviétique. À chaque fois, ce fut un échec. Je pense néanmoins qu’il en ira différemment de cette dernière. Si tant est qu’elle se poursuive (et c’est fort probable puisqu’elle jouit du soutien de Medvedev autant que de Poutine), cette réforme transformera les forces armées russes comme jamais dans leur histoire.</p>
<p>Permettez-moi de vous donner un exemple. Si, au sein des forces armées américaines, françaises ou britanniques, un officier supérieur se targuait d’avoir la pleine maîtrise de ce qui se passe dans l’unité qu’il dirige, je le traiterais d’imbécile arrogant ou de pauvre naïf. L’épine dorsale de ces armées, ce sont les sous-officiers. Ceux qui font tourner nos forces militaires ce sont les sergents et les moins gradés des officiers. Lorsqu’un colonel a besoin de savoir ce qui se passe au sein de ses troupes, s’il est intelligent, il s’adressera d’abord à son sous-officier en chef. Un sous-officier connaît les engagés et les appelés qui sont sous ses ordres et c’est à lui que revient autant de leur imposer la discipline que de veiller à leurs besoins. Jusqu’à ce jour, la Russie a confié les tâches qui incombent aux sous-officiers à des officiers sans expérience. Ces derniers sont surmenés et dans l’impossibilité d’entretenir des relations d’aussi bonne qualité avec les soldats du rang.</p>
<p>Cependant, la Russie semble actuellement disposée a faire de sérieux efforts pour développer son corps de sous-officiers en prenant – semble-t-il – exemple sur le modèle des États-Unis. C’est absolument révolutionnaire. Déléguer l’autorité, voilà un concept que les officiers russes ont le plus grand mal à admettre. De plus, comme le sait quiconque a servi au sein d’une armée occidentale, on ne forme pas un sous-officier du jour au lendemain. Or, le corps des sous-officiers constitue la pierre d’angle de cette nouvelle réforme. Celle-ci est donc bien engagée. Maintenant, la question cruciale est de savoir s’ils seront capables de changer la culture militaire actuelle, dans laquelle tout est fait pour priver les sous-officiers d’une réelle autorité. Et s’ils s’y tiennent pendant les 10 à 12 ans qu’il faut pour former un bon sous-officier. À mon avis, c’est là l’indicateur à surveiller en priorité. S’ils réussissent en ce domaine, les autres suivront naturellement. En outre, je suis également convaincu que l’armée russe en deviendra d’autant plus forte et compétente.</p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #888888;"><em>Propos recueillis par Joseph Henrotin, le 15 décembre 2008.</em></span></p>
<p><strong><span style="color: #000000;">Note :</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000;">(1) Dale R. Herspring, “Russian military reform and Anatoly Serdyukov”, <em>Problems of Post-Communism</em>, vol. 55, n°6, novembre-décembre 2008.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Photo :</strong> Le ministre russe de la Défense (à gauche) en conversation avec son homologue slovaque au cours du Conseil OTAN-Russie de juin 2007. (© NATO)</span></p>
<p><span style="color: #ffffff;">-</span></p>
<p><span style="color: #800000;"><em>Publié dans le magazine DSI n°45 (février 2009). </em><em>Tous droits réservés. </em><br />
<em>Aucune reproduction n’est autorisée sans l’accord de l’éditeur (Areion Group).</em></span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.dsi-presse.com/?feed=rss2&#038;p=54</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
