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	<title>Magazine DSI &#187; La minute de Carl von C.</title>
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	<description>Défense et Sécurité Internationale</description>
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		<title>This is (nearly) the end…</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Apr 2013 07:05:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
				<category><![CDATA[La minute de Carl von C.]]></category>

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		<description><![CDATA[La chronique de Carl von C., parue dans DSI n°91, avril 2012 Comment ne pas écouter la complainte des Doors (non, pas les Dôrz, groupe folk-rock breton que je salue au passage) à la lecture des innombrables rapports, articles, posts et autres communiqués de presse qui ne font que constater ce dont votre magazine préféré&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La chronique de Carl von C., parue dans DSI n°91, avril 2012</p>
<p>Comment ne pas écouter la complainte des Doors (non, pas les Dôrz, groupe folk-rock breton que je salue au passage) à la lecture des innombrables rapports, articles, posts et autres communiqués de presse qui ne font que constater ce dont votre magazine préféré vous parle depuis au moins quatre ans : on est cuits/crâmés/tchétchénisés/foutus/morts. Alors certes, si certains d’entre vous n’aurez pas échappé à l’infâme « scénario Z » posé tel un ballon (d’essais) sur la pelouse d’un cimetière (militaire) par J. Guisnel, sans doute faut-il aussi considérer sa pertinence.</p>
<p>Quoi me, direz-vous, aurais-je à ce point abusé du schnaps que je considérerais comme pertinent la destruction de 30 régiments et de 15 000 emplois dans l’industrie (ouh…. Ça fait un bon paquet de Floranges, ça !), la mise sous cocon du Charles de Gaulle et l’arrêt des programmes Rafale et Caïman ? Et bien oui, ces craintes sont pertinentes. Bien sûr, pas de tout de suite, pas pour ce Livre blanc, juste pour les suivants. Sacrilège ? <span id="more-5819"></span></p>
<p>Non, extrapolation statistique. Primo, depuis 1990, les budgets n’ont cessé de décroître en termes de part du PIB (le budget de l’Etat, c’est 56 % du PIB, la défense, rappelait-on, c’est un malheureux 1,54 %). Deuxio, si vous pensez que la dette nationale est costaude (1 818,1 milliards fin décembre 2012), attendez de voir le relèvement des taux d’intérêts, disons d’ici un ou deux ans. Attention, explosif : mécaniquement, on va passer fissa les 2 000 milliards.</p>
<p>Tertio, la logique gouvernementale, droite ou gauche confondue, ne privilégie pas la défense ; elle ne la comprend d’ailleurs pas, les notions d’effets de seuil, la problématique de la perte irrémédiable d’une capacité lui sont étrangère. Poujadisme que voilà ? Non. On a fait de la défense un objet technique déconnecté de la nation, ne nous étonnons pas que les non-techniciens n’y pigent que-dalle et qu’ils trouvent plus d’intérêt à sauver 300 emplois syndiqués plutôt que 30 000 muets politiques.</p>
<p>Tout au plus entend-on l’opposition, ce qui n’est que normal dans un jeu démocratique. Alors, le Charles de Gaulle, mis sous cocon ? Peut-être pas. Mais attendez 2020-2025, lorsque les premières études pour son successeur devront être lancées, combien on parie qu’elles le seront ?</p>
<p>La France a beau être la première puissance européenne depuis le seppuku stratégique britannique, elle ne l’est que par défaut, pas par volonté. Le trend, comme on dit à la City, est au repli, au cocooning stratégique : on prend le FELIN sur les genoux, on s’installe dans la maison de campagne en Champagne et tout au plus, on fait une petite sortie en mer pour les vacances, en Méditerranée. On fait le gros dos en se disant que demain sera meilleur.</p>
<p>Ben tiens : sans être déterministe parce que je déteste ça, demain n’a jamais été meilleur depuis vingt ans. Nous allons inexorablement vers le repli stratégique, parce que nous n’avons pas d’autres choix. Bien sûr il restera la dissuasion, bien sûr. Bien sûr il y a eu Serval. Mais Serval, ce sera déjà le passé, dernier chant d’un cygne caressant de ses ailes les vastes étendues du monde et que l’on a préféré transformer en rillettes, le temps de gagner quelques milliards dans une gestion budgétaire qui les digèrera bien vite, sans que Bercy ne soit rassasié. Sans que personne, d’ailleurs, ne soit rassasié.</p>
<p>La Chine vient triomphalement d’annoncer son nouveau budget de défense, en croissance, et l’Asie-Pacifique représente déjà 48 % du marché mondial de l’armement. Nous, nous sortons de l’histoire, à pas feutrés, criblés de dettes et avec une démographie européenne qui s’effondre. Comme les djeuns’ qui écoutaient les Doors en 1968, nous avons tout voulu tout de suite et nous avons brûlé nos idoles, dont Athéna, alors que d’autres la vénéraient. Evidemment, d’un point de vue stratégique, rien ne s’oppose à ce que des démocraties se suicident militairement. Mais d’un point de vue politique, quelle triste fin ! Carl.</p>
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		<title>Et le Darwin Award des études stratégiques 2013 revient à&#8230;</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Apr 2013 08:56:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Carl von C.</dc:creator>
				<category><![CDATA[La minute de Carl von C.]]></category>

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		<description><![CDATA[Après l’époustouflante prestation de Bernard Henri-Lévy dans Le serment de Tobrouk, il semblait difficile de lui trouver un successeurs pour les Darwin Award des études stratégiques (également appelés DAUBE &#8211; Darwin Awards Ubusques de Bêtises en Estratégie). Le Jury, présidé par moi-même, Jane Fonda et Saddam Hussein désespérait lorsqu&#8217;il y a 48 heures nous est&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après l’époustouflante prestation de Bernard Henri-Lévy dans Le serment de Tobrouk, il semblait difficile de lui trouver un successeurs pour les Darwin Award des études stratégiques (également appelés DAUBE &#8211; Darwin Awards Ubusques de Bêtises en Estratégie). Le Jury, présidé par moi-même, Jane Fonda et Saddam Hussein désespérait lorsqu&#8217;il y a 48 heures nous est apparue l&#8217;oeuvre que nous n&#8217;attendions plus.</p>
<p>Par son incompréhension des principes stratégiques élémentaires ; son ubuesque incapacité à se renseigner a minima sur des fondamentaux qui sont pourtant largement disponibles dans nombre de bibliothèques ; pour le courage qu&#8217;il a fallu à l&#8217;homme de régresser au stade de l&#8217;élève de CM2 regardant pour la première fois &laquo;&nbsp;La bataille des Ardennes&nbsp;&raquo; sur une de ces chaînes de la TNT qui n&#8217;a plus d&#8217;argent pour des films de guerre décents ; et pour l&#8217;aplomb à clamer à toute la francophonie son ignorance, le Darwin Awards des études stratégiques/DAUBE 2013 revient à&#8230; <span id="more-5816"></span></p>
<p>&#8230; Michel Onfray, philosophe (la philosophie va décidément très mal, ces derniers temps) pour &laquo;&nbsp;<a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/04/21/m-hollande-ne-comprend-rien-aux-guerres-ideologiques-du-xxie-siecle_3163713_3232.html" target="_blank">Monsieur Hollande ne comprend rien aux guerres idéologiques du XXIe siècle</a>&laquo;&nbsp;. Nous tenons particulièrement à remercier Le Monde pour ce pur moment de rigolade et nous saluons l&#8217;audace de ce grand quotidien à vouloir marcher sur les pas de l&#8217;excellentissime <a href="http://www.legorafi.fr/fil-info2/#A65" target="_blank">Gorafi</a>.</p>
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		<title>Le Sixième cavalier de l’apocalypse</title>
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		<pubDate>Thu, 18 Apr 2013 06:31:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
				<category><![CDATA[La minute de Carl von C.]]></category>
		<category><![CDATA[Terrorisme]]></category>

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		<description><![CDATA[La chronique de Carl von C., parue dans DSI n°51, septembre 2009. Ils sont quatre, on fait un passage remarqué dans le Nouveau Testament et sont en représentation permanente « dans un théâtre (d’opérations) près de chez vous » : nos quatre premiers cavaliers de l’apocalypse sont décidément de bons acteurs. Le 5ème est arrivé&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La chronique de Carl von C., parue dans DSI n°51, septembre 2009.</p>
<p>Ils sont quatre, on fait un passage remarqué dans le Nouveau Testament et sont en représentation permanente « dans un théâtre (d’opérations) près de chez vous » : nos quatre premiers cavaliers de l’apocalypse sont décidément de bons acteurs. Le 5ème est arrivé plus tard dans un roman éponyme de Lapierre et Collins – New York atomisé, ça le fait toujours (ou, au choix, noyé, gelé, bombardé, avec ou sans Godzilla et/ou King Kong) – mais le dernier petit copieur, le 6ème donc, est en action chez nous. Si, si, il est Français (quoique, les Américains sont aussi de grands admirateurs de la France), porte le béret (vert), râle en permanence et à la fâcheuse habitude de distribuer des bras d’honneurs aux élémentaires de la pensée stratégique la plus élémentaire. Je veux bien entendu parler de notre obsession pour le terrorisme et sa petite sœur, cette vicieuse nommée insécurité. Allons bon. Carl ne va pas vous écrire dans ces illustres pages que le terrorisme n’existe pas – on va laisser ça à Michael Moore – mais bien qu’il faut tout de même commencer à remettre les choses en perspective avant que nos armées ne subissent les foudres de ce 6ème cavalier. <span id="more-5783"></span></p>
<p>Regardons les choses en face : mode de guerre (si, si, pas un de ces trucs pseudos-sécuritaires), le terrorisme génère relativement peu de morts. Entendons-nous bien, ils sont déjà trop nombreux. Mais comparativement aux opérations régulières et irrégulières, coups d’Etats foireux, raids, razzias et rezzous (ah, le charme du Darfour…) divers et variés, ce bon vieux terrorisme ne fait guère recette. Evidemment, on peut le considérer comme un risque en soi. Mais nombreux sont ces risques – nous sommes baignés dedans, depuis la possibilité de l’explosion de la maison d’à côté) jusqu’à l’accident de voiture, la chute accidentelle, l’émeute urbaine ou la guerre elle-même. Or, ces risques causent des perceptions de vulnérabilité qui ne manquent pas de causer des dommages : ce que les sociologues appellent une « culture de la peur ». Corollaire, pour un Frank Furedi – un des pères de la résilience en tant que stratégie – paralysés par la trouille, nous passerions à la défensive, serions incapables d’articuler des stratégies correctes et, au surplus, nos serions obnubilés par la possibilité de subir des pertes en opérations. Au point que F. Furedi relaie l’appel au secours du général Michel Rose (pas le même genre que Michael Moore), qui pestait contre la perte de l’éthos militaire, la crainte du risque et… petite surprise, l’appel aux sociétés militaires privées.</p>
<p>Qu’en penser ? D’abord, que la résilience, devenue principe chez nous, commence par le traitement de ses propres névroses en matière de sécurité et qu’il est normal de vivre parmi le risque. Ensuite, que ce n’est pas une raison pour ne rien faire, bien au contraire, c’est un appel à travailler avec des méthodologies sortant de ce cadre théorique très poussé qu’est le YAMP-EISV (Y’A des Méchants Partout – Et Ils Sont Vilains). Jusqu’ici, nous en sommes à la stratégie de « sécurité globale » mais ce cadre est has been, sauf si l’ont veut paniquer face à son ombre. Il faut en revenir aux méthodes probabilistiques dans la détermination des véritables risques et ces méthodes doivent prendre en compte la possibilité du terrorisme. Enfin, il faut peut-être et aussi rompre cette fichue culture de l’infantilisation – fruit, selon Furedi, de la culture de la peur – indiquant qu’il y a les « gentils » (en gros, l’Etat) et les « méchants potentiels » (en gros, les autres, de vous et moi aux autres Etats). Et d’en appeler à une meilleure éducation à la sécurité, dès le plus jeune âge. Militarisation de la société me direz-vous ? Ce n’est pas ce que pensait Jaurès dans sa vision de l’enseignement. Et puisqu’on apprend à nos gosses à respecter le code de la route, on peut peut-être aussi leur apprendre à appeler le 112 sans paniquer, à les encourager à suivre les cours de secourisme ou, tout simplement, à avoir un regard critique sur la grande scène du monde, où nos quatre premiers cavaliers ne manqueront pas de continuer s’ébrouer. Penser sereinement, c’est être libre… Carl.</p>
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		<title>Wikiplantage</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Apr 2013 10:12:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Carl von C.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Mon collègue Vidocq, qui n&#8217;a plus accès au web depuis qu&#8217;il oublié de payer sa facture Free, me prie de passer la dédicace suivante à ses camarades de la DCRI à la suite de ceci : &#160; &#160;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mon collègue Vidocq, qui n&#8217;a plus accès au web depuis qu&#8217;il oublié de payer sa facture Free, me prie de passer la dédicace suivante à ses camarades de la DCRI <a href="http://blogs.rue89.com/les-coulisses-de-wikipedia/2013/04/06/la-page-censuree-par-la-dcri-la-plus-lue-de-wikipedia-230065" target="_blank">à la suite de ceci</a> :</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/6Io3aSEkG_s" frameborder="0" width="560" height="315"></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Lasagnes de livre blanc</title>
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		<pubDate>Fri, 15 Mar 2013 16:07:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Carl von C.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On vous l’avait promis pour décembre, puis pour janvier et nous sommes en mars. Le Livre blanc, c’est un peu comme Noël mais façon Tim Burton : gore, en retard et, comme avec le cousin Franky (avec qui ce n’est pas nécessairement bon), les cadeaux sont destinés à finir sur E-Bay, on ne sait jamais&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On vous l’avait promis pour décembre, puis pour janvier et nous sommes en mars. Le Livre blanc, c’est un peu comme Noël mais façon Tim Burton : gore, en retard et, comme avec le cousin Franky (avec qui ce n’est pas nécessairement bon), les cadeaux sont destinés à finir sur E-Bay, on ne sait jamais qu’un kakou de Marseille voudrait un klaxon « la soupe aux choux ». Bien sûr, on vous expliquera que le Livre blanc se doit de tenir compte de l’expérience de Serval. Mais soit honni qui Mali pense. Le sympathique félidé vit tout de même une vingtaine d’années et si l’on y regarde bien, si nous devions attendre les leçons du Mali pour rédiger le Saint Graal de la réduction ad bellum, c’est que nous aurions un sacré problème. Pourquoi ? Au-delà du fait que celui qui fait trop le Malien tombe dans le ravin (1), les problèmes isolés dans Serval ont été isolés depuis longtemps : nos matériels sont vieux, les unités de moins en moins nombreuses et il nous manque un tas de trucs. Attendez, ce genre de chose, on le sait depuis… pardon, plaît-il ? Depuis Harmattan ? Depuis l’Afghanistan ? Celui qui vous dit ça n’a plus ouvert un livre depuis 20 ans, preuve que l’écouter revient à installer le klaxon du cousin Franky sur la Simca 1000. Ces déficits, ces problèmes, ils sont déjà clairement explicités depuis le milieu des années 1990. Oui, quand certains de nos lecteurs étaient encore qui de jeunes militaires plein de fougue, qui de sympathiques spermatozoïdes.<span id="more-5669"></span></p>
<p>En fait, nous sommes dans le syndrome de la lasagne. A ce prix, on sait que ce n’est pas du bœuf et que si la vache (qui) rit , c’est parce qu’elle sait que c’est un cheval qui va à l’abattoir : celui qui se plaint sans rien avoir fait depuis vingt ans mérite non pas le même sort – on n’est pas des barbares – mais l’oubli. C’est la même chose à l’OTAN. Tout le monde promet, la main sur le cœur, des hélicoptères et un budget de défense à 2 % du PIB avant que l’on ne se rende compte que les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Les mêmes sempiternels problèmes reviennent, entêtés comme cette hennissante variante du cheval qu’est la mule. Pour en revenir au Livre blanc, n’espérons pas trop, que ce soit en termes de délicatesse des coupes – tailler dans les os, ça fait toujours des dégâts – ou en termes de solutions. Après tout, on s’est vanté durant des années de ne pas avoir de pétrole mais des idées. Or, c’est bien là le problème. Si le général Thorette, pas franchement le modèle du poltron ou du crétin, se barre c’est que l’affaire n’est pas loin d’être désespérée, ventilation façon puzzle à la clé. Attendez les leçons du Mali, de la Syrie, de la guerre civile sri-lankaise ou même d’une certaine guerre « dans une lointaine galaxie il y a très longtemps » si vous voulez, ce Livre blanc démontrera une fois de plus qu’on est dans la défense de nos petites positions dans ce monde très vilain et pas dans la French touch.</p>
<p>Pendant qu’on regarde la tronche de la lasagne Findus, on ne voit pas que nos chefs sont aussi capables de réinventer le concept même de lasagne. A force de ne pas lire de livres et d’avoir l’humilité et la curiosité du vrai savant face à une matière qu’il n’a jamais fini de conquérir ; à force de ne faire que dans le constat grandiloquent mais creux ; à force de ne pas vouloir dire ce que l’on est et pourquoi la France est une chance pour le monde (non, ce n’est pas du grandiloquent, c’est de l’ambitieux) ; à ces forces là, vous ne pourrez pas trouver de solutions à nos problèmes. Avant de vous préoccuper de la taille des coupes dans la culotte du cheval (2), par pitié, commencez par savoir si vous avez faim. En d’autres termes, soyez cohérents avec vos objectifs. Si vous vous plaignez depuis vingt ans de ne pas avoir de drones et que vous ne faites rien pour les avoir, c’est peut-être que vous ne les voulez pas, tout simplement – ce qui peut ne pas être un problème d’ailleurs (3). Et si vous dites que la France doit rester une puissance de premier rang, ce qu’elle est fondamentalement, alors assumez et lancez la machine à Système D. Carl.</p>
<p>(1) Très fin, merci la rédaction : je n’arrête pas de la replacer maintenant !<br />
(2) Une viande très saine, même si je ne pourrai plus mettre mon spectre à Saumur avant quelques années. Disons deux cents.<br />
(3) Comme le remarque Joseph, nos drones armés à nous et en dépit de leurs limitations, ce sont les Atlantique 2. Certes par défaut. Mais si ça marche, que c’est modernisé et qu’il y en a assez…</p>
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		<title>Le jeu du foulard</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Feb 2013 10:26:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Carl von C.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Cher Militaire, Je ne te connais pas, pas plus sans doute que tu me connais. je me permet de te tutoyer, parce que j&#8217;éprouve l&#8217;envie irrépressible de te donner la tape dans le dos que l&#8217;on fait à son frère d&#8217;arme. J&#8217;ai vu ta photo, très artistique. Tu étais au Mali, un hélicoptère se posait&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.dsi-presse.com/wp-content/uploads/2013/02/11F.2.jpg"><img class="alignleft  wp-image-5616" title="11F.2" src="http://www.dsi-presse.com/wp-content/uploads/2013/02/11F.2-300x296.jpg" alt="" width="210" height="207" /></a>Cher Militaire,</p>
<p>Je ne te connais pas, pas plus sans doute que tu me connais. je me permet de te tutoyer, parce que j&#8217;éprouve l&#8217;envie irrépressible de te donner la tape dans le dos que l&#8217;on fait à son frère d&#8217;arme.</p>
<p>J&#8217;ai vu ta photo, très artistique. Tu étais au Mali, un hélicoptère se posait à proximité, la poussière filtrait la lumière, rendant la scène presque irréelle. Tu portais un foulard, produit de marketing d&#8217;un jeu vidéo, comme en portent des milliers de personnes. Que tu l&#8217;aie fait exprès ou non, le dessin de la tête de mort se marquait sur ton visage.<span id="more-5611"></span></p>
<p>Il n&#8217;en n&#8217;a pas fallu plus pour voir certains pousser des cris d&#8217;orfraie. Dans une guerre où l&#8217;on rend les morts invisibles en détournant les caméras, tu a eu le malheur d&#8217;être au mauvais endroit au mauvais moment. Personne, pas même le photographe d&#8217;après ce que j&#8217;en ai lu, n&#8217;a pensé à mal.</p>
<p>Les communicants, jusqu&#8217;à l&#8217;EMA, l&#8217;ont fait pour lui et toi. Se scandalisant pour cette &laquo;&nbsp;violence&nbsp;&raquo; picturale, ils oublient la violence de l&#8217;ennemi &#8211; pardon, du terroriste. Un foulard scandalise plus que les viols, les assassinats de civils, la destruction des bibliothèques, sans doute l&#8217;expression la plus aboutie du fascisme depuis 1945.</p>
<p>La guerre que fait la France et ses alliés au Mali est juste. De quoi a-t-on si peur lorsque l&#8217;on condamne ce foulard ? Que les motifs même de l&#8217;intervention soient remis en question ? Allons : toute opération est toujours remise en question, à bon ou à mauvais escient. A ceux qui condamnent, avez-vous donc si peu étudié les règles de la communication en temps de guerre ? A ceux qui se scandalisent, pitié ne regardez pas les badges des uns et des autres et encore moins les tatouages&#8230; des volontaires comme parfois des officiers !</p>
<p>Soldat, je ne te connais pas mais je pense que tu applique, comme tout soldat français qui se respecte, des lignes de conduite qui ont été transcrites dans le code du Légionnaire : au combat, tu agis sans passion et sans haine, tu respecte l&#8217;ennemi vaincu. Que tu portes un foulard n&#8217;y contrevient, en mon âme de libre penseur, pas.</p>
<p>D&#8217;autres estiment que tu mérites 40 jours d&#8217;arrêt et que tu n&#8217;a plus ta place au Mali. Comme si tu avais volé, brutalisé des civils, manqué de respect à tes supérieurs ou je ne sais quel fait grave. Et comme une injustice ne vient jamais seule, ton dossier en sera sans doute marqué.</p>
<p>Cher Militaire. Je te plains. Je ne peux faire que cela, bien malheureusement, sinon te dire que je suis avec toi et que, si j&#8217;aime la France et que je respecte ses institutions, je trouve que certains en leur sein ont une nouvelle fois donné raison à Einstein, qui pensait que seules deux choses étaient infinies en ce bas monde : l&#8217;univers et la bêtise humaine.</p>
<p>Messieurs qui avez décidé cela, autant vous pouvez être fier de votre uniforme et de vos hommes, autant votre comportement est-il nettement plus indigne que de porter un foulard, quelque soit d&#8217;ailleurs le motif qui l&#8217;orne.</p>
<p>Au fait, n&#8217;a a-t-il pas des faits bien plus grave à sanctionner, s&#8217;il vous faut des coupables pour être sûrs d&#8217;être dans l&#8217;air du temps ? Des faits comme un certain ratage informatique qui fait en sorte que des soldes ne soient pas payées ? Songez à cela : qu&#8217;est-ce qui est le plus indécent, porter un foulard avec une tête de mort ou se trouver dans une situation où après avoir tardé à payer des gens risquant leur vie, ceux-ci devront payer, finalement un impôt qui ne répondra pas à l&#8217;esprit de sa mise en place ?</p>
<p>Carl</p>
<p>PS. J&#8217;ai un épée traversant un crâne tatoué sur la fesse droite. Messieurs les censeurs, venez la chercher, je vous la montrerai avec plaisir&#8230;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Ce que le Mali nous révèle sur la vie des éléphants</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Jan 2013 09:23:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Carl von C.</dc:creator>
				<category><![CDATA[La minute de Carl von C.]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a des jours où le vieux Prussien que je suis voudrait un peu plus encore être né en France. Serval, c&#8217;est un concentré de culture militaire française : rapide, félin, manœuvrier, motivé et agressif juste ce qu&#8217;il faut. Bon, d&#8217;accord, un peu &#171;&#160;système D&#160;&#187; aussi. Mais bon, ça fait partie de notre folklore&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a des jours où le vieux Prussien que je suis voudrait un peu plus encore être né en France. Serval, c&#8217;est un concentré de culture militaire française : rapide, félin, manœuvrier, motivé et agressif juste ce qu&#8217;il faut. Bon, d&#8217;accord, un peu &laquo;&nbsp;système D&nbsp;&raquo; aussi. Mais bon, ça fait partie de notre folklore et, de toute façon, si ça marche, c&#8217;est que c&#8217;est une bonne solution. Bon, d&#8217;accord, on a aussi entendu un beau florilège de bêtises éhontées &#8211; ça, c&#8217;est pour notre culture du débat &#8211; dont on aimerait que les auteurs rejoignent le cimetière des éléphants.</p>
<p>Florilège. A tout seigneur, tout honneur. Valery Giscard d&#8217;Estaing déclarant que Serval pose la question d&#8217;un risque néocolonialiste, brûlant ce qu&#8217;il a adoré et ne réalisant pas vraiment qu&#8217;on a compris que ce serait dur, long et que la tentation de nous barrer agitera certainement la sphère politique après l&#8217;unanimité de façade. Ce député européen également, cité par Le Monde et indiquant que le problème de l&#8217;UE, c&#8217;est qu&#8217;il n&#8217;y a pas de forces européennes. Bien essayé, il y en a juste 33. C&#8217;est juste qu&#8217;on les vide de leur substance à coup de réductions budgétaires et qu&#8217;en prime, on ne les utilise pas. Allez, au plan politique toujours, quelques perles, mais cette fois au niveau des chefs d&#8217;Etat. <span id="more-5568"></span></p>
<p>Commençons par notre propre com&#8217; : l&#8217;ennemi est un terroriste. Pas un islamiste, pas un djihadiste, non, un terroriste. Bon, les gars, vous avez intégré la leçon &laquo;&nbsp;construire la menace&nbsp;&raquo; mais Serval vous a pris au dépourvu avant le module &laquo;&nbsp;art de la guerre&nbsp;&raquo;. Ce qu&#8217;AQMI, MUJUAO et les sardines en folie font, c&#8217;est de la guérilla. C&#8217;est d&#8217;ailleurs pour ça qu&#8217;on peut les &laquo;&nbsp;détruire&nbsp;&raquo; (le très poutinien F. Hollande &#8211; on ne sait pas si ce sera jusque dans les commodités. En même temps, dans le désert…) sans que Vergès la ramène.</p>
<p>Au moins l&#8217;amiral Guillaud relève-t-il le niveau, parce qu&#8217;il y en a qui dorment au fond de la classe, n&#8217;est-ce pas, François ? Politique toujours, la plus grosse farce sera allemande : Merkel faisant la leçon aux Européens, les islamistes étant &laquo;&nbsp;une menace pour l&#8217;Europe&nbsp;&raquo; mais accordant généreusement l&#8217;envoi de deux Transall. Dès lors que, pour l&#8217;Allemagne &laquo;&nbsp;la situation dans la région fait partie de sa propre situation sécuritaire&nbsp;&raquo;, Moltke, Scharnhorst et moi-même présentons nos condoléances à la Raison, à l&#8217;Allemagne et au peuple allemand.</p>
<p>Au fait, la prochaine fois, venez à poil : avec deux Transall, vous êtes déjà en string. D&#8217;ailleurs, présentons aussi nos condoléances à nos voisins européens : autant de dépenses pour quelques C-130 et de la logistique tout en se gargarisant de la prochaine mission de formation de l&#8217;armée malienne (formation terminée en septembre), c&#8217;est… comment dire ? Si ces pays s&#8217;en fichaient, je ne râlerais pas. Mais non, ils ont conscience de l&#8217;urgence. Les gars, vous vous rendez compte que vous êtes déjà morts ? Vous avez les banques, les services et de beaux Etats-providence surendettés. Mais vous n&#8217;avez plus que cela.</p>
<p>Attendez, il y en a aussi pour une autre catégorie d&#8217;éléphants : les journalistes ! Passons sur l&#8217;AFP(resque) signalant des combats et corps à corps entre forces spéciales et islamistes. Amusant. Un autre : le gros problème pour la France serait une concentration des forces ennemies. Banane. Triste banane. On n&#8217;attend que ça (mais on peut rêver) ! Il y a également le traditionnel &laquo;&nbsp;risque d&#8217;enlisement&nbsp;&raquo;, avec un record à la clé : apparu après seulement 48 heures d&#8217;opérations, il démontre qu&#8217;on a un vrai problème avec l&#8217;enseignement primaire.</p>
<p>Moins amusant, la pathétique course au scoop qui risque de mettre en danger nos propres hommes en révélant, même indirectement des positions. Lorsque les reportages ne signalent pas le départ d&#8217;une colonne de nos forces pour tel endroit. Rien de neuf malheureusement. Mon redac&#8217; chef relatait une conversation avec une journaliste de France 24 durant Harmattan, durant laquelle la brave dame lui racontait que le droit à l&#8217;information primait toute autre considération. Bel esprit. Carl est un ami des animaux et l&#8217;éléphant est très sympathique. Mais franchement, un éléphant, vous lui filez des cacahuètes, de l&#8217;amour et beaucoup de sopalin. Vous n&#8217;en faites pas une élite… Carl.</p>
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		<title>Peur de Noël ? Tonton Carl a la solution !</title>
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		<pubDate>Wed, 05 Dec 2012 11:55:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Carl von C.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans le brouillard pour vos cadeaux ? Peur de la friction avec vos invités ? Pas d&#8217;idée de génie ? Si votre paquetage n’est pas encore prêt et que vous ne savez toujours pas comment défourailler les cadeaux à la fin de ce moins, tonton Carl a la solution pour vous aider. Pas (encore) de&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le brouillard pour vos cadeaux ? Peur de la friction avec vos invités ? Pas d&#8217;idée de génie ? Si votre paquetage n’est pas encore prêt et que vous ne savez toujours pas comment défourailler les cadeaux à la fin de ce moins, tonton Carl a la solution pour vous aider.</p>
<p>Pas (encore) de Leclerc en peluche sur notre <a href="http://www.geostrategique.com/">boutique en ligne</a> mais des abonnements à toutes nos revues avec quelques avantages à la clé : non seulement l’économie vaut le détour comparativement à des achats en kiosque  (un abonnement de deux ans à DSI, pour 22 numéros, fait passer son coût unitaire à 3,63 Eur&#8230; au lieu de 6,8) mais les <a href="http://www.geostrategique.com/category.php?id_category=43">abonnements « couplés »</a> (DSI et DSI Hors-Série, DSI et Histoire et Stratégie ou DSI et Diplomatie) sont des cadeaux vite fait bien faits.</p>
<p>Alors, qu&#8217;est-ce qu&#8217;on dit ? Merci qui ? Merci tonton Carl !</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Du rôle des boutons dans la guerre</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Nov 2012 10:31:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La chronique de Carl von C. (parue dans DSI n°85, octobre 2012) Le bouton, c’est quelque chose d’important à la guerre mais c’est sans doute surfait. Prenez la guerre de 1870 (celle qui vaudra aux Belges de ne plus avoir de boudin) : il ne nous manquait pas un seul bouton de guêtre – oui,&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La chronique de Carl von C. (parue dans DSI n°85, octobre 2012)</p>
<p>Le bouton, c’est quelque chose d’important à la guerre mais c’est sans doute surfait. Prenez la guerre de 1870 (celle qui vaudra aux Belges de ne plus avoir de boudin) : il ne nous manquait pas un seul bouton de guêtre – oui, bon, c’est vrai que ça ne nous a pas aidés. Prenez la guerre froide. Tout le monde regardait le gros bouton rouge sur lequel personne n’a appuyé. Prenez la guerre Iran-Irak : à tirer des vésicants à qui mieux mieux, tout le monde se chopait de gros boutons sans que personne ne gagne vraiment. Mais une menace, pire encore, nous guette maintenant : la GGCDM. Derrière ce barbare acronyme se cache la Grande Guerre Civile Des Militaires. Adoptons l’œil de l’anthropologue – gloire à Levi-Strauss – et partons sur la piste de la tribu des guerriers de France. Ouah. Perdu dans des cambrousses, son territoire peu à peu rogné par des civils parfois hostiles, le militaire survit dans des conditions précaires, semble trouver intéressant de faire des excursions culturelles dans des théâtres d’opérations, aime le sport, chérit ses traditions et peut, sur son passage, vider les frigos de la moindre canette de « Kro » (spéciale dédicace aux Dolos). Mais un événement vient rituellement troubler des programmes déjà bien remplis de choses aussi intéressantes que comprendre le fonctionnement des bases de défense ou faire relire par la moitié de l&#8217;état-major un article avant publication. <span id="more-5424"></span></p>
<p>Jusqu’à il y a peu, l’Événement en question vous tombait dessus, comme ça. C’était un peu comme ces éruptions solaires géantes ou l’alignement parfait des planètes. Mais depuis quelques années, signe des temps et démonstration que le calendrier maya ne s’est peut-être pas planté, l’Événement revient de plus en plus fréquemment. « Capitaine ? Oui, mon Général ? Je vois des morts partout. Quand, mon Général ? À chaque élection. » Oui, mes amis, le livre blanc est de retour et vous prosterner ne vous épargnera pas la vie ni celle de votre unité. On pourrait croire que c’est parce que le militaire est intelligent, qu’il a le poil brillant, l’œil vif et le dos bien droit – bref, que le militaire est beau – qu’il reste stoïque face au déchainement de violence dont il est l’objet. Que nenni : comme vous le dira tout psychologue (en fait, surtout Gégé, qui aime aussi la Kro, mais qui n’a pas l’œil vif), la violence encaissée quelque part doit ressortir autre part. Et voilà comment commence la GGCDM, dont l’objectif opératif consiste à buter les boutons de l’adversaire (tout compte fait, c’est plutôt un ennemi : pas de quartiers, on ne négocie pas). Rituellement donc, la guerre des boutons agite nos casernes et bases. C’est une guerre de prédation dont l’objet stratégique est le budget, que le GPQC (Grand Politique Qui Commande) ne cesse de raboter.</p>
<p>C’est pour cesser le massacre que Tonton Carl s’adresse à vous en ce jour. Camarades, cessez donc de vous battre entre vous ! En fait, la « guerre des boutons » cache bien mal notre manque de réflexion. Oui, je sais, je suis monomaniaque et totalement obsédé par les débats stratégiques – j’avoue. Mais d’un autre côté, nous aurions évité le pathétique épisode de la « betteravisation » si nous avions été en mesure de proposer autre chose et de relire notre histoire (et pas uniquement l’histoire des vingt dernières années) : non, une force armée n’est pas destinée qu’à combattre en permanence, avec pour corollaire le fait de se chercher des ennemis. Elle peut aussi chercher à améliorer sa préparation, à penser de nouvelles structures et, finalement, à anticiper des coupes dont personne ne doutait qu’elles allaient se produire – le monde étant malheureusement fait ainsi. En lieu et place, nous sommes arc-boutés sur une ligne défensive intenable, qui consiste à croiser les doigts pour que ce soient d’autres qui morflent en essayant (mal, en plus) de faire du lobbying. Non, vraiment, il est temps de rendre au bouton ses lettres de noblesse et d’en refaire un accessoire permettant d’assembler un même tissu.<br />
Carl.</p>
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		<title>Can your hear the drums, Bernardo ?</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Aug 2012 09:11:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La chronique de Carl von C., DSI n°83, juillet-août 2012 Sacrilège, votre vieux pachyderme fait dans le titre anglais – en variante suédoise plus exactement, en référence à la chanson Fernando d’Abba, groupe qui est à la chanson des années 1970/1980 ce que les köttbular sont à la restauration de brasserie, soit un machin sympathique&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La chronique de Carl von C., DSI n°83, juillet-août 2012</p>
<p>Sacrilège, votre vieux pachyderme fait dans le titre anglais – en variante suédoise plus exactement, en référence à la chanson Fernando d’Abba, groupe qui est à la chanson des années 1970/1980 ce que les köttbular sont à la restauration de brasserie, soit un machin sympathique qui vous ravigote en un rien de temps. Et qui est Bernardo, me direz-vous ? Il s’agit de la mascotte de la philo post/néo/portnawak, la girl qui manquait à Glubb Pacha (1), le champion de la chemise blanche et le plus grand des stratégistes en chambre (dans la maison de la poupée Barbue, s’entend) : j’ai nommé BHL…</p>
<p>Sacrilège ! On ne s’attaque pas à BHL qui, dit-on, a ses entrées un peu partout, sait faire pression et imposerait l’omerta sur les médias. Chez DSI, les gens sont indépendants et BHL ne peut tout de même pas contraindre 120 000 lecteurs à ne plus lire nos pages. Enfin, on l’espère, parce qu’après tout, notre homme est devenu un spécialiste de la stratégie paradoxale – par ailleurs titre d’un brillant ouvrage d’Edward Luttwak. Le paradoxe de sa stratégie apparaît dès lors que l’on met côte à côte, d’une part, le titre de son dernier ouvrage, La guerre sans l’aimer – dans lequel on sent tout de même que son rôle historique n’est pas sans lui faire des papouilles un peu partout – et, d’autre part, le sous-titre de son blog BHL, « L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre ». <span id="more-5010"></span></p>
<p>Il faut que l’on m’explique : il l’aime ou il ne l’aime pas, la guerre ? À moins qu’il n’aime pas la philo, ce qui pourrait alors expliquer pourquoi je n’ai jamais réussi à comprendre en quoi la sienne était nouvelle. Après avoir torché Vom Kriege – qui avait tout de même plus de gueule que sa Guerre, aussi philosophiquement élevée que le dernier Oui-Oui –, je me dis qu’il a un problème de logique, doublé d’un problème de crédibilité dans son rôle. J’avoue avoir été au cinoche pour les besoins de la cause et m’être farci Le serment de Tobrouk, sorte d’hymne hagiographique à la gloire de ce nouveau Leclerc (je parle du magasin, je ne voudrais pas porter ombrage à la mémoire d’un de nos meilleurs militaires).</p>
<p>C’est que BHL a tout fait, si l’on en croit son « documentaire » : il a apporté les munitions, bidouillé les ATO, s’est baladé en bateau. Bref, BHL, c’est un peu le Simon Bolivar des Libyens, un stratège intégral. De fait, j’avais été prévenu par Le Monde : « La plupart des cinéastes qui se mettent eux-mêmes en scène sont des comiques, de Chaplin à Max Linder ou Emmanuel Mourait. Ils n’ont jamais eu peur du ridicule ni du danger physique. » Du danger physique, même pas : BHL est un guerrier tellement accompli que lorsqu’il se fait escorter par des « forces spéciales » en carton-pâte, elles portent leurs bouchons de tir à blanc, comme le démontrent des images circulant sur le web (de même que celles du film, d’ailleurs). En fait, BHL, c’est le Chuck Norris de la philosophie.</p>
<p>Pour continuer dans les références musicales, il est vrai qu’Everybody wants to rule the world (Tears for Fears) mais le narcissisme d’un homme tel que BHL n’est pas sans conséquence. D’abord, que penser de l’image de la France donnée par ce type qui prétend pouvoir mettre en action à lui seul les forces de la République, rien que ça. Ensuite, tout en n’ayant jamais écrit sur la stratégie ni assisté à un colloque sur l’art de la guerre, nous avons quelqu’un qui prétend s’y connaître.</p>
<p>À bien y réfléchir, BHL est peut-être autre chose. Il pourrait être l’idiot utile dont on a instrumentalisé la soif de gloire au profit d’une cause qui, il faut le reconnaître aussi, était légitime. Peut-être. Mais il pourrait tout aussi bien être le symptôme de la décadence de nos sociétés qui pensent pouvoir tout connaître et tout faire, simplement parce qu’elles ont accès à l’information et au savoir, mais sans jamais l’étudier. BHL, c’est peut être, non pas le premier héros du XXIe siècle, mais la première victime de cette « E-(i)-media-cratie » où l’urgence et l’émotion dirigent la politique au détriment de la raison, ce qui est tout de même un comble pour un philosophe. Carl</p>
<p>Note<br />
(1) John Bagot Glubb, ou « Glubb Pacha », a commandé la légion arabe pendant la guerre israélo-arabe de 1948 – ses soldats étant surnommés ses « girls ». Oui, je sais, il était contre l’indépendance israélienne et BHL serait plutôt pour. Mais vu ses performances, il y a de quoi se poser des questions…</p>
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