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	<title>Magazine DSI &#187; Lectures 2012</title>
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	<description>Défense et Sécurité Internationale</description>
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		<title>Replacer l&#8217;armée dans la nation</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Dec 2012 07:46:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lectures 2012]]></category>

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		<description><![CDATA[Hughes Esquerre, Coll. &#171;&#160;Guerres et opinions&#160;&#187;, Economica, Paris, 2012, 102 p. Chef de bataillon, Hughes Esquerre pose avec nuance et précision le constat d&#8217;un &#171;&#160;a-militarisme&#160;&#187; progressif de la société française : certes, les opinions à l&#8217;égard de l&#8217;armée sont positives à 80 % mais elles sont aussi le reflet d&#8217;une certaine indifférence : l&#8217;ennemi n&#8217;est&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Hughes Esquerre, Coll. &laquo;&nbsp;Guerres et opinions&nbsp;&raquo;, Economica, Paris, 2012, 102 p.</p>
<p>Chef de bataillon, Hughes Esquerre pose avec nuance et précision le constat d&#8217;un &laquo;&nbsp;a-militarisme&nbsp;&raquo; progressif de la société française : certes, les opinions à l&#8217;égard de l&#8217;armée sont positives à 80 % mais elles sont aussi le reflet d&#8217;une certaine indifférence : l&#8217;ennemi n&#8217;est plus aux frontières et la conscription est suspendue. L&#8217;éloignement entre l&#8217;armée et la nation est d&#8217;autant plus important que de moins en moins de militaires font partie des cercles décisionnels : sur 920 députés et sénateurs, un seul est un ancien militaire de carrière&#8230; <span id="more-5500"></span></p>
<p>Chiffres et démonstration à l&#8217;appui &#8211; nous ne sommes par dans le registre du &laquo;&nbsp;il n&#8217;y a qu&nbsp;&raquo;à&nbsp;&raquo;, si stérile pour la pensée &#8211; l&#8217;auteur montre ainsi dans les trois premiers chapitres que &laquo;&nbsp;la bataille de l&#8217;adhésion&nbsp;&raquo; du général Lecerf est en passe d&#8217;être perdue, ce qui ne l&#8217;empêche pas, dans les trois chapitres suivants, de proposer une série de solutions. Si nous ne les dévoilons pas toutes ici, deux retiennent notre attention. La première porte sur la question mémorielle, Esquerre montrant l&#8217;inflation de journées commémoratives qui finissent par diviser plus qu&#8217;elles ne rassemblent en même temps qu&#8217;elles diluent le message qu&#8217;elles sont sensées porter.</p>
<p>Dans un contexte où l&#8217;histoire est devenue un champ de bataille politique, la vision est intéressante. Deuxièmement, sur la question de la liberté d&#8217;expression des militaires, qui reste un point faible et limite l&#8217;aptitude à exprimer des idées innovantes aussi bien que la possibilité d&#8217;une reconnaissance de l&#8217;apport de l&#8217;armée à la nation. Pas question, ici, d&#8217;une quelconque propagande : il s&#8217;agit de faire savoir certes, mais aussi de participer à un débat collectif lui-même composante d&#8217;une culture française bien particulière. Au final, un ouvrage agréable à lire, qui pose solidement les termes du débat et qui propose des solutions.</p>
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		<title>La guerre pour l&#8217;opinion publique</title>
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		<pubDate>Wed, 05 Dec 2012 08:18:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lectures 2012]]></category>

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		<description><![CDATA[Benoît Royal, Coll. &#171;&#160;Guerres et opinions&#160;&#187;, Economica, Paris, 2012, 105 p. Lorsque l&#8217;on parle de &#171;&#160;guerre de l&#8217;information&#160;&#187;, c&#8217;est d&#8217;abord de lutte des perceptions dont il s&#8217;agit, avec à la clé un affrontement de volontés opposées qui, si elles n&#8217;utilisent pas la force, vont s&#8217;atteler à user de toutes les formes de propagande. La question,&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Benoît Royal, Coll. &laquo;&nbsp;Guerres et opinions&nbsp;&raquo;, Economica, Paris, 2012, 105 p.</p>
<p>Lorsque l&#8217;on parle de &laquo;&nbsp;guerre de l&#8217;information&nbsp;&raquo;, c&#8217;est d&#8217;abord de lutte des perceptions dont il s&#8217;agit, avec à la clé un affrontement de volontés opposées qui, si elles n&#8217;utilisent pas la force, vont s&#8217;atteler à user de toutes les formes de propagande. La question, pour nos armées, est alors de savoir que faire. A l&#8217;heure du web 2.0, rester stoïque face aux attaques ou chercher à rétablir des vérités (ou ses vérités) par les canaux classiques n&#8217;est plus une option et Benoît Royal, ancien commandant du SIRPA Terre de 2007 à 2010, pose ici les balises d&#8217;une stratégie adaptée. <span id="more-5491"></span></p>
<p>Il le fait en partant d&#8217;une vision combinant adroitement éthique et recherche d&#8217;efficacité &#8211; une approche assez originale &#8211; qui, si elle a le défaut de ne pas prendre en compte ce qui a déjà pu être écrit, a le mérite d&#8217;être claire, précise et de ne pas tomber dans l&#8217;un ou l&#8217;autre travers. L&#8217;auteur définit ainsi huit modes d&#8217;action : action directe dans les réseaux sociaux ; maîtrise de la réputation informatique ; exploitation du dynamisme médiatique des militaires ; attaque de l&#8217;adversaire sur son terrain ; exploitation de la désinformation ; engagement du combat dans la moralité ; focalisation sur la transparence ; valorisation du comportement éthique.</p>
<p>De fait, l&#8217;auteur a une position de départ tout sauf naïve. Sans états d&#8217;âmes, l&#8217;auteur constate que multiplication et la diversification des médias feront du 21ème siècle le siècle de la manipulation et de la désinformation de masse, lesquelles seront difficilement rectifiables par les moyens classiques et de référence. L&#8217;exposition de nos armées à ce qui apparaît comme une menace, est claire. Reste aussi que B. Royal ne fait pas dans la violence médiatique aveugle : les bases qu&#8217;il pose méritent d&#8217;être sérieusement étudiées, d&#8217;autant plus que le propos est clair et agréable à lire. P.L.</p>
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		<title>Stratégies chinoises. Le regard jésuite (1582-1773)</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Dec 2012 12:33:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lectures 2012]]></category>

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		<description><![CDATA[Thomas Flichy, Coll. &#171;&#160;Stratégies et doctrines&#160;&#187;, Economica, Paris, 2012, 100 p. Le titre de cet ouvrage pourrait paraître anachronique à première vue. La Chine et sa stratégie sont certes au centre de toutes les préoccupations, mais que viennent y faire les dynasties Ming et Qang ou encore les Jésuites ? C&#8217;est justement là où l&#8217;intérêt&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Thomas Flichy, Coll. &laquo;&nbsp;Stratégies et doctrines&nbsp;&raquo;, Economica, Paris, 2012, 100 p.</p>
<p>Le titre de cet ouvrage pourrait paraître anachronique à première vue. La Chine et sa stratégie sont certes au centre de toutes les préoccupations, mais que viennent y faire les dynasties Ming et Qang ou encore les Jésuites ? C&#8217;est justement là où l&#8217;intérêt de l&#8217;ouvrage se révèle : la culture stratégique chinoise est remarquablement stable dans le temps : les cadres du parti ne sont-ils pas si proches, dans leurs méthodes et leur fonction, des mandarins ayant administré la Chine impériale ?</p>
<p>Le point de vue des jésuites &#8211; un ordre militaire &#8211; sur une civilisation qu&#8217;ils découvrent est donc celui d&#8217;une première analyse qui permet de saisir les fondements de leur objet sans tomber d&#8217;une casuistique des débats sans fin. Ce n&#8217;est donc certainement pas à la lecture d&#8217;un ouvrage réservé à une poignée de sinologues lettrés que nous invite Thomas Flichy mais bien à un examen en règle des fondamentaux d&#8217;une culture stratégique particulière. L&#8217;actuelle course à la prospérité brouille notre vision de ce qu&#8217;elle est mais des permanences sont bien là. <span id="more-5484"></span></p>
<p>C&#8217;est la peur de l&#8217;implosion, héritage d&#8217;une succession de dynasties voyant des mouvements presque continue d&#8217;expansion et de contraction territoriale ; le rôle du dirigeant suprême ; la volonté de faire perdurer une culture très particulière ; la prise en compte du &laquo;&nbsp;barbare&nbsp;&raquo;, qui doit être contrôlé par une diversité de méthodes ; l&#8217;apparence pacifique offrant dans le même temps de combattre si les circonstances le veulent ; ou encore, bien sûr, l&#8217;importance de la maîtrise des perceptions. C&#8217;est cette mécanique culturelle très particulière que Thomas Flichy ordonnance, nous offrant certes une grille d&#8217;analyse de la Chine mais aussi un ouvrage clair, se lisant rapidement et qui ne déplaira certainement pas aux amateurs d&#8217;histoire.</p>
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		<title>The Evolution of Operationnal Art 1740-1813. From Frederick the Great to Napoleon</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Nov 2012 07:47:13 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Lectures 2012]]></category>

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		<description><![CDATA[Claus Telp, Frank Cass, London, 2005, 207 p. Le regain d&#8217;intérêt observé aujourd&#8217;hui pour l&#8217;art opératif ne relève pas d&#8217;une mode passagère : il est la conséquence non seulement de l&#8217;observation d&#8217;un certain nombre d&#8217;échecs sur le terrain mais aussi de nouveaux éclairages offerts par l&#8217;histoire. C&#8217;est dans ce cadre qu&#8217;il faut voir l&#8217;ouvrage de&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Claus Telp, Frank Cass, London, 2005, 207 p.</p>
<p>Le regain d&#8217;intérêt observé aujourd&#8217;hui pour l&#8217;art opératif ne relève pas d&#8217;une mode passagère : il est la conséquence non seulement de l&#8217;observation d&#8217;un certain nombre d&#8217;échecs sur le terrain mais aussi de nouveaux éclairages offerts par l&#8217;histoire. C&#8217;est dans ce cadre qu&#8217;il faut voir l&#8217;ouvrage de Claus Telp, qui part d&#8217;une question simple : l&#8217;art opératif se développe-t-il dès lors qu&#8217;arrivent dans les armées les bénéfices de la révolution industrielle (télégraphe, chemins de fer) ? Ou lui est-elle antérieur, bénéficiant néanmoins de ces apports ?</p>
<p>Bien sûr, on peut partir du concept jominien de &laquo;&nbsp;grande tactique&nbsp;&raquo; pour montrer qu&#8217;un &laquo;&nbsp;quelque chose&nbsp;&raquo; était déjà perceptible, mais l&#8217;auteur cherche plus loin, en effectuant une étude non seulement de la théorie en vigueur à l&#8217;époque mais aussi des campagnes de Jena et de celles de 1813. Pour Telp, on entre clairement dans une logique opérative dès lors que des corps indépendants sont engagés dans une opération prenant la forme d&#8217;une campagne et sont articulés de manière à atteindre un objectif. <span id="more-5469"></span></p>
<p>Reste que cette vision, qui implique des savoirs-faire autres que tactiques ou purement stratégiques &#8211; soit les deux niveaux définis par Maurice de Saxe et les penseurs classiques &#8211; n&#8217;est pas née ainsi. Il a fallu définir des instruments et des pratiques, tout en prenant en compte les évolutions de la société elle-même, dont la révolution française. Ce n&#8217;est qu&#8217;à cette condition qu&#8217;émerge un art de la guerre qui n&#8217;est pas qu&#8217;une succession d&#8217;actions tactiques : si l&#8217;on ne peut s&#8217;en départir, elle n&#8217;est pas suffisante. Dans ce cadre, l&#8217;auteur analyse un moment de l&#8217;évolution de l&#8217;art opératif. S&#8217;il est encore loin d&#8217;être aussi affiné que ce que l&#8217;on observera en URSS, on a là un ADN primitif dont l&#8217;étude est fascinante : il permettra de littéralement &laquo;&nbsp;débloquer&nbsp;&raquo; les manœuvres et de leur offrir la possibilité de la victoire décisive. A lire.</p>
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		<title>Comprendre la guerre. Histoire et notions</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Nov 2012 10:54:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lectures 2012]]></category>

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		<description><![CDATA[Laurent HENNINGER et Thierry WIDEMANN, Coll. « Tempus », Perrin, Paris, 2012, 227 p. Tous deux chargés d’études à l’IRSEM, les auteurs ont adopté dans cet ouvrage une voie de progression atypique, en produisant une série de fiches réunies en trois parties (« la guerre et l’État », « l’art de la guerre », «&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Laurent HENNINGER et Thierry WIDEMANN, Coll. « Tempus », Perrin, Paris, 2012, 227 p. </p>
<p>Tous deux chargés d’études à l’IRSEM, les auteurs ont adopté dans cet ouvrage une voie de progression atypique, en produisant une série de fiches réunies en trois parties (« la guerre et l’État », « l’art de la guerre », « les hommes et les armes ») qui produisent une belle cohérence tout en permettant d’aborder le livre par différentes voies, afin d’y revenir pour mûrir les analyses données. </p>
<p>De fait, si les fiches sont courtes, les thèmes sont bien isolés, ce qui permet d’aller rapidement au cœur du sujet. Et ce, avec brio : tout en passant au bazooka un certain nombre de mythes (sur les femmes soldats, les performances allemandes ou françaises en 1940, les guerres totales ou limitées), les auteurs parviennent à offrir au lecteur un bon coup d’œil sur une série de notions essentielles non seulement pour « lire » l’histoire (et pas uniquement la militaire) mais aussi pour comprendre l’actualité contemporaine. </p>
<p>Évidemment, tout ne peut pas être abordé et quelquefois les auteurs s’attaquent à des points qui font encore débat. Mais c’est justement le propre de cet ouvrage que de susciter l’interrogation et la curiosité tout en remettant en perspective un certain nombre d’outils utilisés par tous ceux qui s’intéressent aux questions militaires. C’est vif, écrit dans un style dynamique et accessible, c’est intelligent et, en prime, c’est abordable (8 euros). Impératif !</p>
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		<title>David Galula. Combattant, espion, maître à penser de la guerre contre-révolutionnaire</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Nov 2012 08:53:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lectures 2012]]></category>

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		<description><![CDATA[Gregor MATHIAS, Coll. « Guerres et guerriers », Economica, Paris, 2012, 190 p. Comme Clausewitz, Galula est plus souvent cité que lu et encore l’est-il généralement assez mal : de lui, on retient essentiellement ses travaux pour la RAND Corporation, son décès prématuré ou encore la reprise de ses théories par le général Petraeus. Au&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Gregor MATHIAS, Coll. « Guerres et guerriers », Economica, Paris, 2012, 190 p.</p>
<p>Comme Clausewitz, Galula est plus souvent cité que lu et encore l’est-il généralement assez mal : de lui, on retient essentiellement ses travaux pour la RAND Corporation, son décès prématuré ou encore la reprise de ses théories par le général Petraeus. Au risque, pour le lecteur français ayant une vision trop partielle de la contre-insurrection – quelque part entre les « escadrons de la mort » et la recherche du « cœur et des esprits » –, de n’y voir qu’une sorte d’épiphénomène de la pensée stratégique française, à oublier aussi vite qu’une expérience afghane peu heureuse.</p>
<p>Ce serait pourtant passer à côté de nombre d’aspects intéressants et de leçons. Or cet ouvrage montre comment se fabrique un stratégiste « intégral » à la fois combattant – notamment durant la Seconde Guerre mondiale où il combat en Afrique du Nord –, et praticien s’interrogeant sur ce qui doit être fait. De fait, débarquant en Algérie en 1956, il n’a aucune doctrine, aucune méthode à appliquer pour pacifier la zone qui lui est assignée. Il fait ensuite un réel travail d’officier : tout en commandant, il observe, cherche à comprendre, utilise son expérience et cherche des solutions à un problème complexe, avec succès. <span id="more-5458"></span></p>
<p>C’est cet itinéraire qui est relaté par Gregor Mathias qui, au passage, replace l’action de Galula dans son contexte : non, il n’était pas question que de pacification. L’auteur montre également la prescience de Galula sur un autre domaine, très contemporain : celui de la maîtrise de l’information. Dans une guerre politique – mais elles le sont toutes –, celui qui parvient à mobiliser ses forces et à démobiliser celles de l’adversaire marque indubitablement des points. À ce jeu, Galula – et c’est peut-être l’un des aspects les moins connus de sa carrière – a su se faire guerrier de l’information, apte à prendre en compte aussi bien le message que sa forme et la lutte contre l’information adverse. In fine, l’ouvrage de G. Mathias est donc non seulement le bienvenu mais la recherche menée, de haute tenue, mérite de s’y attarder.</p>
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		<title>Les robots au cœur du champ de bataille &amp; La guerre robotisée</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Nov 2012 16:20:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lectures 2012]]></category>

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		<description><![CDATA[Ronan Doaré et Henri Hude (Dir.), Coll. &#171;&#160;Guerres et opinions&#160;&#187;, Economica, Paris, 2011, 211 p. et Didier Danet, Jean-Paul Hanon et Gérard de Boisboissel (Dir), Coll. &#171;&#160;Guerres et opinions&#160;&#187;, Economica, Paris, 2012, 336 p. Ces deux ouvrages représentent l&#8217;aboutissement d&#8217;un programme de recherche entamé en 2009 et mené par le Centre de Recherche des Ecoles&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ronan Doaré et Henri Hude (Dir.), Coll. &laquo;&nbsp;Guerres et opinions&nbsp;&raquo;, Economica, Paris, 2011, 211 p. et Didier Danet, Jean-Paul Hanon et Gérard de Boisboissel (Dir), Coll. &laquo;&nbsp;Guerres et opinions&nbsp;&raquo;, Economica, Paris, 2012, 336 p.</p>
<p>Ces deux ouvrages représentent l&#8217;aboutissement d&#8217;un programme de recherche entamé en 2009 et mené par le Centre de Recherche des Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan &#8211; au début duquel avait d&#8217;ailleurs été publié le DSI Hors-Série n°10, consacré à la robotique. Ces deux ouvrages sont importants. D&#8217;une part, parce qu&#8217;ils sont les premiers à réellement prendre en compte, d&#8217;une manière exhaustive, les questionnements liés à l&#8217;emploi de la robotique sous des aspects aussi différents que la tactique, la technique, l&#8217;organique (question des structures de force), l&#8217;éthique, le droit, les relations entre les combattants et leurs machines, l&#8217;histoire, la formation des hommes ou encore les aspects industriels. Certes, d&#8217;autres ouvrages ont été publiés mais étaient le plus souvent d&#8217;une nature historique ou descriptive et étaient essentiellement consacrés aux drones aériens. D&#8217;autre part, parce que cette exhaustivité permet justement d&#8217;en arriver à une vision cohérente de ce que doit être l&#8217;emploi des robots dans la guerre et offre, de la sorte, une excellente base à une véritable doctrine en la matière. <span id="more-5444"></span></p>
<p>La vision défendue est de nature réaliste : la robotisation est effectivement en cours. Mais non, il ne s&#8217;agit pas de prôner le développement de robots autonomes destinés à remplacer le combattant (alors que, le rappelle Noël Sharkey, il existe une tendance de plus en plus poussée au développement de systèmes autonomes, la technologie progressant rapidement). Plutôt, le robot doit devenir son adjoint, accroissant donc la liberté de manœuvre du combattant et la projection de ses capacités sur une zone tactique donnée. Certes, la valeur &laquo;&nbsp;doctrinale&nbsp;&raquo; de ces ouvrages est cependant limitée par la diversité des points de vue mais, au-delà, on sent poindre une réelle &laquo;&nbsp;French way of robotics&nbsp;&raquo;. Dans la diversité des contributions, nous retenons plus particulièrement celles liées à l&#8217;emploi opérationnel des robots mais aussi la question posée, très à propos, par Didier Danet et Jean-Paul Hanon : l&#8217;intégration de robots dans les armées est-elle simplement une évolution &#8211; nouvel avatar du progrès de la technique &#8211; ou une &laquo;&nbsp;robolution&nbsp;&raquo; ?</p>
<p>De la résolution de cette question découle tout le reste : le robot auxiliaire de l&#8217;homme &#8211; que la machine serve &#8211; à la reconnaissance, à l&#8217;évacuation sanitaire, à la logistique &#8211; minimise les questions juridiques et éthiques. Ces dernières sont alors celles qui entourent &laquo;&nbsp;naturellement&nbsp;&raquo; l&#8217;emploi de la force armée. Mais que l&#8217;on ait affaire à une révolution entrouvrant la porte à des robots armés autonomes et tous nos paramètres juridiques et éthiques changent, de même que notre rapport à la violence et à son emploi. La question est tout à la fois fascinante d&#8217;un point de vue intellectuel et inquiétante. A tous ces points de vue, ces deux ouvrages sont essentiels. Les contributions sont fondamentalement variées et, d&#8217;une manière générale, accessibles et claires. On ne saurait donc trop recommander ce binôme d&#8217;ouvrages, tout en indiquant cependant que La guerre robotique, plus récent, reprend nombre de thématiques par ailleurs traitées dans le premier ouvrage de la série. P.L.</p>
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		<title>La logistique, une fonction opérationnelle oubliée</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Nov 2012 07:45:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lectures 2012]]></category>

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		<description><![CDATA[Olivier Kempf (Dir.), Coll. &#171;&#160;Défense&#160;&#187;, L&#8217;Harmattan, Paris, 2012, 183 p. Constituant les actes d&#8217;un colloque tenu en juin 2010 avec, notamment, le soutien de DSI, cet ouvrage a deux mérites. Premièrement, il revient sur une thématique peu abordée en langue française (elle l&#8217;est à peine plus en anglais) alors pourtant que le sujet, s&#8217;il n&#8217;est&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Olivier Kempf (Dir.), Coll. &laquo;&nbsp;Défense&nbsp;&raquo;, L&#8217;Harmattan, Paris, 2012, 183 p.</p>
<p>Constituant les actes d&#8217;un colloque tenu en juin 2010 avec, notamment, le soutien de DSI, cet ouvrage a deux mérites. Premièrement, il revient sur une thématique peu abordée en langue française (elle l&#8217;est à peine plus en anglais) alors pourtant que le sujet, s&#8217;il n&#8217;est pas &laquo;&nbsp;glamour&nbsp;&raquo; s&#8217;avère important pour des armées marquées par les OPEX. Deuxièmement, il aborde la question sous un angle analytique mais aussi contextualisé.</p>
<p>Comme souvent dans les ouvrages en direction, les contributions sont très inégales et nous retiendrons essentiellement celles portant sur la théorie de la logistique, par Guillaume Lasconjarias et Benoist Bihan mais aussi sur son importance dans le conflit tamoul (Hughes Eudeline) et en Irak (Stéphane Taillat). De ce point de vue, les seules 62 premières pages valent l&#8217;achat de l&#8217;ouvrage. Plus loin, G-H. Bricet des Vallons revient sur le &laquo;&nbsp;paradigme Watan&nbsp;&raquo;, qu&#8217;il avait déjà abordé dans nos pages. <span id="more-5544"></span></p>
<p>Le reste de l&#8217;ouvrage est consacré à la logistique dans les forces françaises, avec une présentation plus factuelle que mise en perspective. Pour autant, l&#8217;apport reste intéressant, tant le traitement de la question est traditionnellement faible. L&#8217;ouvrage se termine par une bibliographie qui est une bonne première base mais qui mériterait largement l&#8217;intégration des travaux anglo-saxons &#8211; qui ne se limitent pas à ceux de Martin Van Creveld. In fine, cette logistique est un bon point de départ et qui mérite toute sa place dans une bibliothèque.</p>
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		<title>Afghanistan : Mission Task Force La Fayette</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Oct 2012 07:09:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
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		<description><![CDATA[José Nicolas (photos) et Christophe Gautier (textes). Edition l’Esprit de tous les combats, 2012, 256 p., 480 photos Un très bel ouvrage que propose l’Aixois José Nicolas. Ce photo-reporter de 56 ans, ancien sous-officier du 3e RPIMa, devenu photographe de guerre chez SIPA press et indépendant depuis 1995, parcourt la planète depuis longtemps. Il a&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>José Nicolas (photos) et Christophe Gautier (textes). Edition l’Esprit de tous les combats, 2012, 256 p., 480 photos</p>
<p>Un très bel ouvrage que propose l’Aixois José Nicolas. Ce photo-reporter de 56 ans, ancien sous-officier du 3e RPIMa, devenu photographe de guerre chez SIPA press et indépendant depuis 1995, parcourt la planète depuis longtemps. Il a posé son appareil en 2011 en Afghanistan, auprès des troupes françaises engagées dans la Task Force La Fayette. De leur entraînement à Mailly et Canjuers jusqu’à leur déploiement dans les FOB de Tora, de Gwam ou de Nijrab, il a vécu avec eux le quotidien et rapporte des clichés émouvants, comme ceux de l’opération « Cigogne Blanche 3 », lorsque, dans la nuit du 7 août 2011, les hommes du 152e RI, du 19e RG et les légionnaires du 2e REP ont été pris à parti par des insurgés durant plus de trois heures. Au moment où la page « Afghanistan » commence à se tourner pour l’armée française, c’est sans nul doute un ouvrage qui fera référence, par la force de ses images. Mieux que tout autre, José Nicolas a su traduire par ses prises de vues la qualité de l’engagement, le goût de l’effort des hommes et des femmes qui ont servi en Afghanistan. Un bel hommage.</p>
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		<title>The Risk Society at War: Terror, Technology and Strategy in the Twenty-First Century</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Aug 2012 08:48:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DSI</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Mikkel Vedby RASMUSSEN, Cambridge University Press, Cambridge, 2006, 232 p. Avec The Risk Society at War de Mikkel Vedby Rasmussen, nous sommes en mesure de préciser la nature des rouages guerriers en nous focalisant sur la charnière politique-stratégique. L’élément le plus fascinant de cette étude est d’exposer comment, à cette jonction entre le décideur politique&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mikkel Vedby RASMUSSEN, Cambridge University Press, Cambridge, 2006, 232 p.</p>
<p>Avec The Risk Society at War de Mikkel Vedby Rasmussen, nous sommes en mesure de préciser la nature des rouages guerriers en nous focalisant sur la charnière politique-stratégique. L’élément le plus fascinant de cette étude est d’exposer comment, à cette jonction entre le décideur politique et le militaire, se constituent une représentation de l’environnement international de sécurité, comment s’élaborent les recettes jugés opportunes pour agir dans cet environnement, et comment la confiance accordée à l’outil militaire se construit.</p>
<p>Le point de départ de l’auteur est de montrer comment s’est historiquement constituée une représentation de la violence en tant que moyens rationnel pour contrer des menaces à partir d’une relecture de la pensée stratégique du passé. Avec ce que l’on a appelé la Révolution dans les Affaires Militaires et la « Transformation », des concepts qui apparaissent dans les années 1990 et 2000, la croyance en la rationalité et en l’efficacité de l’outil militaire s’est encore renforcée parmi les hommes politiques. <span id="more-5007"></span></p>
<p>Il en résulte une conception de la guerre normalisée, bureaucratisée à l’extrême et, en dernière instance, fortement dépolitisée. Plus encore, l’outil militaire moderne est en définitive appréhendé comme un moyen de gestion préventive de l’ordre international. La guerre ne vise même plus un ennemi bien ciblé mais plutôt des risques contre lesquels le principe de précaution s’impose. Tel serait le nouveau calcul stratégique d’après Mikkel Rasmussen.</p>
<p>L’auteur montre aussi comment cette représentation engendre des effets inattendus (ce qu’il nomme, à la suite d’Ulrich Beck, des effets boomerang). L’un d’entre eux, perceptible aux États-Unis en particulier, est le fait que plus les équipements militaires deviennent performants, plus on craint l’acquisition de ces équipements par un adversaire potentiel, ce qui encourage une quête sans fin de l’avantage technologique. Un autre est le fait que la modernisation des équipements donne le sentiment que la guerre ne peut plus faire de victimes parmi les civils.</p>
<p>En conséquence, plus on dote les militaires d’armes sophistiquées, plus l’intolérance aux victimes est importante. En retour, cela limite la liberté d’action des soldats. Ces quelques remarques n’épuisent bien entendu pas la richesse de l’ouvrage (qui développe par exemple beaucoup de commentaires fort intéressants sur la lutte contre terrorisme transnational). Mais, une fois encore, il nous semble que l’essentiel soit là : une tentative de cerner la façon dont la guerre se conçoit à la charnière entre les décideurs politique et les militaire.</p>
<p>Christophe Wasinski</p>
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