Archives pour mai, 2011

Feuilleter DSI n°71…

…C’est possible à cette adresse.

TGIM : les cucurbitacées attaquent

Carl vous revient pour une minute matinale avec une bien mauvaise question : « E. Coli en Allemagne : pourquoi le Concombre masqué s’est-il radicalisé ? »

Les chars d’août

Rouslan POUKHOV (Dir.), CAST, Moscou, 2010, 144 p.

En août 2008, une guerre courte mais intense oppose la Géorgie à la Russie. Au-delà des grandes questions qui ont attiré l’attention des médias – dont celle de savoir qui a commencé –, comment ces deux armées se sont-elles comportées et opposées sur la doctrine comme, partiellement, sur l’équipement ? C’est l’angle adopté par les chercheurs rassemblés par Rouslan Poukhov, directeur du CAST de Moscou.

Sans tomber dans le parti-pris, ils examinent minutieusement, de façon objective et sans complaisance les forces et les faiblesses de l’armée russe, pas aussi puissante qu’elle semble l’avoir démontré, mais aussi l’évolution des forces armées géorgiennes. Plus largement, il s’agit d’une analyse montrant la complexité des facteurs entrés en ligne de compte dans la conduite des opérations, sur le plan essentiellement militaire. La réforme géorgienne, qui a été encouragée par l’Occident, est traitée dans un chapitre et la chronologie des événements dans un autre. La suite >

Guerres inutiles ? Contre-insurrection, une analyse historique et critique

François CAILLETEAU. Coll. « Stratégies et doctrines », Economica, Paris, 2011, 129 p.

Comment analyser, dans le temps, les succès et les échecs de la contre-insurrection, dont la pertinence continue de faire débat ? Répondre à cette question est complexe et l’auteur fait ici le choix d’analyser dix campagnes, qu’elles aient ou non été victorieuses, leur consacrant à chacune environ dix pages afin de montrer leurs spécificités, de même que les facteurs ayant concouru à leur réussite ou leur échec. Si l’analyse aurait quelquefois mérité plus de profondeur, l’auteur montre cependant que rien, en la matière, n’est automatique et qu’il n’existe pas de loi dont l’application serait la condition sine qua non du succès. La suite >

DSI n°71, juin 2011

Feuilleter DSI n°71

Editorial
Agenda et nominations
Les contrats du mois
Veilles contre-terroriste
Industries françaises
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : « Une bombe vaut mieux que deux Rafale tu l’aura »

Sur le vif

Remettre en perspective la mort du leader d’al Qaïda
Par Benoist Bihan, chercheur en questions stratégiques, animateur du blog La plume et le sabre

Oussama Ben Laden est mort
Par Rohan Gunaratna, directeur de l’International Centre for Political Violence and Terrorism Research à la S. Rajaratnam School of International Studies (RSIS), Nanyang Technological University, Singapour. Auteur de Inside al Quaeda: Global Network Terror (Columbia University Press).

Jeunesse en difficulté : quel rôle pour les armées ?
Par le commandant Pierre-Axel Geffroy, stagiaire à l’Ecole de guerre, promotion Général de Gaulle La suite >

Fans de cartes ?

Les cartes peuvent révéler en un coup d’oeil des siècles d’évolution, géographiques ou fonctionnelle. Si vous êtes fans – pour le plaisir ou le travail – n’hésitez pas à consulter le site de notre confrère Diplomatie : pour l’heure, 71 d’entre-elles sont disponible sur son site.

« Tempête du Désert ». Octobre 1990 – avril 1991. Un peloton de légionnaires cavaliers dans la première guerre du Golfe

Nicolas CASANOVA, Coll. « Guerres et guerriers », Economica, Paris, 2011, 221 p.

Voir de l’intérieur comment fonctionne une unité de l’armée de Terre (en l’occurrence, un peloton du REC), des prémices de son engagement à son rembarquement pour la France une fois l’opération terminée, est assez rare, en particulier dans un conflit contemporain. C’est ce que nous propose le colonel, alors lieutenant, Casanova. L’ouvrage, qui est paru au moment de la célébration des vingt ans de « Daguet », est avant tout une sorte d’autobiographie sur cette période. Il ne faut pas s’attendre à de grandes analyses, mais plutôt à la guerre vue du petit bout de la lorgnette – celui des hommes confrontés au terrain, à la peur, aux procédures et à l’attente.

Bien écrit, ce récit montre la complexité d’une guerre moderne qui influencera durablement notre vision des opérations : « Daguet » et « Desert Storm » constituent l’une des principales sources de nos Transformations. Pour autant, comme dans les mémoires du général Schwarzkopf, rien de révolutionnaire n’émane des propos du colonel Casanova. L’attente parfois longue de l’action puis un rythme extrêmement rapide, tous les chefs d’unité au contact ont connu ceci depuis que l’homme se bat. L’ouvrage mérite cependant une lecture approfondie. D’abord, parce qu’il relate une expérience humaine riche et détaille comment, au jour le jour, la valeur de l’adaptation en tant que facteur décisif est reconnue. La suite >

Boyd. The Fighter Pilot who Changed the Art of War

Robert CORAM, Little, Brown and Company, 2002,

L’ouvrage constitue, avec The Mind of War (voir DSI no 69), l’autre référence sur la vie et l’œuvre de John Boyd. Moins hagiographique que le précédent, car rédigé par un auteur n’ayant pas de lien direct avec Boyd, cette biographie le complète également sur plusieurs points. Outre un traitement chronologique de la vie du Ghetto colonel, il montre aussi son implication (et son opposition) au programme FX (le futur F 111) dans un contexte où l’Air Force est alors obsédée par l’idée de disposer d’appareils multirôles toujours plus lourds et plus rapides. La suite >

L’organisation d’Al Qaïda au Maghreb islamique. Réalité ou manipulations ?

Gwendal DURAND, Coll. « Notes de conjoncture », L’Harmattan, Paris, 2011, 122 p.

Si Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) revient fréquemment sur le devant de la scène, l’organisation est finalement assez peu évoquée dans son histoire, ses finalités ou encore son développement. Aussi, le lieutenant-colonel (Gendarmerie) Gwendal Durand fait-il œuvre particulièrement utile dans ce petit ouvrage. Il montre ainsi la transformation du Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC) en AQMI au tournant de 2003 et de la guerre d’Irak, analysant au passage l’agonie du GSPC après la guerre civile algérienne.

Groupe agissant à une échelle transfrontalière et sur une importante superficie, il représente un cas d’étude intéressant et provoque un certain désarroi des analystes, entre ceux qui estiment AQMI dans une position déliquescente et ceux qui, au contraire, pensent que l’organisation constitue une réelle menace. De facto, elle a été capable de se structurer, de se doter de schémas tactiques et d’une stratégie d’ensemble, tout en mettant au point une véritable stratégie en matière médiatique et de communication. La suite >

Stratégie spatiale. Penser la guerre des étoiles, une vision française

Jean-Luc LEFEBVRE, L’Esprit du Livre, Sceaux, 2011, 432 p.

Paradoxe de l’époque, l’espace est considéré comme central dans la conduite de nos opérations, nombre d’analystes parlent de stratégie spatiale mais, depuis Serge Grouard (La guerre en orbite, 1994), aucun ouvrage de stratégie spatiale n’est paru en France. Voilà un manque comblé : Jean-Luc Lefebvre, directeur du domaine « pensée stratégique » à l’IRSEM, livre un ouvrage dont la lecture peut s’établir à plusieurs niveaux, montrant de façon très fine les spécificités du milieu (des annexes très fournies, comprenant un glossaire de 120 pages, permettent ainsi de mieux en comprendre les fondamentaux), mais aussi l’intérêt qu’il représente et les contraintes qu’il induit sur la conduite d’une stratégie.

Si l’ouvrage peut, de prime abord, sembler technique, il n’en demeure pas moins très accessible tout en offrant, à un deuxième niveau de lecture, des principes de stratégie spatiale (quatre principes préliminaires, quatre cardinaux, quatre complémentaires) qui sont sans doute appelés à nourrir les réflexions dans ce domaine. Même si le lecteur pourra ne pas être d’accord sur l’ensemble des propositions, elles posent néanmoins une série de questions intéressantes. Ainsi, plus que de militarisation ou d’arsenalisation de l’espace, il faudrait évoquer sa martialisation. Dans le même temps, la problématique de ce que l’auteur qualifie de « résilience spatiale » est posée avec pertinence. Notre dépendance à l’espace militaire, mais aussi économique, est évidente : que faire si ces ressources sont perdues ? La suite >