Défense et Sécurité Internationale
Archives pour mai, 2012
Sommet OTAN de Chicago et défense Benelux : jusqu’à quel point la « smart defense » est-elle intelligente ?
30/05/12
Par Joseph Henrotin
Si l’attention des médias s’est surtout portée sur la question du retrait d’Afghanistan au cours du récent sommet OTAN de Chicago, d’autres questions y ont également été abordées et ne seront pas sans conséquences pour la défense des Etats-membres. Il y a, évidemment, la question du système antimissile, évoquée depuis une quinzaine d’années et maintenant considérée comme ayant atteint un premier stade opérationnel, par la mise en réseau des capacités nationales et celles mises à la disposition des Etats-Unis. Premier sujet d’inquiétude, l’évolution des systèmes de commandement liés, qui ne devaient coûter que 170 millions de dollars selon le secrétaire général de l’OTAN, son coût étant maintenant estimé à plus d’un milliard. Deuxième sujet d’inquiétude, ce système essentiellement dirigé contre l’Iran, pose la question d’une réflexion stratégique déficitaire. Tout indique pour l’heure que l’Iran a une conception défensive de la dissuasion, exactement au même titre que la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis ou l’Inde. In fine, l’OTAN s’engage donc dans un système peu efficace (1), qui ne répond pas à la question iranienne (à laquelle seule une dissuasion crédible peut répondre), qui fâche inutilement la Russie, et dont les coûts seront plus importants que prévus. La suite >
DSI Hors-Série n°24 – juin-juillet 2012
29/05/12
Editorial
Le combat terrestre
Après la parenthèse afghane. Les forces terrestres face à la mutation de l’adversaire
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI. L’auteur travaille actuellement à un ouvrage intitulé Le pire des deux mondes. Techno-guérillas et guerre hybride
Quels engagements pour la cavalerie ?
Entretien avec Charles Maisonneuve, officier de réserve dans l’Arme Blindée cavalerie (ABC), ancien journaliste spécialiste des questions de Défense et directeur de la communication externe de Renault Trucks Defense (RTD), auteur de Les combats de la cavalerie blindée.
Le CFIA NH90 Mise beaucoup sur la simulation
Par Véronique Sartini, journaliste
Encadré : Point de situation sur les commandes
Encadré : Les composants du système de mission du NH90
Encadré : CFIA NH90 – les chiffres
Hélicoptères de manœuvre : un défi pour l’OTAN
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes La suite >
DSI n°82, juin 2012
29/05/12
Editorial
Nominations et agenda
La chronique de Carl von C.
Veilles contre-terroristes
Veilles conflits
Veilles stratégiques
Veilles industrielles
Les contrats du mois
Sur le vif
Capacités industrielles souveraines. Sortir de la logique perverse des « trois cercles »
Par Vincent Desportes, Général de division (R), ancien directeur de l’ Ecole de Guerre Conseiller spécial du président de Panhard, Professeur associé à Sciences Po Paris
Stratégie
Escalades vers la défaite
Par Benoist Bihan, chercheur en études stratégiques, rédacteur en chef adjoint de Histoire & Stratégie, animateur du blog La Plume et le Sabre La suite >
M-346 : le LIFT à l’italienne
25/05/12
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI (article paru dans DSI-Technologies, n°15, janvier-février 2009)
Lorsqu’il a effectué son vol inaugural le 15 juillet 2004, le M-346 pouvait être considéré comme un ressuscité : initialement développé dans le cadre d’un partenariat avec la firme russe Yakovleff conclu en 1993 (et débouchant sur un premier vol du Yak/AEM-130 en 1996), l’appareil avait fait les frais des stratégies de plus en plus discordantes des firmes l’ayant développé. Poursuivant ses travaux, Alenia Aermacchi, déjà à l’origine de plusieurs types d’appareils d’entraînement (1) entendait développer un appareil répondant au concept LIFT (Lead-In Fighter Trainer). Au-delà de l’entraînement avancé des pilotes, les appareils doivent alors participer pleinement à leur formation opérationnelle au travers des manœuvres contraignantes propres à la supériorité aérienne ou à l’attaque telles qu’elles sont menées avec des appareils de dernière génération. Il s’agit donc de développer un véritable « mini-chasseur ». Pour ce fait, la firme italienne a mis l’accent sur un design autorisant des manœuvres à de hauts angles d’attaque (jusque 40°), utilisant la génération de vortex tout en étant équipé d’un système fly-by-wire à multiple redondance. Dans le même temps, Alenia s’est focalisé sur l’obtention de vitesses transoniques plus que supersoniques, tout en dotant l’appareil de deux réacteurs Honeywell F-124-GA-200 de 27,8 kN de poussée unitaire (dépourvus de post-combustion), maximisant ainsi la sécurité. La suite >
Peut-on penser une campagne COIN en stratégie aérienne ? L’apport de Warden
23/05/12
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
L’affaire est évidement entendue, aucune force aérienne au monde n’est susceptible, à elle seule, de remporter une campagne de contre-insurrection (COIN). Mais cela signifie-t-il que les forces aériennes sont condamnées à n’être que des artilleries volantes intervenant à la demande des TAC-P et autres J-TAC, comme le laisserait croire une lecture superficielle des opérations en Irak et en Afghanistan ?
L’évolution des débats en stratégie aérienne ces dix dernières années laisse, fondamentalement, peu de place aux questions touchant à leur utilisation en contre-insurrection. Si le débat a mûri, c’est dans l’ombre de celui touchant aux guerres dites classiques et de haute intensité. Quelques bribes de ces débats ont touché à la nécessité de disposer d’appareils monomoteurs à hélices, moins coûteux que les appareils à réactions et qui seraient plus adaptés. Mais ces questions sont très partiales, amenant sans doute les forces aériennes à reproduire des modes de pensée partiellement inadaptés aux environnements contemporains. L’équation est complexe pour les forces aériennes : il s’agit de conserver un savoir-faire utile à des opérations de haute intensité dont l’hypothèse ne peut être totalement écartée et de participer à la contre-insurrection. La suite >
Histoire et pensée stratégique
23/05/12
Colloque « Histoire et pensée stratégique » du 6 et 7 juin 2012
Auditorium Austerlitz du Musée de l’Armée, Hôtel national des Invalides, Métro Invalides.
Organisé par l’Institut de Recherche Stratégique de l’École Militaire (IRSEM) en partenariat avec le Musée de l’Armée, ce colloque a pour premier objectif d’explorer les usages de l’histoire par la pensée stratégique, à travers le temps. Mais il se propose également de jeter un regard sur la situation présente où l’histoire a cessé d’être la référence unique de la pensée stratégique. Avec le développement des sciences humaines et sociales, elle n’est plus qu’une discipline parmi d’autres, qui nourrissent l’« expérience pratique » de la guerre. Ainsi débarrassée de la responsabilité de dicter sa loi au présent, l’histoire peut faire valoir sa spécificité, qui est d’être une pensée critique plutôt que le fondement des certitudes stratégiques.
Le programme : La suite >
De la nécessité des défenses antimissiles de territoire
21/05/12
Moins médiatisé que la question du phasage du retrait afghan, celle des défenses antimissiles de territoire est l’une des plus problématiques du sommet OTAN de Chicago. C’est pourquoi nous publions in extenso l’article qu’avaient consacré à cette problématique Joseph Henrotin et Philippe Langloit, chargés de recherche au CAPRI, dans DSI n°75 (novembre 2011)
Avec la parution en juillet d’un rapport sénatorial sur la Défense Antimissile Balistique (DAMB), on reparle à nouveau de la possibilité pour la France de disposer d’une défense ABM de territoire – par opposition à la nécessaire défense de théâtre, dont elle se dote effectivement. Mais alors que se dessine la prochaine révision du Livre blanc mais aussi les prochaines élections présidentielles, les paramètres pris en compte pour légitimer un investissement considérable sont-ils les bons ?
La menace balistique
Un premier examen des paramètres légitimant la DAMB pourrait certes laisser à penser qu’elle est nécessaire : plusieurs Etats se sont dotés ou veulent se doter de l’arme nucléaire, d’autres travaillent aux armements chimiques et ces derniers (de même que d’autres) travaillent tous à disposer de missiles balistiques. Ce phénomène de prolifération balistique, laisse cependant sceptique. Outre qu’il ne soit pas nouveau même s’il semble s’accélérer, il renvoie essentiellement à l’acquisition de capacités de courte voire de moyenne portée, par ailleurs « traitées », d’un point de vue capacitaire, par les progrès effectués en stratégie aérienne comme par les systèmes de DAMB de théâtre, à la fois aptes aux missions de défense aérienne classique comme de lutte antimissile. Il ne faut toutefois pas s’y tromper, si les partisans de la DAMB tendent à gommer la distinction entre défense de théâtre et de territoire, c’est aussi pour que les a priori positifs de la première soient étendus à la deuxième. En réalité cependant, d’un point de vue militaire, ces deux types d’antimissiles répondent à des questionnements comme à des menaces différenciées.
Là où l’antimissile de théâtre protège des troupes en déploiement de frappes au moyen de roquettes de gros calibre ou de missiles balistiques, de croisière ou d’appareils de combat susceptibles de mener des frappes conventionnelles ou NBCR – et répondent donc à une logique tactique ou opérative dans le cadre d’une manœuvre de combat – la DAMB de territoire relève d’une catégorie autre. En protégeant le sol national, elle est d’emblée de niveau stratégique. Elle est également moins souple : là où un Aster peut protéger les troupes d’un missile SS-21 ou d’un raid d’appareils, un intercepteur exo-atmosphérique ne sert qu’à cette seule fonction antimissile. Surtout, la DAMB de territoire est présentée comme un complément à la dissuasion nucléaire, ce qui ne manque pas de poser question dans un contexte où, en France à tout le moins, toute atteinte aux intérêts vitaux (ce qui comprend raisonnablement une frappe balistique sur le territoire national) serait sanctionnée par une riposte nucléaire. La suite >
Su-30MKI : l’approche indienne du combat aérien
21/05/12
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI (article publié dans Technologie & Armement, n°6, juin-juillet 2007 – aucune reproduction sans autorisation préalable de la rédaction)
Les impressionnants résultats indiens face aux appareils de l’US Air Force en 2004 et 2005 (à nuancer du fait d’une limitation des opérations au dogfight) sont dus à la combinaison d’un appareil techniquement efficient et de systèmes avioniques poussé, une « stratégie du meilleur des deux mondes »
Caractéristiques dynamiques
Entamée en 1994, l’évaluation par l’Inde de plusieurs chasseurs donnera lieu en 1996 au choix d’une version bien particulière du Su-30 Flanker-C, Delhi devant recevoir un total de 230 Su-30MKI affectés à des missions de supériorité aérienne et d’attaque. Si la première commande est intervenue en 1996 (elle portait sur des Su-30MK), la dernière, de 40 appareils, remonte à peine à février 2007. Si une partie des appareils sera construite sous licence en Inde, force est aussi de constater que, par ce biais, l’industrie aéronautique indienne est en mesure d’acquérir des savoir-faire qui lui seront utiles dans le cadre du développement d’un Tejas (ex-LCA) connaissant un certain retard.
Engendrant une fierté légitime au sein de l’Indian Air Force, la structure du Su-30MKI (MKI pour Modernizirovannyi Kommercheskiy Indiski – modernisé, commercial, Inde) ne diffère pas fondamentalement de celle du Su-30, si ce n’est l’adjonction de deux plans canards devant améliorer la manœuvrabilité. Cette dernière est d’autant plus importante que la motorisation fait appel à deux Luylka AL-31FP de 12,5 tonnes de poussée unitaire (avec PC), les tuyères étant équipées d’un TVC qui, une fois activé, augmente considérablement le taux de roulis de l’appareil (les tuyères ayant un débattement de 15° sur le plan vertical). On estime que 920 de ces réacteurs d’une durée de vie théorique de 1 000 heures seront produits sous licence par HAL. In fine, à altitude et configuration optimale, l’appareil atteint les Mach 2. Selon certaines sources, les appareils indiens pourraient, à terme, recevoir 2 Luylka AL-37FP, à la poussée plus importante. La suite >
Séminaire « Penser la guerre »
18/05/12
La prochaine et dernière séance du séminaire « Penser la guerre : autour des recherches et des publications récentes » aura lieu mardi 22 mai de 19h à 21h à l’EHESS en salle 4 (105, bd. Raspail 75006 Paris)
Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, chercheur à l’Université McGill (Montréal) présentera son ouvrage La guerre au nom de l’humanité. Tuer ou laisser mourir, Presses universitaires de France, 2012.
L’exposé sera discuté par Pierre Hassner, chercheur associé au CERI-Sciences Po.
Page web du séminaire : http://www.ehess.fr/fr/enseignement/enseignements/2011/ue/963/













