Archives pour août, 2012

Nouveau test du JL-2 chinois

En plus du test de l’ICBM DF-41 du 24 juillet dernier (voir DSI n°84), la Chine a procédé, le 21 août, au premier essai du missile balistique lancé de sous-marin JL-2 depuis un SSBN de classe Jin, quelques jours après que son départ en patrouille ait été annoncé par la télévision chinoise. D’une portée estimée entre 7 400 et 8 000 km selon les sources, le JL-2 est un engin bi-étages qui pourrait emporter jusque 10 charges nucléaires, de même que des leurres. Selon certains analystes américains, les progrès réalisés en matière de précision terminale lui confèreraient une aptitude au tir anti-forces et à la frappe en premier.

Le tir d’août a été confirmé par la Defense Intelligence Agency américaine et a déclenché un débat aux Etats-Unis sur la pertinence des estimations faites jusqu’ici de l’arsenal nucléaire stratégique chinois. Le test, qui semble avoir été un succès, a été mené depuis la baie de Bohai. Il représente un pas en avant important pour les capacités nucléaires stratégiques chinoises, dans un contexte où, en dépit de la disposition du tandem Xia/JL-1, la marine de Pékin n’a jamais été en mesure de disposer d’une capacité dissuasive à la mer. L’essai suit cependant celui de janvier 2012, lorsque 6 missiles semblent avoir été tirés depuis deux sous-marins à proximité de Dalian. La suite >

La classe Huitfeldt à la mer

Quelques images des Ivar Huitfeldt et du Willemoes, deux des trois nouvelles frégates de classe Huitfeldt de la marine danoise. Ces bâtiments de 6 600 t., dérivées des Absalon (cf. DSI n°38, juin 2008), feront prochainement l’objet d’une fiche technique dans DSI.

Pourquoi la supériorité militaire de l’Ouest compte à peine

Par Rob de Wijk, professeur de relations internationales (Académie Militaire Royale – Breda) et d’études stratégiques (Université de Leyde), directeur du Centre Clingendael d’Études Stratégiques (La Haye). Article publié dans DSI n°14, avril 2006.

Depuis la fin de la Guerre froide, les démocraties libérales sont intervenues à de nombreuses reprises, avec des résultats variables. Durant la première moitié des années 1990, l’intervention militaire pour expulser l’Irak du Koweït a été un succès sans équivalent mais Mogadiscio et Srebrenica sont devenues des symboles d’échecs des tentatives d’apporter la paix à des pays déchirés par la guerre. Durant la seconde moitié des années 1990, l’opération Allied Force, la guerre de l’OTAN au Kosovo a été un succès mitigé. Cette « guerre humanitaire » a nécessité 78 jours, alors que les Serbes ont tué plus d’Albanais durant la campagne aérienne que durant les mois la précédant.

Après les horrifiques attaques d’Al-Qaïda du 11 septembre 2001, une coalition conduite par les États-Unis a détruit le régime Taliban afghan, principal soutien d’Al-Qaïda. Subséquemment, la coalition a été remarquablement prompte à éliminer avec succès le régime de Saddam Hussein. Les interventions en Afghanistan et en Irak ont démontré que des objectifs limités peuvent être atteints rapidement, avec quelques pertes amies et des niveaux acceptables de dommages collatéraux. Toutefois, il s’est avéré difficile de stabiliser les deux pays après le changement de régime.  La suite >

Missiles balistiques antinavires : l’expérience soviétique

Par Philippe Langloit, Chargé de recherche au CAPRI. Article paru dans DSI Hors-Série n°14, octobre-novembre 2010

Frapper à une vitesse de plusieurs Mach un timbre-poste ballotté par les vagues, de nuit, à plusieurs milliers de kilomètres de distance : à en croire la très grande masse de publications d’origine américaine parue depuis quelques années, ce serait la prouesse que serait en passe de réaliser la Chine avec le développement de systèmes de missiles antinavires balistiques. De tels développements, toutefois, s’ils seraient spectaculaires, ne manquent pas d’en appeler au plus élémentaire des esprits critiques.

Outre que la masse des publications en ce sens est suspecte (la Navy cherche à financer ses DDG-1000, tout en les réorientant sur des missions antimissiles) et qu’aucun essai n’a encore été réalisé, les contraintes sont multiples et connues : détection des cibles ; guidage suffisamment performant pour ne pas excéder 10 à 20 mètres d’erreur circulaire probable ; difficulté de frapper une cible mouvante ; gestion d’un système de combat dynamique. Plutôt que de revenir sur le programme chinois – pour lequel les sources sont pratiquement inexistantes (1) –, il nous paraît plus pertinent d’examiner ici les leçons issues du programme soviétique en la matière, sur les deux segments détection et destruction. La suite >

DSI n°84, septembre 2012

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Editorial
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Sur le vif

Le nœud géorgien. Bruits de bottes et recompositions d’alliances
Par Bella Shakhnazaryan, veilleur-analyste, CEIS

Le complexe militaro-industriel arménien
Entretien avec Sergey Minasayan, politologue au Caucasus Institut d’Erevan

Le complexe militaro-industriel en Azerbaïdjan
Entretien avec Rauf Mirgadyrov, expert politique, quotidien Zerkalo La suite >

Can your hear the drums, Bernardo ?

La chronique de Carl von C., DSI n°83, juillet-août 2012

Sacrilège, votre vieux pachyderme fait dans le titre anglais – en variante suédoise plus exactement, en référence à la chanson Fernando d’Abba, groupe qui est à la chanson des années 1970/1980 ce que les köttbular sont à la restauration de brasserie, soit un machin sympathique qui vous ravigote en un rien de temps. Et qui est Bernardo, me direz-vous ? Il s’agit de la mascotte de la philo post/néo/portnawak, la girl qui manquait à Glubb Pacha (1), le champion de la chemise blanche et le plus grand des stratégistes en chambre (dans la maison de la poupée Barbue, s’entend) : j’ai nommé BHL…

Sacrilège ! On ne s’attaque pas à BHL qui, dit-on, a ses entrées un peu partout, sait faire pression et imposerait l’omerta sur les médias. Chez DSI, les gens sont indépendants et BHL ne peut tout de même pas contraindre 120 000 lecteurs à ne plus lire nos pages. Enfin, on l’espère, parce qu’après tout, notre homme est devenu un spécialiste de la stratégie paradoxale – par ailleurs titre d’un brillant ouvrage d’Edward Luttwak. Le paradoxe de sa stratégie apparaît dès lors que l’on met côte à côte, d’une part, le titre de son dernier ouvrage, La guerre sans l’aimer – dans lequel on sent tout de même que son rôle historique n’est pas sans lui faire des papouilles un peu partout – et, d’autre part, le sous-titre de son blog BHL, « L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre ». La suite >

The Risk Society at War: Terror, Technology and Strategy in the Twenty-First Century

Mikkel Vedby RASMUSSEN, Cambridge University Press, Cambridge, 2006, 232 p.

Avec The Risk Society at War de Mikkel Vedby Rasmussen, nous sommes en mesure de préciser la nature des rouages guerriers en nous focalisant sur la charnière politique-stratégique. L’élément le plus fascinant de cette étude est d’exposer comment, à cette jonction entre le décideur politique et le militaire, se constituent une représentation de l’environnement international de sécurité, comment s’élaborent les recettes jugés opportunes pour agir dans cet environnement, et comment la confiance accordée à l’outil militaire se construit.

Le point de départ de l’auteur est de montrer comment s’est historiquement constituée une représentation de la violence en tant que moyens rationnel pour contrer des menaces à partir d’une relecture de la pensée stratégique du passé. Avec ce que l’on a appelé la Révolution dans les Affaires Militaires et la « Transformation », des concepts qui apparaissent dans les années 1990 et 2000, la croyance en la rationalité et en l’efficacité de l’outil militaire s’est encore renforcée parmi les hommes politiques. La suite >

La fin de la cavalerie ?

Par Benoist Bihan, chercheur en études stratégiques, paru dans DSI n°66, janvier 2011. Aucune reproduction sans autorisation de la rédaction.

S’il fallait désigner celle des armes qui, au cours du temps, a le plus évolué, il s’agirait sans doute de la cavalerie, dont l’organisation, les missions, l’armement et les modes d’action se sont transformés plusieurs fois entre l’Antiquité et l’époque contemporaine. Aujourd’hui toutefois, la question se pose de savoir si la cavalerie, devenue entre-temps blindée, n’est pas appelée à disparaître.

Cette question, à vrai dire, s’est posée déjà à plusieurs reprises dans l’Histoire. À la fin du Moyen Âge, la cavalerie en Europe occidentale se confond avec la noblesse chevaleresque, caste sociale avant d’être un outil militaire. Constituée d’unités lourdes et cuirassées, dont les modes d’action sont fondés sur le choc frontal, la chevalerie perd, à partir de la guerre de Cent Ans et définitivement au tournant du XVIe siècle, la place d’armes de la décision qu’elle tenait depuis la fin de l’Antiquité. Tandis que la Renaissance militaire enfin bat son plein, que l’infanterie, d’abord armée de piques, puis progressivement d’armes à feu, s’affirme à nouveau comme la « reine des batailles », et alors que l’artillerie jusqu’ici réservée aux sièges fait son irruption sur les champs de bataille, la cavalerie semble sur la voie d’un irréversible déclin. La suite >

Histoire & Stratégie Hors-Série n°1 – Encyclopédie de l’armement, vol. 2

Après un premier tome paru en décembre 2010 et consacré aux systèmes d’armes européens, c’est désormais sous forme de hors- série, deux fois par an, que vous retrouverez les numéros d’Histoire & Stratégie consacrés à l’armement mondial. Volume par volume, c’est une véritable encyclopédie de l’armement mondial depuis les années 1960 que cette collection constituera.

Traitant des moyens terrestres, navals et aériens des États-Unis, ce volume, comme le précédent, rassemble, en les actualisant, les fi ches techniques parues dans les numéros successifs de notre revue sœur Défense & Sécurité Internationale (DSI). Chaque matériel y est présenté sous forme d’une description, accompagnée de caractéristiques techniques et illustrée de photos. Chaque fi che est complétée par un éclairage thématique. Du M-1 Abrams au Littoral Combat Ship, en passant par les différentes versions des F-15 et F/A-18, ce sont ainsi plus d’une quarantaine de véhicules, avions et navires de tous types qui sont ici présentés. La suite >

La DARPA continue à travailler sur l’hypersonique

En dépit des échecs déjà rencontrés, la DARPA américaine continue ses travaux sur des systèmes hypersoniques. Elle cherche à développer une « fusée hypersonique réutilisable », apte à voler à Mach 20, pour 2016. Si elle reconnaît que plusieurs technologies restent à développer, la voie des statoréacteurs semble avoir été abandonnée et l’agence de R&D s’orienterait vers une combinaison de fusée et de planeur hypersonique.

Par ailleurs, l’agence a testé avec l’US Air Force et pour la troisième fois le démonstrateur de système hypersonique X-51 Waverider. L’engin a effectivement été lancé mais sous la poussée du booster, une surface de contrôle s’est brisée et l’engin a été perdu sans même que son scramjet – qui devait lui permettre d’atteindre Mach 6 – n’ai pu être testé. In fine, la mission a duré 15 secondes au lieu des 300 initialement prévues.