Gordon THOMAS. Paris : Nouveau monde éditions. 2006, 456 p.

Sous un titre racoleur, l’auteur, journaliste d’investigation, effectue une liaison maladroite entre les cas de torture observés en Irak, les transferts de prisonniers dans des pays pour le moins laxistes en matière de droits de l’homme, programme américain de guerre biologique et programme de manipulation mentale. Outre quelques erreurs pour le moins grossières (la base de Nellis, visible depuis Las Vegas, n’a rien d’ultrasecret), G. Thomas n’offre guère au lecteur, sous le couvert de « révélations explosives », que des informations publiées par ailleurs et bien mieux étayées, notamment en matière de sources (en particulier plusieurs sections de l’excellent Postmodern War, de Chris H. Gray, qui fait une très bonne synthèse de la question), dans la mesure où G. Thomas ne semble s’appuyer sur aucune littérature de référence. Si la liaison effectuée entre contrôle mental et armes biologiques (d’ailleurs improprement rapportées comme « bactériologiques ») est aussi douteuse que la confusion qu’il entretient entre les programmes de la CIA et ceux de l’US Army (passons sur l’utilisation du VX comme arme de précision…), l’auteur adopte également un style narratif plus proche du roman que de l’enquête, brouillant une démonstration qui, pour le coup, paraît au mieux dissimulée dans le brouillard de théories du complot décidément très à la mode, au pire, inexistante. C’est d’autant plus le cas que G. Thomas noie quelque peu son objet sous des détails hors sujet qui ne permettent pas nécessairement au lecteur de rentrer dans sa thèse. Ce qui est dommage, dans la mesure où la thématique abordée est pourtant très intéressante et que l’auteur a réellement mené une enquête approfondie.

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