Alors que le deuxième drone spatial américain X-37B poursuit sa mission en orbite et que les Etats-Unis semblent retirer toute satisfaction du programme, le développement de nouveaux systèmes de ce type à travers le monde confine non seulement à la prolifération mais également à l’établissement d’une véritable norme. Les USPV – Unmanned Space Vehicles – offrent ainsi une capacité de manœuvre spatiale à relatif bon compte. Durant les 224 jours de sa première mission, le X-37B a ainsi effectué plusieurs changements d’orbite et les spéculations vont toujours bon train sur les fonctions exactes de l’appareil.

Si la reconnaissance, la réparation ou le ravitaillement de satellites sont les plus évoquées, plusieurs chercheurs émettent également l’hypothèse d’une utilisation dans des missions à caractère plus offensif, qu’il s’agisse d’endommager des satellites adverses, de pouvoir les modifier (dans le cadre de pose de systèmes d’écoutes) ou encore… de pouvoir procéder à du bombardement orbital. En tout état de cause, le sous-secrétaire américain à l’espace évoquait son désir de pouvoir l’utiliser comme les responsables du renseignement auraient pu le faire d’un SR-71… 

Si un programme chinois avait déjà été évoqué à plusieurs reprises, d’autres Etats se lancent également dans une technologie qui pourrait définitivement éliminer, du moins pour les militaires et après le fiasco de la navette spatiale (cf. DSI n°73), la nécessité d’envoyer des hommes en orbite. L’Inde aurait déjà construit un premier démonstrateur sous les auspices de l’ISR (agence spatiale indienne) mais ne maîtriserait pas encore les technologies nécessaires à un retour sur terre par l’intermédiaire d’un atterrissage classique. Aussi, les premiers appareils amerriront pour ensuite être remis en état de vol. La Russie s’est également engagée dans la conception d’un système équivalent au X-37B, mais cette fois sous la responsabilité de ses forces spatiales.

L’ensemble de ces programmes restent très secrets, les informations les entourant se montrant particulièrement lacunaires, y compris pour des institutions généralement aussi communicantes que l’US Air Force ou l’agence spatiale indienne. Sans doute un signe qui ne trompe pas non seulement sur la valeur stratégique accordée à ces systèmes – Lyndon Johnson arguait en 1958 que l’espace était par définition la position ultime de laquelle on pouvait dominer la Terre – mais peut être aussi sur la fébrilité des travaux entourant leur mise au point. En tout état de cause, les pays européens sont déjà en retard d’une révolution…

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